‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 167 sur 326 · LIVRE H, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE H, CHAPITRE VI

« Les quatre divisions qui composaient l'armée du Roi en ligne (dit rhistorique de l’armée sarde) eurent dans cette bataille 5521 hommes mis hors de combat (1), sur lesquels 49 officiers tués et 167 blessés. »

Ainsi de tous côtés les alliés étaient maîtres du champ de bataille (2).

CXXYI1I. — Ce fut un superbe spectacle de voir, sur cette immense étendue de terrains, s’allumer les feux des bivouacs et s’installer les campements, au milieu des traces glorieuses mais sanglantes de cette grande journée. La fatigue, le combat, un soleil ardent et quinze heures sans nourriture avaient épuisé les forces de ces intrépides combattants qui s’endormirent le fusil dans les bras. — • Aux mugissements de l’artillerie, à tout ce grand tumulte de la guerre, avait succédé le calme silence de la nuit, que ne venait plus troubler aucun bruit humain.

(1) 49 officiers tués ; — 167 blessés ; — 642 soldats tués ; — 3405 blessés; — 1258 disparus. — Total : 5521.

(2) Le Roi , venu sur le champ de bataille dans la matinée du 25 juin, annonça au générai Mollard, qui commandait la 3* division avec le grade de major général, qu’il l’avait nommé lieutenant général.

Le brevet qui lui fut remis est à lui seul un titre d’honneur, et nous nous faisons un devoir de le citer ici.

«Voulant donner au major général, chevalier Philibert Mollard, commandant la 3* division de l’armée, un témoignage de notre haute satisfaction pour l’intelligence , énergie et valeur avec lesquelles il a dirigé sa division dans le combat d’aujourd’hui, en soutenant le choc de puissantes forces autrichiennes, et pour l’élan admirable qu’il sut lui inspirer, pour attaquer et déloger l’ennemi des formidables positions de San Martiuo, Nous nommons..., » etc., etc.

La bataille de Solferino n'était pas , comme la bataille de Magenta, une rencontre éventuelle de corps d’armée accourus à la hâte, dans le but de disputer à l’armée alliée le passage d’un fleuve : c’était pour nos ennemis une bataille longtemps mûrie, longtemps étudiée, et dans laquelle l'Autriche avait engagé la plus belle, la plus puissante armée que de longtemps elle verra se ranger sous ses drapeaux.

C’était pour la livrer à son lieu, à son jour, à son heure et dans les conditions les plus favorables, que les Autrichiens nous avaient entraînés sur leurs traces, depuis les rives du Tessin jusqu’à celles du Mincio. — C’était enfin le dernier mot, le suprême effort de l’empereur François-Joseph avant de se renfermer derrière les remparts de ses forteresses.

Aussi la victoire qui, cctle fois encore, restait fidèle à l’empereur des Français avait-elle une portée immense ; elle frappait d’un profond découragement le moral de cette armée sans cesse repoussée. — Après le général Giulay, battu à Magenta, c’était le feld-maréehal Hess battu à Solferino.

L’amer souvenir de ces défaites devait, à Vérone, parler au cœur du jeune empereur d’Autriche, et lui mettre à la main la plume qui signait la cession de la Lombardie à l’empereur Napoléon 111.

CXX1X. — Mais une cruelle pensée venait se joindre aux joies du triomphe et serrer douloureusement les cœurs enivrés d’un juste orgueil.

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