LIVRE II, CHAPITRE VI
Les colonels Massa et Isasca, ainsi que le major Bianchetti Langosco, ont été grièvement blessés.
CXXVI. — De son côté la brigade de Piémont, de la division Failli, avait remplacé la 1" division à la Madona délia Scoperta. — Le général Camerana qui la commande s’avance dans la direction de Pozzolengo. — Les Autrichiens se sont fortement retranchés dans les masures des monts Torricelli, San Giovanni, Predra.et sont en position sur le mont Serino.
Le général Camerana se lance à leur rencontre avec le 9* bataillon des bersagliers (commandant Angelini), le kr régiment (colonel Morand) et une section de la 4r batterie d'artillerie. L’attaque du brave général est si impétueuse , que les troupes ennemies sont bientôt rejetées jusque dans le village de Pozzolengo.
Aussitôt le général Fanti établit sur le mont San Giovanni une batterie de quatre obusiers; cette batterie prend par derrière les colonnes autrichiennes qui combattent à San Martino et les couvrent de grenades. — Ce feu, habilement et vigoureusement dirigé, facilite ainsi la dernière et décisive attaque du général Mollard, dont nous avons retracé plus haut les dramatiques péripéties.
Ainsi de toutes parts, les Autrichiens repoussés du mont Manca.rejetéssurPozzolcngoetdéfinitivementchassésdes hauteurs de San Martino et de la Contracania, qu’ils ont défendues pied à pied, pendant tout le jour, n’ont plus qu’à battre en retraite, emportant avec eux, sinon la victoire, du moins l’honneur d’avoir vaillamment combattu.
282 CAMPAGNE D’ITALIE
Telles sonl dans leur ensemble et dans leurs principaux détails, les différentes phases de cette bataille, que les Piémontais livraient sur noire gauche , avec une valeur digne des plus beaux temps guerriers de leur histoire.
L’armée sarde avait dignement mérité ces belles paroles que, le lendemain, le roi Victor-Emmanuel lui adressait.
« La victoire a coûté de graves sacrifices, mais par ce noble sang largement versé pour la plus sainte des causes, l’Europe apprendra que l’Italie est digne de figurer parmi les nations.
« Soldats ! dans les précédentes batailles, j’ai souvent eu l’occasion de signaler à l’ordre du jour les noms de beaucoup d’entre vous.
« Aujourd’hui, je porte à l’ordre du jour l’armée tout entière. »
CXXVII. — La nuit était venue et cependant le canon de nos alliés tonnait encore dans le lointain , poursuivant dans leur retraite les colonnes autrichiennes qui regagnaient le Mincio.
L’armée sarde campa sur ces terrains arrosés de son sang, mais aussi jonchés de cadavres ennemis. — La division Fanti s’établit à Pozzolengo.
Celte rude journée restera pour le Piémont une page à jamais glorieuse; le sang de sa vaillante armée payait ainsi d’avance, en coulant à Ilots, la Lombardie qui devait être annexée au royaume de Sardaigne.