LIVRE III, CHAPITRE I
sans rencontrer de résistance, prend possession des différents points qui lui ont été assignés.
Le 2 juillet, elle occupe les escarpements de ce terrain montagneux qui s’étend sur toute la rive gauche du Mincio, et finit brusquement à la vaste plaine de Vérone, où le sol alors ne conserve plus aucune ondulation.
Des hauteurs de Somma-Campagna, un magnifique panorama se déroule devant les regards. — Ici c’est Vérone, à demi enveloppée dans la brume, avec ses monuments, ses tours maximilicnncs, son camp retranché ; — sur la gauche, c’est le plateau de Rivoli , la trouée de l’Adigc et la chaîne des Alpes, dont le sommet, couvert de neiges éternelles, forme le plus magnifique contraste avec cette vaste nappe de fraîche verdure qui s’étend sur les plaines de l’Adige.
Ainsi, le 2 juillet, le maréchal Baraguey d’Hilliers, donnant la main gauche aux Sardes qui sont établis devant Peschiera , /orme un demi-cercle par Castelnovo et San Giorgio, et se relie par les grands-gardes de sa première division au maréchal Niel, qui occupe Somma-Campagna.
Le maréchal de Mac-Mahon s’est avancé dans la plaine de Villafranca.
Le maréchal Canrobert lient une partie de son corps d’armée à Goito, l’autre à Yaleggio, où l’Empereur a porté son quartier général, ainsi que le maréchal Regnaud de Saint-Jean-d'Angely.
Ces positions sont très-étendues, et l’Empereur, dans la prévision d’une attaque, veut resserrer sa ligne de bataille et prendre des positions plus défensives.
Sur son ordre, dans la soirée du 2, le 1“ corps, sans quitter Castelnovo, replie sa première division vers Palazzo-Valceria ; — le 4* corps s’appuie à Oliozi, — et le 2* vient à Santa Lucia, occupant ainsi fortement le cours du Tione. t
XIII. — Le 3 juillet, ainsi que nous l’avons dit, le prince Napoléon arrivait avec la tête de son corps d'armée à Goito. — La division Bourbaki (3* du 3* corps) fait place à la division Ulirich ; mais la cavalerie Des vaux reste sous les ordres du Prince et continue ses reconnaissances sur différents points.
Dans la nuit du 3 juillet, le capitaine de Baulaincourt, emmenant avec lui un détachement de chasseurs d’Afrique, doit opérer une reconnaissance détaillée, en suivant la rive gauche du Mincio, par les' villages de Rivolta, Castellucchio, Gabbiana et San Lorenzo(l).
Parti à dix heures du soir, il apprend à Rivolta que les Autrichiens parcourent les environs.
Selon ses instructions, le capitaine de Baulaincourt laisse à Rivolta, avec une vingtaine de chevaux, un officier, auquel il donne ordre de se diriger pendant la nuit sur Le Grezie, pendant que lui-mème prendra la direction de Castellucchio. — Poussant ensuite jusqu’à Gabbiana, il acquiert la certitude que de fréquentes patrouilles autrichiennes sillonnaient le pays. — Il con-
tl) Cette reconnaissance, conduite arec grande vigueur par la capitaine de Baulaincourt, lui valait d’étra cité à l’ordre de l’armée.