LIVRE UI, CHAPITRE I
tinue jusqu'à San Lorenzo, puis revient à Casleliuccbio, où il rallie sa petite colonne.
Il regagnait Rivolta vers six heures du matin , lorsqu’on lui annonce que ce village est occupé. En effet, un peloton de hussards barrait l’entrée principale. Le capitaine de Baulaincourt charge aussitôt, à la tête de ses hommes, et est reçu par une décharge, qui heureusement n’atteint personne. Les chasseurs, lancés à fond de train, fondent sur les hussards autrichiens, les forcent à abandonner la place, et les rejettent sur une portion des chasseurs qui, avec le lieutenant Lemoine, avaient tourné le village. — L’officier autrichien, quatre fois blessé et la jambe cassée par la chute de son cheval, est fait prisonnier, ainsi qu’une dizaine de hussards (1). Mais malheureusement, de notre côté le lieutenant Jouve, qui s’était bravement conduit, devait succomber à ses blessures.
Cette rencontre avec l’ennemi, ainsi que les renseignements qui parvenaient de toutes parts sur les nombreuses patrouilles d’infanterie et de cavalerie qui parcouraient le pays, démontraient la nécessité de se garder avec un soin extrême.
Aussi l’Empereur renouvelait, par des instructions très-détaillées (1), ses ordres formels à cet égard et les
(I) Consigne générale de surveillance , — Valeggio 4 juillet.
Maréchal,
■ Mon intention est que la cavalerie exécute chaque jour des reconnaissances en avant des corps d’armée auxquels elle appartient, aussi loin qu’elle pourra le faire, sans trop se compromettre. — Qu’elle entre-
CAMPAGNE D’ITALIE
faisait parvenir à chacun des commandants en chef des corps d’armée.
tienne de jour des vedettes sur les points d'où l’on peut le mieux découvrir l’ennemi, ou dans les directions par lesquelles il peut s'approcher à la faveur d’un pays couvert; des détachements soutiendront à distance ces vedettes. Derrière ces détachements de cavalerie doit régner une ligne continue de sentinelles, des petits postes, des grands-gardes; enfin sur les avenues principales doivent se trouver des réserves d’infanterie avec une pièco d’artillerie destinée, s'il y avait lieu , à battre cette avenue et à prévenir de l'approche de l’ennemi. A la nuit, la cavalerie se retire pour reprendre son service le lendemain, à la pointe du jour.
• Je désire que vous appliquiez ce système de surveillance et de garde à votre corps d'armée , et qu’il se relie dansoes conditions de h manière la plus complète avec le corps ou les corps d’armée qui vous avoisinent.
« Pour cet ensemble, une eutente constante entre les chefs dêtalmajor généraux des corps juxtaposés est nécessaire.
& 11 est non moius nécessaire que dans chaque division un officier supérieur soit chargé, en permanence, de l’inspection des grands-gardes, petits postes , sentinelles d’infanterie, postes et vedettes de cavalerie ds la division, et de leur raccordement avec la division voisine.
« Je vous recommande encore l’observation de cette précaution importante que la position des petits postes ot grands-gardes d’infanterie doit être autre la nuit que le jour. C'est le plus sûr moyen de déjouer les surprises de l’ennemi.
« Personne n’ignore que la manière de se panier laisse beaucoup & désirer dans l’armée française. Je compte sur votre concours pour qu'à l'avenir il en soit autrement vis-à-vis d’un ennemi qui se distingue par son service d’avant-postes.
«Sous co rapport, le chapitre 8 de l’ordonnance sur le service en campagne, renferme cependant les instructions les plus précises et les plus étendues.
« Je vous recommande de faire réunir fréquemment les officiers et sous-officiers de vos régiments et de faire lire dans ces réunions, auxquelles assisteront Jes officiers supérieurs, ce chapitre 8. — Le général de brigade commentaut ce qui s'appliquerait plus particulièrement à la situation.
« Sur ce, etc.
« NAPOLÉON
Les vedettes doivent avoir le pistolet en main chargé.