LIVRE III, CHAPITRE II
marchaitsur Braodolo, puis sur Malamocco , en appuyant le mouvement du corps expéditionnaire sur le Murazzi, avec la flotte de siège par l’intérieur, et les gros bâtiments par l’extérieur. — C’est ainsi que toutes les défenses de Venise tournées, soit du sud au nord par les troupes, soit à l’ouest par la flottille, et à l’est par notre escadre, donnaient forcément libre passage au corps du général de Wimpffen.
Il est facile de comprendre, quel coup terrible la prise de la capitale de la Vénétie eût porté aux armes autrichiennes, déjà si rudement éprouvées dans la journée
expériences, pendant leur séjour à Lussini. La flotte de siège, embarquant et remorquant dans les embarcations des vaisseaux , les 4000 hommes du général do Wimpffen donnait alors dans le port de Chioggia, et les jetait & terre sur les quais sans défense de cotte ville.
Chioggia pris, Brandoloau sud et MalaraocCo au nord, devenaient de nouveau les objectifs d’attaque du corps expéditionnaire appuyé sur U flotte de siège, l'n simple coup d’œil jeté sur la carte surfit pour démontrer que les défenses de Malamocco mémo, prises pour la plupart à revers, soit dans les canaux, soit le long du Murazzi, n’eussent pu résister longtemps à. cette double attaque : Malamocco y eut résisté d’autant moins, que, môme nos vaisseaux de ligne , eussent pu approcher à courte distance des forts qui défendent son entrée, pour venir en aide aux opérations de l’intérieur exécutées par notre flottille et par le corps expéditionnaire.
La marche de Malamocco sur Venise offrait encore moins de difficultés que celle de Chioggia sur Malamocco, tant par la plus grande profondeur des lagunes que par les facilités qu'offraient à nos troupes les dispositions du terrain.
Ainsi , l’attaque contre Venise avait de grandes chances de succès par le fait seui de notre entrée dans le port de Chioggia, qui nous permettait de prendre successivement à revers, en allant du sud au nord, toutes les défenses extérieures de cette capitalo, dont la population n’eét pas manqué de se soulever à notre approche.
Quant aux lagunes obstruées, elles étaient faciles à déblayer, en raison même de leur peu de profondeur.
CAMPAGNE D’ITALIE
de Solferino ; Brandolo nous livrait, en oufre, un des aboutissanls de la route de Vérone.
XIX. — Il est important pour l’appréciation des faits qui vont suivre de résumer en quelques mots la position générale des troupes de terre et de mer des armées alliées.
Peschiera est sous le canon de l’armée sarde. — Devant Vérone, l’armée de l’empereur Napoléon occupe une ligne compacte qui s’étend parallèlement au .Mincio, depuis Castelnovo jusqu’à Pozzolo; elle se compose de cinq corps d’armée et de la garde impériale.
La flotte, maîtresse de l’île de Lossini, n’attend qu’un ordre pour commencer l’attaque ; cet ordre est envoyé, et les 45 bâtiments niellaient sous vapeur, le 8 au point du jour , pour venir mouiller sur le littoral de la Vénétie en branle-bas de combat (1).