‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 200 sur 326 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

se joindre de nouveaux renseignements, pris avec grand soin sur les lieux mêmes.

XVIII. — Disons en quelques mots quel était ce plan d'attaque dans son ensemble général.

Les trois aboutissants de Venise sont le Lido, Malamocco et Chioggia; — tous les trois, hérissés de forts et de canons, sont barrés par des estacades et de nombreuses lignes de bâtiments coulés et chargés de pierres (1).

Le Lido n’a pas la profondeur d’eau nécessaire pour livrer passage aux canonnières; Malamocco est plus profond, mais est le plus obstrué des trois.

L’aboutissant de Chioggia restant alors le passage le plus accessible à la (lotte de siège, il avait été résolu que les

(1) Nous avons sous les yeux ce plan d'attaque autographié, et nous pensons que le lecteur en lira avec intérêt les détails.

PLAN D’aTTAQIE.

L’entrée de Chioggia est défendue par plusieurs forts établis de chaque côté de la passe. — Sur la pointe de gauche s’élevait le fort San Kelice, armé de 11 canons de 30, battant en barbette, et de six mortiers. — Deux batteries, élevées à quelque distance de ce fort, le flanquaient dans le sud; elles étaient armées chacune de trois canons de trente.

Surla pointe dedruite en entrant, s’élevaient le fort Caroraan, armé de sept pièces, une hatterie, un peu plus an nord, armée de trois pièces, et la tour Caroman armée de deux pièces de gros calibre. — L’amiral Bouët-Willaumez commandant la flotte de siège devait commencer l'attaque dès cinq heures du matin avec les trois batteries flottantes, la Lare, capitaine Bonie, la Tonnante, capitaine Lejeune, et la Dévastation, capitaine Majastre, qui avaient ordre de s’embosser à 400 mètrosdu fortSan-Felice, la véritable clef de l’entrée. — Presque aussitôt, les 14 canonnièresde !'• et de 2* classe, dirigées par le capitaine de vaisseau de La Roncière, venaient attaquer à la mémo distance le

CAMPAGNE D’ITALIE

bâtiments qui composaient cette flotte, seraient chargés d’en démanteler les forts et les batteries, en mouillant sur une seule ligne et par groupes, à 400 mètres du rivage. Le feu de ces forts une fois éteint, ce qui arriverait immanquablement au bout de deux heures, rien ne s'opposerait alors à ce que les estacades ennemies, détruites par nos péturds sous-marins, donnassent un libre accès à la flottille et aux embarcations de l’escadre qui viendraient jeter le corps expéditionnaire sur le quai môme de Chioggia , dès ce moment impossible à défendre.

Cette importante position une fois entre nos mains , on

bastion sud du fort San Kelice ot les deux batteries que les Autrichiens avaient élevées A proximité de cc bastion.

Presqu’an même temps, une partie des chaloupes canonnières conduites par le capitaine de frégate Fonlliog, aide de camp de l'amiral Desrossés, devait attaquer en écharpe à la distance de 4 à 500 mètres, le fort Caroman et ses défenses, que les 4 frégates il roues, conduites par lo capitaine de vaisseau Adolphe Bouêt, attaqueraient de front à 800 ou 1000 mètres seulement, vu le grand tirant d’eau de ces bâtiments. Les corvettes à roues devaient joindre leur feu à celui des canonnières, autant que le leur eut permis leur tirant d'eau.

Quant aux vaisseaux et frégates français et sardes, il ne leur était pas possible d’approcher ces défenses plus près quo 1800 ou 2000 mètres, ce qui leur permettait cependant de concourir à l’action générale avec leurs pièces à grande portée.

L’amiral Desfossés se réservait d’ailleurs de quitter lo trois-ponts, la Bretagne, otl flottait son pavillon et de le porter sur la corvette le Monge, pour surveiller l’action.

La flotte de siège développait donc, sans compter les vaisseaux placés à longue distance, un front d’au moins cent bouches A feu du calibre de 50 ou de 30 rayé, sous l’abri de ses cuirasses de fer, ce qui ne laissait aucun doute sur le succès rapide de l’attaque qu’elle effectuait A 4 ou 500 mètres des foits ennemis.

Une fuis les forts de l'entrée de Chioggia démantelés, le moment était venu de faire sauter un des navires bouchant l'entrée de la passe , ce qui devenait facile à nos marins qui en avaient fait de nombreuses

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