LIVRE III, CHAPITRE II
Le vaisseau, fEylau, partit le 7 au soir, pour porter cette dépêche au commandant en chef de la Hotte, et rejoignit, le 8 au matin, le vaisseau-amiral, au moment où la flotte tout entière était sous vapeur et quittait Lossini pour aller attaquer Venise (1).
Le général Fleury venait de prendre congé de Sa Majesté et se préparait à partir, lorsque le premier aide de camp de l’Empereur, le comte de Grünne , vint lui dire que Sa Majesté désirait que son aide de camp lui fût présenté. — Sa Majesté accueillit le jeune officier avec une grande bienveillance.
Quelques instants après, le général quittait Vérone pour retourner à Yaleggio.
Comme la veille, un détachement de uhlans accompagnait la voiture qui, cette fois, avait glaces et
stores ouverts; et ces cavaliers semblaient, bien moins une garde chargée de surveiller un parlementaire, qu'une escorte d’honneur. Ils avaient reçu l’ordre d’accompagner l’envoyé de l’Empereur jusqu’aux avantpostes français.
11 était neuf heures lorsque le général Fleury quitlail Vérone.
A onze heures et demie, il remettait à Sa Majesté la lettre autographe de l’empereur d’Autriche.
XXXII. — Depuis le point du jour, toutes les troupes étaient sous les armes; car, nous l’avons dit, divers ren-
(1) Voir le rapport du vice amiral Domain Des fossés.
CAMPAGNE D’ITALIE
seignements avaient annoncé que les Autrichiens devaient nous attaquer avec des forces considérables, et l'Empereur avait voulu que son armée, prête à tout événement, fût rangée en bataille et préparée au combat , si l'armistice qu’il proposait était refusé par l’empereur d’Autriche.
Aussi dans la journée du 6, tous les commandants en chef des corps d’armée, ainsi que ceux de l'artillerie et du génie, avaient reçu un ordre de mouvement précis et détaillé.
Cet ordre de mouvement disait :
« Valeggio. — Quartier général. — 6 juillet 1859.
« Le siège de Peschiera est une opération à laquelle j'attache un grand intérêt, mais il est clair que nous ne pouvons le faire avec sécurité que lorsque nous aurons repoussé une attaque des Autrichiens. D’après les renseignements qui m’arrivent, il est très-probahle que nous serons attaqués demain, de front et de flanc, par l’armée sortie de Vérone et par une autre, venant du haut Adige.
« Déjà les Autrichiens ont occupé ce malin Pastrengo. Il est donc utile que demain matin, dès le lever du jour, les troupes prennent les positions suivantes, car si nous sommes attaqués nous seront prêts à recevoir l’ennetni, et si nous ne sommes pas attaqués, cette prise d'armes servira à faire connaître à chacun la place qu’il doit occuper.