‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 213 sur 326 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

quand le terrain le permettra, alternativement en bataillons déployés et en bataillons en colonnes doubles. On évitera des tirailleries inutiles , et , pendant que les bataillons déployés feront un feu de lile , les autres battront la charge et aborderont l’ennemi à la baïonnette.

« NAPOLÉON

XXXIII. — Personne dans l’armée n’avait connaissance de la mission du général Fleury, et chacun, en voyant ce grand déploiement de forces, s’attendait à une bataille générale, où toutes les ressources réunies des deux années allaient encore se trouver face à face.

Dès quatre heures du matin, l’Empereur traversait avec son état-major les différentes lignes, poursc porter à hauteur de la gauche du maréchal Canrobert; puis, surveillant lui-môme l’exécution des ordres qu’il avait donnés la veille, suivait en tète de la ligne de bataille toutes les crêtes que garnissaient les différents corps d’armée. — Quand le soleil parut, éclairant un ciel pur et radieux, il vit cette belle armée déployée, attendant le combat et frémissant d’impatience ; mais l’ennemi ne se montra sur aucun point.

A onze heures et demie, on aperçut, au milieu d’un nuage dépoussiéré, la voiture qui ramenait de Vérone le général Fleury, et une demi-heure s’était à peine écoulée, que les corps d’armée recevaient l’ordre de regagner leurs bivouacs respectifs.

CAMPAGNE D’ITALIE

XXXIV. — Le village de Villafranca, à mi-chemin environ, entre Valeggio et Vérone, se trouvait naturellement indiqué par sa position même , comme le point où devaient se rencontrer les personnes chargées d'arrêter les dernières conditions de l’armistice.

Pour l’empereur d’Autriche, c’étaient le général d'artillerie baron de Hess , chef d'état-major de l’armée autrichienne, et le général comte Mensdorf-Pouilly.

Pour l’empereur des Français, le maréchal Vaillant, major-général de l’armée française, et le général de division, L. de Martimprey, aide-majoF général.

Pour le roi de Sardaigne, son premier aide de camp, le lieutenant général comte Morozio délia Rocca, major général de l’armée sarde.

Le 8 juillet, à la suite d’une conférence qui dura environ trois heures, les commissaires des trois puissances réglèrent les conditions de l’armistice, dont la durée fut portée jusqu’au 15 août suivant. — Expédiée en trois exemplaires originaux, elle fut le même jour ratifiée par les trois souverains.

Le 16 août à midi, sans avis préalable, les hostilités devaient recommencer.

Mais, quand deux souverains, au plus fort de la lutte, lorsque le canon gronde, lorsque leurs armées sont en présence, remettent, au nom de l’humanité, l’épée au fourreau, leur est-il possible, plus tard, de recommencer une guerre aussi terrible.

Ainsi la mission du général Fleury, à laquelle se rat-

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