LIVRE I , CHAPITRE II
mais non pour entrer à Milan à la tête du 2* corps, ainsi qu’il en avait eu primitivement la pensée, et que le maréchal de .Mac-Mahon en avait reçu l’avis, la veille.
L’Empereur veut éviter la pompe d’une enfrée solennelle et paraître dans la capitale de la Lombardie , ayant à ses côtés le roi Victor -Emmanuel qui s’est lancé à la poursuite du général Urban, séparé comme on le sait du général Giulay, et forcément jeté en dehors de sa ligne de retraite. Sa Majesté Impériale porte son grand quartier général à Quarto Cagnino, tout petit village situé sur la droite delà route, à une lieue de Milan. — Quarto Cagnino est un groupe de quelques habitations entourées d’arbres. Les tentes se dressent dans les vergers, et un détachement de zouaves s’établit devant la maison où doit coucher l’Empereur.
Ce petit coin de terre ainsi silencieux et calme, entre Milan et Magenta, offre un étrange tableau, bien fait pour frapper la pensée. — Magenta qui est la guerre avec ses niugissements formidables, ses terribles et sanglants épisodes; — Milan qui est le bruit joyeux, le tumulte de l’enthousiasme, les longs applaudissements, les cris de fête et de délivrance, les pluies de fleurs qui obscurcissent le ciel.
Au milieu de ces pauvres masures perdues dans les mûriers, enveloppées de vertes cultures, d’ombrages riants, où tout retrace la vie calme et laborieuse des champs, on pourrait oublier que tout autour de soi, derrière ces arbres couverts de verdure, derrière ers
CAMPAGNE D’ITALIE
champs couverts de moissons, reluisent les cent cinquante mille baïonnettes des armées alliées.
XXXIV. — Pendant que l'Empereur allait, ainsi que nous l’avohs dit, de Magenta à Quarto Cagnino, le maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta, se portait vers Milan avec le 2° corps.
A 9 heures, les deux divisions se trouvaient réunies devant la porta Vercelliua, près de l’arc de triomphe, et attendaient l’arrivée de Sa Majesté ; mais un officier d’état-major vint prévenir le maréchal, de la part de l’Empereur, qu’il pouvait continuer sa roule. L’ordre de départ fut aussitôt donné, et le maréchal de Mac- Mahon entra le premier dans la ville de Milan, à la tête de son corps d'armée.
Il est facile de comprendre quelles acclamations enthousiastes accueillirent celui auquel l'Empereur, par le bâton de maréchal et le titre de duc, avait donné une si grande part dans la victoire de Magenta. Toute la population se porta à sa rencontre, et les cris unanimes de reconnaissance et de bonheur saluèrent les drapeaux de la France.
Le maréchal établit ses bivouacs sur les remparts extérieurs, près de la porte de Pavie. — Le quartier général était à Milan même.
XXXV. — Le même jour, le maréchal Baraguey d’Hil- , liers (1er corps) quittait ses campements en avant de Buffalora, et portait son quartier général à San Pietro