LIVRE l:, CHAPITRE I
Le duc de Gramont , ambassadeur de la cour de France à Rame, est aussi arrivé à Alexandrie. — Après une conférence avec ce diplomate, les décisions suivantes sont notifiées au prince commandant le 5* corps.
• Alexandrie, 18 mai 1859.
« II est déclaré au Gouvernement pontilîcal que nous considérons comme une des obligations découlant de la neutralité, celle, pour les Autrichiens, de ne pas augmenter d’un seul homme leurs garnisons A Ancône et à Bologne.
« Cela fait, toute augmentation constituera, à nos jeux, une violation de la neutralité pontificale.
' • Il en sera de même :
« Si les Autrichiens font , dans les États pontificaux, des réquisitions destinées à leur armée, hors des États pontificaux ;
« S’ils y dirigent une partie quelconque de l’armée d’occupation. > ...
« S’ils modifient , en quoi que ce soit , l’état de leurs forces dans les États romains , prenant pour point de départ l’état de leur armée d’occupation, tel qu’il était au jour de l’acceptation de la neutralité pontificale.
« Il va sans dire que l’état de siège, fait sans la demande du gouvernement pontifical, constitue également une violation delà neutralité pontificale, attendu qu’elle substitue l’autorité absolue de nos ennemis à l’autorité neutre des fonctionnaires pontificaux. »
V. — Le 20, le général Coffinières, commandant en chef le génie du 5* corps, part avec son état-major pour Livourne.
Le général, chargé de préparer l’installation des troupes, est en outre porteur d'uue lettre adressée par le prince Napoléon à M. Buoncompagni, commissaire de S. M. le roi de Sardaigne à Florence.
Une attitude bien nette, bien franche, était la seule qui pût convenir au cousin de l’Empereur.
Aussi la lettre dont était porteur le général Coffinières, datée de Gènes, le 19 mai, disait :
* J’ai reçu, sur la demande de deux envoyés toscans auprès de S. M. l’Empereur, l’ordre d’occuper la Toscane avec le 5" corps d’armée. L’Empereur et le Roi veulent que je prenne sous mon commandement les troupes italiennes.
« Je suis envoyé par l’Empereur dans un but exclusivement militaire, pour aider le pays dans la guerrede l’indépendance italienne qu’il a entreprise. Je ne compte me mêler en rien de la direction du gouvernement du pays.
« Je tiens à ce que vous fassiez bien connaître partout, que j’arrive, non comme un prince français avec des vues politiques, mais uniquement comme commandant en chef du 5' corps d’armée pour des opérations militaîres.
« Le choix de ma personne n’a été fait par Sa Majesté que parce que les quatre premiers corps d’armée sont