‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 37 sur 326 · LIVRE I, CHAPITRE U · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE U

tonnerre. La pluie tombe en gouttes larges et sonores, et le vent siffle par violentes rafales. C’est un spectacle cruel et superbe à la fois. Il semble que cet orage qui tombe du ciel avec un sinistre fracas ait redoublé la fureur des combattants.

Le colonel Paulze d’Ivoy (I), brillant et énergique officier, est à la tête de ses zouaves que depuis le commencent LE COLONEL PAl'LZE DTvOÏ

(Eugène-Jacques-Charles), né à Jvoy-le-Pré (Cher), le 12 août 1816, était fils d'un maître des requêtes au conseil d’Etat, ancien préfet du Rhône.

Elève à l’école spéciale militaire le 20 novembre 1832, il fut nommé sous-lieu tenant au 4* de ligne le 20 avril 1835. Lieutenant le 29 octobre 1840, il passait au t>* bataillon de chasseurs à pied, le 8 novembre. En 1841 il part pour l’Afrique; car c’était Ut que les jeunes officiers qui sentaient en eux le feu sacré allaient étudier le métierde la guerre. — Enl849, il en revenait capitaine (1845) et décoré de la Légion d’honneur.

Chef de bataillon au 53* de ligne, il fit le siège de Home et retourna en Afrique avec le 2* bataillon de chasseurs 5 pied (30 août 1852).

C’est comme lieutenant-colonel du 95* de ligne que Paulze d’ivoy part pour la Crimée. — Pendant cette rude campagne, il sut montrer plus encore les brillantes qualités d’intelligence et de bravoure qui le distinguaient au plus haut degré. — A l’assaut du 18 juin, il entraîne son régiment sous le feu de l’ennemi et tombe frappé d'une balle qui lui traverse le visage; blessure terrible qui bien longtemps fit craindre pour ses jours.

Nommé officier de la Légion d'honneur le 25 juin 1855, il est colonel du97* le 11 juillet de la même année.

Colonel du 93* le 12 juillet 1856, il retournait encore une troisième fois en Afrique et recevait le commandement du 1*' zouaves, le 12 août 1857.

C’est avec ce brave régiment qu’il fut appelé en Italie, et c’est à Marignan , & la tête de ses zouaves, qu’il devait trouver la mort que son courage avait si souvent bravée. « Camarades, avait-il dit au commencement du combat, si je meurs, veillez sur le drapeau. «—Paulze d’ivoy avait en lui l’àme et la religion du vrai soldat

ment de la lutte il a toujours précédés au feu, les animant

du geste, de la voix, de l’exemple, et les enflammant par l’irrésistible contact de son ardent courage; il est mortellement atteint d’une balle à la tête, au moment où son clieval vient d’être tué sous lui. — C’est à la tète aussi que, le 18 juin, il avait été frappé à l’assaut de Malakoff.

Les zouaves qui l'entourent voient avec une profonde douleur tomber, pour ne plus se relever, le chef qui les guidait si vaillamment au feu ; mais n’est-ce point venger noblement sa mort , que de courir au combat?

LIV. — C’est là, devant le vieux château, où le colonel vient de trouver lu mort , que la résistance est la plus opiniâtre. — Le commandant Rousseau est aussi frappé mortellement (1). Les zouaves occupent une grande partie des maisons, mais sont trop peu nombreux pour chasser l'ennemi des dernières positions qu’il défend : le maréchal est accouru sur la place avec son élal-major. — Les balles qui sifflent

(5) COMMANDANT ROCSSKAU

(Marie- Alexandre-Jules), né le 6 avril 1826, à Romoraulin (Loir-el- Cher). Chef de bataillon au 1" régiment de zouaves. — Mort dans le courant du mois de juin 1869, suite de blessures reçues à Marignan.

Campagnes : de 1845 à 1854 en Afrique; de 1854 à 1855 en Orient; de 1858 à 1858 en Afrique. — Chevalier de la Légion d’honneur, le 3 mars 1854.

Elève à l'école spéciale militaire , le 1 1 novembre 1 843 ; sous- lieutenant au 2* régiment de la légiou étrangère, le 1" octobre 1845; lieutenant, le 18 décembre 1849; capitaine, Ic20janvierl852 ; passé au 3* régiment de la 1" légion étrangère, le 17 janvier 1855; chef de bataillon au 21' de ligne, le 14 septembre 1855; passé a u 9 7 • il e nié me arme, le |7 septembre 1855; passé au 1*' régiment de zouaves, le 4 décembre 1856.

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