LIVRE I, CHAPITRE II
LVII. — C’est en ce moment là que l’orage se déclarai! avec une grande intensité, et qu’au milieu des éclats du tonnerre la pluie tombait à torrents. — Le général de Ladmirault attend impatiemment le 21' de ligne, dont la présence lui eût été d’un grand secours : il n’arrive pas ; il le général part alors lui-méme àsa rencontre, et trouvant le maréchal Baraguey d’Hilliers sur la place de l’église, lui rapporte les faits qui viennent de se passer à l’extrémité du village. Quelques instants après, il revenait vers la maison de poste, amenant avec lui deux compagnies du 34* qu’il porte en toute hâte sur la route de Cassano (1) pour les jeter à droite, et prendre ainsi de liane les troupes autrichiennes. Ces compagnies , placées à bonne portée, commencent un feu nourri : leur fusillade se mêle à celle qui part sans relâche des maisons et des fossés, derrière lesquels nos soldats se sont embusqués.
Bientôt les Autrichiens, dont le seul but avait été de couvrir par ce retour offensif leur mouvement général de retraite, abandonnèrent la position : on les poursui- * vit jusqu'à la ferme de San Bernardone à mille mètres en avant ; mais l’orage continuait avec une si grande violence qu’il fallut s’arrêter.
Deux bataillons du 21* furent placés de garde près de cette forme.
(1) Catsano, bourg à 35 Vil. E. N. E. (le Milan, 5 24 kit. N. N. O. de Marignan, 4 22 kit. N. do Lodi . sur la rive droite de l'Adda, 2 000 habitants. Le 16 août 1705, victoire des Fiançais sur le priuce Eugène. Le 25 avril 1799, bataille entre Moreau et SouvarvfT.
CAMPAGNE D’ITALIE
A 9 heures, toutes les positions deMelegnano étaient à nous.
LV1I1. — Mais qu’était devenue la division Forey, dont le canon s’était fait entendre, au moment où le général Bazaine avançait sur les premiers obstacles de la route en face de Melegnano?
« A ce moment, prévu par mes instructions (écrit le général Forey dans son rapport au maréchal), je pris mes dispositions pour exécuter le mouvement tournant destiné à me porter sur les derrières de l’ennemi vers le village de Cerro (1). »
Il était important de ne pas appuyer trop à gauche, dans la crainte de se rencontrer avec les colonnes de la 3e division, ou trop à droite, et par conséquent tout à fait en dehors des opérations. — Le général prit donc le village de Riozzo (2) pour point de direction.
D’après les renseignements donnés par les habitants du pays, les troupes pouvaient, en se jetant à travers champs, atteindre Riozzo, puis Cerro. — Il était alors environ six heures et demie (3).
A tout instant les fossés remplis d’eau et les coupures du sol entravent la marche des bataillons qui arrivent en face d’un canal profond et large. Déjà le ciel se couvrait dp nuages sombres, et la pluie com-
(1) Cerro, village à 3 kil. 1/2 S. F.. <Ie Marignan.
(2) Riorio, village ü 2 kil. N. O. de Cerro et à 1 kil. 12 S. E. de Melegnano.
(3) Rapport du général Forey au maréchal Baraguey d’Hilliers.