‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 65 sur 326 · LIVRE I, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE

quelque aride que pùt paraître au premier abord cette narration, qu’il n'était pas sans importance d’indiquer

les différentes localités où les corps d’armée, avançant chaque jour davantage au cœur de la Lombardie, avaient pris leurs bivouacs successifs. — C’était, il ne faut pas se le dissimuler, une rude entreprise, hérissée d'écueils et de difficultés sans nombre, que de faire marcher ainsi, en face de l’ennemi, six corps d’armée (1) concentrés dans un espace restreint et prêts à se réunir en un bloc formidable au premier signal.

Dans le récit des faits de guerre qui s’accomplissent, serait-il juste d’accorder une large place aux journées de combat, et de laisser inaperçus ces jours pénibles, ces épreuves laborieuses de marches et de contre-marches qui transportent d’un point à un autre 150 mille hommes?

Le plus souvent on se rend un compte très-inexact des impedimenta de toute sorte qu’une armée traîne forcément après soi : bagages, approvisionnements, matériel d'artillerie. — Ce sont, à tout instant, des obstacles imprévus, des retards avec lesquels il faut compter sans cesse, et qui dérangent les plans stratégiques les plus savamment combinés.

LXXXTV. — Cette, marche si compliquée de Milan à Brescia, à travers des cours d’eau nombreux et dans un

(I) Les 1", 2*, 3*, 4* corps, la garde impériale, et les 4 divisions d« l’armée sarde.

pays couvert de cultures, avait été couronnée d’un plein succès; elle continuait les résultats importants auxquels avait tendu, dès le commencement de la campagne, la marche tournante autour du Pô et de la Sesia.

Ainsi, l’armée alliée avait délivré le Piémont, et elle allait, touchant bientôt les rives du Mincio, affranchir la Lombardie, sans s’être heurtée une seule fois contre cet échiquier de places fortes si habilement étudié, au centre duquel l’empereur d'Autriche pouvait se croire inexpugnable.

LXXXV. — Avant de continuer notre récit nous devons consacrer quelques lignes au service télégraphique dont la direction générale avait été confiée à M. Clément Lair. Tous les employés de ce service difficile rivalisaient de zèle, de courage, d’activité, d’intelligence.

Aucun obstacle ne les arrêtait, et comme de vrais soldats , ils bravaient les dangers , avançant leurs lignes au delà même des avant-postes ; ils allaient en reconnaissance dans les différentes directions, et établissaient leurs fils sur les pas même de l’armée autrichienne.

C’est ainsi que M. Gauthier, inspecteur de 1" classe, entrait le premier à Novare, et que les inspecteurs Saigey, Grosjean, Retz , Amiot rendaient chaque jour des services signalés et pouvaient souvent , par l’activité énergique qu’ils déployaient , envoyer par dépêches télégraphiques les renseignements les plus précis sur les

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