‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 7 sur 326 · LIVRE 1, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE

abandon des duchés de Parme et de Modène, dès après la première victoire de l’armée alliée.

IX. — Au moment où le prince Napoléon débarquait à Livourne, l’armée autrichienne occupait en force toute la ligne qui s’étend depuis Fcrrare (1) jusqu'à Ancône (2); en outre elle avait porté de gros détachements à Ri mini (3)

(1) Ferrure. — Ville forte des États romains, & 38 kilomètres N. E. de Bologne. 24 900 habitants.

Ferrare fut fondée au v* siècle; elle prit de l’importance sous le gouvernement des princes de la famille d’Este. En 1398, Clément VIII réunit Ferrare aux États de l'Église. Les Français s’en emparèrent en 1796 et en firent, en 1805, la chef-lieu du département du Bas-Pô. En 1814, Ferrare fut restituée aux États de l’Église par le congrès de Vienne, sous la condition de recevoir une garnison autrichienne.

(2) Ancône. — Ville des États romains, sur la mer Adriatique, à 190 kilom NM. E. de Rome. 32 000 habitants ; son port est un des plus beaux et des plus fréquentés de l’Italie/ Ancône , fondée par les Syracusains, devint ville libre au xn* siècle et fit partie de la ligue lombarde, elle fut réunie aux États de l’Eglise en 1532. En 1798, elle fut prise par les Français et fut reprise par les Russes et leurs alliés après un siège mémorable. Rendue aux Français par les Autrichiensen 1801, elle fut restituée par ceux-ci au Pape en 1802, puis incorporée plus tard au royaume d’Italie jusqu’en 1814, époque où elle rentra sous la domination papale. En février 1832, les Français s’emparèrent de la citadelle d’Ancône et la conservèrent jusqu’en 1838.

(3) Simint. — Ville des États romains, à 44 kilom. de Ravenne. 14 000 habitants. Ville très-ancienne , a formé pendant quelque temps une république. Son ancien port était renommé et construit en marbre. L’an 93 avant J. C. Jules César s’en empara ; elle fut embellie par César et par Auguste. Après avoir passé tour à tour sous la domination des exarques grecs et des Lombards, elle tomba au pouvoir des empereurs d’Allemagne. L’an 1200, Othon III y établit, comme vicaire de l’empire, Malatesta, dont un des descendants la vendit aux Vénitiens,qni la perdirent dans la bataille de Géra d’Adda (1528) contre le pape. Tous les efforts que firent depuis, dans le xv* siècle, les Malatesta pour reconquérir Rimini, furent sans succès.

CAMPAGNE D’ITALIE

et à Faenza(l); r— leurs reconnaissances s’étaient môme avancées jusqu’aux défilés des Filigares et de la Poreta, défendues par les troupes du général l'Iloa et par les volontaires du général Mezzacapo. — Il était à craindre

que l’ennemi ne prononçât sou mouvement d’invasion sur le territoire toscan, avant que le prince eût à sa disposition des forces suffisantes pour occuper les défilés de la montagne.

La Toscane, en effet, par sa position topographique, est comme une forteresse; les Apennins qui l’entourent la défendent et ne donnent accès que par trois défilés, celui de la Poreta, allant sur Ancône, — celui des Flllgares sur Bologne et Ferrare, — celui de l’Abetone sur Modène. — Le reste de la montagne est complètement inaccessible à des trotipes-, des contrebandiers seuls s’y hasardent par des sentiers à peine tracés, et au milieu de gorges et de ravins innombrables.

Le défilé des Filigares offrait sans contredit le plus de chances favorables aux Autrichiens; aussi les principales forces des Toscans s'étaient établies à Pietra Santa, à

2 kilomètres environ de l’extrême frontière, pour défendre cette position. L’entrée du défilé lui-mémè est marquée par les maisons de douane des États romains et toscans; des deux côtés, la montagne s’élève abrupte et presque à pic, rendant ainsi la défense facile pour ceux qui occupent ces maisons.

(1) taenia. — Ville des Etats romains, A 26 kitom. O. S. 0. do Ravenne. 20SHX) hab. EUe est protégée par une citadelle et entourée par une muraille qui présente une circonférence d’environ 4 kilomètres.

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