LIVRE 1, CHAPITRE I
Le défilé de l’Abetone qui conduit à Modène(I), devait également donner de sérieuses inquiétudes par l’état complet d’hostilité dans lequel s’était placé ce duché, que le feld-maréchal de Wimpffen occupait avec son corps d’armée. ' ,
Ce défilé est situé au sommet «Tun col qui u'a pas moins de 1337 mètres au-dessus du niveau de la mer; une forêt de sapins garnit les flancs de la montagne, plus abrupte et plus inhospitalière encore de ce côté que vers le défilé des Filigares.
L’entrée de celte position faiblement occupée, pouvait être facilement forcée.
X. — Les renseignements recueillis de tous côtés , ainsi que les rapports des espions, s'accordaient à dire que les Autrichiens avaient déjà porté leurs avantpostes jusqu’à Pieve Pelago à 1 kilomètre environ de la frontière toscane.
Fort heureusement le feld-maréchal de VViinpffen, qui pouvait entrer rapidement en Toscane avec son
corps d’armée, ne prit pas de résolution décisive et permit ainsi aux troupes françaises, si impatiemment attendues, de se masser en forces suffisantes sur les points les plus menacés.
Le 24 et le 25 mai, les troupes d’infanterie du 5' corps
(1) Modènr. — Capitale du duché de Modèiie, h 101 kilom. NN. O. de Florence. 31 000 habitants. Place forte, résidence ordinaire du duc de Modène. Elle appartint successivement aux papes, aux Vénitiens, aux ducs de Milan, de Mantuue et de Ferrare, et enfin aux princes de la maison d’Este, qui en firent la capitale du duché, eu 1463.
débarquaient presque au grand complet à Livourne. C’était la division Ulirich (1) qui devait seule, on le sait, former avec la brigade de cavalerie du général de Lapeyrouse les moyens d’action du 5* corps en Toscane.
Le prince Napoléon ne disposant pas de forces assez considérables pour pouvoir parer à la fois à toutes les éventualités, choisit la ligne la plus importante, celle de