‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 70 sur 326 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

il n’est peut-être pas sans intérêt de rappeler ce fait, qui prouve quel parti notre cavalerie peut tirer des chevaux d’Afrique; ils- avaient fait environ 20 lieues en 12 heures, sans le moindre repos, et dans cette distance ne sont pas comprises les courses particulières des cavaliers jetés en éclaireurs dans différentes directions en avant de la colonne.

Le 23, le 1" corps seul se met en marche; il quitte Rho pour traverser la Chiese et se porter à Esenta (1), entre Lonato et Casliglione, reliant ainsi par sa gauche l’armée française à l’armée sarde.

sur la route de Goito; le sous-lieutenant Itapp fut envoyé avec quelques cavaliers en éclaireur et reçut ordre de marcher jusqu’à ce qu'il eût aperçu l’ennemi. Il avança jusqu'aux avant-postes d’un corps d’infanterie autrichienne, que les gens du pays évaluaient à 10000 hommes environ. Le capitaine rallia scs éclaireurs, et, se reportant sur Ceresara, se dirigea ensuite sur Piubega, petit village à 4 kilomètres au sud de Ceresara. Là aussi, oo avait signalé la présence d’un poste ennemi.

M. de Contensou résolut d’enlever ce poste; il partagea sa petite troupe en deux portions; un peloton, sous les ordres du lieutenant Loeffler, reçoit ordre de s’avancer sur la place du village, où se tenait le poste, pendant que lui-même gagnerait la grande route par un chemin tournant, de manière à couper la retraite à l’ennemi.

Le sous-lieutenant Loeffler surprend le poste autrichien en tombant sur lui à l’improviste; mais de l’autre côté du village, une troupe de 50 à 60 uhlans s’avance sur la route que suit le capitaine. Celui-ci fait aussitôt sonner le ralliement pour réunir tout son monde, mais les uhlans s'arrêtent, et après, un instant d’observation, se retirent lentement.

Lorsqu’ils eurent disparu, le capitaine de Coutenson reprit la route de Castenedolo emmenant 4 hommes du poste ennemi et 7 chevaux qui restaient en son pouvoir.

(1) Esenta, village à 7 kil. S. de Lonato et à 3 kil. N. de Casti-

güone.

CAMPAGNE D’tTAUE.

VI. — Nous touchons de bien près à la grande journée du 24 juin.

L’armée autrichienne a abandonné, sans les disputer, les lignes importantes de l'Adda, de l’Oglio, de la Chiese.

Quanta l'armée alliée, conliantc dans sa destinée, lière de marcher victorieuse sur ce sol italien, où chaque pas rappelait des triomphes passés et des souvenirs de gloire, elle ne demandait rien au secret des batailles. Elle attendait tout d’elle-même, de son énergie , de son courage, de sa volonté de vaincre ; et , suivant pas à pas l’ennemi dans sa retraite, elle se concentre sur ses derrières et l’enveloppe d'un réseau de baïonnettes.

Mais aucun rapport précis sur les projets de l’ennemi ne parvient au quartier général.

VII. — M. E. Godard avait reçu l’ordre de se rendre dans la matinée du 23 à Gastiglione auprès du maréchal de Mac-Mahon, pour opérer quelques ascensions qui peut-être amèneraient des renseignements plus positifs.

Vers neuf heures du matin , dans une prairie trèsrapprochée de la première ligne des avant-postes , cel aéronaute s’éleva en montgolfière libre, et malgré une observation très-attentive des terrains qui se développaient au-dessous de lui , présentant une série considérable de petits mamelons, il ne découvrit que trois cavaliers en avant du village de Pozzolcngo.

On ne jugea pas d’autres ascensions nécessaires.

Les reconnaissances qui chaque jour éclairaient le pays, ne rapportaient de leur côté que des indices vagues;

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