‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 71 sur 326 · LIVRE 11, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE I

mais les feux encore fumants des bivouacs autrichiens marquaient la trace récente de leur passage. Parfois aussi nos cavaliers rencontraient des détachements qui s’éloignaient subitement à leur approche, et le gros de l’armée paraissait continuer son mouvement de retraite sur Peschiera, Vérone et Mantoue. — On savait en outre, d’une manière certaine , que les vastes terrains avoisinant le Mincio, étaient depuis longues années étudiés par l’armée autrichienne, qui souvent y avait fait manœuvrer de puissants corps d’armée.

VIII. — Le 23, de nouveaux rapports apprennent que les Autrichiens se sont décidément retirés au delà du Mincio, abandonnant les hauteurs si favorables, qui s’étendent de Lonato jusqu’à Volta.

L’Empereur a résolu d’y porter son armée dans la journée du 24. Il ignore quand et comment il rencontrera cet ennemi insaisissable dans sa retraite, mais par ses ordres de marches, il se tient toujours prêt à accepter la bataille, partout où celui-ci voudra la lui présenter.

C’est ainsi qu’il se prémunit, avec une sage prudence, contre les événements imprévus.

« Dans celte même journée du 23, plusieurs détachements ennemis (dit le bulletin impérial) s’étaient montrés sur différents points ; mais, comme les Autrichiens ont l'habitude de multiplier leurs reconnaissances. Sa Majesté ne vit dans ces démonstrations qu’un exemple de plus du soin qu’ils mettent à s’éclairer et à se garder. »

CAMPAGNE D’ITALIE

Toutefois, malgré ce soin excessif, l'armée autrichienne, de son côté, n’était pas mieux renseignée sur nos intentions, et la bataille, sur le terrain où elle se livra, fut également inattendue pour nos adversaires qui, en effet, depuis le 21, s'étaient retirés derrière le Mincio. — Leur projet était, aussitôt l’arrivée des renforts disponibles, de venir nous attaquer sur la Cliicse.

* Une patrouille, composée d'un escadron de uhlans et d’une batterie d’artillerie à cheval (dit le rapport autrichien), avait été chargée de reconnaître le pays coupé de collines qui se trouve entre les deux fleuves ; elle n’avait nulle part rencontré de colonnes importantes, mais seulement des détachements isolés.

« Des reconnaissances envoyées vers la Chiese n’avaient aussi en aucun endroit rencontré l’ennemi. »

IX. — Le 23 juin , l'armée autrichienne commençait son mouvement pour réoccuper les positions qu’elle avait évacuées, et, « dans la soirée, le gros de ses forces s’établissait de Pozzolengo (I) à Guiddizzolo (2) afin d’agir le lendemain dans la direction de la Chiese, et d’attaquer l’armée alliée dans ses positions principales de Carpenedolo et de Montechiaro (3). » Mais, à la môme

(1) rozzolcngo, Tillage à 12 kit. S. E. do Lonato et à 10 kit. E. d’Esenta, 141 à habitants.

(2) Guiddttrolo, village à 21 kil. N. O. de Mantoue et à 10 kit. S. E. de Castiglioné.

(3) Nous puisons ces documents dans le rapport autrichien sur la bataille de Solferino , et il est facile de voir par le texte même de ce

Page 1