‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 75 sur 326 · LIVRE U, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE U, CHAPITRE II

peut évaluer à 5 ou 6000 hommes la force ennemie établie au village deSolferino, éclairée elle-même par de nombreuses vedettes de uhlans. — Le commandant 1/eroY, qui s’était jeté plus à gauche, put s’avancer jusqu'à une ferme appelée Santa Maria qu’il trouva inhabitée. — La nuit était déjà très-avancée , le commandant , décidé à explorer le pays aussi loin qu’il lui serait possible , rencontra une vedette piémontaise également envoyée en éclaireur. Cette vedette lui affirma que Solferino était follement occupé. Les Autrichiens avaient porté leurs avant-postes du côté de Castiglione , et dans le pays qui s’étend au nord-est de cette ville (1).

Le maréchal Baragucy-d’Hiiliers , dans la prévision d’une attaque sérieuse sur cette position, que l’ennemi semble disposé à défendre, a réglé, ainsi qu’il suit, l’ordre de marche du 1er corps :

« La 2* division , chargée d’attaquer le village de Solferino, partira à 3 heures du malin , et passera par Santa Maria, Barchedi Castiglione et Barche di Solferino.

« La 1” division, destinée à appuyer la droite de la 2*, se mettra en route à 4 heures, se dirigeant par Castiglione, le Fontane et le Grole.

« La 3* division marchera sur les traces de la 1" et ne devra quitter Escnta qu’à 6 heures du matin (2). »

XIII. — Esenta est séparé de Solferino par des mouvements de terrains dont les crêtes offrent deux points

(1) Rapports des généraux commandant les divisions.

(2) Historique des marches et operations militaires du 1" corps.

saillants, le mont Rosso et la Tour de Solferiuo, appelée V Espionne de f Italie. Ce surnom indique assez que , de tous les points de l’horizon , on aperçoit sa masse noire se dresser, comme une sentinelle vigilante, sur le sommet de l’éminence qu’elle couronne.

Deux routes contournent ce massif, en partant d’Escnla. Le général de Ladmirault (2* div.) prit celle de gauche qui passe par Santa Maria. — En mauvais état, bordée de plantations nombreuses, cette roule traversait un terrain très-accidenté, et devait naturellement retarder la marche de la division.

La route de droite, dans laquelle s’engageait le général Forey (1" div.), qui précédait de deux heures le général Bazaine (3' div.), traverse Castiglione pour contourner ensuite la base de ces hauteurs ; aussi était-il nécessaire, pour entrer dans Castiglione, d’attendre que cette petite ville fût entièrement évacuée par le corps Mac-Mahon qui l’avait occupée la veille. — La tète du 1" corps, en débouchant de Castiglione, devait donc se trouver flanquée à sa gauche par la division de Ladmirault, partie une heure auparavant, et à sa droite, sur une profondeur de plus d’une lieue, par les colonnes du maréchal de Mac-Mahon engagées sur la roule de Cavriana.

XIV. — Telles étaient cependant les difficultés inconnues du terrain, que le général de Ladmirault avançait péniblement sur la route de Santa Maria, et que le maréchal de Mac-Mahon s’éclairait difficilement sur sa gauche.

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