‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 76 sur 326 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

Le maréchal Baraguey-d’Ililliers, désireux de reconnaître le pays avant de prendre toutes scs dispositions, marchait à environ 500 mètres en avant de la division Forey, précédé seulement de quatre cavaliers et d’un brigadier, et suivi d’un escadron d’escorte. — 11 donna de sa personne dans les avant-postes autrichiens. — Accueilli tout à coup par une décharge de tirailleurs embusqués derrière les bouquets de bois et les vignes, le maréchal veut continuer de pousser en avant ; mais une seconde décharge l'oblige à rallier la tète de la division Forey.

Le général Forey lance aussitôt le commandant Pichon avec les quatre compagnies de droite du 17" bataillon de chasseurs, qu’il fait presque immédiatement soutenir par le 1" bataillon du 74*, sous les ordres du commandant Brun.

Ces hardis tirailleurs garnissent rapidement les crêtes qui séparent les colonnes Ladmirault et Forey , et engagent le feu. Ils débusquent l’ennemi de Fon-

tane, petit village à mi-côte, et continuent leur inarche, tandis que la tête de colonne de leur division s’avance parallèlement à eux sur la route de Solferino.

XV. — Arrivé à hauteur du second hameau (le Grole), le général Forey ordonne au général Dieu, de lancer sur cette position le 2' bataillon du 74*.

Mais l’ennemi, qui s’était retiré devant la ligne des tirailleurs, s’apprête à opposer une sérieuse résistance

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Le Grole est fortement occupé, ainsi que les hauteurs qui s’étagent et se succèdent jusqu’à Solferino, par une succession de petits mamelons, sur lesquels reluisent les baïonnettes autrichiennes. — Le général Dieu, vigoureux et brillant officier, se jette de sa personne dans le hameau à la tète de ses troupes. Malgré les efforts d’une défense opiniâtre, les Autrichiens doivent céder le terrain et rejoindre leurs réserves massées au mont Fenile.

Le général Forey avait hâte d’occuper cette position qui lui permettait d’embrasser l’ensemble des obstacles qu’il aurait à surmonter pour atteindre Solferino. Aussi il donne ordre au général Dieu de porter sur le mont Fenile le 84* en son entier.

XVI. — Ce brave régiment, le colonel Cambriels en tète, part au pas de course avec un élan irrésistible, et malgré le feu meurtrier de l’ennemi, gravit les hauteurs de ce mamelon, sans s’arrêter un seul instant. Chaque officier rivalise d’ardeur et enlève ses hommes au cri de : Vive l'Empereur!

Les troupes qui avaient dù évacuer le Fpntane et le Grole, s'étaient repliées successivement sur cette position; elles durent aussi abandonner le mont Fenile et se rejeter en arrière jusqu’aux hauteurs principales qui servaient, pour ainsi dire, de rempart au village de Solferino.

Le maréchal a suivi sur les crêtes le bataillon de chasseurs; car il peut ainsi ne pas perdre de vue les

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