LIVRE II, CHAPITRE II
village de Guiddizzolo, puis, de là, prendre le chemin qui conduit à Gavriana en passant par San Cassiano.
La brigade marchait, précédée d’un peloton déployé eu tirailleurs, et gardée également sur ses flancs. — Elle ne tarda pas à signaler l’ennemi qui s’avançait aussi de son côté par la route môme que suivait le 2* corps. En choc enlre les deux tètes de colonne allait devenir inévitable. Le général fit aussitôt prévenir le maréchal de Mac-Mahon que les Autrichiens étaient à très-courte distance.
Ceux-ci s’étaient en effet massés aux abords de la Casa Morino, ferme considérable, située sur le bord de la route de Medole à Solferino, un peu au-dessus du point d’intersection de cette voie avec la grande route qui conduit de Castiglione à Mantoue.
La colonne, ainsi avertie de la présence de l’ennemi, continua sa marche, précédée d'un épais rideau de tirailleurs, qui engagèrent aussitôt le feu avec les tirailleurs autrichiens, derrière les maisons, ou dans les champs en culture. — Il était alors 5 heures du matin.
XIX. — Près delà Casa Morino, se trouve un mamelon appelé Mont Medolano; la position était très-favorable pour se rendre compte du déploiement des forces de l'ennemi. Le maréchal s’y porta, et par le premier coup d’oeil jeté du sommet de cette éminence, il put se convaincre que des masses considérables étaient concentrées dans l’espace compris entre la Casa Morino
campagne d*italie.
et le village de Guiddizzolo. — Il fallait prendre contre elles des dispositions sérieuses de combat.
Dans le môme moment, le maréchal entendit une vive fusillade entre Gastiglionc et Solferino. — C'était le corps du maréchal Baraguey d’Hilliers qui entrait en action.
Les Autrichiens se préparaient évidemment à nous disputer vigoureusement le passage. — Ce n’étaient plus des corps isolés, défendant quelques positions pour couvrir un mouvement de retraite; c'était le déploiement d’une armée puissante, s’appuyant à des points stratégiques très-forLs , et protégés par des défenses naturelles du plus difficile accès.
A travers les vapeurs brumeuses du matin, on voyait un grand développement de troupes sur toutes les hauteurs qui s’étendent de Solferino à Cavriana.
Le maréchal envoya le capitaine de Bouille , un des officiers de son état-major, rendre compte à l’Empereur de ce qui se passait, et lui annoncer que sans nul doute son armée allait sur tous les points se heurter contre les colonnes autrichiennes , dont les masses compactes formaient à l’horizon un vaste réseau.
XX. — La situation dans laquelle se trouvait le commandant en chef du 2* corps était grave. — « Il sentait (écrit-il lui-mème) la nécessité de se porter, aussitôt que possible, sur le canon du maréchal Baraguey-d'Hilliers, en appuyant à gauche. » Mais d’un autre côté, soit qu’il s’étendit vers Solferino pour donner un appui à l’aile droite du 1er corps, soit que, selon Les instructions qu’il