LIVRE II, CHAPITRE II
avait reçues, il marchât sur Cavriana, il dégarnissait la plaine et augmentait encore le vide dangereux qui existait entre lui et les 3* et 4* corps. Les Autrichiens pouvaient alors en profiler pour couper l’armée en deux , par un rapide débouché sur la route de Mantoue à Guiddizzolo.
Le maréchal ne se dissimulait pasj’importance qui s’attachait à chacun de ses mouvements. — Sans nouvelles du général Niel, et en attendant des ordres de l’Empereur, modifiés sans nul doute par les événements nouveaux qui venaient de surgir, il résolut de se maintenir dans sa position, prêt à s’opposer à toute tentative de l’armée ennemie dans la plaine qui se prolongeait à son extrême droite; mais il ne voulut pas continuer sa marche en avant, sans être certain que le 4* corps serait en mesure d’occuper la vaste ligne qui s’étend de Medole à Guiddizzolo.
Le maréchal de Mac-Mahon avait envisagé la vraie difficulté de la situation et agissait en général expérimenté.
XXI. — Il était six heures; le général Niel ne paraissait pas encore du côté de Medole , et l’attaque sur le front du 2* corps commençait à prendre des proportions sérieuses, en même temps qu’elle augmentait d’intensité sur l’extrême gauche occupée par le maréchal Barngueyd’FIilliers. — Le maréchal de Mac-Mahon donna alors mission à son chef d’état-major général, le général Lebrun , d’aller en personne s’assurer de la position du 4* corps et de son mouvement sur Guiddizzolo.
CAMDAGNE D’ITALIE.
Le général Lebrun partit à toutes brides à travers champs, et atteignit Medolc, au moment où la tête du 4" corps attaquait ce village, dans lequel l’ennemi s’était fortement retranché.
XXII. — Scion l’oçdrc de marche que nous avons rapporté plus haut en détail, le général Nid était parti avec son corps d’armée à trois heures du matin. — Il devait gagner Guiddizzolo en traversant Medolc.— Ses trois divisions d’infanterie suivaient toutes trois la route de Garpenedolo à Medole. — Les deux divisions de cavalerie Desvaux et Partouneaux avaient pris la grande route de Castiglione à Goito, qui touche à Guiddizzolo, après avoir traversé une plaine de 3 ou 4 kilomètres de largeur, très-favorable aux manœuvres de l’artillerie.
La division de Luzy forme la tète de colonne, éclairée par deux escadrons du 10e chasseurs sous les ordres du général de Rochefort. La route qu’elle suit traverse un pays couvert d’arbres, de vignes et de plantations de toute sorte qui interceptent la vue et permettent facilement à des hommes à pied de cacher leur approche- — De Carpenedolo, point de départ du 4' corps, jusqu’à Medole, des canaux d’irrigation, profonds et larges, coulent des deux côtés du chemin et alimentent d’autres petits canaux qui courent perpendiculairement à la route. L’infanterie peut, au besoin, les franchir, en entrant dans l’eau jusqu’à la ceinture.
Les guides que l’on avait pu trouver pour se diriger, et les paysans que l’on interrogeait ne donnaient que de