LIVRE II, CHAPITRE II
vagues renseignements sur le nombre des Autrichiens ; ceux-ci, disaient-ils, avaient paru la veille à Mcdole, et pouvaient môme y ôtre encore. — Quelques-uns assuraient, au contraire, qu’ils avaient entièrement abandonné cette petite ville et laissé seulement des avant-postes de cavalerie pour observer la marche de l’armée française.
L’ennemi renouvelait, du reste, à peu près chaque jour cette manœuvre, et « moins que jamais (écrit le général de Luzy) nous ne nous attendions, le 24 juin, à une bataille générale entre les deux armées. Nous savions que les Autrichiens avaient repassé le Mincio, et nous pensions que c’était là seulement qu’ils nous attendaient pour défendre le passage de ce fleuve. *
XXIII. — Le général de Rochcfort, qui marchait avec les éclaireurs , était encore à 2 kilomètres environ de Medole, lorsque son extrême avant-garde rencontra, près d’une ferme placée sur la roule, un fort détachement de uhlans. Le feu s’engagea aussitôt, et les uhlans, voyant un petit nombre de cavaliers devant eux, chargèrent ces cavaliers avec impétuosité; le général accourut avec le reste de ses chasseurs et se jeta sur eux. La chaussée est étroite et ne permet de se déployer ni à droite ni à gauche ; les cavaliers français et autrichiens s’abordent de front et se sabrent à oulrance.*Le capitaine Tessié de La Motte, officier d’ordonnance du général , est gravement blessé à côté de lui , et le commandant des uhlans également blessé tombe au pouvoir de nos chasseurs qui poursuivent vigoureusement sa
CAMPAGNE D’ITALIE
troupe eu retraite; mais près d’une maison, deux bataillons d’infanterie , embusqués à droite et à gauche dans les champs, les accueillent par un feu très-vif et les forcent à se retirer.
Le général de Luzv, instruit de cet engagement entre les deux avant-gardes, envoie au pas de course le 5* bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du commandant Thouvenin , et presse sa marche. — Le général de Rochefort lance ce bataillon en tirailleurs, et refoule ainsi l’ennemi qui se replie en bon ordre sur Medole que défendent des troupes nombreuses soutenues par de l’artillerie.
XXfV. — Le général de Luzy(l) est arrivé; il prend