LIVRE II, CUAPITRE II
De tous côtés, le combat est engagé. — Sur la droite, c’est le général Lenoble. Déjà le chef de bataillon Rolland, du 6* de ligne, est blessé mortellement; mais l’ennemi ne peut tenir devant l’élan de nos soldats ; il bat en retraite et laisse dans les mains du général 2 pièces de canon et près de 300 prisonniers. — Sur la gauche, le général Douay passe énergiquement avec sa colonne à travers tous les obstacles, s’emparanl une à une des maisons qui défendent les abords de la place.
Le général de Luzy a poussé droit devant lui avec la colonne du centre. Sentant les deux ailes suffisamment avancées, il entre dans la ville; les sapeurs du génie et ceux du régiqient enfoncent les portep coups de ha,che. — L’ennemi ainsi attaqué sur tous les points à la fois, se retire dans différentes directions, et disparaît bientôt # au milieu des massifs qui couvrent le terrain.
Ce combat, qui avait duré une heure et demie environ, nous coûtait 100 hommes au plus hors de combat.
En débouchant de Medolc, le 4e corps devait continuer sa route sur Guiddizzolo, mais le combat qui venait de se livrer, indiquait que le général Niel rencontrerait une sérieuse résistance. — Il devait se préoccuper de sa droite, tout autant que de son front de bataille ; aussi le général Lenoble reçoit l’ordre de se porter sur la route de Ceresara, où il s’établit solidement, tandis que la brigade Douay marche sur les talons de l'ennemi vers Rebecco, village situé sur la roule de Guiddizzolo. Mais cette brigade rencontre deu 10
vant elle des forces considérables qui la contraignent à s’arrêter.
Dans le même moment, la division Vinoy commençait à déboucher de Medole, précédant l'artillerie qui marchait entre cette division et celle du général de Failly.
XXVI. — Le corps du maréchal Canrobert (3* corps), formait l’extrême aile droite de l’armée ; il devait couvrir ses derrières en se dirigeant aussi sur Medole où il avait reçu ordre d’établir ses campements. Le maréchal avait dù, pour éviter de se jeter sur le 4* corps, prendre une route plus longue, (22 kilomètres), en passant par Acqua fredda et Castel Goffredo; — la plus directe, celle parCarpcnedolo, était occupée par les troupesdu général Nicl(l).
De tous les corps d’armée, celui du maréchal Canrobert est le seul qui ait à effectuer Le passage de la Chiese avec ses trois divisions , opération très-lente et très-difficile, surtout quand elle doit s’opérer sur un seul pont. — C’est à 4 kilomètres au sud de Mezzano, à la hauteur d’un petit village appelé Visano , que ce pont sera jeté.
La brigade Jannin , de la division Renault , qui doit former la tête de colonne, a reçu l’ordre de partir le 23, pour en protéger la construction. — Elle s’est mise en
(1) .Vote relative <1 la marche du 3* corps pendant la journée du H juin 1859, rédigée par le colonel Besson, chef d'état major général du 3' corps.
• Comme il fallait jeter un pont sur la Chiese, entre Visano et Acqua fredda, et, par conséquent, un défilé à passer, pour diminuer la longueur de la colonne, il est déçidé que l’artillerie de réserve, les bagages et tout le convoi prendront la route de Carpenedoie. »