LIVRE H, CHAPITRE III
Le général élait de service auprès de l’Empereur; vers minuit, il lisait des dépêches que l’on venait d’apporter, lorsqu’il s’affaissa tout à coup laissant échapper les papiers qu’il tenait à la main. — Il élait mort.
XXXII. — Les messagers des deux maréchaux furent introduits aussitôt auprès de l’Empereur.
Le capitaine de Kleinenberg a reçu l’ordre de rejoindre le maréchal Canrobert, qui doit être entre Mezzano et Medole, et de lui remettre une lettre qui renferme d’importants renseignements sur l’armée ennemie; cette lettre a été envoyée par un des plus notables habitants d’Assola.
ce séjour do neuf années, le capitaine île Cotte prit part à toutes les opérations de guerre et se distingua particulièrement à OuIed-el-HalIeg, le 31 décembre 1839; dans la campagne des Beny-Ourach, le 10 décembre 1842; aux Sbéa, le 12 mai 1843 ; aux Sendjes, le 10 juillet 1843 ; dans le Sahara, le 8 octobre 1843; A Oueil-Malach, le 11 novembre 1843. Dans les Scbots, les 11 et 12 novembre 1844, oii il fut blessé d'un coup de feu à la hanche gauche. — Tous ces combats, sans cesse renouvelés contre les nations rebelles, sont autant de dates qui rappellent de brillants services.
I.c 18 juin 1842. il était chef d’escadron au 4* chasseurs, lieutenant colonel du 9* chasseurs le 23 février 1845, du 3* chasseurs le 29 avril 1846, et colonel du 2* chasseurs, le 8 novembre 1 846.
Nommé général de brigade le 3 janvier 1851, il reçut le commandement de la 1" brigade de la 1” division de l’infanterie de Paris (22 septembre 1851).
Le 17 février 1852, le prince-président l’attachait & sa personne en qualité d’aide de camp. Chargé du commandement d’une brigade de la division d’occupation eu Italie, il devenait général de division le 1" janvier 1854, et était maintenu aide de camp,
En 1858, il commandait la division de cavalerie du camp de ChAlons.
11 accompagnait l’Empereur en Italie, lorsque, le 23 juin 1859, il fut frappé d’une attaque d'apoplexie, A laquelle il succomba à Monteebiaro.
Les Cent-Gardes ont pris les devants, et Sa Majesté se jette dans sa calèche de poste, ayant avec Elle le maréchal Vaillant, le général de Montebello, aide de camp de service, et le général Fleury, son premier écuyer. — Toute la maison militaire de l’Empereur et l’état-major de l’armée suivaient à cheval.
Bientôt la roule qui conduit de Montechiaro à Castiglione fut couverte d’un tourbillon dépoussiéré. — Voitures, chevaux et cavaliers étaient lancés à fond de train.
Castiglione est bâtie sur une hauteur. L’Empereur descendit de voiture devant l’église môme, et voulut du sommet du clocher, jeter d’abord un premier coup d’œil sur l’étendue de terrain qu’occupait son armée et sur les positions que l’ennemi s’apprêtait à défendre.
XXXIII. — Dès ce premier examen, l’Empereur comprit qu’une grande bataille allait se livrer.
Cette bataille, il l’attendait chaque jour depuis son départ de Milan. Plus il s’approchait de Peschiera, de Mantoue, de Verone, plus dans sa pensée elle devenait imminente; et s’il ne s’y attendait pas pour la journée du 24 juin, c’est qu’il croyait, d’après tous les renseignements qui lui étaient parvenus, l’armée autrichienne au delà du Mincio. Mais devant le grand développement de forces de cette armée, dont les colonnes profondes apparaissaient à tous les points de l’horizon, il pressent l’importance immense que cette journée devait avoir sur les destinées de la campagne.
Voici quel était, à ce moment, le solennel tableau