AVANT-PROPOS
Ce n'est pas sans une certaine appréhension que nous livrons à la publicité le premier volume de ce livre qui nous a coûté plus de dix ans de recherches et de travail et qui, d'après le plan que nous nous étions primitivement tracé, devait n'ôtre que la deuxième partie, la conclusion de notre Étude stir la cavalerie des amiées alliées pendant la campagne de 1813.
Nous aurions voulu rester lîdèle à ce programme spécial et restreint, nous borner à mettre en lumière les procédés essentiellement différents employés par la cavalerie alliée pendant ces deux campagnes et opposer à Tesprit d'initiative, à la vigueur dont elle avait fait preuve tant qu'elle avait opéré en pays ami, le rôle relativement effacé qu'elle joua pendant la campagne de France, la prudence, poussée souvent jusqu'à la timidité, qui, sauf dans quelques cas particuliers, entrava l'initiative, dénatura le mode d'action de cette arme à partir du jour où les armées de la coalition pénétrèrent sur le territoire national.
Mais en 1814, si l'on en excepte les raids exécutés par les corps volants de Geismar et de Meininger, dans le nord et le centre de la France, quelques coups de main plus ou moins hardis et pour la plupart d'importance secondaire tentés par Stscherbatoff, Seslavin, Kaïssaroff, Tchernitcheff et Thurn, la masse de la cavalerie de Schwarzenberg et de Blûcher n'osa guère rien entreprendre qu'avec le concours et dans le voisinage immédiat des armées de Bohême et de Silésie.
Il nous a donc fallu nous décider à étendre le cadre primordial de notre étude et à suivre pas à pas, jour par jour, les mouvements des armées.
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Nous avons d'ailleurs trouvé aux Archives impériales et royales de la guerre à Vienne, des documents si nombreux et si précieux que, tout en continuant à insister plus particulièrement sur le rôle de la cavalerie, nous nous sommes laissé entraîner plus loin que nous ne nous Tétions proposé.
C'est ainsi que, par la force même des choses, nous avons été amené à essayer de rédiger, comme M. le général Lewal a bien voulu le dire dans sa Préface, un journal de marche en partie double, à faire ressortir les faiblesses, les erreurs, les hésitations, l'organisation défectueuse du commandement des armées alliées, en un mot à refaire sur des bases nouvelles l'histoire complète de la campagne de France. Si nous n'avons pas réussi dans cette tâche délicate et difficile, nous espérons toutefois qu'on nous tiendra compte de nos efforts et qu'on trouvera au moins dans ce long travail quelques renseignements intéressants, quelques leçons utiles à méditer.
Nous n'ajouterons plus qu'un mot aux lignes qui précèdent. Il nous reste en effet à payer la dette de reconnaissance que nous avons contractée envers les officiers autrichiens dont la courtoisie et la bienveillance ont tellement facilite nos recherches. Aussi, bien que plusieurs années se soion écoulées depuis lors, nous n'avons pas oublié l'accue gracieux et amical qui nous a été fait à Vienne, tant r Ministère qu'aux Archives de la guerre et nous avons ten en publiant ce premier volume, à adresser à S. E. le fo zcugmeistre baron Beck, chef d'état-major général de Turr austro-hongroise, à son adjoint, le feld-maréchal-lieutci Galgotzy, ainsi qu'aux officiers que nous avons eu la bc fortune de trouver au K. K. Kriegs Arcliiv^ le tomoigi bien faible, bien tardif, mais bien sincère de notre pro^ et inaltérable gratitude.
(d'après les docoments des Archives impériales et royales de la guerre à Vienne)