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CHAPITRE XX

OpÂRATIONS de l'armée autrichienne du sud, du 3 MARS 1814

jusqu'à la fin de la cuipagne.

3 mars 1814. — Positions, monvements et situation générale des armées française et autrichienne. — Avant de reprendre le récit des faits de guerre qui se déroulèrent dans les vallées de la Saône, du Rhône et de Tlsère pendant le mois de mars 1814 et jusqu'à la cessation des hostilités, il est indispensable de résumer en quelques lignes la situation, à la date du 3 mars, des armées employées sur cette partie du théâtre de la guerre.

Inquiet des progrès faits par les Français, tant du côté de Genève que dans le Jura, craignant pour ses communications avec sa principale ligne d'opérations, voulant à tout prix couvrir son aile gauche et ses derrières, le prince de Schwarzenberg avait, on se le rappelle, chargé le feld-maréchal lieutenant Bianchi de la direction des opérations confiées aux troupes autrichiennes sur la rive droite de la Saône. 11 avait en outre ordonné au général de cavalerie prince héritier de Hesse-Hombourg, auquel il avait confié le commandement en chef de Tarmée du Sud, de presser la marche des réserves autrichiennes et des contingents appartenant au VI« corps fédéral dont les colonnes, venant de Bàle, devaient se diriger sur Besançon et Dôle.

Afin de dégager Genève, le généralissime avait prescrit h Bianchi de ne laisser devant Auxonne qu'une des brigades du feld-maréchal lieutenant Wimpffen et d'employer aux opérations actives contre Lyon le reste de cette division qui marcherait par la rive gauche de la Saône.

Dès le 3 mars, les troupes autrichiennes commençaient leur mouvement en trois colonnes. Sur la rive droite de la Saône, l'ancienne division Bianchi, placée désormais sous les ordres du général Bakony, allait de Dijon h Cîteaux et celle du comte Ignace Hardegg, de Glteaux à Seurre. La division du prince de

Wied-Runkel se |)orlait en même temps de Dijon sur Beaune et y opérait sa jonclioii avec la division du feld-maréchal lieutenant Lcderer dont l*avant-garde, la division Scheilher, postée î^ Chalon-sur-Saône, envoyait des partis en avant de son front sur Tournns, couvrait sa droite dans la direction d'Autun et s'éclairait sur sa gauche par des coureurs envoyés sur la rive gauche de la Saône vers Louhans.

Toutes ces troupes, appartenant au I«' corps autrichien, formaient la colonne de droite.

Afin de menacer la droite d'Augereau h Lons-le-Saunier, le feld-maréchal lieutenant comte Wimptfen, dont la division constituait la colonne du centre, avait laissé devant Auxonne 2,500 hommes sous les ordres du général Rothkirch, réuni son autre brigade h Moissoy et commencé sa marche vers le Doubs. Enfin le feld-maréchal lieutenant prince Aloïs Liechtenstein se disposait à renforcer la colonne de gauche (prince héritier de Hesse-Hombourg) de toules les troupes dont le maintien devant Besançon n'était pas absolument indispensable. 11 avait à cet eflet poussé du côlé d'Arbois le détachement du colonel Wieland * et l'avait chargé d'observer les mouvements d'Augereau.

A l'extrême gauche des lignes autrichiennes, Bubna, enfermé dans Genève, avait détruit les ponis de l'Arve.

Comme il l'avait mandé au Ministre de la guerre par sa lettre du 2 mars*, Augereau, toujours timoré, toujours indécis, avait attendu la prise ou l'évacuation de Genève pour réunir son armée, se porter en avant en Franche-Comté et essayer de faire lever le siège de Besançon. Opérant sans plan arrêté, sans but nettement déterminé, décourageant ses généraux et fatiguant ses troupes par l'envoi constant d'ordres contradictoires, il avait commencé, tout en s'élablissant avec une partie de son armée îi Lons-le-Saunier, par adjoindn; aux généraux Marchand etDessaix, chargés d'enhîver Genève, d'abord hi brigade Bardet, puis la division Musnierqui, passant au prix des plus grands eftorts par Les Housses, avait iiénélré jusqu'à Saint Cergues dans le canton de Vaud.

* CoiT)iK)sitioii du détachement du colonel Widand : 2 bataillons et 4 escadrons de hussards de Ulankenstein.

' Augereaa au MinUtie de la guerre, 3 mars. {Arekirei de la guerre.)

Le 3 mars, en etlet, Dessaix avait h nouveau sommé Bubiia de se rendre.

Le général autrichien avait celle fois répondu à celle sommation en chargeant Fahry, un des conseillers de la préfecture du Léman, de déclarer qu il abandonnerait la ville s il n'était pas secouru sous deux jours. A ce moment Genève élait, à peu de chose prés, cernée de tous côtés : sur la roule de Lons-le-Saunier par la division Musnier en marche sur Nyons et dont Tavant-garde était fi Saint-Cergues, sur la route de Lyon parle général Bardet, sur celle de Chambéry par les troupes de Dessaix qui élabli sur le plateau d'Arare, avait son exlréme droite à Véry et à sa gauche la brigade Pouchelon.

Sans vouloir discuter ici le plan général des opérations d'Augereau que TEmpereur avait autorisé, il est vrai, h marcher sur Lons-le-Saunier, mais seulemenl après la reprise de Genève, il est hors de doule qu a|)rès avoir détaché Musnier, il fallait au moins le laisser achever son mouvement et menacer Genève par la rive septentrionale du lac. Loin d'agir de la sorte, dès le 2 mars, Augereau envoya, à ce général l'ordre de revenir sur ses pas, de reprendre la route qu'il avait suivie et de se mettre immédiatement en marche pour rejoindre, par Saint-Laurent et Champagnole, les divisions Pannetier et Digcon qui lui semblaient trop faibles pour battre à elles seules le II« corps autrichien du prince Alois Liechtenstein.

Non content de ces mesures qui lui paraissaient encore insuffisantes, renonçant pour ainsi dire du jour au lendemain à toute tentative sérieuse contre Genève, concluant à l'impossibilité d'enlever cette ville avec une insouciance et une désinvolture égales à la légèreté qui lui avait fait admettre quelques jours plus tôt que la seule apparition de ses troupes sous les murs de Genève suffirait pour décider Bubna soit à capituler, soit h évacuer la ville, il prit trop tardivement le parti de concentrer des forces qu*i* n'aurait jamais dû disséminer.

Mais dès qu*Augereau eut modifié son plan, dès qu'il eut rappelé à lui Musnier et Bardet, Bubna s'empressa de rompre les négociations. La résolution d'Augereau est donc d'autant plus inexplicable, que de toute façon le maréchal aurait eu le temps de prendre Genève^ d'y laisser une garnison, de faire repasser

— Soi -

ensuite le Rhône à Musnier et à Bardet, à Seyssel et à Bellegardc, de venir en trois ou quatre marches prendre position en avant de* Lyon et d'y précéder les Alliés. En un mot, comme le dit du Casse, dans son Précis historique des opérations de Varmée du Rhône, la conduite d'Augereau d'un bout à l'autre est de nature à inspirer plus que d*amères réflexions.

4 mars 1814. — Augereau se prépare à marcher sur Besançon et rappelle à lui les troupes des généraux Musnier, Bardet et Pouchelon. — D'ailleurs, au moment où le maréchal se résignait enfin à exécuter les ordres de l'Empereur, il lui était de toute façon impossible de réparer les fautes qu'il avait commises. Ignorant encore les mouvements et les préparatifs des Autrichiens, il comptait commencer son mouvement sur la Franche-Comté, dès le 4 mars au matin. Mais son armée, au lieu d'être concentrée, occupait une longue ligne allant de Lons-lc- Saunier, où depuis quelques jours déjà il avait établi son quartier général, h Poligny, Saint-Laurent et Morez.

N'osant pas accentuer son mouvement vers Besançon et de là vers le Haut-Rhin, sans être sûr d'être soutenu, puis rejoint par les troupes qu'il avait détachées du côté de la Suisse, convaincu désormais que Bubna, qu'il croyait jusque-là incapable de résister, était h même de tenir à Genève, il envoyait, le 4 mars, aux généraux Bardet et Pouchelon l'ordre de se mettre en marche pour venir par Bourg à Lons-le-Saunier*. Il faisait en même temps connaître au général Marchand les motifs qui ne lui permettaient plus de laisser trop de monde au blocus de Genève qu'allaient seules assurer les troupes de ce général et celles de Dessaix.

Il lui annonçait aussi qu'il pourrait d'autant plus aisément suffire à ce service et contenir Bubna h Genève, qu'il allait être renforcé par les troupes disponibles on Dauphiné, par un bataillon envoyé par le vice-roi d'Italie et par les 6,000 à 8,000 hommes de renfort promis par le prince Borghèse et qui avaient dû quitter Turin *.

* Augereaa au général Bardet, Lons-lc-Saanier, 4 mars, et général Bardel au général Marchand, Farges, 4 mars. {Archives de la guerre.)

' Augereau à Marchand, Lons-le-Saunicr, 4 mars. (Archives de la guerre.)

Mouvements de Bianchi. — Mieux renseigné que son advcN saire, Binnchi avait constaté que les rapports fournis par son avant-garde étaient absolument exacts. Certain désormais qu'Augereau n'avait que peu de monde sur la Saône, voulant d'autre part donner aux réserves autrichiennes du prince héritier de Hesse-Hombourg, qui, bien qu'elles eussent forcé leurs marches, n'étaient encore qu'à Baume-les-Dames, le temps dVnlrer en ligne, et tout au moins leur assurer la possibilité de soutenir les troupes du prince Aloïs Liechtenstein sous Besançon, Bianchi se décida h continuer sa marche sur Mt\con afin d'obliger Augereau à s'arrêter.

Le I®*" corps resta pendant la journée du 4 sur ses positions de la rive droite de la Saône, h l'exception de la division Ignace Hardegg qui, opérant seule sur la rive gauche de cette rivière, devait chercher à se relier avec les troupes de Wimpften et du colonel Wieland. Parti de Seurre dans la matinée du 4 mars, Ignace Hardegg s'arrêta à Mervans, mais son avant-garde occupa le soir môme Louhans et s'éclaira dans la direction de Lons-le- Saunier, tandis que les partis de Scheither venaient de Tournus à Cuisery et éclairaient la roule de Cuiseaux *.

A gauche et en arrière d'IIardegg, Wimpffen avait passé le Doubs h Dôle et poussé sur la route menant à Poligny et Arbois, jusqu'à Villettes-les-Dôle.

Combat de Poligny. — S'atlendant à voir les troupes françaises prononcer leur mouvement en avant, le colonel Wieland avait évacué Arbois le 3 au matin. Mais comme la journée s'était passée tranquillement, il y était rentré le jour môme h 7 heures du soir. Chargé de reconnaître les positions d'Augereau et de se relier h la colonne de Wimpffen, Wieland avait quitté Arbois le 4 mars h la pointe du jour et attaqué vers 7 heures du malin, en avant de Poligny, les avant-postes du général Gudin, qui, formant aussitôt sa brigade, culbuta les Autrichiens et les poursui-

500 hommes envoyés d'Italie par le prince Camille sar les sollicitations instantes de M. do Saint- Vallicr avaient renforcé le général Blarchand à Carouge; mais le 2 mars, l'ordre arriva de Turin de renvoyer au prince Camille ces 500 hommes qai reprirent, le 3 mars, le chemin du Piémont.

* Starke, Eintheilung und Tagesbegebenheinten der Hanpt-Armee im Monate Blâra. (K. K. Kriegs Arehiv., III, 1.)

Well. — IV. 23

vit jusqu'à Arbois, après leur avoir fait perdre 300 h 400 hommes et leur avoir enlevé une centaine de prisonniers. Wieland, blessé dans le combat et obligé de remettre le commandement au colonel Leiningen, ne parvint à rallier ses troupes qu'aux environs de Salins'.

5 mars 1814. — Augereau renonce au mouvement sur la Franche-Comté et se replie sur Lyon. — Mais au moment où Gudin rinformait des avantages qu*il venait de remporter, au moment où il se disposait à se porter enfin en avant, Augereau apprenait dans la soirée le mouvement du corps de Blanchi sur Chalon, l'approche des réserves autrichiennes du prince héritier de Hesse-Hombourg et l'apparition de détachements autrichiens à Louhans et dans la direction de Bletterans. Des courriers destinés à Bubna et au prince Aloïs Liechtenstein, interceptés par sa cavalerie, confirmaient ces graves nouvelles pendant que, d'autre part, on lui signalait le passage à Tournus, sur la rive gauche delà Saône, de partis* qui, se répandant sur son flanc gauche, semblaient vouloir menacer ses communications et masquer le mouvement des colonnes de Blanchi. Ces nouvelles ravivèrent les craintes du maréchal pour Lyon. Renonçant à son expédition sur la Franche-Comté, comme il venait de renoncer à la reprise de Genève, il résolut de réunir immédiatement les divisions Musnier et Pannetier et sa cavalerie, et se décida à marcher contre Blanchi. Mais, au moment d'entreprendre ces nouvelles opérations, Augereau avait h choisir entre deux partis : l'un, le seul rationnel et utile, consistait h aller droit aux Autrichiens par Tournus et MAcon et à forcer le passage de la Saône sur l'un de ces points ; l'autre, auquel il n'aurait dû se résigner que dans le cas où les divisions de Bianchi auraient déjà dépassé Mdcon et pris sur lui une avance considérable, consistait, au contraire,

* Augereau au Ministre do la guerre, Lous-lc-SauDieri 5 mars. (Archiva de la guerre.)

* Augereau prétend dans son rapport an Ministre, Lyon, 9 mars (Archives de la guerre), u qu'une nuée de troupes légères, la plupart cosaques, (espèce de troupes qui n'avait pas encore paru dans ce pays), passa la Saône à Tournus ». Le maréchal était bien mal renseigné ou a commis là une erreur volontaire. U n'y avait, du côté de Tournus, que les coureurs de Scheither, et le corps du Diaiiclii était ('vclusiveiiicnt c j)n]K)8é de troupes uutricliiunni't.

à faire rétrograder sur Lyon, par la route de Bourg, les forces réunies autour de Lons-lc-Saunier. Malgré les inconvénients manifestes et les dangers d'un pareil mouvement qui permettait à Bianclii de continuer sans encombre sa marche par la rive droite de la Saône, ce fut cependant à ce dernier parti qu'Augereau donna la préférence. 11 se flattait de prendre ainsi son adversaire à revers et croyait avoir paré h tout en divisant encore une fois ses forces et en prescrivant au général Bardet, qu'il rappelait à cet effet de Genève à Bourg, de faire une fausse attaque sur Màcon '.

Cette inconcevable et déplorable résolution, qui allait compromettre irrévocablement le sort de toute la campagne, reçut cette fois une exécution immédiate. Il était cependant évident que, si Augereau avait réussi h forcer le passage sur la rive droite de la Saône, même h Mûcon, dans le cas où le mouvement sur Tournus lui eût semblé trop hasardeux, la présence sur ce point d'une armée française aurait imprimé une impulsion nouvelle au soulèvement, péniblement comprimé, de ces régions, et surtout du Charolais, et aurait donné au maréchal l'avantage de choisir une bonne position sur la ligne même de marche des Autrichiens. Mais la crainte d*6tre inquiété dans son mouvement sur Mûcon par Hardegg et Wimpffen, postés sur son flanc gauche, l'emporta sur ces considérations essentielles. Et, dès le 8 mars, Augereau, réunissant le gros de ses forces à Lons-le-Saunier et rappelant à lui la brigade du général Gudin, ainsi que les postes établis du côté de Sellières, ordonna à ce général, qui devait former son arrière-garde, de prendre position h Chàteau-Chalon et de le renseigner sur ce qui se passait du côté de Bletterans *.

Influença deft résolntions d'Ausêreati ânr la situation devant Genève. — La résolution prise par Augereau ne pouvait d'ailleurs se produire h un plus mauvais moment. L'aff'aiblissement des troupes qui opéraient contre Bubna et Klebelsberg^ conséquence de la singulière direction donnée par le duc de Castiglione à son mouvement de retraite, allait contraindre le

i Augereau au Ministre de la guerre, Lyon, 9 mari. (Afehhei de la gutrfê,) < Atigereatt an général Pannetier, LoA^^léiSfttmier, 5 mars, i heures du matin. (Archivée de la guerre.)

général Marchand à renoncer k des attaques sérieuses contre Genève, au moment même où elles paraissaient devoir amener le résultat désiré, et Tobliger îi se borner h bloquer une place dont le commandant venait de demander un délai se terminant le 7 mars et h l'expiration duquel il aurait vraisemblablement évacué la ville si les assiégeants n'avaient pas été forcés par les circonstances à modifier leur attitude*.

Obligé de prendre les mesures indispensables pour résister h un bombardement, Bubna était d*autant plus inquiet pour ses derrières, qu'il s'était vu contraint h détacher du monde pour réprimer les tentatives de plus en plus fréquentes de soulèvement du pays de Gex. De tous côtes d'ailleurs, Tinsurrection nationale faisait des progrès et gagnait du terrain. Les populations des départements de TAin, du Jura, de Saône-et-Loire et du Mont- Blanc étaient sous les armes et attaquaient à tout instant les postes et les détachements des Alliés. Mais à la grande surprise de Bubna, au lieu des attaques qu il attendait, du bombardement qu'il avait cru imminent, la journée tout entière se passa sans le moindre incident '.

Mouvements des troupes du prince héritier de Hesse- Hombourg. — D'autre part, le prince héritier de Hesse-Hombourg avait reçu, le 5 au matin, Tavis de Téchec éprouvé la veille par Wieland et la dépêche par laquelle le généralissime, le mettant au courant des mouvements prescrits à Blanchi, lui ordonnait de commencer sans retard les opérations contre Augereau '. Troublé par les mauvaises nouvelles de Genève, par les rapports lui signalant les sorties continuelles des garnisons de Besançon et d'Auxonne, par l'issue désavantageuse du combat de Poligny, convaincu qu' Augereau allait profiter de sa supériorité numérique momentanée pour accentuer vigoureu-

1 « J<; présume. >>, Ocrit en effet Augcrean, de Saint-Amour, le 0 mars, au général Bardet, u qae Babiia qui, d'après les courriers que j*ai interceptés, comptait beaucoup sur la diversion (de Rianclii) aura cherché à amuser le génôral Marchand en demandant jnsqu*au 7 de ce mois pour évacuer Genève. » (Correspondance d'Augereau ; Archivet de la guerre.)

* Starke, Eintheilung und Tagesbegcbcnheiten der Haupt-Armee im Uonatc Marz. (A^ K. Kriegt Archiv., lll, i.)

' Le prince de Schwarzenberg au pnnce héritier de Hesse-Uombourg, Barsur-Aube, 4 mars. (K. K. Kriegt Archiv., III. 82.)

sèment son mouvement offensif, ii se décida h marcher eu deux colonnes, d'un côté par Dôle, de l'autre par Arbois et Poligny sur Lons>Ie-Saunier, se ménageant ainsi la possibilité de rejoindre Bianchi ou d'aller donner la main h Wimpffen et à Ignace Hardegg. Il avait à cet effet ordonné aux réserves autrichiennes, sur le point d'arriver à Dôle, de se porter par la grande route contre l'aile gauche de la position française; au prince de Cobourg* do quitter Salins avec les troupes tirées du !!• corps et de marcher par Arbois et Poligny contre le front de cette positiouj

Houyements et positions du I*' corps autrichien (Bianchi).

— Avant de prendre définitivement Toftensive et de commencer les opérations, Bianchi avait jugé à propos de profiter de la journée du 5 mars pour masser autour de Chalon-sur-Saône les trois divisions Bakony, Wied-Runkel et Lederer et pour les y établir en cantonnements resserrés qu'il compUiit occuper jusqu'à Tarrivée des autres colonnes h sa hauteur. Le général Scheither, qui lui servait d'avant-garde et dont le gros occupait Tournus, s'avança quelque peu k l'est de la rive gauche de la Saône, pendant que de forts détachements, chargés de couvrir la droite du I«f corps, allaient à Saint-Léger, à Couches et vers Autun.

On avait de plus envoyé à Sainl-Gengoux-le-Royal le corps volant du lieutenant-colonel Menninger (un bataillon et deux escadrons) chargé de chasser de ces parages le partisan Damas qui, deux jours auparavant, avait tendu à Saint-Boil une embuscade à une reconnaissance autrichienne, lui avait tué ou blessé 15 hommes et fait une vingtaine de prisonniers*.

Sur la rive gauche de la Saône le comte Ignace Hardegg s'était avancé de Mervaus jusqu'à Saint-Germain-aux-Bois et s'était étendu du côté de Lons-le-Saunier jusqu'à Blelterans, pendant qu'à sa gauche Wimpffen s'arrêtait le soir à Villiers-Robert '.

* Composition du détachement du général-major prince de Cobourg : 5 bataiUons d'infanterie ; 4 escadrons de cuirassiers Archiduc François ; 6 escadrons de dra;ious Archiduc Jean ; 2 escadrons de hussards de Kienmayer.

' Starkb. Ëintheilung und Tage^begebenheiten der Haupt-Armee im Monate Màrz {K. K. Krieg» Archiv., III. i), et rapport de G. de Damas, chef des partisans de la 19* division militaire, au Ministre de la guerre, 4 mars. (Archives de la guerre. )

' SrAHKE. Ëintheilung und Tagesbegebcnheiten der Haupt-Ârmee im Monate Mihz. {K. K. Kriegs Archiv,, lll, 1.)

6 et 7 mars 1814,-^ Immobilité des troupes de Biancbi.*- Organisation de Tarmée autrichienne du Sud. — Les difié^r rentes fractions du I®"" corps restèrent complètement immobiles dans leurs cantonnements de Cbalon pendant la journée du 6 mars. La colonne de Wimpffen continua seule sa marche et poussa jusqu à Seillières pendant que le prince béritier de Hesse- Hombourg arrivait à Dôle*. Les Alliés consacrèrent la plus grande partie de la journée du lendemain 7 mars à l'organisation de l'armée du Sud. Placée sous les ordres du prince béritier de Hesse -Hombourg, cette armée se composait de deux corps cbargés d'opérer contre Lyon (62 bataillons, 74 escadrons et 13 batteries), représentant un effectif de 43,200 bommes environ '.

Mouvements et positions d'Augereau. — Parti de Lons-le- Saunier le 6 à 5 beures du matin, Augereau avait atteint, le 6 au soir, Saint-Amour d'où il avait de nouveau envoyé au général Bardet l'ordre formel de venir le rejoindre par Bourg et d*emmener avec lui la brigade Poucbelon*. Le lendemain 7 mars, le gros de son armée était à Bourg, tandis que le général Bardet se mettait en route h marches forcées et ne laissait que cent hommes au fort l'Écluse*.

« Prince de Schwarzenberg, rapport journalier à l'empereur d'Autriche. 6 mars. {Ibid,, lll, ili.)

s D^aprôs les Tageibegibenheiien {Ibid., lU, i), l'armée du Sud devait se composer de 99 bataiHons et ISÔ etcadroDs, en y comprenant les renfort* encore en marche. A la date du 7 mars, le prince héritier de Hesse- Hombourg disposait, pour les opérations contre Lyon, du I" corps autrichien deBianchi formé de la i'« division Lederer (brigade Scheither); %* division Bianchi remplacé par Bakony (brigades Retsey et Quallenberg) ; 3* division, prince de Wied-Runkel (brigade Salins), et de la division Wimpffen (brigades Gall. Ilaugwitz et Mumb). et du corps du fold-maréchal lieutenant prince Philippe de liesse-liombourg. comprenant la i" division prince Emile de Hesse (brigades Folenius. Môser et Fiirstenwerther) ; la 2« division Wartensleben (brigade Kuttalek). enfin de la division Ignace Hardegg (brigades Henri Hardegg et prince de Cobourg).

' i< Que Genève soit prise ou non à Tépoque où vous recevrez cette lettre, vous viendrez de suite me joindre par Bourg où vous trouverez de nouveaux ordres et vous amènerez le général Pouchelon et ses troupes. » (Augereau au général Bardet. Saint-Amour. 6 mars. Archives de la çuerre.) Voir également général Bardet à général Slarcliand. Fargcs. 6 mars, et Marchand à Bardet. Carouge. 6 mars. (Ihid,)

* Gén«Tal Bardet au général Marchand, Farges. 7 mars. {Ibid,}

Ni les représentations du général Marchand qui l'avait vainement supplié de relarder de quelques jours le départ de Bardet et de Pouchelon *, ni Timmobilité de ses adversaires, ni l'assurance de rapproche de renforts envoyés d'Italie, rien ne put parvenir à modifier les idées qu'Augereau s'était faites de la situation, rien ne parvint à Téclairer sur la faute irréparable qu'il s'entêtait îi commettre en revenant sur Lyon. Il lui eût cependant suffi d'un instant de réflexion, d'un coup d'œil jeté sur la carte pour reconnaître les inconvénients du mouvement sur Lyon, les avantages d*une entreprise sur Mûcon et de préférence sur Tournus, pour voir qu'il pouvait, de Lons-le-Saunier, arriver en trois ou quatre marches au plus sur la rive droite de la Saône. Grâce à la lenteur et à l'immobilité de ses adversaires qui ne s'étaient pas rendu compte de son mouvement, il pouvait encore tout sauver le 7 mars si, au lieu de dépasser Bourg, il avait pris le parti de s'engager sur la route de Màcon où il aurait pu s'établir avec le gros de son armée dans la journée du 8 mars.

7 mars 1814. — Premiers mouvements de Bianchi. —

Blanchi, en effet, n'avait eu connaissance du départ d'Augereau de Lons-le-Saunier que dans la matinée du 7 mars. Mais, ignorant complètement la direction prise par le maréchal et n'ayant pu parvenir à découvrir si le duc de Castiglione s'était porté

1 Le général Marchand, écrivant le 7 mars de Carouge à Aogereaa, lui disait : u II est bien malheareux qae le général Bardet nous quitte pour aller vous rejoindre. Je suis convaincu qu'au bout de trois jours d'attaque de son côté, Genève aurait été forcée de se rendre. J'espère que Votre Excellence ne me désapprouvera pas de garder le général Pouchelon jusqu'à l'arrivée des renforts venant par le mont Cenis. Si, après le départ du général Bardet, le général Pouchelon nous quittait, nous risquerions d'être rechassés sur Chambéry. » (Archive» de la gueiTe.)

Comme le général Marchand Técrit au comte de Saint- Vallier, le maréchal Augereau lui transmet, le 7 mars, l'ordre de faire partir le général Pouchelon.

Dans le post-scriptum do sa lettre à Saint- Vallier, le général Marchand ajoute : « Je crains bien après cela d'être obligé de me replier sur Frangy pour ne pas compromettre ma troupe. Je viens de me concentrer avec le général Dessaix, et il est probable que nous allons nous porter sur Frangy pour avoir une bonne potition^ au lieu qu'ici elle est extrêmement étendue. » Du reste, comme le général Marchand l'avait écrit dès le 5 mars : « C'est en avant de Frangy qu'est la seule bonne position dans laquelle nous puissions penser de nous maintenir, si l'ennemi, nous voyant si affaiblis, prend l'offensive. »

sur Mi\con ou sur Bourg, il n'avait pas voulu reprendre son mouvement avant de posséder des renseignements positifs sur les projets de son adversaire. Sachant que le prince de Cobourg marchnit sur Poligny, que le gros delà division Wimpffen devait vcînir î\ Plainoiseau, il avait prescrit aux généraux Hardegg et Wimpffen de pousser leurs avant-gardes sur Lons-le-Saunier et leurs découvertes sur la route de Saint-Amour. En avant de son front, il avait fait partir pour Saint -Trivier-de-Courtes une colonne volante sous les ordres du colonel baron Hammerslein et ordonné au général Sclieither d'occuper immédiatement Mticon. Enfin, sur sa droite, le lieutenant-colonel Menninger, envoyé de Saint-Gengoux-le-Royal à Cluny, avait eu en roule plusieurs affaires assez vives avec les paysans armés et les partisans de Damas '.

8 mars 1814. — Augereau continue sa marche sur Lyon.

— L'aveuglement ou Tentètement d'Augereau, arrivé à Bourg le 7 mars au soir, Tempêcha de tirer parti de ces circonstances favorables, des chances inespérées qui s'offraient encore h lui, de la dernière occasion de profiter d'une supériorité numérique momentanée, de chasser de Màcon la taible brigade de Scheither et d'obliger Bianchi h s'arrêter à Chalon. Bien qu'on lui eut signalé la pi-ésence de troupes autrichiennes à Mdcon, il n'eut pas un instant l'idée de contrôler l'authenlicilé de ce renseignement qu'il communiqua cependant au préfet du Rhône', il ne songea môme pas à reconnaître la force du détachement que son adversaire pouvait y avoir. Pressant son mouvement sur Lyon par Meximieux, il se contenta de régler la marche de sa colonne, d'envoyer l'ordre aux généraux Bardet et Pouchelon d(» venir h

* Starkb, Eintheilung uiiil Tagesbegebenheiten der Uaupt-Armeo im Monate Miirz. (K, K. Kriegs Archiv., lll. i.)

* tt L*eiineiiii» » écrivait Aagereau au préfel de Lyoo, de Saint-Amour, le 7 mars, u était, parait-il, le G au soir a Mùcun. Jo compte l'y attaquer ; mais il serait possible qu'il fût déjà en marche sur Lyou. Il faut le savoir d'une mani(>re |>ositivc et s'il couche ce soir à Villcfranche. Dans le cas où Tennemi marcherait par Yillefranche, je me dirigerai par Meumieux pour défendre Lyon. » (Archives de la guerre.}

Il est essentiel de remarquer que le renseignement était faux, que Scheitlicr entra seulement à Mùcun le 7 au soir; qu'Augereau, au lieu de s'adresser au Préfet, devait s'éclairor et se renseigner par sa cavalerie.

Pont-d'Ain, au général Rémond de prendre position avec ce qu*il avait de disponible au faubourg de Vaise *.

Intimement convaincu que, pendant qu'Use porterait de Bourg vers ia Saône et essayerait de déboucher sur Milcon en forçant le passage h Saint-Laurent-de-FAin, Bianchi ne manquerait pas de jeter ses Iroupes légères contre Lyon et réussirait peut être h enlever cette grande ville, gardée presque exclusivement par des gardes nationaux et dont les habitants paraissaient peu disposés h se défendre, craignant par-dessus tout de perdre ses communications, d*élre coupé de ses dépôts et séparé de ses renforts venant de Tarmée de Catalogne, Augereau se décida h Bourg ù faire le grand détour sur Lyon et abandonna ii son adversaire Tavantage de pouvoir à son gré jeter des Iroupes sur les deux rives delà Saône*.

Bianchi renseigné sur la marche d*Augereau. — Affaire de Crèches. — Scheither rejeté sur Màcon. — Pendant ce temps Bianchi avait réussi h se procurer des renseignements positifs sur la marche du duc de Castiglione et avait prescrit à Scheither de porter son avant-garde de MAcon à Saint-Symphorien-d'Ancelles. Mais les détachements poussés par ce général et envoyés en reconnaissance de Mdcon vers La Maison-Blanche, s'étaient laissé surprendre à Crèches et avaient été rejelés en désordre sur Mûcon. La moindre démonstration sérieuse entreprise par les Français pouvait compromettre d'autant plus gravement cette brigade qu'elle était absolument en Tair et qu'elle n'avait pour tout soutien qu'un régiment d'infanterie, que Bianchi envoya avec une batterie à Tournus, et la brigade de cavalerie du général-major Kuttalek qu'on venait de faire partir de Ch«1lon-sur-Saône pour Scnnecey-îe-Grand'.

* Aiigcrcau au préfet du Rhône, aux généraux Bardât et Pouchelon, et ordre de marche pour le 8 mars. Saint- Amour, 7 mars. {Archivet de la guerre.) — Du Cas>i5, Précis hUiorique des opéraiiont de l'armée du Rhône.

* Augereau au préfet du Rhône, aux généraux Uardet et Pouchelon, et ordre du marrhe pour le 8 mars, Saiut-Aniour, 7 mars. {Archives de la guerre,) — Du (^AS>K. Prtca hislorique de* opérations de V armée du B/iône,

' Starkë, Rintheiluog uad Tagcsbegebenheitcn der llaupt-Armec im Mo» nate Marz. (A'. K. Kriegs Archiv., III, i.) — ^^ Cassk, Précis historique des opérations de l'armée du Rhône.

Honvement des colonnes autrichiennes de Bianchi, — Opérations de Bubna. — Sur la rive gauche de la Saône Wimpften et le général-major prince de Cobourg, qui venait de le rejoindre, étaient entrés à Lons-le-Saunier, avaient poussé leurs avant-gardes jusqu*à Cousance et détaché une colonne, forte d*un bataillon et de deux escadrons, qui devait se diriger vers Genève et rétablir les communications avec Bubna. Cet officier général avait profité du calme qui régnait depuis le départ du général Bardet et de Timmobilité des Français sur la rive droite de TArve pour faire occuper Bonneville par le major von Blankenstein et s'assurer la possession de la vallée de TArve, pour cantonner la cavalerie de sa division à Bernex et charger le feld-maréchal lieutenant Klebelsberg d*éclairer du côté du Jura et de pacifier le pays de Gex*.

9 mars 1814. — Augereau à Lyon. — Marche de Bianchi sur Hftcon. — Le 9 mars, pendant que le général Bardet arrivait à Bourg et que le général Pouchelon s'établissait à Neuville-sur- Ain et Pont-d'Ain, le gros de Tarmée d'Augereau traversait Lyon, débouchait sur la rive droite de la Saône et s'engageait sur la route de Mâcon, précédé par les bataillons de garde nationale du général Rémond qui occupaient Villefranche*. Bianchi quittait au même moment Chalon et marchait sur Mâcon en deux colonnes : l'une, composée du gros de ses forces, se dirigea droit de Chalon sur Tournus par la vallée de la Saône, couverte sur sa droite par la deuxième colonne formée par la division Wied- Runkel. Chargé de disperser les rassemblements armés du Cha^ rolais, le prince de Wied avait ordre de se porter par Givry sur Saint-Gengoux-le-Royal. Une de ses brigades (la brigade Jakardowsky), passant par Montcenis, Blanzy, Saint-Romain-sous- Gourdon», Le Rousset ot Saint-Bonnet-de-Joux, devait aller

^ Prince de Schwarzenberg, rapport joarnalier à Temperear d'Autriche, Pont- sur-Seine, i5 mars. (K, K, Kriegt Archiv,, III, 272.)

' Augereau au Ministre de la guerre, aux généraux Bardet, Pouchelon et Rémond, Lyon, 9 mars. (Archives de la guerre.)

* Starke, Eintheilung und Tagesbegebenheiten der Haupt-Armee im Monate Marz. {K. K, Kriegt Archiv,, III, 1.)

La brigade détachée sur CharoUes devait couper le canal du Centre (que le document autrichien appelle canal de la Saône à la Loire), à hauteur de Saint- Romain-sous-Gourdon .

occuper Charol les pendant qiio le prince, avec la brigade Salins, arriverait de son côté à Cluny*. La brigade de cuirassiers du général Kuttalek s'avança de Sennocey-le-Grand jusqu'il Saint- Alboin afin d'être plus à même de soutenir ou de recueillir Scheither. Celui-ci, reprenant le mouvement qui avait échoué la veille, poussa jusqu'à La Maison-Blanche, au sud de Saint- Syrophorien-d*Ancelles et dispersa sur sa route les paysans armés qui avaient surpris et malmené ses partis à Crèches*.

Sur la rive gauche de la Saône le comte Ignace Hardegg, venant de Louhans, s'était rapproché des bords de cette rivière et arrivait le 9 au soir h Cuisery, à deux lieues à peine à l'est de Tournus. A sa gauche Tavant-garde de Wimpffen avait poussé de Saint-Amour jusqu'à Bourg et avait appris en route qu'Augereau avait gagné Lyon par la route de Meximieux^

Enfin le prince héritier de Hesse-Hombourg avait poussé le gros des réserves autrichiennes jusqu'à Seurre et fait occuper Saint-Amour par la brigade du prince de Cobourg.

10 mars 1814. — Mouyement des troupes d'Augereau sur les deux rives de la Saône. — Insuffisamment renseigné sur les forces et les projets de Bianchi, sachant seulement qu'on évaluait à 15,000 hommes l'effectif des troupes autrichiennes qui s'avançaient par la rive droite de la Saône, ayant vaguement connaissance de l'entrée à Mâcon de l'avant-garde de la colonne principale, informé également de la marche d'une autre colonne autrichienne sur Bourg, Augereau résolut d'arrêter Bianchi et do lui enlever MAcon où il ne croyait trouver que 1500 à 2000 hommes, en attaquant* cette ville par les deux rives de la Saône.

Laissant à Lyon la division Pannetier et deux de ses trois

1 Starkg, Einthcilung and Tagesbegebenheiten dcr Haupt-Armee im Monate Màrz. (/C. K. Kriegs Archiv., III, 1.)

* Prince de Schwarzenberg, rapport joarnalier à Tempereur d'Ântriclie, Troyes, 14 mars. (Ibid., 111, 254.)

' Starkb, Eintbeilang und Tagesbegebenheiten der Haupt-Armee im Monate Màrz. (Ibid., III, 1.)

* Augereau à Musnier et Bardet, Lyon, 9 mars. (Correspondance d'Augerean; Archivet de la guerre,)

régiments de cavalerie, il prescrivit à Musnier de se porter avec sa division et le 12« hussards sur Villefranche, occupé déjà par le général Rémond, de continuer le lendemain 11 sur Mâcon, de reconnaître la position et la force des Autrichiens et de les attaquer. Cette attaque devait être soutenue par le général Bardet auquel le maréchal envoyait Tordre de se porter de Bourg sur Saint-Lesmont-de-rAin. Le général Pouchelon* devait venir de Pont-d'Ain remplacer le général Bardet à Bourg. Enfin le maréchal, au lieu de pousser toutes les troupes qu*il avait à Lyon contre un ennemi dont la force lui était inconnue, gardait sans raison en réserve, à une journée de marche en arrière de la division Musnier, la division Pannetier qu'il ne voulait amener que le 11 à Villefranche *.

Satisfait d'avoir pu prévenir les Autrichiens à Lyon, le maréchal se rendait si peu compte de la gravité de la situation que, avant de se décider à porter le 11 la division Pannetier et la cavalerie de Digeon à Villefranche, il avait commencé par donner à Pannetier Tordre de tenir un régiment d'infanterie, un escadron et deux pièces prêts à se porter, soit sur la route de Bourg, soit sur celle de Mûcon, pour renforcer les troupes de Bardet ou de Musnier dans le cas où elles viendraient à être repoussées, qu'un peu plus tard, il se contenta d'envoyer à Villefranche un des régiments d'infanterie de Pannetier, et enfin qu'il ne quitta luimême Lyon, avec les divisions Pannetier et Digeon, que le il mars à 11 heures du soir'.

Houvemeiit des troupes autrichiennes. — Affaire de Bourg. — Escarmouche de Fleyriat. — Pendant ce temps, les troupes autrichiennes exécutaient les mouvements suivants : Blanchi, avec le gros du !•' corps, entrait à Mâcon vers midi ; mais le manque de vivres résultant du soulèvement national

* Le général Marchand, écrivant le 10 mars de Carouge à Âugereau, lui disait : u Le départ des troupes des généraux Bardet et Pouchelon a compromis ma situation. Je crains dVtre obligé de reculer sur le département du Mont-Blanc. » (Arehiret de la guerre.)

* Augereau aux généraux Musnier, Bardet et Pouchelon. Ordres de mouvement pour le 11, Lyon, 10 mars. (Correspondance d'Augerean; Archives de la guerre.)

^ Ordres aux généraux Pannetier et Digeon et ordres de mouvement» Lyon, 1 1 mars. (Correspondance d' Augereau; Archives de ta guerre.)

Tobligeaità donner à ses Iroupos des cantonnements plus étendus que la prudence et la raison ne le conseillaient. A sa droite, le prince de Wied-Runkel était arrivé à Cluny avec la brip^ade Salins. Son autre brigade s'arrêtait, le 10 dans Taprès-midi, h Saint-Romain-sous-Gourdon et se disposait à continuer le lendemain sa marche sur Charolles. En avant de son front, Scheither, qui avait repris position h La Maison-Blanche, mandait au commandant du I®"" corps autrichien qu'il n'avait rien de nouveau à lui signaler et que la tranquillité la plus complète continuait ù régner sur la ligne des avant- postes français du cùlé de Villefranche*.

Sur la rive gauche de la Saune, le prince héritier de Hesse- Hombourg s'était avancé jusqu'à Mervans avec les réserN^es autrichiennes, et le feld-maréchal lieutenant Wimpffen avait poussé jusqu'à Saint-Amour. Le colonel Simony avait momentanément occupé Bourg avec les hussards de Hesse-Hombourg; mais, attaqué par Tavant-garde du général Bardet, il avait perdu une cinquantaine d'hommes et avait été vivement poursuivi jusque vers Saint Étienne-au-Bois par les Français, qui s'arrêtèrent sur la rive gauche du Sevron.

Enfin le comte Ignace Hardegg, qui s'était proposé d'arriver jusqu'à Bourg, avait trouvé les troupes françaises de Bardet en position à hauteur de Fleyriat. Se conformant aux ordres du généralissime qui avait formellement recommandé d'éviter tout engagement partiel toutes les fois que l'ennemi aurait pour lui la supériorité du nombre, le feld-maréchal lieutenant avait immédiatement rompu le combat et ramené sa division à Montrevel ".

11 mars 1814. — Combat de Hâcon. — Le II mars, la division Musnier précédée par le 12® hussards, débouchant de Villefranche, surprenait à Saint-Georges-de-Reneins, à 3 kilomètres au sud de Belleville-sur-Saônc, les avant-postes de Scheither qui, croyant n'avoir rien à craindre, avait négligé de se garder, les poussait vivement sur La Maison-Blanche, culbutait la réserve

i Starke. Eintheilung and Tagesbegebenheiten der llaupt-Armce im Monate Mans. (A'. K. Kriegs Arehiv,, lit. 1.)

s Starke» Eintheilung nnd Tagesbegebenheiten der Haapt-Annee im Monate Màrz. (K. K, Kriegi Arehiv,, 111, i.)

postée sur ce point et la rejetait en désordre sur le gros de la brigade que Scheither venait de faire monter à cheval et de réunir sur la hauteur au nord de Saint-Syniphorien-d'Ancelles. Sans laisser aux escadrons autrichiens le temps de se déployer et de reconnaître la faiblesse de son avant-garde, le colonel Colbert sabra la cavalerie de Scheither qui, blessé et démonté dans le combat, fut obligé de se sauver h pied, lui enleva deux canons et rejeta sur la route de MAcon Tavant-garde autrichienne.

Dos le début de l'affaire, Bianchi avait donné aux deux divisions Tordre de prendre les armes et de venir occuper au sud de la ville une position s'étendant depuis la Saône à Saint-Clémentles-Mâcon jusqu'à Charnay. Il avait en même temps envoyé Tordre au prince de Wied de revenir au plus vite avec la brigade Salins, de Cluny sur Mûcon, qu'il lui fallait conser\'er à tout prix, et fait partir pour Saint-Symphorien-d'Ancelles le général Haugwitz avec deux bataillons chargés de recueillir Scheither et d'arrêter le mouvement des Français. L'arrivée de ce renfort permit k Scheither de rallier ses escadrons et de se jeter avec les chevau-légers de Vincent et les hussards de Westphalie sur les hussards de Colberl. Ceux-ci, épuisés par le combat qu'ils avaient été seuls îi soutenir et par la vivacité d'une poursuite aussi prolongée, étaient sur le point de plier, lorsque l'entrée en ligne do deux compagnies d'infanterie légère obligea Scheither à continuer sa retraite et à se replier h H heures sur Varennes. Les bataillons d'Haugwitz, qui avaient repris position sur ce point ', parvinrent h s'y maintenir jusqu'à 2 heures de Taprès-midi contre les efforts de la cavalerie de Colbert et de Tavant-garde d'infanterie de Musnier.

Dans l'intervalle, Bianchi avait eu le temps de faire prendre

* On trouve dans V Historique du régiment de dragom autriefUem n^ 4 (Qrand-dac héritier de Toscane), publié par VOesterreiehitche mititaritehe Zeitsçhrift, 1838, I, 31 S, des détails intéressants sur cette première partie du combat de Mâcon : « L'avant-garde du général-major Scheither, surprise à La Maison-Blanche fut obligée de rétrograder par Varenneâ sur Charnay pendant que le gros des troupes françaises, poussant par la grande route de Lyon à Mâcon, menaçait les villages de Vinzellcs et de Saint- L(^ger. Le capitaine Ast couvrit à ce moment avec autant d'habileté que de valeur le flanc droit du général Scheither qui était plus particulièrement menacé pendant la retraite, et réussit à sauver trois compagnies du régiment des confins militaifes do Brodi qui, postées à l'extrême droite et vivement poussées par reuiiemi, étaient sur le point d*ètrc coupées et prises. »

position à ses troupes. Le général Fùrstcnwerther avec sa brigade de grenadiers s'était établi sur les hauteurs de Sainl-Cléraent-les- Mûcon; 16 canons mis en batterie sur son front devaient arrêter le mouvement des troupes françaises qui auraient essayé de se porter sur Màcon en passant entre le village do Saint- Clément et la Saône. Une autre batterie de 4 pièces et le régiment de Simbschen gardaient les abords du village et se reliaient du côté des Carteronnes avec les brigades Quallenberg et Hirsch. A Taile droite de Bianchi, Charnay, où Ton attendait l'arrivée de la brigade Salins, était occupé par un bataillon d'infanterie et deux escadrons de dragons avec trois bouches à feu. Afin de contrecarrer un mouvement tournant dirigé contre cette aile droite, Bianchi avait jeté dans Vinzelles un bataillon d'infanterie et une section d'artillerie. Les cuirassiers du général Kuttalek, que la configuration du terrain n'aurait pas permis d'employer sur le champ de bataille, étaient en réserve au nord de Mâcon, et un bataillon, servant de soutien à une section d'artillerie (2 pièces), gardait dans la ville môme le pont de pierre de la Saône.

A 2 heures do l'après-midi, Musnier parvenait enfin à chasser Scheither et Haugwitz de Varennes et h les rejeter sur Saint- Clément. La résistance acharnée qu'il venait de rencontrer à Varennes, les renseignements positifs et concordants, que lui avaient donnés les habitants du pays et les prisonniers, auraient dû démontrer à Musnier qu'il allait avoir affaire, non pas à une avant-garde ou îi un détachement isolé, mais à un corps d'une force supérieure à celle de sa division.

Il aurait donc dû se contenter des résultats obtenus, arrêter ses troupes sur la position de Varennes et deChaintré, s'y établir solidement et attendre l'arrivée du reste des troupes du maréchal pour tenter avec quelque chance de succès l'attaque de Mâcon. Une autre considération aurait dû d'ailleurs le décider h s'en tenir là. La diversion, que le général Bardet devait exécuter sur la rive gauche de la Saône, ne s'était pas produite, et il y avait tout lieu de penser, en raison de l'heure déjà avancée, qu'une circonstance quelconque avait empêché ce général de se jeter de Bourg sur Saint-Laurent-de-l'Ain.

Aveuglé par les progrès rapides de sa cavalerie, oubliant qu'il se trouvait absolument en l'air et que ses soutiens les plus proches étaient h une grande journée de marche en arrière, le

général Musnier, aussitôt après la prise de Varennes, disposa rapidement sa division et compromit encore sa situation déjjitrès aventurée en marchant contre Màcon en deux colonnes. Pendant que Bianchi ramenait en arrière de cette ville les troupes très éprouvées de Scheitber et ce qui restait des deux bataillons du général Haugwilz, Musnier se portait des environs de Varennes contre Sainl-Clénient, en faisant suivre la grande roule h son artillerie et aux hussards flanqués sur leur droite par les deux régiments de la brigade Estèvc (20« et 67«), et chargeait en môme temps le général Ordonncau de déborder la droite autrichienne en se portant des hauteurs de Chaintré sur Vinzelles, Saint-Léger et Charnav.

Bien que décimés par les feux de Tartillcrie de Bianchi, les deux régiments du général Estève continuèrent leur mouvement sur Saint-Clément, attaquèrent le régiment de Simbschen et parvinrent à s'emparer des hauteurs et du village de Saint-Clément. Mais ce fut en vain qu'ils essayèrent à deux reprises d*en déboucher, de donner l'assaut aux positions occupées en arrière de ce village par les grenadiers de Furstenwerther et couronnées par une formidable artillerie.

Obligé de se contenter de la possession de Saint-Clément, Musnier espérait encore que le mouvement débordant de la colonne du général Ordonneau déciderait son adversaire à lui abandonner Mâcon. Les quatre bataillons du général Ordonneau avaient pendant ce temps enlevé Vinzelles à l'infanterie autrichienne et poussé à sa suite, d'abord sur Saint-Léger, puis contre Charnay.

Rassuré sur le sort de sa gauche, voyant que si les Français avaient renoncé de ce côté h leurs attaques, la colonne d'Ordonneau était sur le point d'enlever Charnay et menaçait la batterie établie h l'ouest de ce village, Bianchi résolut d'en finir. Profitant d'un moment d'hésitation et d'un certain flottement qui se produisit dans les rangs des troupes d'Ordonneau, il poussa résolument en avant les brigades Hirsch et Quallenberg et lança contre les bataillons français ce qu'il avait de cavalerie h Tailc droite. La charge exécutée à ce moment par le major Ehrenstein, à la tète de deux escadrons de hussards de Wiirzburg et d'un escadron de vélites du régiment de hussards de l'Empereur*, décida

' L'historique du 4* régiment de diagons autrichiens (ou 1814 dragons de

du sort de la journée. Rompus par les escadrons aulrichiens, les bataillons d'Ordonneau se replièrent en loule hiUe sur Loche où ils essayèrent de reprendre pied. Mais au même moment, l'infanterie autrichienne se porta en avant sur toute la ligne et obligea le général Musnier, qui avait imprudemnjent engagé toutes ses troupes sans se ménager la moindre réserve, h abandonner successivement toutes les positions qu'il avait conquises.

Poursuivi par la cavalerie autrichienne jusqu'à hauteur de La Maison-Blanche, le général Musnier ramena h Saint-Georges-de- Ueneins sa division à laquelle le combat de Mî\con avait coûté de 600 à 700 hommes et 2 pièces démontées qu'on avait dû laisser à Saint-Clément. Les pertes du I^f corps autrichien sï'levaient à un millier d'hommes*.

Le 11 au soir, les troupes de Bianchi,qui avaient pris part au combat, campaient en avant de Milcon, à l'exception de la brigade Scheither qui réoccupa La Maison-Blanche et Saint-Symphorien-d'Ancelles.

Gn\ce à la témérité imprudente de Musnier, mais surtout grAce aux déplorables dispositions d'Augereau, une journée qui avait heureusement commencé se terminait par un échec d'une réelle gravité. Il est, on effet, incontestable que s'il avait eu le soin de donner des ordres formels et précis à Musnier, s'il n'avait pas

Wùrzburg), auquel nous avous déjà fait prticédemmont un emprunt, contient quelques détails intéressants sur la charge décisive do la cavalerie autrichienne : <( L'ennemi s^ivançaut à ce moment par la route de Saint-Liigcr à Cbarnay, menaçait de prendre à revers Saint-Clément et de tomber en morne temps sur le flanc droit du feld-niaréchal Bianchi. Il occupa même Charnay, attaqua les hauteurs à droite de ce village sur lesquelles le feld-maréchal lieutenant avait établi une batterie... A ce moment, l'escadron du capitaine Ast chargea sur la route de Charnay avec tant d'à-propos et d'entrain qu'il obligea l'ennemi à se retirer jusqu'à Loche. Au même moment, deux autres escadrons du régiment chargèrent la colonne ennemie qui débouchait de Saint-Léger, puis l'un des escadrons de dragons, soutenu par un escadron de hussards de l'Empereur, se précipita sur les bataillons ennemis qui commençaient à déborder l'aile droite autrichienne et les culhuta pendant que l'autre escadron réussissait à faire mettre bas les armes à 200 fantassins qui s'étaient enfermés dans une ferme. » (Oesterreiehitehe milUHriscIu: Zeitschrift, 1838, 1, 312-316.)

^ Starkb, Ëintheilung und Tagesbegebeuheiten der llaapt-Armce im Monate Màrz. (K, K. KriegsArehiv., 111. 1.) — Armée Nachrichten, n® 9, Troyes, 13 mars {Ibid.y III, 246), et prince de Schwarzenl)erg, rapport journalier à l'empereur d'Autriche, 'Troyes, 14 mars (/6id., III, 254); Augcrean au Ministre de la guerre, ViUefranche, 12 mars (Correspondance d'Augereau; A rchives de la guerre) .

Wcu. — IV. 21

essayé de faire arriver simultanément sur le ehamp de bataille deux divisions venant de directions absolument opposées, séparées par des distiinces considérables et par un cours d'eau aussi important que la Saune et par suite dans Timpossibilité de communiquer entre elles, le maréchal aurait pu épargner h son armée la défaite qu'elle venait d'essuyer. Enlin, si, au lieu de garder à Lyon la division Pannetier et la cavalerie de Digeoii, Augoreau s'était porté avec toutes ses forces réunies contre les positions de Blanchi, il aurait eu d'autant plus de chances d'atteindre son but, d'arrêter les Autrichiens en avant de Lyon? que le général autrichien avait de son côté commis la faute de s'affaiblir en détachant sur sa droite la division Wied-Runkel *, que

i Augercan comprenait si pea sa situation, il était si mal renseigné, ou bien il tenait si peu compte des renseignements qui lui parvenaient, qu'écrivant dans le courant de la journée du 11 mars au général Musnier pour le féliciter des avantages remportés contre Sclieither, il lui disait : « Si vous ne croyez pas pouvoir vivre à Villetrancho, choisissez une bonne position et attendez l'arrivée des troupes qui partiront ce soir, si le régiment d*infantcrie et les 50 hussards partis ce mutin ne vous suflSscnt pas ». (Âugereau au général Musnier, Lyon, il mars. ^ Correspondance d'Augercau; Archives de la guerre.)

On trouve, d'aiUeurs, de curieux aperçus sur la conduite du maréchal Augereau et du général Musnier dans une dénonciation anonyme datée de Lyon, 16 mars, et qui a dû être écrite par un agent secret de Clarke. Nous hésitons d'autant moins à reproduire cette pièce qu'elle fut prise en considération par le Ministre et donna lieu au rapport qu'on lira un peu plus loin :

a Je ne suis pas militaire. 11 n'est peut-être pas bien à moi de parler de la guerre, mais les circonstances critiques et impérieuses où se trouve la France peuvent faire excuser un citoyen qui dit ce qu'il voit et juge d'après ses yeux. Le maréchal duc de Castiglione a organisé une armée. Il est sorti de Lyon avec 20,000 hommes, dont 10,000 de l'armée de Catalogne qui sont les plus braves et les plus magnifiques soldats qu'on puisse voir. Son Excellence porta son quartier général à Lons-le-Saunier, en dirigeant 6,000 hommes sur Genève pour renforcer le général Marchand, lorsqu'elle apprit que l'ennemi qui, à notre approche, avait évacué Màcon et mémeChalon, se renforçait pro> digieusement dans cette dernière viUe et pouvait, en descendant la Saône, faire un coup de main sur Lyon dégarni. A l'instant, le maréchal fit une retraite précipitée. L'ennemi, arrivé à Mucon avant lui, fit une tète de pont du côté de bourg et mina le pont. Le maréchal ne voulant ou ne pouvant rien tenter de Uourg sur Mdcon, rentra à Lyon avec 9,000 hommes, après en avoir laissé 6,000 à Meximieux. Sur-le-champ, il fit partir pour Villefranche une division commandée par le général Musnier et dans laquelle étaient 2 régiments de Catalogne. Le 1 1 mars, cette division poussa jusqu*aux faubourgs de .Màcon, lorsqu'elle donna dans une batterie masquée qui lui fit beaucoup de mal et l'obligea à se replier eu ramenant toutefois % canons et 500 des 1100 hommes qu'elle avait pri:» le matin. !>e suite, le maréchal fait partir, à 11 heures du soir, tout ce qui restait disponible à Lyon, et à sa tête prend la

ses troupes légères furent surprises par Toifonsive des Français et que les diverses colonnes de l'armée du Sud étaient encore loin d'être réunies.

route de Villefranchc. Les 12, 13 et 14 mars, il n'a pas attaqué. On ne sait encore ce qui s'est passé hier.

if L'ennemi, en tenant le pont de Màcon, a ane position ayantagease, car il divise notre armée et peut se retirer sar telle rive de la Saône qu'il jagera favorable, tandis qu'il noos faut faire un retour à Lyon pour reporter du sei*ours au côté le plus menacé. Ce serait donr une faute commise par le maréchal de n'avoir pas, dans la première attaque de Mucon, gardô le pont ou l'avoir fait sauter. 11 eût évité des marches forcées à ton armée et aurait porté la totalité de ses forces sur un soûl point. Cette faute n'a pas échappé aux militaires; ils en parlent hautement et la défaveur qu'ils ont pour le maréchal Augereau est de nature à paralyser leur courage...

a Le maréchal Augereau, tout vaillant guerrier qu'il est, n'est pas l'homme qu'il faut. Serait-il donc impossible de faire venir le maréchal Suchet ou le maréchal Ney? En tout cas, le général de division Musnier est un homme inepte et dangereux, puisque sur le champ de bataiUe il balbutie en donnant ses ordres. C'est lui qui, lorsque l'ennemi était aux portes de Lyon avant l'organisation de l'armée, se trouvant à l'Hôtel de Ville et entendant des femmes crier : « Voilà Vennemi / », se sauva du conseil auquel il assistait et laissa son chapeau et son épéc. L'armée de L}on a impérieusement besoin d'être mieux commandée...

« Ce rapport est fidèle. Je ne le regarde pas comme une dénonciation. J'en suis incapable, mais comme un avertissement secret propre à éclairer le gouvernement. Sans doute, vous pouvez ne pas y ajouter foi entière ; mais. Monseigneur, daignez écrire aux colonels des 1*', 7*, 20* et 67« de ligne, 4« et 12^ hussards venus de Catalogne. Ils vous instruiront à fond... » (Archiva de la guerre,)

Complétée par quelques détails insignifiants sur les événements postérieurs, cette dénonciation anonyme ne partit de Lyon que le 19. Malgré les difiicultés que devait présenter à ce moment la transmission des nouvelles, elle parvint assez rapidement à Paris, puisque le 24 mars, Dupont de Vieusseux remettait au duc de Feltre la note caractéristique suivante :

« La lettre confidentielle écrite de Lyon, sous la date du 19 courant, est d'accord avec d'autres avis parvenus ici à plusieurs personnes. Il n'y a qu'un cri dans l'armée et dans Lyon sur l'incapacité de celui qui commande, et tout le monde est convaincu d'avance des malheurs qui résulteront infailliblement de la manière dont les opérations sont dirigées dans cette partie de la France.

<( Si Son Excellence ne juge pas convenable d'envoyer à Sa Majesté la lettre anonyme qu'Ëlle a reçue de Lyon, il serait aisé de faire un rapport à Sa Majesté pour lui faire connaître ce qui se passe et propre à faire juger de la nécessité de prendre des mesures efficaces à cet égard. »

Le môme jour, Clarke prenait une résolution contenue dans la note jointe au rapport de Dupont de Vieusseux : « Faire un rapport à Sa Majesté. Envoyer le œloncl Balt bazar à l'armée de Lyon pour y séjourner. II faudrait au maréchal des instructions dont il ne pût pas s'écarter. »

Nous aurons lieu de revenir sur ce sujet un peu plus loin et de faire allusion au rapi)ort dont le Ministre avait demandé l'établissement et qu'il transmit à l'Empereur le 26 mars, après avoir adouci quelque peu les termes et la forme de la rédaction de Dupont de Vieusseux.

Lu présence de la division Ignace Hardegg, qui pouvait facilement de Montrcvel se jeter sur le ilanc droit de sa colonne ou lui couper la retraite, avait vraisemblablement empêché le général Bardet d'entreprendre le mouvement projeté sur Saint-Laurenlde-l'Ain. La nouvelle de l'arrivée des troupes du feld-maréchal lieutenant WimpflFen et du prince de Cobourg h Coligny, à une petite journée de marche de Bourg, avait, en outre, contribué à décider Bardet à rester sur ce point dont la possession lui paraissait importante.

Les réserves autrichiennes, conduites par le prince héritier de Hesse-Hombourg, étaient venues pendant la journée du H mars de Mervans à Louhans.

12 mars 1814. — Bianchi concentre son corps d*armée autour de Hâcon. — Après Tissue favorable du combat de Mîlcon, on devait s'attendre à voir le I" corps autrichien continuer sans trêve ni répit son mouvement offensif sur Lyon. Les troupes de Musnier, épuisées par les efforts qu'on leur avait demandés la veille, par une longue marche en avant, par une retraite j)rolongée, auraient été hors d'état de prendre part le 12 mars à une nouvelle affaire et Bianchi n'aurait trouvé devant lui h Villefranche que la division Pannetier et la cavalerie de Digeon. Mais la situation personnelle faite au général autrichien par l'organisation môme de l'armée du Sud ne lui permettait pas d'agir avec autant d'indépendance. D'une part, en effet, il était obligé de se conformer aux ordres formels du généralissime qui, pendant qu'il exécutait sa marche de Dijon sur Màcon, lui avait à nouveau reconmiandé d'attendre sur la position de Milcon l'entrée en ligne des réserves autrichiennes et de ne continuer son mouvement sur la rive droite de la Saône que lors(|ue ces troupes seraient de leur côté sur le point de déboucher de Bourgen-Bresse; d'autre })art, relevant désormais du prince héritier de Hesse-Hombourg, il lui était impossible d'entreprendre une opération aussi importante que la marche sur Lyon, sans y être autorisé par le commandant en chef de l'arméi» autrichienne du Sud. Enfin, soit parce qu'il se trouvait trop faible pour continuer l'offensive avec ses seules forces, depuis qu'il avait jugé nécessaire de détacher deux de ses divisions, l'une, celle du prince de Wied, à sa droite sur Charolles, Tautre, celle de Wimpffen, sur

la rive gaucho de la Saône; soit que, comme le disent les TagesbegebenheiteHy afin de justifier les dispositions du généralissime, la nouvelle de Tarrivée d*une division d'infanterie qui avait renforcé Tarniée ennemie lui eût fait croire h l'imminence d'une attaque d'Augereau à la tête de 18,000 hommes, Bianchi se borna à prendre, le 12, ses dispositions pour résister h une opération de ce genre et se contenta de faire occuper à ses troupes, rejointes par la brigade Salins, des cantonnements resserrés autour de Milcon*.

Positions d'Augereau en avant de Villefranche. — Évacuation de Bourg. — Augereau. toujours sans nouvelles de ce qui se passait du côté de Bourg, profita de ce temps d'arrêt inespéré pour donner un jour de repos aux troupes harassées de fatigue de Musnier, pour les faire relever par celles de Pannetier et de Digeon et pour se masser sur la position de Saint-Georgesde-Reneins. Ses avant-postes s'établirent h Belleville, Saint-Jeand'Ardièri» et Cercié *.

Sur la rive gauche de la Saône, le général Bardet, dont la division ne comptait que 3,400 hommes, se voyant menacé par les forces supérieures d'Ignace Hardegg, qui manœuvrait sur ses flancs pour le tourner, abandonna Bourg aux Autrichiens et, se dirigeant sur Meximieux, s'établit le 12 au soir à Marlieux et Chalamont '.

Positions des troupes autrichiennes sur la rive gauche de la Saône. — La division Wimpffen s'arrêta à Saint-Étienneau-Bois, à 10 kilomètres au nord de Bourg, tandis que le prince de Cobourg, se rapprochant de la rive gauche de la Saône, passait par Montrevel et se portait de Coligny à Pont-de-Veyle. Les réserves autrichiennes atteignirent Saint-Trivier-de-Courtes et le prince héritier de Hesse-Hom bourg établit son quartier général à Cuisery.

* St'ârke, Eintheilung und Tagesbegebcnbeitcn dcr Haupt- Année im Monate Màrz. (/T. K, Kriegt Archiv., III, 1.)

> Augereau au Ministre de la guerre et au préfet du Rhône, Villefranche, 12 mars. {Archives de la guerre.)

s Augereau au major-général, Villefranche, 13 mars (Archives de la guerre), et prince do Schwarzenberg, rapport journalier à l'empereur d'Autriche, Troyes, 43 mars {K. K. Kriegs Arehiv., III, 238).

13 mars. — Conseil de guerre de Saint-Trmer. — Positions de Tarmée autrichienne du Sud. — La journée du 13 mars se passa de part et d'autre aussi tranquillement que celle du 12. Le prince héritier de Hesse-Hombourg réunit à Saint-Trivier un conseil de guerre auquel assista le feld-maréchal Bianchi. En raison des difficultés que la configuration du terrain et l'existence des nombreux marais qu*on rencontre sur la rive gauche de la Saône, vers le confluent de cette rivière, auraient opposées à la marche d*uue grosse colonne de troupes, on résolut de faire passer sur la rive droite la division du feld-maréchal lieutenant baron Wimpffen et le corps d*armée formé par les réserves autrichiennes et placé sous les ordres immédiats du prince Philippe de Hesse-Hombourg. Ces troupes devaient opérer à Màcon leur jonction avec le l®»" corps et se porter avec lui sur Lyon*. La division Ignace Hardegg et la brigade du prince de Cobourg restaient seules sur la rive gauche et devaient se porter sur Lyon en deux colonnes : Tune, celle de droite, côtoyant la rivière en passant par Thoissy et Neuville -T Archevêque (Neuville -sur- Saône); rautre, celle de gauche, se dirigeant de Bourg par Marlieux et Chalaniont sur Meximieux et Montluel. Afin de couvrir les derrières de Tarmée du Sud contre les entreprises des partisans de Damas et des bandes de paysans armés, un détachement de troupes légères allait pousser jusqu'à la Loire. Enfin, le régiment de hussards Archiduc Ferdinand, qu'on laissait à Chalon-sur-Saône, devait occuper Charolles et Autun et chercher à se relier avec la division légère du prince Maurice Liechtenstein qui opérait du côté d'Auxerre et assurait, par Avallon et Saulieu, les communications entre la grande armée alliée et l'armée autrichienne du Sud. Les bataillons de réserve des deux régiments d*infanterie Kotlulinsky et Joseph Colloredo, avec une batterie, étaient désignés pour former la garnison de Mûcon. Le régiment de hussards Blankenstein devait aller rejoindre la grande armée, dès que la jonction des différentes colonnes se serait opérée et que l'armée du Sud aurait repris sa marche sur Lvon *.

* St'ârke, Eintheiiung und Tagesbegnbenhciten dcr Haupt-Armee im Monate Miirz. (A'. A'. Krifgt Archiv., III, 1.)

' Starke, Kinthcilung und Tagesbegebcnheiten dcr Haapt-Armce im Monatc Miirz. {K, K. Kriegt Archiv,, III, i.)

D*ailleurs, pendant la journée du 13 mars, tant sur la rive droite que sur la rive gauche de la Saône, les troupes autrichiennes restèrent pour la plupart sur leurs positions de la veille, si l'on en excepte toutefois les réserves qui firent ce jour-lù une toute petite étape et vinrent de Saint-Trivier h Montrevel.

Positions d*Augereau et reconnaissance de Saint-Symphorien-d'Ancelles. — Augereau, continuant h rester immobile, n'avait envoyé sur Saint-Symphorien d*Ancelles qu'une petite reconnaissance qui se contenta d'inquiéter un moment les avantpostes autrichiens et de constater la présence de l'avant-garde de Bianchi à La Maison-Blanche. Une brigade de la division Pannetier et un escadron du 4« hussards occupaient Belleville; 2 bataillons de la 2* brigade de la division Musnicr, le 13« cuirassiers et l'artillerie de réserve étaient massés h Villefranche. Le gros de la 2° brigade de Musnier avait pris position en avant de cette ville, tandis que la 1'« brigade de cette division et le 12® hussards occupaient Arnas et sur\^eillaient la route de Beaujeu, et que la 2* brigade de Pannetier et le gros du 4« hussards, postés h Saint-Georges-de-Rcneins, fournissaient les avantpostes *.

14 mars. — Rétablissement des communications des Alliés avec Genève. — Mouvement rétrograde des troupes de Marchand. — Le départ des troupes de Bardetetde Pouchelon, l'évacuation de Farges par les quelques troupes françaises qui y étaient restées et qui s'étaient repliées sur le fort l'Écluse, avaient permis h Bubna d'aviser au rétablissement de ses communications avec l'armée du Sud. Le général Marchand avait vainement demandé des renforts au maréchal, qui s'était contenté de lui annoncer que l'arrivée prochaine de la division Vedel, venant d'Italie et attendue incessamment à Chambéry, ne tarderait pas h le mettre en mesure de reprendre ses opérations contre Genève *. Dès le lendemain, la présence d'un gros détachement

* Augereau au général Pannetier^ Villefranche^ 13 mars. (Correspondance d'Augereau ; Archives de la guerre.)

' Augereau au gifnéral Marchand, Villefranche, 13 mars. {Archives de la guerre,)

«lutrichien envoyé de Bourg sur Ponl-d'Ain, rétablissait les eomuïunications avec Bubna el interceptait la route directe de (i(înèv(î h Lvon.

Sachant désormais qu'il ne pourrait compter que sur les quelques troupes qu'il avait avec lui, Marchand se prépara h la retraite. Il prescrivit au poste du Pont-de-Brugny de se replier sur Frangy, h celui de Frangj' d'aller à Seyssel et d'y détruire le pont, si les Aulriehiens essayaient de déboucher de Nantua sur Sevssel, et d'envover une reconnaissance d'un bataillon sur le jiont de Luce qui conduit à Bellegardc et qu'il importait de conserver pour pouvoir exécuter, le cas échéant, un mouvement rétrograde sur Rumilly*. Le même jour, du reste, Augereau faisait savoir au général Marchand « qu'en raison de la gravité de sa |)ropre situation, il lui était impossible de lui envoyer des renforts, et que s'il était forcé de quitter sa position avant l'arrivée de la division Vedel, il devrait faire sa retraite sur Chambéry en ayant soin de ne pas s'en laisser couper par Annecy ». Et il ajoutait en terminant sa dépêche : « Vous vous retirerez même sur Grenoble, s'il le faut; mais je ne pense pas que Bubna ose vous attaquer* ».

Marche de la colonne du prince Philippe de Hesse- Hombourg. — Continuant son mouvement sur Milcon, le feldmaréchal lieutenant prince Philippe de Hesse-Hombourg amena les réserves autrichiennes de Montrevel h B»1gé-le-Chî\tel, pendant que le prince de Cobourg se portait de Pont-de-Yeylc sur Thoissey et que quelques coureurs de Hardegg se montraient ;i Châlillon-sur-Chalaronne '.

* Général comte Marchand au commandant Jomard, Caroiigc, i% mars. (Àrchivct de la giierre.)

* Aupforcau au général Marchand, Vîllefranclic, ii mars. (Correspondance d*Auf|roreau ; Areliiret delà guerre,)

L*l£mperour écrivait le même jour de Reims h Clarke : « Si vous jugiez plus ronvenahle d'employer le frénéral Decaen sur la frontière des Pyrénées. je fteme qnil tarait utile de faire venir le due dWlhufera à Lyon ; car je rraim bien que le duc de Caxtiglione n'ait ni l'activité, ni let mo)j''nt nécé-stairet, xon année étant augmentée. >> (Correspondance, N" 21482, à Clark«», de Rr»iins, 14 mars.)

' Stàiikb. Einthcilung nnd T.ipos])e}fol)enheilen der IlauplArmee im Monale Miirz (A'. A'. Krieg* Archiv., 111, i), et Corrtispondanre d'Augereau, Villefruni'he. 14 mars (Archivée de la guerre).

15 mars. — Jonction des deux colonnes de Tarmée autrichienne du Sud. — La jonction des doux principales colonnes de l'armée du Sud était désormais un fait accompli et, le 15 dans la matinée, le prince héritier de llesse-Hombourj^;, précédant de quelques heures seulement les troupes du prince Philippe* et la division Wimpffen qui n'acheva son passage que le lendemain, transférait son quartier général à Mîlcon *.

Marche du î^^ corps d*armée sur Saint-Symphorien-d'Ancelles. — Le même jour, Bianchi avait commencé son mouvement sur Lyon. Le gros du I" corps s'arrêta, le 15 au soir, sur la ligne Saint-Symphorien-d'Ancelles — La Chapelle-de-Guinchay et ses avant-postes prirent position h Lancié. Le feld-maréchal lieutenant avait en outre détaché sur sa droite des partis. qui,passant par Corcelh?, poussèrent jusqu'à Beaujeu d'où le niîijqr Devaulx chassa un rassemblement armé '. D'autre part, afin de mettre le comie Ignace Hardeggplus complètement en mesure de déboucher de Bourg sur Lyon et de pousser en môme temps par la route de Pont-d'Ain vers Nantua, on lui îivait, dans la journée du 15, envoyé un renfort de 4 bataillons el 6 escadrons*.

46 mars. — Mouvements des divisions Wimpffen et Hardegg et de la brigade Cobourg. — Le lendemain 16 mars, la division Wimpffen défila par MAcon et alla, sur Tordre du prince héritier de Hesse-Hombourg, prendre position îi Varennes, tandis que les 7 et i/2 escadrons de hussards de Blankenslein s'acheminaient sur Dijon oh ils devaient arriver le 24.

« J'ai donné h toutes les troupes de la rive droite, écrivait à

' Composition du corps de réserves autri'.'hicnnc8 du prinre Philippe de Hessc-IIombourg à son «irrivée à Mdcon : 8 bataiUons d'infanterie, 5 de grenadiers et 4 régiments de cuirassiers provenant de Tancien Vi* corps d'armée féiléral.

< Prince tiéritier de Ilesse-IIombourg au prince de Schwarzenberg, Màcon, Ib mars. {K, K, Kriegt Archin., III, 2UI.)

' St'ârke, Kintheilung und Tagesbegebenheilen der Haupt-Armee im Monato Marz (Ibid., III, i), et Correspondance d'Aagereau, Villefranche, 15 mars. (Archives de la guerre.)

* Starke, Eintheiliing und Tagesbegebenheiten der Haupt-Armee im Monate Alarz (K. A'. Kriegt Archiv,, III, 1), et prince héritier de Hesse-Hombourg au prince de Schwarzenberg. Mîicon, 16 mars (Ibid., III. 297).

celle claie le commandanl de l'armée autrichienne du Sud au généralissime, Tordre de se porter en avant et d'atteindre Belleville afin de pouvoir opérer contre Villefranche dès le 18. J'ai laissé en arrière ma grosse cavalerie qui ne peut pas me servir dans un terrain aussi coupé et aussi accidenté* ».

Sur la rive gauche de la Saône, Ignace Hardegg, qui était encore h Bourg, avait fait partir pour Nanlua une colonne volante composée d'un bataillon et de deux escadrons. A sa droite, le prince de Cobourg occupait Saint-Trivier-sur-Moignans et Saint- Cvr.

Positions d*Augereau, de Bardet et de Marchand.— Augoreau, s' attendant h être attaqué le 16 au matin, s'était borné h informer le général Pannelier qu'en cas d'une attaque venant par la roule de Beaujeu, il devrait se replier sur Villefranche et avait fait prendre les armes aux divisions de Musnier et de Digeon*.

Bardet était encore à Meximieux.

Du côté de Genève, le général Marchand, qui avait cru prudent de venir garder les débouchés du Rhône par lesquels les Autrichiens auraient pu arriver sur ses derrières, avait employé sa journée à inspecter les postes qu'il avait établis de ce côté. Quatre compagnies occupaient Seyssel avec l'ordre d'y brûler le pont en cas d'attaque. Quatre autres compagnies s'étaient dirigées sur Châtillon-de-Michaille pour observer la route de Nantua, et deux compagnies gardaient le pont de pierre de Bellegarde que le général Marchand avait fait miner*.

Réduit à sa faible division, le général Marchand attendait avec une légitime impatience l'arrivée des renforts d'Italie (division Vedel), dont l'entrée en ligne pouvait seule lui permettre de résister avec quelque chance de succès aux entreprises des Autrichiens*. La position de Marchand, qui, depuis le départ des

i Prince héritier de IIossc-Hombourg an prince de Schwarzenberg. Mâcon, IG mars. (K. K, Kriegt Archiv., III, 297.)

' Augereau au général Pannetier, VillefraDche, IG mars, 2 heures da matin. (Arehivei de la guerre,)

' Comte de Saint-Vanier au Ministre, Grenoble, 18 mars. {Archives de la guerre.)

* Cette division marchait avec une lenteur qui désespérait le général Marchand. Klle ne faisait guère qu'une étape en deux jours et elle était attendue

troupes des généraux Bardet et Pouchelon, avait dû se borner h prendre une position défensive derriftre TArve, était, en effet, devenue plus critique encore après l'évacuation de Bourg. Son flanc gauche était complètement à découvert et les Autrichiens pouvaient à tout instant venir le prendre h revers, d'un côté par Nantua, de l'autre par la vallée de Saint-Rambert, d'où une belle route les aurait conduits au pont de Seyssel. Obligé de garder ces deux points essentiels pour lui, de se mettre ainsi à l'abri de toute surprise, le général Marchand * n'avait pu laisser à Carouge que le général Dessaix qui, avec 4,000 hommes, était h peine en mesure de tenir tête h Bubna.

17 mars. — Combat de Belleville. — Le 17 mars, l'armée autrichienne du Sud se porta en deux colonnes contre Belleville.

La première colonne (colonne de droite), comprenant toutes les troupes du I®*" corps d'armée, se forma entre La Maison- Blanche et Lancié. Elle avait ordre d'obliquer à droite à partir de Lancié et de se diriger sur Belleville en passant par le défilé de Cercié. La colonne de gauche (division WimpfiTen), concentrée en arrière de La Maison-Blanche, devait se porter droit sur Belleville par la grande route. Le prince Philippe de Hesse-Hombourg, qui avait ordre de partir de Crèches, k 11 heures du matin avec les troupes autrichiennes et allemandes appartenant à l'ancien VI« corps fédéral, servait de réserve générale et marchait également par la grande route *.

Un peu après midi, l'avant-garde de Wimpflen attaquait les avant-postes français h Saint-Jean-d'Ardière et enlevait ce village au moment où la tète de colonne de Blanchi débouchait de Cercié et s'engageait sur la route de Belleville. Augereau, ne jugeant pas cette position propre à recevoir une bataille, évacua Belle-

à Chambéry le 20 mars, et, le 15 mars, le duc de Feltro avait pressé le princA Borghèse de renforcer Marchand au plus vite. (Voir Archives de la guerre. Ministre de la guerre au prince CamiUe Borghèse, 15 mars.)

i Marchand au Ministre, Frangy, 19 mars, soir. (Archives de la guerre,)

' Effectif des troupes do l'armée du Sud sur la rive droite de la Saône, le 17 mars : I*''' corps, 19,000 hommes, 3,000 chevaux et 64 bouches à feu. Colonne du feld-maréchal lieutenant Wimpffen : 12,000 hommes, 1000 chevaux et 24 bouches à feu. Ck>lonne du prince Philippe de Hesse-Hombourg : 16,000 hommes. 1400 chevaux et 24 bouches à feu.

ville, rompit le combat et ramena ses troupes sur la position de Saint-Georges-de-Reneins *.

Positions des deux armées le 17 mars au soir. — Malgré ce l(^gcr mouvement rétrograde des avant-postes français, les deux armées bivouaquèrent en présence. L'avant-garde du !«»■ corps (général Scheither) s'établit pour la nuit en avant d'Odenas, sur la route de Beaujeu à Villefranche ; celle de la colonne de Wimpffen se cantonna de son mieux autour de Belleville où le prince héritier de Hesse-Hombourg, décidé h livrer bataille le lendemain, éLiblit son quartier général. Les troupes du prince Philippe de Hesse passèrent la nuit à Saint-Jeand'Ardière*. Un régiment d'infanterie posté avec deux canons aux Pilliers assurait les communications entre la première et la deuxième colonne.

Du côté des Français la division Pannetier, renforcée par le 4® régiment de hussards, garda sa position primitive en avant de Saint-Georges et se relia à gauche, par Layé et Longsard, avec Tune des brigades de Musnier établie avec le 12« hussards au débouché de la route de Beaujeu. La 2« brigade de Musnier et le 13® régiment de cuirassiers avaient ordre de quitter Villefranche h la pointe du jour et de former la réserve h la croisée des routes de Beaujeu et de Villefranche*.

Augereau avait en même temps envoyé au commandant de la première colonne des troupes venant de Catalogne, qui devaient arriver à Lyon le 18 mars au malin, l'ordre d'en partir quatre heures après son arrivée pour se rendre à marche forcée h Villefranche, et invité le général Marchand à diriger sur Lyon le général Vedel et son artillerie, dès que la division amenée par ce général aurait opéré sa jonction avec lui*.

* Starke, Ëinthcilung und Tagesbogebenheiten dcr Ilaupt-Armpe im Monate Marz (A'. K. Kriegs Arehiv., III, 1), et prinoo héritier de Hesse-Hombourg, relation des combats livrés pendaut la marche de l'armée du Sud sur Lyon (Ibid., III, 812); Augereau au Ministre, Villefranche, 18 mars, 10 heures du matin (Arehiveg de la guerre).

^ Starkb. EintheUung und Tagesbcgebcnheiten der Haupt-Armoe im Monate Wiirz. (A'. A'. Kriegs Arehiv., III, 1.)

* Augnrcau au général Pannetier, Villefranche, 17 mcirs, soir. {Arehivet de la guei're,)

* Augereau au commandant de la l'« colonne des troupes de Catalogne. Villefranche, 17 mars, soir (Ibid.), et Augereau au général Marchand. Villefranche, 17 mars (Ibid,)

Retraite du général Bardet sur Hiribel. — L'inquiélude nalurelle d'Augercau. sur le point d*ôtre allaqué par des forces tellement supérieures en nombre', s'augmentait encore en raison des craintes que lui inspirait la position de Bardet.

« Si Bardet était forcé sur la riv(i gauche, » écrivait-il au Ministre, de Villefranche, le 18 mars dans la matinée, quelques instants avant le icomnïencement du combat de Saint-Georges, w et que je dusse me retirer, je ferais ma retraite parvienne sur Pont-Saint-Esprit, avec d'autant plus de raison que j'ai vu par une lettre interceptée que le plan de l'ennemi est d'occuper Lyon et de se mettre en communication avec le général Wellington qu'il suppose devoir ôlre bientôt njaître de Toulouse*. »

Les événements que le maréchal redoutait n'allaient pas tarder à se produire.

Le général Bardet avait en eftet dil se retirer devant les forces supérieures des Autrichiens, leur abandonner Meximieux et rétrograder jusqu'à Miribel, a trois lieues de Lyon. L'avant-garde du comte Ignace Hardegg, dont le gros était encore à Marlieux, n'osa pas, malgré le départ de Bardet, s'établir à Meximieux et s'arrêta à Villars et Chalamont.

A sa droite, le prince de Cobourg qui s'était avancé de Saint- Cyr il Saint-Trivier-sur-Moignans (Saint-Trivier-en-Dombes), se tenait à hauteur du gros des troupes d'Ignace Hardegg et avait poussé quelques partis et quelques coureurs dans la direction de Trévoux*.

A Genève tout était tranquille. Bubna, comme le généralissime le mandait î\ l'empereur d'Autriche, y attendait l'arrivée de la colonne autrichienne venant par Nantua pour reprendre l'offensive*.

* LViïectif des troupes réunies par le prince héritier do Hessc-llomboiirg» sur la rive droite de la Saône, s'élevait à environ 47,000 hommes, plus de 5,000 chevaux et 112 canons. Augercau ne disposait, à ce moment, que de li,000 hommes, 2,000 chevaux et 24 bouches à feu.

Sur la rive gauche, Hardegg et Cobourg à la tôtc de 4,000 hommes, 4,000 chevaux avec 24 bouches à feu, n'avaient devant eux que les 3,000 hommes et les 4 canons de Bardet.

^ Augercau au Ministre de la guerre, Villefranche, 18 mars, 10 heures du matin. (Archives de la guerre.)

' Starke, Eintheilung und Tagosbegebenheiten der Haupt-Armce im Monate Màrz. (K. K, Kriegs Arehiv., III, 1.)

* Prince de Schwarzenberg, rapport journalier à Tcmpercur d'Autriche, Arcis-sur-Aube, 17 mars. (Ibid., 111, 309.)

18 mars. — Combat de Saint-Georges. — Le 18 mars au malin, la division Panneticr et la brigade Ordonncau, formant la première ligne de la petite armée d'Augereau, occupaient leur poste de combat. Leur front s'étendait depuis le village de Saint- Georges-de-Reneins, point d'appui de leur droite, par Layé, centre de la position, jusqu'à Longsard et Le Chambély qu'occupait leur extrême gauche. La brigade Gudin élait en réserve avec le 13® cuirassiers à hauteur d'Arnas, et appuyait sa droite à la roule de Mftcon à Villefranche, sa gauche au chemin de Beaujeu. Le village et le château de Layé avaient été mis en état de défense.

Malgré Tinfériorité de ses forces, Augereau se croyait en mesure d'arrêter l'armée du Sud et, au moment même où les Autrichiens raltaquaienl sur tous les points, il écrivait au Ministre de la guerre que « ses dispositions étaient prises de manière à être tranquille sur le résultat* ».

Le 17 au soir, le prince héritier de Hesse-Hombourg avait envoyé à Blanchi, h Wimpffen et au prince Philippe de Hesse, la disposition suivante : « L'armée marchera demain 18 à l'ennemi dans le môme ordre qu'aujourd'hui.

« La première colonne (Bianchi) se rassemblera ù 6 heures du malin h Odenas et se portera sur Amas en passant par Néty.

t«( La deuxième colonne (Wimpften) se formera un peu apn>s 8 heures en avant de Saint-Jean-d'Ardière sur la grande route de Villefranche. Elle détachera sur sa gauche deux compagnies de chasseurs, un bataillon d'infanterie et un escadron qui traverseront Belleville, s'avanceront sur Saint-Georges, en se tenant entre la grande route et la Saône, et chercheront à attirer sur eux Tatlenlion de Fennemi.

« Le corps du feld-maréchal lieutenant prince Philippe de Hesse-Hombourg se formera à 9 heures, h hauteur de Saint- Jean-d'Ardière, et suivra h une certaine dislance le mouvement

*■ Augereau aa Ministre do la guerre, ViUefranche, 18 mars, 10 heures du matin. {Archives de la guerre»)

A ce moment, Augereau était en effet intimement convaincu de l'efficacité de ses dispositions. Ecrivant au préfet du Rhône, le 18 au matin, il lui disait en posi'icriptum : « Si par hcuard, ce que je suit loin de croire, nous étions forcés d la retraite, elle se ferait sur le Ouuphiné par Vienne, afin de nous joindre aux troupes venant d'Espagne. Ceci de vous à moi. » (Ibid.)

de la deuxième colonne. L'opérulion de demain a pour objet de pousser le gros de Tarmée au delà de Villefranclie et d'atteindre avec les avant-gardes Anse et La Chassagne* ».

Le I«' corps autrichien, chargé de déborder la position des Français et de les prendre à revers, descendit des hauteurs d'Odenas et traversa la Vauxonne. Alln de maintenir la liaison avec la deuxième colonne, Bianchi, dès qu'il fut arrive sur la rive droite de la Vauxonne, poussa vers sa gauche un régiment d'infanterie, un demi-escadron et deux pièces qui, placées sous le commandement du colonel Papp, reçurent Tordre de se porter par Gandager sur Layé. Quelques instants plus tard, l'avantgarde dul«»" corps (feld-maréchal lieutenant Lederer) s'engageait vivement avec l'ennemi du côté de Marsangue.

La résistance opiniûtre, que la brigade Ordonneau opposa à Marsangue et à Layé, obligea Bianchi à faire soutenir son avantgarde, d'abord par le régiment d'infanterie Hiller, puis par la brigade Salins. Malgré leur supériorité numérique, les Autrichiens échouèrent dans les attaques successives qu'ils dirigèrent contre la gauche d'Augereau. Bianchi, voyant qu'une allaque de front contre les villages de Layé et de Longsard lui coûterait trop de monde et pourrait môme compromettre le résultat de la journée, donna au prince de Wied l'ordre d'obliquer avec sa deuxième brigade (général Sôldenhofen) à droite du chemin de Beaujeu à Villefranche, de prendre sa direction sur Les Bues,de déborder la gauche française et de pousser sur ses derrières, en débouchant par Ouilly sur Villefranche.

Pendant que ces événements se déroulaient sur la ligne Marsangue — Layé — Longsard et que la brigade Ordonneau tenait en échec les troupes de Bianchi, la brigade hessoise du général Gall (avant-garde de la deuxième colonne) attaquait les positions de la division Pannetier qui dut momentanément se replier en arrière de Saint-Georges. Mais le maréchal Augereau, voyant que les jeunes troupes du général Gall se laissaient entraîner par leur ardeur et débouchaient du village sans avoir pris le temps de se reformer, lit immédiatement exécuter un retour offensif contre rinfanlerie hessoise qui, surprise par cette attaque impré-

i Prince héritier de Hesse-Hombourg, Belleville, 17 mars, soir> Oisposilioii pour Tattaquc de la positiou de Saint^Georges.

vue, dut à son lour abandonnor Saint-Georges et redescendit les hauteurs dans le i)lus {çrand désordre, au moment où la tète du gros delà deuxième colonne (feld-maréchal lieutenant Wimpflcn) débouchait sur le champ de bataille. Afin de rétablir le combat, d'arrêter les j)rogrès de Pannetier et de donner au général (iall 1(» temps de rallier sa brigade, Wimpffen lança contre Saint- Georges la brigade Haugwitz (régiments de Simbschen et de Hessc-Hombourg). L'attaque à la baïonnette tentée par cette brigade échoua. Au bout de quelques instants, le général Haugwil/. et un grand nombre d'officiers étaient hors de combat, et le général Czollich, chef d'état-major de Wimpflen, qui avait pris le commandement des deux régiments, se voyait contraint à ramener sur les hauteurs de la rive gauche de la Vauxonne ses troupes qu'il avait eu.grand'peine à dégager. La bonne tenue du régiment de Simbschen et quelques charges tentées par les dragons de Wùrzburg lui permirent seules de résister aux Français et de conserver ses positions jusqu'il l'arrivée du gros de la colonne que le feld-maréchal lieutenant Wimpffen amenait au pas de course. « Ce ne fut qu'après une longue lutte h la baïonn(»tle, après un combat corps à corps dans lei[uel le village fut plusieurs fois pris et repris que les Autrichiens réussirent à arracher Saint-Georges aux Français *.

Bien que la brigade Ordonneau eût réussi à se maintenir jus(iue-là à Lavé et à Longsard, bien que le mouvement tournant de la brigade Soldenhofen (de la division du prince de Wied)eût été retardé par les difficultés que le terrain accidenté et le mauvais état des routes opposèrent à la marche de son artillerie, le maréchal Augereau s'était rendu compte du danger qui menaçait sa gauche. La perte du village de Saint-Georges le décida îi commencer la retraite sur Villetranche et à prescrire à Ordonneau de disputer le terrain pied à pied. Il espérait arriver de la sorte à donner à la droite et au centre la possibilité de battre en retraite, h la cavalerie le temps de venir prendre position en arrière de Saint-Georges et de couvrir le mouvement rétrograde de Tinfiinterie de Paimetier. Mais avant que ce général eût eu le temps de

* Historique du régiment d'inrantcrie Hesse-Hombourg (Oesterrcichische militfiriiche Zeiltchrift, 1845, 11. 209). et Historique du régiment dMnfantcrie autricliicuuc n^ 48 (eu 1814, r(^gi ment baron Simîischen) (Ibid., 1845, 1).

reformep ses réginienls, un escadron de dragons de Wiirzsburg, débouchant h l'improvisle de Saint-Georges, se jeta avec impétuosité sur les hussards, les culbuta et, soutenu par trois autres escadrons du régiment, les poursuivit vivement et les rejeta jusque sur Tinfanterie dans les rangs de laquelle ils portèrent le désordre. Le feld-maréchal lieutenant Lederer, prenant îi ce moment le commandement de l'avant-garde des deux colonnes autrichiennes qui venaient de se réunir, essaya en môme temps de couper la retraite aux troupes françaises du centre et de la droite et d'arriver avant elles à la sortie du défilé de Saint- Georges.

Heureusement pour Augereau, la brigade Ordonneau, ])lacéc Il sa gauche, avait continué à faire bonne contenance. Se retirant pied t\ pied et en bon ordre, elle arrêta par ses feux la cavalerie autrichienne, l'obligea à ralentir sa poursuite et parvint à couvrir la retraite du maréchal sur Villefranche.

La deuxième brigade du prince de Wied (brigade Soldenhofen) n'atteignit Les Rues que juste à temps pour envoyer quelques coups de canon à Tarriôre-garde française. Trop éloigné encore pour pouvoir prendre part à la poursuite, sachant qu'une partie des troupes françaises, après avoir traversé Villefranche, avait pris position sur les hauteurs de Limas, le prince de Wied vint s'établir à Ouilly et y opéra, h 3 heures de l'après-midi, sa jonction avec le gros de la colonne de Blanchi qui prit aussitôt les mesures nécessaires pour débusquer les Français de Limas. Mais Augereau ne s'y était arrêté que le temps nécessaire pour remettre un peu d'ordre dans ses régiments et avait continué ensuite sa marche sur Limonest.

Le combat de Saint-Georges avait coûté cher à l'armée autrichienne du Sud dont les pertes s'élevaient à 23 officiers et 1386 hommes hors de combat*.

i Starke, Einthcilung und Tagesbegebcnheiten der Haupt-Armeo im Monale Màrz. (K. K. Krieg$ Archiv., IH, 1.) — Piincn héritier de Hesse-Hombourg, relation des combats livrés pendant la marche de Tarmée du Sud sur Lyon, {[bid., III, 312.) — Relation du combat livré le 18 mars 1814 par la 2« colonne (colonne de gauche de larmée du Sud). {Ibid., III, 373.) — Historique du régiment de dragons autrichiens n^ 4 (en 1814. dragons de Wiirzhur g. ) {Oesterrichitclie miUlârisclu: ZeiUchrifl, 1838, l, 312-316). — Historique du régiment d'infanterie autrichienne Hessc-Uombourg. (Ibid., 1845, II,

Well. — IV. 25

Position de Tarmée du Sud le 18 mars au soir. — Le 18 au

soir l'armée aulrichienne du Sud occupa les positions suivantes: Tavant-garde de Scheither (!'• colonne) s'arrêta à LaChassagnc; la division du prince de Wied à Pommiers et le reste du I"*" corps à Limas. L'avant-garde de la deuxième colonne passa l'Azergues cl poussa jusqu'à Ambérieux, et le gros de la colonne bivouaqua à hauteur d'Anse. Le corps du prince Philippe de Hesse-Honibourg, arrivé sur le champ de bataille au moment où l'action prenait tin, vint à Villefranchc où le commandant de l'armée du Sud établit son quartier général.

Sur la rive gauche de la Saône, Ignace Hardegg était venu, de Marlieux et de Chalamont, s'établir à Meximieux * et avait poussé quelques partis sur Montluel et Miribel.

Le prince de Cobourg s'était de nouveau rapproché de la rive gauche de la Saône et s'était avancé de Saint-Trivier-sur-Moignans à Frans. Pendant qu'il exécutait cette marche, le lieutenant-colonel comte Thurn. qui flanquait son mouvement et observait depuis la veille la Saône de Guercins jusqu'à Montmerle, avait repoussé un détachement français qui essayait de passer la Saône en aval de Montmerle et l'avait obligé à se rembarquer et à regagner la rive droite de la rivière*.

Du côté de Genève, Bubna, avait fait partir une colonne chargée d'enlever le fort de TEcIuse.

Affaires contre les paysans armés. — Le soulèvement national continuait à s'étendre dans les départements de TAin et du Jura malgré la retraite et le départ des troupes françaises. Les gardes nationaux du canton de Belley et de la vallée de Saint-Uamberl eurent, pendant la journée du 18 mars, une série d'engagements assez vifs avec la cavalerie autrichienne. Entre Kanlua et Saint-Claude une grosse colonne autrichienne, se

20'i.) — Historique du régiment d'infanterie autrichienne n^ 48 (en 1814, régiment baron Simbschen). (Ibid., 1845. l.) — Augercau au Ministre de la guerri', Linuuicst, 19 mars, matin. (Arcliivet de la guerre.)

* Stakke, Kinthcilung und Tagcsbegebenheitcn der Ilaupt-Armce im Monate Miirz. (A'. A'. Krieijs ArclUv.f 111, 1.)

s Historique du régiment de hus.s;irds autrichicn>« n° 3 Archiduc Ferdinand. (Oeiterreichische miUlUrisclie Zeituhrifti l84o, IV, 317.)

portant sur Saint-Claude par La Cluse, avait été attaquée par 400 paysans armés à Maillât et avait incendié le village V

19 mars. ^ Mouvements des corps du prince héritier de Hesse-Hombourg. — Le prince héritier do Hesse-Hombourg, décidé h attaquer Augeroau le 20 mars, si celui-ci persistait h rester h Limonest et à tenter encore une fois le sort des armes avant de se résigner à lui abandonner Lyon, profita de la journée du 19 mars pour rapprocher ses corps des points occupés par les Français et pour les établir h proximité des positions qu'ils étaient chargés d'attaquer. La colonne de Wimpffen se porta droit devant elle d'Ambérieux sur Les Chores et fit occuper par ses avant-postes une ligne qui, s*étendant sur la rive droite de TAzergues à gauche depuis Poleyraieux et passant par Lissieu, appuyait sa droite î\ ce cours d'eau à peu de distance de Lozane. Le I*»" corps avait poussé en même temps de La Chassagne vers TAzergues, s'était assuré du pont de Dorieu et avait établi ses camps sur la rive gauche de cette rivière, sur les hauteurs entre Saint-Jean-des-Vignes et Lozane. L'avant-garde el les troupes légères du I»' corps passèrent sur la rive droite de TAzergues, dont la division Wied-Runkel gardait tous les passages, et vinrent occuper Dommartin. Une colonne volante, exclusivement composée de cavalerie, couvrait l'extrême droite et se tenait h la Tour-de-Salvagny. Le corps du prince Philippe de Hesse-Hombourg resta à Villefranche, h l'exception de la brigade Moser qu'on envoya h Anse*.

Augereau modifie la position de ses divisions. — Les

mouvements exécutés par les Autrichiens, et qu'on avait aisément pu suivre des hauteurs de Limonest, ne laissaient plus

^ Prince héritier do Hesse-Hombourg, relation des combats livrés par Tarméo da Sad pendant sa marche sur Lyon {K. K, Kfiegs Arehiv,, Ul, 312); Starke, Eintheilnng und Tagcsbegebenheiten der Hanpt-Armee im Monate Mari (Ibid., III, 1), et général Marchand au Ministre de la guerre, Frangy, 20 mars (Archives de la guerre), u 1500 Autrichiens et 650 cavaliers se rendant de Nantna par La Cluse à Saint-Claude, avaient été arrêtés «\ Maillât par 400 paysans. Us brûlèrent le village pour se venger de la résistance qu'ils avaient rencontrée. »

* Starke, Einthcilung und Tagesbegebenheiten der Haupt-Armee im Monate Màrz. (K, K. Kriegs AreMv., UI, I.)

aucun doute sur les projets du prince héritier de Hesse-Hombourg. Le sort de Lyon dépendait d'une bataille. Afin d'essayer de sauver la ville, Augereau se décida à accepter la lutte malgré la très grande infériorité de ses forces. En raison niéme des préparatifs de son adversaire, il modifia dans la journée du 19 la répartition de ses troupes sur la position de Liraonest.

Craignant de voir les Aulrichiens renouveler la manœuvre qu'ils avaient essayée à Saint-Georges et déborder sa gauche en se servant de la route de L'Arbresle, reconnaissant d'ailleurs que son adversaire se garderait bien de diriger son attaque principale par la grande roule de Màcon et n'essayerait pas d'emporter de îiaule lutte la série d'escarpements qui aboutissent à la position de Limonest, il ne laissa entre la Saône et la grande route, sur les hauteurs qui dominent Couzon au Mont-d'Or, Saint-Romainde-Couzon, Limonest et Saint-Fortunas, que la division Musnier. La brigade Pouchelon (de la division Pannetier) vint s'établir avec le ¥ régiment de hussards et le 13^^ régiment de cuirassiers sur le plateau qui court dans la direction du sud du village de Limonest vers Dardilly qu'il fit occuper par la brigade Estève, chargée d'enlever, dès le 20 au matin, La Tour-de-Salvagny *. Afin de tenir en échec les Autrichiens qui auraient essayé de de déboucher j)ar La Tour-de-Salvagny, le général Digeon, avec le 12' hussards, forma la réserve et prit position en avant de Grange-Blanche où le général Beurmann, arrivé de Catalogne h Lyon dans la nuit du 19 au 20, devait le rejoindre dans la matinée du 20 mars*.

Positions et mouvements des troupes autrichiennes sur la rive gauche de la Saône. — Sur la rive gauche de la Saône Ignace Hardegg n'avait pas bougé de Meximieux; mais son avant-garde avait pris au delà de Moniluel le contact avec les postes du général Bardet qu'il avait ordre d'attaquer le lende-

* Augereau avait eu un moment l'intenlion de détacher un bataillon d'iiifanteric et 100 chevaux et de les envoyer à La Toiir-de-Salvagny. — Voir Auircreau au général Digeon, Limonest, iO mars (Archives de la guerre), cl Augereau au général Pannetier (Ibid.).

' Augereau aux généraux Musnier, Pannetier, Digeon et Beurmann, Limonest, 19 mars. (Archives de la guerre,)

main*. Le gros des troupes de Bardet était en position à Miribel. Deux bataillons, détachés par le général h Caluire, étiiient chargés de contenir la colonne du prince de Cobourg qui marchait le long de la Saône par la route de Trévoux*.

Bombardement du fort de L'Écluse. — Affaires contre les paysans armés du côté de Nantua. — Sorti de Genève le 18 mars, le général Klebeisberg avait sommé le commandant du fort de L'Écluse, occupé seulement par une centaine crhommes, de lui livrer la place et répondu à son refus en le bombardant sans succès pendant trois heures. Après avoir épuisé ses munilions, Klebeisberg reprit la roule de Genève; mais pendant sa retraite, il ne cessa d'être harcelé par les paysans armés qui le reconduisirent vivement jusqu'au ddh du Pérou, lui enlevèrent et lui mirent hors de combat une centaine d'hommes '.

La colonne autrichienne du capitaine Scliell, envoyée de Bourg par Nantua sur Chc1tillon-de-Michaille et Seyssel, avait été encore plus maltraitée. Arrêtée h chaque pas par les paysans armés, elle n'avait pu passer par les défilés, et le comte Hardegg avait dû envoyer h Ambérieux une colonne volante, composée d'un régiment d'infanterie et de deux canons sous les ordres du colonel Leiningen, pour châtier les habitants et déblayer la route de Nantua.

20 mars. — Disposition du prince héritier de Hesse- Hombourg. — Le 19 au soir, le prince héritier de Hesse- Hombourg envoya la disposition suivante aux commandants de ses deux colonnes et de sa réser\^e :

« Le !«' corps d'armée commencera son mouvement le 20 mars, h 6 heures du matin, et se portera, par Dorieu et Domraartin, contre l'aile gauche ennemie en position sur les hauteurs de Dardilly.

A St'ârkb, Einthcilang und Tagesbcgebenheiten der Haupt-Armco im Monato Marz. (A'. A'. Kriegs Arehiv., III, I.)

' Aiigeroau au Ministre, rapport sur la bataiUe de Limonest, Vienne, 31 mars. (Archives de la guerre.)

' Starke, Eiutheilung und Tagesbegebenheiten der Ilaupt-Ârmee im Monatc MUrz (K. K. Kriegs Archiv,, III, i), et Marcband au Ministre, Frangy, 19 mars, soir (Archives de la guerre).

« La deuxième colonne (colonne de gauche) se rassemblera, h

7 heures, h Montluisan, marchera par la grande route et attaquera de front la position de Limonest.

« La colonne du prince Philippe de Hesse-Hombourg se formera b hi même heure aux Échelles (aux Chères) et suivra le mouvement de la colonne du feld-maréchal lieutenant Wimpffen* .»

Bataille de Limonest. — Afin de perdre le moins de temps possible au passage de TAzergues, Blanchi forma ses troupes on deux colonnes qui franchirent ce cours d'eau à Lozane et h Dorieu H se réunirent h Dommarlin. Arrivé sur ce point, il poussa successivement chacune de ses brigades vers sa droite de façon à s'étendre jusqu'à la route de L'Arbresle à Lyon. Vers midi, Tavant-garde du I*"" corps occupait La ïour-de-Salvagny et un peu avant une heure, dès que le l^^ corps eut achevé son déploiement en avant de ce village, Blanchi donna Tordre d'attaquer le plateau de Dardilly.

Malgré les difficultés du terrain et la raideur des pentes, le prince de Wied, ti la tête des régiments d'infanterie Albert Gyulay et Reuss-Plauen et de deux bataillons des régiments d'infanterie Hilhîr et Colloredo, parvint à déboucher sur le plateau et obligea la brigade Estôve à lui abandonner Dardilly et h se replier vers la gauche où ce général conjptait opérer sa jonction avec les troupes des généraux Digeon et Beurmann.

Maître de la clef même de la position, dont les mouvements do Winipffen lui avaient facilité la prise, Blanchi se hâta de faire avancer son artillerie et d'établir sur le plateau une batterie de

8 pièces dont le tir devait lui permettre de tirer parti de ses jiremiers avantages et de déborder la gauche française.

A la gauche des lignes autrichiennes, le feld-maréchal lieutenant Wimpffen avait reconnu qu'il risquait de perdre trop de temps et trop de monde en essayant d'enlever Limonest par une attaque de front. Tout en continuant sa marche, ralentie forcément parla configuration du terrain et le mauvais état des chemins et des sentiers, il avait chargé le général-major Mumb de suivre la ligne

* Prince liéritior de Hcsse-Hombourg, Villefranche, iO mars, soir. Disposition pour la journée du 20 mars.

de faîte à partir de Ghassolay, do se diriger vers les hauteurs qui dominent Couzon au Mont-Doro, Saint-Romain-de-Couzon et Salagon, d'en chasser les postes français, de tourner ainsi rexlrc^me droite des lignes françaises et de menacer les derrières de la position de Limonest contre laquelle il se l)orna à exécuter de fausses attaques. Vers une heure, la colonne du général Mumb avait accompli la mission difficile dont Wimpflen Tavait chargée et le général Musnier, se voyant menacé ii la fois sur sa gauche par Tarlillerie de Blanchi qui venait de prendre position h Dardilly, sur sa droite par Tapparition de la brigade Mumb, n'essaya même pas de déloger les Autrichiens des hauteurs et commença, sous le feu de la batterie de Dardilly, sa retraite sur Vaise. Wimpffen, accélérant sa marche, s'établit aussitôt à Limonest et h Saint-Fortunas et se relia h droite, par la colonne volante du lieutenant-colonel Nageldinger, avec Blanchi qui venait de donner au l'î'" corps d'armée l'ordre de déboucher de Dardilly et do pousser vigoureusement en avant.

Mais dans l'intervalle, le général Digeon, rejoint par les 2,000 hommes d'infanterie et les 6 pièces du général Beurmann, ignorant ce qui s'était passé h Dardilly et h Limonest, mais renseigné par sa cavalerie sur les mouvements de Blanchi, avait donné au général Beurmann l'ordre de se porter avec trois de ses bataillons, 300 chevaux et 4 canons, sur La Tour-de-Salvagny. L'apparition imprévue de cette colonne sur la route de L'Arbresle, h hauteur de Dardilly, obligea Blanchi h renoncer au niouvement qu'il se préparait à exécuter eih donner îi la division du prince de Wicd-Runkel Tordre d'arrêter les progrès du général Beurmann. Ce changement de direction dans la marche des colonnes du I®' corps facilita singulièrement la retraite de la division Musnier. Bien que le mouvement de la division Wied- Runkel eut suffi pour lui prouver que les Autrichiens étaient maîtres du plateau de Dardilly, le général Beurmann n'hésita pas néanmoins h s'engager et ne se décida à se retirer sur La Grange- Blanche en disputant le terrain pied à pied que lorsque la colonne du lieutenant-colonel Nageldinger fut sur le point de déborder sa droite et de gagner avant lui la croisée des routes de Roanne et de Clermonl. Le général Digeon avait d'ailleurs reconnu l'importance de cette position. Décidé îi y tenir jusqu'à la dernière extrémité, il avait confie la défense de ce point à l'adjudant-

commandant Ricard, établi deux bataillons sur la hauteur située au nord de la route de UArbresle, deux autres sur celle qui s*élève îi la croisée même des deux routes et gardé le 12® hussards en réserve près de la demi-lune. Grâce à ces intelligentes dispositions, les troupes des généraux Beurmann et Digeon déjouèrent, jusqu'à 5 heures de Taprès-midi, toutes les tentatives faites uar la division Wied-Runkel.

Mais, malgré la diversion si heureusement exécutée par le général Beurmann, Blanchi et Wimpflen avaient continué leur mouvement, le premier en obliquant à gauche à partir de Dardilly, l'autre en se déployant et en se portant en avant vers l'extrémité sud des hauteurs de Limonest et de Saint-Didier.

A 3 heures, le duc de Castiglione, revenant de Lyon où il avait cru devoir se rendre pour conférer avec les autorités, trouva les divisions Musnier et Pannetier en pleine retraite et à peu de distance des portes de la ville. « Je me portai, écrit le maréchal Augereau au Ministre, sur ce point où tout était en désordre et je fis des dispositions, hélas! trop tardives. » Retrouvant pour un moment son ancienne énergie, le maréchal rallie à la hûte les régiments débandés de ces deux généraux et les lance à la baïonnette contre les positions de La Duchère et des Roches- Cardon. Une de ces colonnes d'infanterie arrête les progrès de Wimpften, crève une partie de ses lignes et cerne un de ses bataillons qui n'est dégagé qu'à grand' peine par une charge des dragons de Wûrzburg. Mais l'intervention de la cavalerie a donné h Wimpflen le temps de reformer son infanterie et de rétablir le combat, qui se prolonge jusqu'à la nuit.

Au sud de La Duchère, Digeon et Beurmann, renforcés par le 13<» régiment de cuirassiers et une demi-batterie, continuaient à tenir bon malgré les dangers que faisait courir à leur droite le mouvement du prince de Wied-Runkel qui, débordant leur droite par ÉcuUy, cherchait à se relier du côté de La Duchère aux colonnes de Blanchi et de Wimpflen. La position de Beurmann et de Digeon s'aggravait à tout instant. Leur artillerie et leur infanterie n'avaient plus ni munitions ni cartouches, et le prince de Wied, dont la gauche communiquait maintenant par Écully avec Blanchi, se prolongeait de plus en plus sur leur flanc droit, tandis que Textrôme droite du prince, gagnant du terrain vers le sud dans la direction de la hauteur de La Campagne, se

préparait à les envelopper. La nuit commençait h tomber. Il fallait à tout prix se dégager et arrêter les Autrichiens qui venaient de pousser en avant deux de leurs batteries et de leur faire prendre position h La Grange-Blanr,he. Pendant que trois escadrons du i 2« hussards culbutaient sur la route de Clermont les bataillons du régiment d'infanterie Hiller, qui s*y étaient déployés en tirailleurs, deux escadrons du 13» régiment de cuirassiers se jetaient îi droite sur une des deux batteries autrichiennes. Débouchant h rimproviste d*un pli de terrain, les cuirassiers taillèrent en pièces les soutiens de cette batterie et sabrèrent les canonniers sur leurs pièces. Leur apparition avait été si soudaine, si imprévue, qu'ils auraient réussi à ramener ces pièces si le colonel baron von Hammerstein, réunissant à la hâte quelques pelotons de hussards de la légion allemande et un escadron des hussards de TEmpereur, ne s'était précipité sur eux et ne les avait contraints à se replier sur leur infanterie. Ces deux charges, le retour offensif d'Augereau sur La Duchère et Les Roches- Cardon, la résistance acharnée de Digeon et de Beurmann, empêchèrent (les Tagesbegebenheiten sont obligées de le reconnaître) le prince héritier de Hesse-Hombourg de s'emparer le jour même de Lyon.

Quelques troupes légères poussèrent seules jusqu'à Vaise. Le gros de l'armée du Sud bivouaqua au pied des hauteurs depuis La Duchère et ÉcuUy jusqu'à Tassin.

La bataille de Limonest avait d'ailleurs coûté pas mal de monde aux troupes autrichiennes dont les pertes s'élevèrent pour la seule journée du 20 mars à 1432 hommes *.

Opérations du comte Ignace Hardegg et du prince de Cobourg. — Sur la rive gauche de la Saône le comte Ignace Hardegg, qui s'était porté de Meximieux sur Miribel qu'oc-

i Starke, Eintheilang und Tagesbegebenheiten der Haupt-Ârmec im Monate Marz. (K. K. Kriegg Arehiv., III, 1.) — Prince héritier de Hesse-Hombourg, relation des combats livrés pendant la marche do 1 armée du Sud sur Lyon. (Ibid., III, 312.) — Helation des combats livrés par la 2« colonne de l'armée du Sud les 18 et 20 mars. (Ibid., III. 373.) — Historique du régiment de dragons autrichiens, n^ 4 (en 1814, régiment de Wùrzburg) {OeiterreickUche militàrische Zeilschrift, 1838, 312-316). — Episodes du combat de Limonest (Ibid., 1845, IV, 75), et Rapport d'Augereau au Ministre de la guerre sur le combat de Limonest, Vienne, 21 mars. {Archives de la guerre,)

cupait encore la brigade Bardet, ne jugea pas nécessaire de s'engager contre elle et se borna h l'amuser par des démonstrations. Le feld-maréchal lieutenant pensait, en effet, que le général français abandonnerait sa position dès qu'il se saurait menacé sur ses derrières par la colonne du général-major prince de Cobourg, qui avait couché à Neuville-rArchevôque (Neuvillesur-Saône) et avait reçu de Hardegg Tordre de longer la rive gauche de la Saône et de déloger le parti français de Caluire. Mais cette opération ne produisit pas les résultats espérés par Hardegg. Le général I^rdet avait eu le soin de renforcer le poste de Caluire de deux bataillons qui ramenèrent le prince de Cobourg sur la route de Neuville avec tant de vivacité qu'il devint nécessaire de le faire dégager par un bataillon du régiment du banat allemand et deux escadrons de hussards de Hessc-Hombourg. Ces renforts, débouchant sur le flanc droit des bataillons français, les obligèrent à s'arrêter ^ Le général Bardct évacua toutefois Miribel et Caluire à la nuit et se replia sur Lyon.

Le colonel Simony passe le Rhône à la nage avec les hussards de Hesse-Hombourg. — Le feld-maréchal lieutenant Hardegg occupa Miribel après le départ de Bardet et, se conformant aux ordres du commandant en chef de l'armée du Sud qui lui avait prescrit de s'attacher aux talons des Français lorsqu'ils quitteraient Lyon, il réussit h jeter sur la rive gauche du Rhône quelques escadrons de hussards de Hessc-Hombourg qui, conduits par le colonel Simony, passèrent le fleuve à la nage en amont de Miribel, poussèrent dans la nuit jusqu'au delà de Meyzieu et s'engagèrent sur les routes de Lyon h Grenoble et Chambéry*.

L'armée d'Augereau évacue Lyon dans la nuit du 20 au 21 mars et se replie sur Vienne. — Rentré à Lyon, afin de savoir si la ville était disposée h se défendre, le maréchal avait,

* Starke» EintheUung und Tagesbegebcnheiter dcr Haupt-Ârmco im Monate Màrz. {K, K, Kriegs Arehiv,, U\, 1.)

^ s StXrke, Eintheilung und Tagesl)egoI)eiiheiten dcr Ilaapt-Anncc im Monato Màrz (A'. K. Kriegs Arehiv., IH. i), et prince héritier de Ilessc-IIomliourg, relation des combats 1ivn>s par Tarmêe du Sud pendant sa marrhc sur Lyon (Ibid,, 111, :H2).

sans perdre une minute, convoqué un conseil composé du sénateur Chaptal, du comte de Bondy, préfet du Rhône, et du maire. La déclaration du maire qui le supplia d'épargner à ta population les calamités inévitables d'une résistance, d'ailleurs inutile, le manque d'armes à distribuer h la garde nationale, la pénurie des vivres, Timpossibililé de résister avec 10,000 hommes de troupes battues et découragées h une armée de plus do 40,000 hommes, maîtresse des hauteurs et du confluent du Rhône et de la Saône, décidèrent Âugorcau, qui ne voulait pas se laisser enfermer, à donner le soir même Tordre d'évacuer Lvon pour se replier par la rive gauche du Rhône sur la ligne de Tlsôre, afin de « pouvoir se porter, ou sur Genève par la Savoie, ou sur Le Pont-Saint-Esprit * ».

A minuit, les bagages et Tartillerie traversèrent Lyon et s'engagèrent sur la route de Vienne, suivis par les divisions Pannetier et Musnier, derrière lesquelles venaient l'infanterie du général Beurmann et la cavalerie du général Digeon. La division du général Bardct forma Tarrière-garde et commença son mouvement t^ une heure du matin. A 4 heures du matin, les dernières troupes françaises avaient quitté Lyon *.

21 mars. — Occupation de Lyon par l'armée autrichienne du Sud. — Positions des corps autrichiens. — Dès 3 heures du matin, le prince héritier de Hesse-Hombourg, qui s'était installé pour la nuit h la maison du Puits-d'Or, était prévenu par ses avant-poslos du départ des postes français qui s'étaient tenus jusque-lîi du côté de La Campagne ainsi que de la retraite d*Augereau, et adressait au généralissime la dépêche suivante : « L'ennemi qui s'était replié d'abord sur les hîiuteurs en avant de Lyon, a évacué cette ville pendant la nuit. Je le fais poursuivre '. »

Quelques heures plus tard les magistrats de Lyon apportaient au prince les clefs d*or de la ville que Ton envoya h l'empereur d'Autriche. Vers midi, l'armée du Sud entrait h Lvon.

* Augcreaii au Ministre, Vienne, 2i mars. (Archives de la guerre.) s Aagereau. Lyon. Ordres de mouvement, 20 mars, soir. (Ibid,)

* Prince héritier de Hesse-IIombourg au prince de Sohwarzenberg, Maison du Pniti-d'Or, 21 mars, 3 heures du matin. (K. K, Kriegs Archiv., III, 384.)

Mais, au lieu de pousser vivement Augereau, de tirer parti d'avantages qu'il devait en grande partie aux fautes et aux lenteurs de son adversaire, d'achever l'anéantissement et la dispersion des troupes françaises en ne leur laissant ni trêve ni répit, le prince héritier de Hesse-Hom bourg se contenta d'envoyer sur la rivo gauche du Rhùne la division du feld-maréchal lieutenant Lederer, qui s'arrêta h Saint-Symphorien-d'Ozon, à mi-chemin entre Lyon et Vienne. Le corps du prince Philippe de Hesse- Hombourg, les divisions Ignace Hardegget Wimpften occupèrent Lyon, à l'exception de l'avant-garde de cetie dernière qui prit position en avant de La Guillotière.

Le prince de Cobourg resta à Caluire.

Deux des divisions do l'armée du Sud demeurèrent sur la rive droite de la Saône, l'ancienne division de Blanchi entre ÉcuUy et Tassin et celle du prince de Wied-Runkel h Francheville. Pour se faire pardonner ce temps d'arrêt inexplicable, le commandant do Tarmée du Sud informait Schwarzenberg « que Tennemi se repliait vivement sur Vienne, qu'il porterait le comte Hardegg sur Chambéry par la route de Bourgoin et qu'il avait fait partir immédiatement des renforts dans la direction de Nantua, afin de dégager le comte Bubna et de se mettre en communication avec lui* ».

Derniers mouvements offensifs de Marchand devant Genève. — Cette dernière précaution était assurément superflue : il était, en effet, aisé de prévoir que l'évacuation de Lyon aurait forcément pour corollaire la retraite du général Marchand. Suppléant Il la faiblesse de ses troupes par une infatigable activité, ce général, afin de stimuler et de soutenir le soulèvement national dans le pays de Gex, avait envoyé dans la journée du 21 une petite colonne partie du fort de L'Écluse, d'abord jusqu'à Farges, puis jusqu'à Saint-Jcan-de-Gonville. Mais 36 heures plus tard Marchand, informé des événements de Lyon, était lui aussi obligé de songer à la retraite *.

* Prince hi^ritier de nP8se-IIoinl)Ourg au prince de Schwarzenberg, Lyon, %{ mars {K. K. Kriegt Archiv., III, 385); prince héritier de Ilesse-Hombourg, relation des combats livrés par l'armée du Sud pendant sa marche sur Lyon (/6id., III. 3iî) ; Stârke, Kintheilung und Tagesbegebcnheitender Haupt- Armec im Monatc Miirz {Ibid., 111, 1).

* Le SI mars, à 0 heures du soir, le comte de Saint- Vallier, écrivant de

Positions de Tarmée d'Augereau le 21 mars au soir. — Ordres de mouvement pour le 22 mars. — Le 21 mars au soir, les troupes d*Augoreau occupaient les positions suivantes : les divisions Musnicr et Pannetier, couvertes par 1iî4« hussards posté au hameau des Pins, au nord de Vienne, h peu de distance de la route de Saint-Symphorien-d'Ozon ; Tinfanterie venant de Catalogne et le 13® cuirassiers h Vienne; la division Bardet et le 12« hussards au sud de Vienne, sur la route de Valence, dans les environs d'Auberive ; la brigade de gardes nationales, les gardes d'honneur et les gendarmes étaient en marche sur Le Péage-dc- Koussillon.

Le lendemain, la division Bardet et le 12' hussards devaient aller d'Auberive h Saint-Rambertd'Albon et îi Saint-Vallier ; la division Musnierau Péage-de-Roussillon avec le quartier général; la division Pannetier h Aubcrive ; hi brigade de gardes nationales du général Rémond à Tain. Le général Digeon, formant l'arrièregarde avec la division de Catalogne, le i^ hussards et le 13' cuirassiers, restait en position ù Vienne *.

Considérations sur les manœuvres et les lenteurs d'Augereau. — Avant de suivre le duc de Castiglione dans sa retraite sur Valence, il est indispensable d'insister sur un fait essentiel. Au moment où Augereau évacuait Lyon, l'Empereur, comptant sur la coopération de l'armée de Lyon, attachant une importance capitale à Teffet de la diversion qu'elle devait opérer sur les derrières et la gauche de la grande armée alliée, s'impatientait et s'inquiétait du silence du maréchal. Sans nouvelles de Tarmée de Lyon depuis la réception de la dépêche du 12, de Villefranche, dans laquelle le duc de Castiglione annonçait qu'après avoir poussé jusqu'aux faubourgs de Mâcon, le général Musnier avait dû revenir îi Saint-Georges, mais qu'il comptait reprendre le

Grenoble à Marchand poar lui confirmer la retraite do l'armée sar Vienne, l'informait do la présence sur ce point d'Augerean, da cardinal Fcsch, de Chaptal, du comte de Bondy, et ajoutait : « Qu'allez-voas faire dans ces circonstances ? S'il m*est permis de vous donner mon opinion, je vous conseillerai de venir en personne à Grenoble, d'amener quelques troupes pour couvrir Grenoble du côté de Lyon. Vous pourrez passer par Saint-Genix et Les Echelles pour toucher sur Bourgoin, pendant que le général Dcssaix se retirerait par Ghambéry. » (Archives de la guerre.)

* Augereau, Ordre de mouvement poar le Si, Vienne, SI mars. (Ibid.)

lendemain son mouvement offensif, Clarke ' avait cru nécessaire de rappeler une fois de plus au maréchal les volontés de F Empereur et dinsisler à nouveau sur Tutililé el l'importance d'une diversion qu'Augereau était depuis longtemps déjà dans Timpossibililé d'entreprendre.

Le maréchal n'ayant pas jugé opportun de donner signe de vie pendant la période comprise entre le 12 et le 18 mars, ni Clarke ni l'Empereur n'avaient donc la moindre idée de la tournure prise par les affaires sur la Saône. Les lenteurs et les fautes du duc de Castiglione avaient privé l'Empereur du point d'appui sur lequel il comptait pour opérer avec plus de chances de succ^s sur les lignes d'opérations de la grande armée. Le silence d'Augercau, en partie motivé par ses échecs, allait amener des catastrophes, et Ton peut, non sans raison, prétendre que l'Empereur aurait vraisemblablement renoncé à livrer la bataille d'Arcis et à se diriger ensuite sur Vitry et Saint-Dizier, si Augereau l'avait tenu au courant des échecs essuyés par son armée. Dans ces conditions, il est assez naturel que le Ministre de la guerre ait pris en sérieuse considération la lettre anonyme, partie de Lyon le 19 mars, lettre qu'il reçut au plus tard le 22 ou le 23, puisque la note rédigée h ce propos par Dupont de Vieusseux fut, comme nous l'avons dit pins haut, présentée à Clarke le 24. On comprendra également qu'en raison des circonstances, il ait donné Tordre d'établir d'urgence un rapport résumant la conduite du maréchal.

' (( Jo suis saus noavoUes de vous depuis lo 12, écrivait Clarke à Augereau le 21 mars, et je suis peiné de n'avoir aucun compte à rendre à Sa Majesté de la suite des importantes opérations dont vous êtes chargé. L'Empereur en espère de grands résultats et doit éprouver à cet égard une très juste impatience... » Et le Ministre après avoir en quelques lignes exposé à Augereau les mouvements de l'Empereur sur Méry, la marche dAUix et de Souham sur la gauche de la Grande Armée, après lui avoir annoncé l'entrée d'AUix à Sens, ajoutait : u Une bonne et forte diversion de votre part viendrait fort à propos, et jo ne saurais assez vous rappeler qu'elle doit avoir une influence décisive sur les opérations de la Grande Armée. Sa Majesté en est persuadée et se repose avec confîance sur votre zèle, votre dévouement et votre activité pour la seconder convenablement... Sa Majesté vous a lais.sé le choix des di.xpositions et je me suis abstenu de vous donner aucune instruction relative à vos mouvements Mais tous les moments sont précieux : le moindre retard peut avoir

des suites incalculables et les pins justes combinaisons resteraient sans résultat si elles n'étiiient exécutées avec toute la célérité, Tactivité et Ténergie que les circonstances exigent impérieusement de vous. » {Archives de la guerre,)

Ce rapport, qu'il trouva trop violent dans la forme pour l'envoyer îi l'Empereur, fut annulé, mais nous le reproduisons textuellement, parce qu'il contient, sous une forme concise, Texposé, la critique et la condamnation de toutes les fautes commises par le duc de Casliglione, depuis le commencement de ses opérations jusqu'à l'évacuation de Lyon, jusqu'à la retraite sur Valence, jusqu'aux mouvements exécutés sur son ordre le 21 mars * :

« J'ai eu l'honneur de faire remettre à Votre Majesté une lettre

du duc de Castiglione, en date du 18 mars Sans entrer dans

Texamen approfondi des dispositions, on appelle Tattention de Sa Majesté sur les lenteurs avec lesquelles le Maréchal a agi dans le principe, malgré des ordres pressants et réitérés. Ordre du 12 février de commencer de suite les opérations, renouvelé le 13. Le 16 février, on lui écrit qu'il n'y a pas un moment à perdre. Le 20, nouvel ordre de sortir de Lyon et de marcher à l'ennemi, réitéré le 21. Le 22, on lui donne l'ordre formel de sortir de Lyon douze heures après la réception de la lettre. Les 23, 26 et 28 février, on renouvelle les ordres, on l'engage à mettre dans leur exécution le zèle, l'activité et l'énergie que les circonstances rendaient si nécessaires. Après avoir reçu 8 dépêches consécutives, le Maréchal prend enfin le parti de bouger et, le 2 mars, de Lons-le-Saunier, il rend compte des opérations commencées le 28 février.

<c Voilà donc un retard de 15 jours pendant lesquels on a fait sur les deux rives de la Saône quelques mouvements insignifiants qui ont donné Téveil à l'ennemi et l'ont décidé à envoyer Blanchi sur Chalon. Le Maréchal se croit alors forcé de rappeler les

* Rapport (non envoyé) à Sa Majesté sar les manœuvres et les lenteurs d'Augereau, Paris, S5 mars. (Archives de la guerre.)

11 résulte de la comparaison entre cette pièce et la dépêche du Ministre à Augereau, en date du Si mars, ainsi que de la correspondance môme d'Au* gercau, que le maréchal jugea inutile de rendre le moindre compte de ses opérations pendant la période si pleine de graves événements qui s'écoula du 12 au 18 mars. Clarke, ne voulant pas transmettre ce rapport qu'il trouva trop violent, ordonna à Dupont de Vieusseux d'en modifier la forme. Il adressa cette pièce le S 6 mars à l'Empereur et fit partir le 27 mars le colonel Balthazar pour l'armée de Lyon. Les événements ne permirent plus à Napoléon de prendre à l'égard d*Angereau des mesures qui auraient été d'ailleurs trop tardives et n'auraient pu rétablir une situation désespérée.

troupes en marche sur Genève et de revenir sur Lyon. Dans sa lettre du 9 mars, il explique qu'il s'est décidé à repasser par Lyon pour prendre Tennemi à revers, pendant que le général Bardet fera une fausse attaque sur Mâcon. Mais, à partir de ce moment, il n'est plus question de l'attaque de Mâcon. L'ennemi reste maître de cette ville et du pont sur la Saône. Il tient i'armée française divisée et peut agir à son gré, sur la rive qui lui convient le mieux, tandis que le Maréchal est obligé de passer par Lyon pour se porter d'une rive sur l'autre. Il eût sufti de garder le pont de Mdcon en force, lors de la première attaque, ou de détruire ce pont quand on abandonna la ville, pour éviter à notre armée un grand détour et obliger l'adversaire à se concentrer en entier sur l'une des rives de la Saône, ce qui permettait au Maréchal d'agir contre lui avec la totalité de ses forces, sans l'obliger à se diviser et à faire dépendre toutes ses opérations du degré de résistance du général Bardet à Miribel. Le Maréchal abandonne ensuite Lyon pour se porter sur Pont-Saint-Esprit, à 50 lieues en arrière, laissant à l'ennemi les 7« et 19« divisions militaires. »

Les critiques du ministre de la guerre étaient assurément fondées; mais Clarke n'était pas lui-même à l'abri de tout reproche. Il eût dû, dès les derniers jours de février, au plus tard dès le commencement de mars, appeler Tattenlion de l'Empereur sur les conséquences fatales des lenteurs d'Augereau, sur les suiles inévitables des fausses manœuvres du Maréchal. Au moment où il se décida h écrire à l'Empereur, le mal était fait et il était trop tard pour pouvoir y porter remède.

22 mars. — Mouvements et positions des armées française et autrichienne du Sud. — Pendant que, grâce au temps d'arrêt inexplicable qui se produisit dans les opérations de l'armée autrichienne du Sud, grâce à l'absence de toute poursuite sérieuse, les troupes françaises continuaient sans encombre leur retraite sur Valence, les deux généraux en chef commettaient simultanément faute sur faute.

Complètement démoralisé par les échecs qu'il venait d'éprouver, Augereau, loin de profiter du répit inespéré que lui laissait son adversaire, loin d'en tirer parti pour se concentrer entre Valence et Grenoble, s'entêta à avoir recours aux procédés qui lui avaient

si mal réussi jusque-là. De plus en plus convaincu que les Autrichiens chercheraient à opérer leur jonction avec l'armée dtî Wellington, il résolut d'éparpiller ses divisions entre Valence et Le Pont- Saint-Esprit, afin d'être en mesure de se porter selon les événements, soit sur le Dauj)hiné, soit sur la rive droite du Rhône.

De son côté, le commandant de Farmée autrichienne du Sud n'avait pas compris l'importance capitale de la possession de Lyon et paraît s'être fait une idée absolument fausse d'une situation que tout général lui aurait enviée. Au lieu de continuer à suivre Augereau, de l'accabler sous le poids de sa supériorité numérique, non content de lui laisser prendre une avance considérable, le prince héritier de Hessc Hombourg, renonçant h appliquer le grand principe de la réunion des forces sur le thétUro principal des opérations, semble avoir voulu faire traîner la guerre en longueur et s'être complu à disséminer inutilement ses forces. Sur sa gauche, il se préoccupe outre mesure de la situation de Bubna qui a reçu des renforts et que les succès de l'armée du Sud ont d'ailleurs dégagé. Sur sa droite, il va inutilement détacher une brigade entière dans le Forez afin de chasser des bords de la Loire les partisans de Damas. Entin, les bandes armées du Gharolais vont devenir pour lui un objet de constante préoccupation, détourner son attention des opérations principales et lui inspirer une série de fausses manœuvres.

Après avoir, comme nous l'avons dit, maintenu toute son armée sur les positions autour de Lyon, le commandant de l'armée autrichienne du Sud, bien que, s'il faut en croire les Tagesbegebenheiten, « il se proposât de détruire l'armée d'Augereau », n'osa pas prendre une résolution définitive, et le 2i2 mars le l^^ corps d'armée resta tout entier immobile sur ses positions de la veille. Le prince de Cobourg, dont on renforça la brigade d'un bataillon tiré de la division du prince de Wied-Runkel, reçut seul l'ordre de partir pour Saint-Etienne, de s'emparer de la manufacture d'armes, de pousser vers la Loire et de pacifier le pays en dispersant les partisans de Damas \

Sur la rive gauche du Rhône, Wimpften s'avança de Lyon

^ Starkk, Kiutheiluiig uud Tagesbegebcnheitcu dcr Haupl-Arineo im Muiiatc Miirz. {K. K, Krieys Arckiv., 111, 1.)

Wcii. — IV. 2G

jusqu'à Feyzin, se rapprochant ainsi aela division Lederer maintenue à Saint-Symphorien-d'Ozon, et détacha sur sa gauche une partie de sa division qui s'engagea sur la roule de Grenoble. Entin, comme on tenait par-dessus tout à donner la main à Bubna, à couper la retraite aux troupes du général Marchand, à désarmer les paysans, on ordonna au comte Ignace Hardegg de se porter sur Grenoble, en passant par Bourgoin et La Tour-du- Pin».

Mesures prises par Bubna et par Marchand devant Genève. — Mouvements de leurs troupes. — Informé du mouvement d'Augereau sur Valence, le général Marchand avait dû se retirer derrière l'Arve dans la nuit du 21 au 22 mars et prendre les mesures nécessaires pour assurer la retraite de ses troupes. Rappelant à lui la reconnaissance qu'il avait poussée sur la route de Gex, il consacra une partie de la journée du 22 h l'évacuation du fort de L*Ecluse et à la destruction du pont de Seyssel. Le 22 au soir, il donnait l'ordre définitif de battre en retraite sur deux colonnes. L'une de ces colonnes prit avec lui la route de Frangy à Rumilly; l'autre, conduite par le général Serrant, qui venait de remplacer le général Dessaix malade et dans l'impossibilité de continuer à exercer un commandement actif, suivit la route d'Annecy*. Les deux colonnes devaient se rejoindre au sud d'Albens, h la croisée des routes menant de Rumilly et d'Annecy à Chambéry.

Bubna, dont les communications avec l'armée du sud venaient d'être rétablies par l'arrivée h Nanlua du détachement du colonel comte Leiningen, déjfi sur le point de se diriger par Belley sur Pierre-ChAlel, disposait îi ce moment, grûce aux renforts successifs qui lui étaient parvenus, de 17 bataillons, 26 escadrons et 30 canons représentant un effectif total d'environ 13,000 hommes. Complôtement rassuré sur le sort de Genève, il résolut de ne laisser dans cette ville que le feld-maréchal lieutenant baron Greth avec trois bataillons, et procéda aussitôt à l'organisation

^ Starkc, Kinthcilung uud Tagesbegcbenlieiten der Ilaupt-Armce iin Monate Mârz. (Ibid.)

^ Général Dessaix aa générai Marchand, Caroage, âS mars. {Arehivet de la guen'e.)

des colonnes qui devaient poursuivre Marchand et Serrant. Les généraux Zechnaeister et Klopstcin, franchissant TArve, étaient chargés de suivre la colonne de Serrant* sur la route d'Annecy, pendant que Klebelsberg prendrait avec la brigade Bentheini la roule de Iluniilly. Enfin, la brigade Luxem avait reçu une mission spéciale. Elle était chargée, d'abord, de mettre une garnison au fort de L'Ecluse, puis de rétablir le pont de Seyssel et d'y passer le Rhône. Cette brigade devait ensuite rejoindre et renforcer la colonne de Klebelsberg*.

23 mars. — Retraite de l'armée d'Augerean sur Valence.

— Pendant ce temps, Augereau continuait sa retraite sur Valence, sans reprendre pied nulle part, sans se préoccuper de ce qui se passait en Savoie, sans s'inquiéter du sort des troupes de Marchand et de Serrant. Conformément aux ordres qu'il envoya le 22 de Saint-Vallier, ses deux premiers échelons, les divisions Bardet et Musnier et le 12^ hussards, se portèrent, le lendemain, l'un de Saint-Vallier et de Saint-Rambert-d'Albon sur Valence ; Tautre du Péage-de-Roussillon sur Saint-Vallier. Les troupes d Espagne, le 13« cuirassiers et le 4« hussards évacuèrent Vienne pour se replier sur Le Péag(;-de-Roussillon et ne laissèrent sur les hauteurs d'Auberive qu'une faible arrière garde chargée d'observer le pont de la Varèze et de couvrir la retraite de la division Pannetier pendant sa marche d'Auberive sur Saint-Rambert*.

Mais, avant de quitter Saint-Vallier, le duc de Casliglione, plus indécis, plus hésitant que jamais, avait cru utile de faire connaître îi nouveau au ministre* qu'il allait prendre provisoirement la ligne de l'Isère et établir son quartier général à Valence. Il priait en même temps le ministre de lui faire savoir « si Sa Majesté désirait le voir continuer h garder cette ligne et y attendre l'attaque de l'ennemi venant de Lyon, ou s'il devait se porter en

i Le général Dessaix. inalude, a\uit. piir une leUre de Carouge le 2S mare, prévenu le général Marchand qn'il se retirait à Montmélian pour rétablir sa santé et transmettait les ordres de retraite sur Humilly et Annecy au général Serrant. {Archives de la guerre.)

* Stârke, EiuthcUuug und Tagesbegebenheiten der Haupt-Ârmee im Mo^ uate Mârz. (A'. K. Kriegs Archiv,. 111, 1.)

' Augereau, Or.lre de mouvement pour le S3 mars, Saint-Vallier, SS mars<

* Augereau au &linistre, Saint-Vallier, iS mars. (Ibid.)

Savoie pour opérer sa jonction avec les troupes du général Marchand et reprendre Genève, ou bien s'il devait (et ce dernier parti lui semblait le meilleur) passer le Rhône au Pont-Saint- Esprit et se porter sur Toulouse contre Tarmée de Wellington ».

On pourrait, au premier abord, s'étonner de voir le Maréchal qui, depuis le commencement de la campagne, n'avait tenu aucun compte des ordres pressants et réitérés qu'on lui avait envoyés, se décider tout à coup ù demander dos instructions. D'après les termes mêmes dont il se ser\'ait au début de celte dépêche, on devrait croire qu'il avait pris la résolution de s'arrôter h Valence, d'y concentrer son armée et d'y tenir bon jusqu'à Tarrivée des ordres dont il semblait demander l'envoi. Il suffit de lire la dépêche jusqu'au bout pourvoir qu'il n'en était rien et que, cherchant uniquement h échapper h sou adversaire, Augereau, bien décidé à continuer sa retraite, ne cherchait plus qu'un prétexte pour donner un semblant de raison h des mouvements auxquels il était d'ores et déjà décidé. Ce prétexte, une lettre interceptée le lui avait déjà fourni au moment où il écrivait au ministre de la guerre, et ce fut même probablement pour cette raison qu'il termina sa dépêche en disant au duc de Feltre : « En attendant les ordres, je vais faire occuper Le Pont-Saint-Esprit, puisque l'ennemi se propose, d'après la lettre interceptée, de faire sa jonction avec Wellington*. »

Cette jonction problématique, et en tout cas lointaine, de Wellington et de l'armée du Sud, préoccupait Augereau bien plus que le sort de Marchand et de Serrant, bien plus que les mouvements du prince héritier de Hesse-Uombourg. Quoiqu'on lui eût signalé, à ce moment, l'apparition de quelques hussards autrichiens aux environs de La Tour-du-Pin, quoique la lenteur et la timidité de la poursuite eussent dû l'amener à penser que son adversaire avait vraisemblablement détaché une partie de son armée pour couper la retraite aux troupes se retirant des environs de Genève, il n'écrivit à Marchand que pour lui renouveler l'ordre de lui envoyer le général Vedel et l'arlillerie venant d'Italie qu'on attendait à Chambéry*.

* Augereau au Ministre de la guerre, Pdage de RoussiUon, 22 mars (Archives de la guerre.)

s Augereau au général Marchand, Saint-Vallier, 23 mars. (Ibid.)

Pendant ce temps, Marchand et Serrant accéléraient leur retraite. Ils coupaient et brûlaient le pont de SeysseP, etTavanlgarde du général Marchand, après avoir quitté Rumilly le 23 au matin, se dirigeait sur Aix-les-Bains d'où elle devait repartir le W, h 5 heures du matin, pour se porter sur Les Echelles. Tous les détachements que le général Marchand avait dû faire pendant les derniers jours du blocus de Genève, avaient néanmoins réussi h rejoindre sa colonne, h l'exception de celui de Saint-Rambert qui reçut Tordre de se retirer par Pierre-ChAtel *.

Marche des corps de T armée autrichienne du Sud sur la rive gauche du Rhône. — L'avant-garde de Tarraée autrichienne du Sud (la division Lederer) n'avait pas mis moins de deux jours pour aller de Lyon à Vienne. Elle n'entra, par suite, dans cette ville que longtemps après le départ des dernières troupes du génénil Digeon et ne poussa pas plus loin. La division Wimpffen, qui, seule, avait reçu Tordre de suivre le mouvement de cette avant-garde et devait éventuellement lui servir de soutien, s'avança de 10 kilomètres environ et se porta de Feyzin jusqu'î\ Saint- Maurice, à moitié chemin entre SaintSymphorien-d'Ozon et Vienne. Le comte Ignace Hardegg poussa sur la roule de Bourgoin jusqu'à La Verpillière. Les deux autres divisions du I<» corps et le corps du prince Philippe de Hesse-Hombourg continuèrent à rester immobiles sur leurs positions*.

Mouvement du prince de Cobourg sur Saint-Ëtienne, Feurs et Roanne. — Afin de se mettre h l'abri des tentatives qu'il redoutait de la part des partisans, le prince de Cobourg, qu'on avait chargé de s'emparer de Saint-Étienne, avait dû envoyer sur sa droite une partie de son monde. Le major Falk, auquel il avait confié cette mission, s'était dirigé sur Feurs et avait ordre de descendre le cours de la Loire jusqu'à Roanne. L'avant-garde de la brigade du prince poussa jusqu'à Saint- Étienne le 23 mars; mais sur la demande du maire, qui craignait

* Colonel Cabières au général Marchand, RumiUy, 93 mars. {Archives de la

guerre,)

' Colonel Cubières aa général Marchand, Humilly, 23 mars. (/6id.)

' Starkk, Eintheilung nnd Tagesbegebcnheiten der Haupt-Armee im Mo-

Date Mârz. (If. K, Kriegt i4rc/it>.. III, 1.)

un soulôvemenl de la populalion de la ville laiil qu'elle ne serait pas occupée par un corps d'un effectif respectable, le prince n'y entra que le lendemain 24 avec le gros de sa brigade. Informé de l'existence d'un rassemblement dont on évaluait la force à 2.000 hommes et avec lequel Damas se proposait de marcher de Montbrison sur Saint-Élienne, le prince de Cobourg envoya le jour môme son avant-garde jusqu'à Saint-Priest et lui donna Tordre de pousser jusqu'à la Loire dans la direction do Saint- Ram bert \

Inquiétudes du prince héritier de Hesse-Hombourg pour ses derrières. — Affaire de Lucenay-l'Evêque. — La victoire d(» Limonest et l'occupation d(» Lyon semblent d'ailleurs avoir marqué pour l'armée autrichienne du Sud la tin d'une période d'opérations rationnelles, intelligemment combinées, habilement et énergiquemenl conduites. Bien que la faiblesse de son adversaire ne pût laisser subsister dans l'esjirit du prince héritier de Hesse-Hombourg aucun doute sur l'issue de la campagne, du moins en ce qui le concernait directement, bien qu'il eût dû être complètement rassuré par la tournure de plus en plus favorable prise par les affaires des Alliés et par les nouvelles qui lui venaient du grand quartier général, comme s'il eût pressenti et deviné les inquiétudes que Schwar/.enberg avait eu jusqu'à un certain point le droit de concevoir pendant quelques jours, le commandant de l'armée du Sud éprouva presque au même moment les mêmes appréhensions que le généralissime. Négligeant l'armée qu'il vient de battre, le prince héritier de Hesse-Hombourg, une fois arrivé à Lyon, semble s'être presque exclusivement préoccupé de son flanc droit que couvrait un cours d'eau aussi important, aussi difficile à franchir que le Rhône; il s'alarme de la présence de quehjues partisans entre la rive droite de ce fleuve et la Loire; il s'inquiète, outre mesure, de la j)rolection de ses derrières pour lesquels il n'avait cependant rien à craindre, de la

^ Le prince de Cobourg au prince héritier de Hcsse-Honiboiirg. Saint-Etienne, 24 mars {K. K. Krieijs Archiv.y IH, 471 a), et comte de Montholon au Ministre de la guerre, Saint-Bonnet, 24 mars [Archives de la guen-e). Dans celte dépt^che, Montholon annonce au Ministre que la désertion de plus de la moitié des gardes nationaux, dès que Ton fît battre la générale, Ta obligé A évaluer Saint-Etienne et ;i battre en retraite sur les montagnes du Forez.

sûreté de ses communications avec la grande armée que, malgré leur soif de vengeance, malgré leur patriotisme ardent, quelques bandes de paysans armés ne pouvaient menacer sérieusement.

Toujours est-il que pendant son séjour h Lyon, comme pendant les journées qui suivirent son départ de celte ville, le prince s'occupa bien moins des mouvements d'Augereau, de la direction suivie par l'armée française en retraite, de la marche des colonnes de Klebelsberg et de Zechmeister sur la Savoie et le Dauphiné, que des mesures à prendre pour en finir du coté du Forez avec les partisans de Damas, que des moyens à adopter pour disperser les bandes du Charolais et assurer la tranquillité sur les routes menant h Dijon. La prolongation anormale de l'arrêt du gros de Tarmée autrichienne du Sud autour de Lyon, les directions divergentes données aux divisions qu'il porta en avant avec une lenteur inexplicable, Thésitation du prince héritier de Hosse-Hombourg h s'engager sur la route de Valence, le détachement du prince de Cobourg sur Saint-Étienne et la vallée de la Loire, l'envoi de colonnes volantes dans le Charolais vers Autun et Semur, n'eurent d'autre cause déterminante que des appréhensions incompréhensibles surtout en un pareil moment, que des craintes excusables, peut-être chez le généralissime, mais inadmissibles de la part du commandant d'une armée victorieuse, supérieure en nombre, et h laquelle on avait donné un objectif défini et attribué un théâtre de guerre nettement déterminé.

Un simple coup d'œil jeté sur la correspondance du commandant de l'armée autrichiennne du Sud permettra d'ailleurs de se rendre compte de l'état d'esprit du prince héritier de Hesse- Hombourg, et de l'importance exagérée qu'il attribua aux dernières convulsions du soulèvement national.

Dans une longue dépêche qu'il adressa le 27 mars de Vienne au généralissime, et sur laquelle nous aurons à revenir ultérieurement à propos des opérations des généraux Zechmeister et Ignace Hardegg, il insiste surtout sur ce qui se passe entre le Rhône et la Loire et plus au nord, en Bourgogne. « Mes détachements de Charolîes, Autun et Feurs me disent que l'ennemi est encore à Djgoin et à Roanne et qu'il y a c\ Moulins 10,000 hommes sous les ordres du général Vialard qui envoie des partis sur nos communications. Il v a en outre dans les bois autour

d'Aulim de nombreuses bandes de paysans armés conduits et commandés par des officiers*. » Puis faisant allusion h Taffaire de Lucenay-rEvêque, à l'embuscade de Serrières où les paysans armés avaient assommé un caporal et quatre hommes, il terminait cette dépêche en disant : « Tout cela, joint h la nécessité de laisser une assez forte garnison à Lyon, gêne ma marche vers l'Isère V »

En raison même de l'importance que le commandant d'une armée dont Teffectif, en y comprenant les troupes de Bubna, s'élevait à plus de 60,000 hommes, attribuait aux événements qui s'étaient déroulés à Lurenay-rflvêque et à Autun, nous croyons devoir reproduire le rapport * même qui alarma à ce point le prince héritier de Hesse-Hombourg.

« J'ai fait occuper Autun le 23 mars, écrivait le major Barthos au colonel Illesy, par les vélites du régiment de hussards Archiduc Ferdinand, avec l'ordre de surveiller la route de Paris h Lyon par Moulins et de chercher à se relier par Auxerre avec le prince Maurice Liechtenstein. J'envoyai en môme temps un demiescadron avec le capitaine Ferentzy sur la route de Paris. Ce détachement est arrivé de nuit à Lucenay l'Evêque et a été accueilli par une salve de coups de fusil qui, partant d'un fossé à peu de distance d'un moulin, lui tuèrent 7 hommes et 6 chevaux et blessèrent 3 hommes et 2 chevaux. Le capitaine Ferentzy ajoute qu'il a été suivi à coups de fusil, partant des côtés de la route d'Autun à Dijon par Arnay-le-Duc, jusqu'à peu de distance du camp. Pour cette raison le détachement tout entier évacua Autun et se replia sur Couches, occupant Saint-Emiland avec un demi-escadron et La Selle avec un autre demi-escadron qui envoya des patrouilles vers Autun et des avant-postes sur la route d'Autun à Clunv.

« Le 24 mars, le lieutenant von Hamann alla en patrouille vers Autun avec un peloton. A la sortie du défilé de Cluny' il fut

* Prinre héritier de Hcsso-Hombourg au prince de Schwarzenl)erg, Vienne, 27 mars. (A'. /T. Kriegt Arehiv., 111. 471.)

' Le rapport da major Barthos est daté du l"' avril: mais avant de l'adresser à son colonel, le major avait informé directement, et le jour même, le quartier général de Tarmée du Sud de Taffaire de Lncenay-rEvéque.

^ Il s'agit ici, on du débouché de la route d'Autun à MAcon par Cluny qui traverse sur ce point la forêt royale de Flanoise et se déroule entre les hau-

côtoyé par une trentaine d'hommes armés qui tirèrent sur sa troupe, le blessèrent gravement, lui tuèrent 1 homme et 3 chevaux et lui blessèrent 6 hommes et 9 chevaux L'ennemi, enhardi par les résultats de son tir, se montra en nombre près de Couches et menaça mes avant-postes. En raison même de la configuration et d(» la nature du terrain je ramenai tout mon détachement sur une hauteur d où je pouvais charger les paysans s'ils avaient fait mine de se porter contre moi. J'ai immédiatement donné connaissance de ces faits au lieutenant-colonel comte de Blankenstein en le priant d'en informer le quartier général de l'armée du Sud.

« J'appris en outre que, dans la nuit, 300 paysans armés s'étaient portés sur Bourgneuf (le Bourgneuf de Chalon). J'y envoyai un capitaine, 20 chevaux et une section d'infanterie. On avait réussi à prendre un paysan armé ; mais il a été presque aussitôt délivré par ses camarades * »

24 mars. — Le prince héritier de Hesse-Hombourg établit son quartier-général à Vienne. — Honvements des troupes de l'armée autrichienne du Sud. — Pendant ce temps, le prince héritier de Hesse-Horabourg s'était décidé à transférer son quartier général à Vienne et à pousser son avant-garde (feldmaréchal lieutenant Lederer) jusqu'au Péage-de-Rousillon et h Saint-Rambert d'Albon. A sa gauche la division Ignace Hardegg, venant de La Verpillière à Eyzin-Pinet et Saint-Marcel, atteignait la roule de Vienne à Grenoble. Enfin, les troupes légères placées sous les ordres du général Gall, s'établissant en avant-postes h Cour et Buis et à Beaurepaire d'Isère à la même hauteur que l'avant-garde de Lederer, surveillaient les routes menant d'une part de Vienne, de l'autre de Saint-Rambert îi Grenoble.

Le I»"" corps remplaça la division Wimpffen à Saint-Maurice et le prince Philippe de Hesse-Hombourg, qu'on ne se décida pas encore à porter en avant, reçut l'ordre de préparer le mouvement

teurs couvertes à Touest par cette forét, à l^est par les bois de Moncbauvoise, ou plus probablement du défilé dans lequel s'engage la route d'Autun à Chalon-sur-Saône et qui est bordé au nord par le bois de la FeniUie^ an sud par celui de Monchanvoise.

* Major Barthos au colonel lliesy, commandant le réfpment de Palatinal- Huszaren, Aulun, 1" avril. (K. K. KrUgt Archiv., IV, ad, 307.)

de son corps sur Sainl-Symphorien-d'Ozon et de laisser après son départ la division du prince de Wied-Runkel en garnison h Lyon.

Sur la rive droite du Rhône, le prince de Cobourg, qui venait d'occuper Sainl-Kiienne*, devait se reporter sur Annonay afin d'être en mesure de s'opposer aux mouvements éventuels qu'on redoutait de la part d'Augereau, aux entreprises des troupes qu'on craignait de voir se porter par Tournon contre Annonay et de là vers la Loire.

Mouvements et positions des troupes d'Augereau. — Ces

craintes n'avaient d'ailleurs aucun fondement. Dès son arrivée î\ Valence, le 23 mars, le Maréchal s'était, en effet, borne à donner Tordre au général Rémond de cantonner sa brigade (gendannerie et gardes nationales) dans un rayon d'une lieue sur les côtés et en avant de la route de Montélimar. 11 avait en même temps prescrit au général Poncet, commandant la 19« division militaire de partir pour Le Puy en emmenant avec lui toutes ses troupes, à l'exception de la gendarmerie du Rhône*.

Le lendemain 24, la division Bardet et le 12® hussards avaient fait séjour h Valence, îi l'exception de deux bataillons et d'un escadron chargés de reprendre sur la route de Montélimar les cantonnements de la brigade Rémond que le Maréchal avait envoyée, avec les gros bagages et le petit dépôt, à Loriol, h une journé de marche de Montélimar.

La division Musnier était venue coucher h Valence. La division Pannelier avait poussé jusqu'à Tain et occupé Tournon, sur la rive droite du Rhône, gardant fortement les bacs qui assuraient

* Le comte de Montholon en rendant compte au Ministre de la guerre de l'occupation de Saint-Etienne, insistait sur le mauvais esprit des gardes nationaux. « Kn entendant Lattre la générale, écrivait-il le 24 mars de Saint- Bonn et-le-Ghàteau où il s'était retiré, 570 gardes nationaux sur 1000 à 1100 ont déserté. J'avais donné ordre à M. de Damas de prendre position à La FouiUonse pour couvrir Saint-Etienne de concert avec les bataillons d'ouvriers. Je voulais occuper moi-même les hauti^nrs avec les conscrits et la garnison de Montbrison. Je croyais le maréchal à Vienne. Mais à la nouvelle que Tenneiiii marchait en trois colonnes sur Saint-Etienne et passait la Loire à Feurs, j'ai dû me replier sur les montagnes du Forez afin de m'y organiser. » (Arekivet de la guerre.)

* Augereau, Ordres au général Rémond, et Augereau au général Poncet, Valence, 23 mars. (Correspondance d'Augereau; Archives de la guerre.)

la cominunioalion entre les deux rives. Les troupes d'Espagne, avec le 4* hussards et le 13« cuirassiers avaient quitté Le Péagede-RoussilIon pour s'arrôtor h Saint-Vallier *.

Ces différents niouvcnionts étaient encore en voie d'exécution lorsque h» Maréchal reçut Tordre de renvoyer, en poste, h Libourne, la colonne du général Beurmann. Obligé d*obéir, croyant désormais tout irrévocablement perdu, il dut néanmoins se conformer, cette fois, sans perdre une minute, aux ordres formels qu'il venait de recevoir. Pendant qu'il faisait partir de Valence le général Ordonneau, chargé de prendre le commandement de rinfanlerie du général Digeon en remplacement du général Beurmann, il faisait savoir au général Beurmann qu'il devrait commencer son mouvement le lendemain 25 et que sa colonne, composée des 79®, 112^ et 115® régiments d'infanterie, partant de Saint-Vallier, passerait par Annonay, Le Puy et Clermont- Ferrand où elle prendrait les relais qui lui étaient préparés. Il prescrivit en outre au général Digeon de couvrir le passage du Rhône pendant le mouvement de la colonne du général Beurmann et de se replier ensuite de Saint-Vallier sur Valence, en laissant, îi son passage h Tain, le 4® régiment de hussards à la disposition du général Panneîier qui l'affecterait au service des avantpostes.

Enfin, il ordonna au général Pannetierde rappeler les troupes cantonnées îi Tournon et aux environs, et de s'étendre sur la rive gauche du Rhône et la rive droite de l'Isère jusqu'<t Romans*.

Retraite des généraux Marchand et Serrant. — L'envoi sur Libourne de la colonne du général Beurmann, motivé par l'entrée des Anglais h Bordeaux, n'était assurément pas de nature à redonner h Augereau cette ancienne vigueur sur laquelle l'Empereur avait eu le tort de compter, h lui rendre la confiance en soi sans laquelle un général est incapable de mener à bien les opérations dont il est chargé. Désespérant plus que jamais de la situation, découragé et mécontent, le Maréchal n'essaya môme

* Augerean, Ordres de mouvement pour le 24 mars. (Archives de la guerre,) ^ Ordres aux généraux Ordonneau, Beurmann, Digeon et Pannetier, Valence, 24 mars. (Correspondance d'Augereau; Archivet de la guerre.)

pas de porter secours aux troupes de Marchand et de Serrant en train d'exécuter leur pénible et difficile retraite sur Rumilly et An • necy. La position de ces deux généraux était d'autant plus critique qu'en raison même de leur mouvement rétrograde, de la fiublesse de leurs troupes, ils avaient dû laisser libres les passages qui, par les monts de Bauges, conduisent h Ylsbre et s'exposer ainsi au danger dYtre coupés du pont de Montmélian.

25 mars. — Combat d'Alby. — Serré de près et talonné par les Autrichiens, le général Marchand, afin de se donner de Tair et d'assurer sa retraite sur Grenoble, donna l'ordre au général Serrant de s'arrêter h l'est d'Alby, de prendre position sur la rive droite du Chéran et d'attaquer la colonne de Zechmeister dont il menacerait de son côté la droite en venant de Rumilly.

Dès 3 heures du malin l'avant-garde de Serrant abordait les avant-postes autrichiens; à 8 heures du malin la télé de la colonne autrichienne, vivement poussée par les Français, se mettait en retraite vers Annecv.

« Arrivé devant Annecy, écrivait le général Serrant au général Marchand *, j'y ai trouvé le baron de Zechmeister en position avec 4,000 hommes, 400 chevaux et 8 canons. Un combat sanglant s'est engagé. J'ai tourné les forces ennemies deux fois plus fortes que moi. L'ennemi a été culbuté. Je lui ai pris une centaine (l'hommes. Il a rassemblé ses forces en dehors de la ville et a tenté plusieurs charges. La ville est très endommagée. L'ennemi a pris position derrière le pont de Brugny où je robser\'e. Une forte colonne a été coupée. Je travaille h la prendre ». Dans un deuxième rapport, le général Serrant annonçait au général Marchand qu'il avait réussi h prendre ou à noyer cette colonne, que ses troupes après avoir passé le Fier à gué, « en ayant de l'eau jusqu'à la poitrine, avaient poursuivi les Autrichiens jusqu'au pont de la Caille*. »

Zechmeister, complètement battu, se retira derrière les Usses et alla s'établir, le 23 au soir, à Cruseilles*.

* Général Serrant an général Marohund. Annecy, 25 mars, 3 liourcs apnV midi. {Arehivet de la guerre.)

* Général Serrant au général Marchand, Annecy, 26 mars. (Ibid.)

* Stàrkg, Eintheilung und Tagesbegebenheiten der Ilaupt-Armee im Mo-

Malgré ce brillanl succès, Marchand se trouvait dans l'iiupossibililé de poursuivre plus loin ses avantages et de songer à reprendre l'offensive. 11 avait obtenu les résultats cpi'il pouvait désirer et donné aux colonnes qui l'avaient poursuivi jusque-là une leçon qui allait lui procurer quelque répit. Grûce h ce succès le général Marchand avait désormais la possibilité d'achever sans trop d'encombre une retraite qu'il importait d'autant plus de continuer sans retard que le détachement du colonel Leiningen marchait de Nantua sur Belley et Pierre-Chtltel, dont la garnison ne se composait que d'une poignée d'hommes et qu'on lui signalait le mouvement de la division Hardegg sur Bourgoin. Dans ces conditions, on aurait tout compromis en essayant de tenir à Annecy et à llumilly, et le général Marchand envoya en conséquence, le 23 au soir, au général Serrant l'ordre de suivre dès le lendemain son mouvement de retrait» sur Chambéry.

Positions et mouvements de l'armée autrichienne du Sud. — Le prince héritier d(î Hesse-Hombourg, informé par Bubna de la marche des colonnes de Klebelsberg et de Zechmeisteret de la retraite des troupes françaises, qui ne pouvaient se porter (jue sur Grenoble, résolut de son côté de faciliter les opérations des généraux chargés de les poursuivre en menaçant les flancs et les derrières des généraux Marchand et Serrant et en cherchant h leur couper les routes aboutissant à la vallée de i'isère. Il prescrivit en conséquence au comte Ignace Hardegg de pousser dans la journée du 25 jusqu'à Bourgoin et de continuer ensuite sa marchesur Chambéry en passant par LaTour-du- Pin. Wimpften, chargé de couper les communications entre Grenoble et Valence et d'interdire à l'ennemi la route menant de Valence à Grenoble, par la rive droite de l'Isère, reçut l'ordre de quitter Eyzin-Pinet et Saint-Marcel et de s'engager immédiatement sur la route de Rives. Son avant-garde, poussée la veille à Cour et Buis et à Beaurepaire-d'lsère, y resta provisoirement.

Les autres corps de l'armée du Sud demeurèrent d'ailleurs, le 25 et le 26 mars, sur les positions qu'ils occupaient, s'échelonnant sur hî vaste espace compris entre Saint-Rambert d'Albon, Le

iiate Marz (K, K, Kriegt Archio,, Ht, i), et Tugcbuch dc2> Gênerais Baron Zecluueister.

Péage-de-Roussilloii, Sainl-Maurice, Chuzelles, Sainl-Symphoriend'Ozon et LvonV

Raid du capitaine Kleindienst dans les départements du Rhône, de la Loire et de la Haute-Loire. — Sur la rive droite du llhùne le prince de Cobourg élait resté avec une brigade îi Sainl-Étienne*; mais le capitaine Kleindienst avait reçu la veille au soir Tordre de quitter Vienne avec un escadron de dragons et d'exécuter avec ses cavaliers un raid dans l^s départements situés sur la rive droite du Rhône. Afin de lui faciliter les opérations qu'il allait entreprendre dans un terrain aussi accidenté et, par conséquent, aussi peu favorable î\ l'action de la cavalerie, on lui adjoignit une compagnie du régiment d'infanterie Prince-de-Ligne. Tout en surveillant plus particulièrement la région coni|)rise entre Annonay et Montfaucon-du-Velay, Kleindienst devait rester relié avec le prince de Cobourg posté à Sainl- Étienne.

Le capitaine Kleindienst parcourut avec son petit détachement les déparl(îments du Rhône et de la Loire, ainsi qu'une partie de la Haute-Loire, dispersa les rassemblfîuients armés et les bandes sur le point de se former, empêcha le départ des conscrits, chassa devant lui les gendarmes et les émissaires, et remit en liberté nombre de prisonniers alliés. Malgré toutes lesdifficullés résultant de la configuration du terrain, il réussità rester presque constamment en communication, tant avec le prince de Cobourg qu'avec Blanchi*.

Mouvements et opérations des troupes d'Augereau. — Les

mouvements exécutés par les troupes d'Augereau pendant la journée du i2?i ne présentent qu'un intérêt insignifiant. Le Maréchal parait n'avoir môme pas songé à la possibilité d'un mouvement des Autrichiens sur Grenoble puisque, non content

^ SrAHKE, EiiiUiuiluiig iiiid Tu^(*sbcgcbeulieitea der liuupt-Annee im Monale Marz. (K, K, Kriegs Archiv., III, 1.)

' StÀhke, Kintlieilung und Tagcsbpgdjeuheiten der Haupt-Armee itn Mo- Date Marz (A'. A'. Krie(ji Arehiv.t Itl, i), et Oesterreichiscite Jdililàriscfte Zeilt' chrift, 1839, 111. 51-53.

* Stakkb, Einthcilang und Tagesbi^gebcnlieiten der Ilaupt-Arinee im Monatc Miirz. (K. K. Kriegt Arclitv., 111, 1.)

de faire continuer aux gardes nationaux du général Réniond leur marche de Loriol ii Monléliuiar, d'envoyer les bagages à Valréas etîi Bollène, les grands dépôts à Orange, il ordonna au général Musnier de partir pour Loriol, de s'établir sui la rive gauche de la Drôme, de ne laisser en avanl-posles sur la rive droite de celte rivière que le 12* hussards à Livron, Allex, Eurre et Montoison, et un escadron du 1*^^ hussards un peu plus en avant, à Étoile, sur les bords de la Véoure. Il maintenait, il est vrai, la division Pannetier et le 4« hussards i\ Tain et à Romans, mais il se gardait bien de pousser du monde dans la vallée de Tlsère et croyait avoir beaucoup fait en ordonnant au général Bardet « de faire rentrer à Valence les deux bataillons détachés au sud de cette ville et d'envoyer au pont de Tlsôre, à deux lieues de Valence, sur la roule de Tain, une compagnie de voltigeurs qui devait détacher quelques hommes au bac de ChAleauneuf-d'Isère * ». La position d'Augereau était d'ailleurs parfaitement connue des Alliés, et Ton peut lire fi celle date la phrase suivante dans les Tagesbeyebenheiien : « Le maréchal Augereau s'est replié derrière l'Isère. Son arrière-garde est entre le Rhône et l'Isère, à Tain*. »

26 mars. — Immobilité d' Augereau à Valence. — Évacuation d'Annecy et de Rumilly. — Retraite de Marchand sur Chambéry. — Rien ne put faire sortir Augereau de sa torpeur, de sa quiétude et de son indifférence. 11 continua à rester, le 26 mars, immobile, inerte à Valence.

Sans môme se douter des mouvements qui s'opéraient sur Chambéry et sur Grenoble, il avait fait revenir de Tain sur Romans le général Ordonneau avec le 116« de ligne, un bataillon du 32® et une partie du 4® hussards, au moment même où le prince de Hesse-Hombourg, avant de remettre ses troupes en mouvement, faisait reconnaître par sa cavalerie les positions françaises de Tain et de Romans '. Le danger n'en était cepen-

i Augereau aux gëucraux ROiiioiid, Musuier, Pannetier et Bardet, Valence, 25 mars. (Gorrespuodance d'Augereau ; Archivet de la guerre,)

> Starke, Eintheiluug und Tagesbegebcnheitcn der Haupt«Arme im Mouate Màrz. (K. K, Kriegs Archiv., 111, 1.)

' StXrke, EintheiluDg und Tagesbegebenheiten der Haupl-Arméd im Monate Mârz {K. K, Kriegs ArcfUv., 111, 1), et Augereau au général Ordonneau> Valence, 26 mars (Archives de la guerre).

liant ni moins sérieux, ni moins imminent. De Voiron, où il venait de s'établir sur Tordre du général Marchand et d'où il avait envoyé un bataillon d'infanterie à Rives, poussé quelques pelotons de cavalerie h Moirans et où il avait été rejoint par le détachement qui avait évacué Pont-de-Beauvoisin, le colonel Cubières avait signalé au général Marchand l'apparition dans ces parages des coureurs autrichiens que les coups de feu de ses avant-postes avaient obligés à se replier. 11 avait annoncé en outre rentrée de Tavant-garde autrichienne h La Tour-du-Pin, que la cavalerie d'Ignace Hardegg avait occupé h 9 heures du matin*.

Menacé dans le courant de la journée du 26 par une colonne autrichienne qui avait passé le Guiers h Saint-Genix, par une deuxième colonne qui se disposait ii traverser cette rivière plus en amont et qui cherchait un gué du côté d'Avaux, prévenu par ses avant-postes de l'apparition de la cavalerie d'Hardegg sur la route des Abrets, le général Lafosse avait regagné en toute hâte et par une marche de nuit Pont-de-Beauvoisin qu'il se déclarait d'ailleurs « incapable de tenir longtemps avec des troupes comme celles qu'il commandait et qui, de plus, manquaient de vivres* ».

Marchand n'avait pas eu du reste besoin des avertissements de ses lieutenants pour se rendre un compte exact de la situation. Dès le 26 au matin, il avait quitté Rumilly, envoyé ii Serrant l'ordre d'évacuer Annecy et de le rejoindre fi Chambéry où les deux généraux arrivèrent sans encombre le 27 *,

Mouvements et positions de Klebelsberg et de Zecbmeister. — Les colonnes aulrichiennes de Bubna reprirent aussitôt leur marche en avant et, le 26 au soir, Klebelsberg occupait Rumilly et Zechmeister rentrait îi Annecy*, pendant que le

1 Colonel Cabières au général Marchand, Voiron, 26 mars. (Arehicet de la guerre.)

* (iénéral Lafosse au général Marchand, Pont-de-Beauvoisin, 27 mars. (Ibid.)

* Prince héritier do ilessc-Hombourg au prince de Schwarzenberg, Vienne, 27 mars. {K. K. Krieys Archiv., Jll, 471.)

* Prince héritier de Hessu-Hoinbourg au prince de Schwarzenberg, Vienne, 27 mars. (A'. K. Kriey$ Arekiv., 111, 471.)

général Liixcm passait avec sa brigade sur la rive gauche du Rhône h Seyssel et que le colonel Leiningen, continuant sa marche sur la rive droite du fleuve, s'approchait de Bclley.

A Texcoplion dos divisions Wimpften et Ignace Hardegg qui avaient quelque peu accentué leur mouvement dans la direction de Grenoble et de Chambéry, le gros de Tarméc du Sud n'avait pas bougé.

Retraite des Français sur Montbrison. — Affaire de Saint-Symphorien-de-Lay. — Sur la rive gauche de la Loire, les quelques troupes françaises que le comte de Monlholon avait rassemblées du côté de Saint-Bonnet-le-Château, réduites h Timpuissance par le manque de munitions et surtout par la désertion des gardes nationaux, avaient dû abandonner Montbrison. Le comte de Montholon signalait d'ailleurs la présence de troupes autrichiennes s' échelonnant de Roanne jusqu'à SaintRarabert. Une tentative, faite par les partisans de Damas, leur avait permis de réoccuper pendant quelques heures Montbrison qu'ils avaient dû ensuite abandonner h la cavalerie autrichienne venue de Sury. Dans la nuit du 26 au 27, Montholon avait, il est vrai, fait surprendre le poste de dragons autrichiens de Sury, lui avait mis une trentaine d'hommes hors de combat et en avait enlevé 12, dont un officier; mais le poste français de Saint-Marcellin, forcé par la cavalerie autrichienne, avait été obligé de se retirer sur Périgueux et de se rapprocher de Saint-Bonnel-le-ChAteau *.

Enfin plus au nord, une bande de paysans armés, prévenue de la présence à Saint-Symphorien-de-Lay d'un poste de 60 hussards dont les reconnaissances venaient journellement presque jusqu'au faubourg de Roanne, partit le 26, à 11 heures du soir, de Roanne.

Prenant par la montagne, passant par Regny et Lay, elle déboucha, h i heures du malin, sur le grand chemin de Tarare h Saint-Symphorien-de-Lay, et bien que les hussards eussent été renforcés dans la nuit par une compagnie d'infanterie, les paysans n'en réussirent pas moins b les chasser du village et à les obliger à se retirer sur La Roche. Renforcés par 400 hommes.

* Comte de Montholon uu Ministre de la guerre, Saint-Bonnct-Ie^^lhûteau, S7 mars. (Archives de la guêtre )

WiU. — IV. 27

les hussards revinrent occuper Saint-Symphorien-de-Lay, le 29, el tentèrent, le 30, un coup de main sur Roanne qui fut déjoué par la vigilance des troupes cantonales *.

27 mars. — Mouvement du gros de l'armée autrichienne du Sud vers Tlsôre. — Renseigné sur la position et éclairé sur les projets d'Augereau par la reconnaissance de la veille, le prince héritier de Hesse-Hombourg, tout en prévenant le généralissime qu'il ne pourrait commencer des opérations sérieuses sur risére que lorsque les troupes de Bubnase seraient rapprochées de son armée, se décida néanmoins îi faire exécuter quelques mouvements préparatoires au gros de ses forces. Son avantgarde, sous les ordres de Lederer, s'échelonna entre Saint-Vallier et Tain. Le l»*" corps alla s établir au Péage-de-Roussillon et à Saint-Ram bert, et le corps du prince Philippe de Hesse-Hombourg vint k Vienne*. Toujours préoccupé de ce qui se passait sur ses derrières, avisé de la translation du quartier général de Tempereur d'Autriche de Bar-sur-Aube fi Dijon, de l'arrivée de ce souverain dans cette dernière ville, informé des progrès que faisait de tous côtés le soulèvement national auquel la nouvelle de la marche de Napoléon sur Chaumont semblait devoir faire prendre des proportions inquiétantes, sachant par les rapports du prince Aloïs Liechtenstein que cet officier général, qui se proposait de pousser des partis à gauche jusqu'k Champlitte, îi droite au delà de Vesoul, avait jugé prudent de mettre Salins en état de défense, le commandant de l'armée du Sud informait Schwarzenberg du départ de deux régiments de grosse cavalerie qu'il avait envoyés, avec le général Kuttalek, à Dijon avec Tordre de protéger le quartier général de Tempereur d'Autriche et de rejoindre ensuite la grande armée lorsqu'on n'aurait plus de craintes pour Dijon*.

Le commandant de l'armée du Sud était d'ailleurs parfaite-

* Faure, commaudant des troupes cantonales de Roanne, au Ministre de la guerre, Roanne, 30 mars. (Archives de la guerre.)

* Prince héritier de Hesse-Hombourg au prince de Schwanienberg, Vienne, 27 mars. (K, K. Kriegs Archir., 111, 471.)

' Prince héritier de Hesse-Hombourg au prince de Schwaricoberg, Vienne, 27 mars. (K. K. Kriegt Archiv., 111, 471.)

ment au courant de tout ce qui se passait dans Tarmée d*Au*gereau et, dans celte même dépôche*, en annonçant au jçénéralissinie que le Maréchal avait été renforcé, le 20 mars, par les 115® et 116« régiments de ligne, le 23 par le 102®, il lui signalait, sans connaître, il est vrai, le véritable motif de ce mouvement, l'envoi sur la rive droite du Rhône à Tournon, « des 79®, llS® et 60« régiments de ligne avec de Tartillerie et un peu de cavalerie » *.

Mouvements des divisions Wimpffen et Hardegg. — Les généraux Marchand et Serrant continuent leur retraite sur Grenoble et évacuent Chambéry. — A sa gauche la division Wimpften poussa jusqu'à Arzay et son avant-garde alla jusqu'à La Côle-Saint-André, d'où elle devait envoyer des coureurs vers La Frette, Le Grand-Lemps et dans la direction de Rives.

La division du comte Ignace Hardegg, qui continuait à se diriger sur Chambéry par la route du Pont-de-Beauvoisin et des Échelles, était arrivée aux Abrcts à l'intersection des routes menant d'un côté à Chambéry, par Le Pont-de-Beauvoisin (route de Lyon h Chambéry), de l'autre à Grenoble, par Chirens et Yoiron (route de Bourg à Grenoble). Elle menaçait d'autant plus sérieusement le tlanc de Marchand et sa ligne de retraite sur Grenoble que les troupes légères avaient poussé jusqu'au Pont-de-Beauvoisin ■ et faisaient mine de s'engager sur la route de Voiron, et que le détachement du général Lafosse, obligé de quitter Le Pontde-Beauvoisin, avait dû se replier sur Saint-Geoire et Chirens *. La position du général Marchand était d'autant plus critique que le major comte Gatterburg, chargé par Hardegg de le mettre en communication avec la colonne du feld-maréchal lieutenant Klebelsberg, était venu s'établir dans l'après-midi du 27 à Mont-

* Prince héritier de Hesse-Hombourg au prince de Schwarzenberg, Vienne, 37 mars. (K. K, Kriegt Arehiv,,lU, 471.)

> Le 60^ régiment de ligne ne faisait pas partie de la colonne du général Beurmann à laquelle appartenait en revanche le 112^.

> St'arkb, Ëintheilung nnd Tagesbegebenheiten der Haupt-Armee im Monate Marz (K, K. Kriegt Archiv.y 111, i), et prince héritier de Uesse-llombonrg an prince de Schwarzenberg, Vienne, 27 mars {Ibid,, lll. 471).

« Général Lafosse au général Marchand, Pont-de-Beauvoisin, S7 mars^ (Archivet de la guerre,)

ferrât avec deux compagnies d'infanterie du Banal allemand cl un escadron de hussards de Hesse-Hombourg et que ses coureurs s'étendaient vers Saint-Geoire, Chirens et Le Grand-Lemps.

En présence de ces mouvements il devenait impossible de conserver Chambéry, que le général Marchand se décida h évacuer. Pendant qu'il prescrivait au colonel Cubières de tenir bon h Voiron, qu'il donnait Tordre d'envoyer du monde à la Grande- Chartreuse et de retrancher le délilé resserré que traverse h quelques kilomètres de Grenoble, h hauteur des Combes, la chaussée de Voreppe, il s'engageait sur la roule des Échelles et faisait prendre au général Serrant celle de Montmélian.

« Les troupes de Klebeisberg et de Zechmeister sont k Rumilly et à Annecy, ainsi s'expriment les Tagesbegebenlieiten* , et le colonel Leiningen continue sa marche sur Belley. » Le môme jour le prince héritier de Hesse-Hombourg mandait au généralissime* que le général Zechmeister* suivait l'ennemi, tenait ses avant-postes sur le Fier et avait ordre d'aller par Annecy et Conflans dans la vallée de la haute Is?Te. « Si Tennemi se replie sur Grenoble, disait encore le commandant de Tarmée du Sud, le général Zechmeister occupera le pont de Montmélian. L'ennemi en retraite paraît en efiet vouloir se concentrer t\ Grenoble et à Valence » '.

Augereau se concentre à Valence et fait détruire les passages de l'Isère. — Pour la première fois depuis son arrivée h Valence, Augereau songea à s'occuper du sort des troupes venant de Genève et à mettre le général Marchand au courant des événements et de ses projets. Rompant enfin un silence qu'il avait démesurément prolongé, il n'adressa pas moins de deux dépêches à Marchand. Dans la première il se décidait h l'informer de la marche sur Bourgoin d'une forte colonne autrichienne (division Ignace Hardegg) qui lui paraissait destinée h attaquer Grenoble. « L'ennemi, disait-il, doit chercher îi vous couper et à être maître de ce point important avant d(* continuer ses opérations

*■ Stàrkc. Eintheiluiig und Tagesbegebenticitcn dcr iluupt-Armee im Mon»ito Miirz. {K. K. Kriefjt Archiv., JII, 1.)

* Tagebuch (I<*s Gênerais Haruii Zechmeister.

• Prince héritier de llesse-llombourg an prince do Schwarzenbcrg, Vienne, 27 mars. {K, K, Kriegt Arehiv., 111, 471.)

sur moi. Couvrez donc Grenoble. Si la ligne de ilsère était forcée, je me retirerais sur Le Pont-Saint-Esprit et vous devriez chercher à vous y réunira moi. » Un peu plus lard, quand il eut été informé par le général Pannetier de la présence des Autrichiens dans les grandes plaines de Saint-Rambert, quand ce général lui eut rendu compte « que les Autrichiens faisaient des mouvements sur leur gauche vers Grenoble », il écrivait h nouveau à Marchand : « Il vous sera donc difficile de vous joindre à moi. En cas de retraite par Romans, prenez la grande route de Grenoble h Marseille jusqu'à Serres et de là celle d'Orange par Rozans et Vaison » *. Ainsi, loin de s'occuper de l'organisation de la défense de la ligne de l'Isère, de combiner son action avec celle de Marchand, de lui indiquer les traits principaux des opérations qu'il convenait d'entreprendre pour essayer au moins de ralentir la marche des Autrichiens, le Maréchal persévérait plus que jamais dans son idée de retraite sur Pont- Saint-Esprit et de passage sur la rive droite du Rhône.

Le même jour, d'ailleurs, il ordonnait au général Rémond de partir de suite pour Pont-Saint-Esprit, de coucher le 28 à Pierrelatte et le 29 à Pont-Saint-Esprit, « d'y occuper la tôte de pont et de placer un ou deux bataillons au bourg Saint-Andéol pour ohsener ce qui peut venir du Vivarais*. » Comme on le voit, le Maréchal redoutait l'apparition des Anglais de Wellington sur la rive droite du Rhône à peu près autant que celle des Autrichiens sur la rive gauche de l'Isère.

Du reste, il cherche avant tout à se dérober par la retraite à l'étreinte des troupes du prince héritier de Hesse-Hombourg. 11 fait rentrer à Valence la division Bardet et, décidé à ramener tout son monde sur la rive gauche de l'Isère, il écrit encore au général Pannetier : « Puisque vous pouvez être tourné par votre droite et que votre position n'est pas tenable, réunissez vos postes et détachements, quittez Tain et passez cette nuit sur la rive gauche de l'Isère. Détruisez les ponts, bacs et bateaux, et exécutez ce mouvement la nuit et dans le plus grand silence. Vous vous mettrez en bataille derrière l'Isère et vous enverrez des partis de

* Aogereaa au général ^darchand. Valence^ 27 mars. (Correspondance d'Angereau ; Archivet de la guerre.)

' Aagerean an général Rémond, Valenee^ 27 mars. {Id, in ibidt)

cavalerie le long de la rive. Le général Ordonneau fera sauter le pont do Romans. 11 laissera quelques hommes dans la ville et sur la rive gauche (bourg du Péage), afin d'observer, le 28, les mouvements de l'ennemi, et se retirera sur Alixan *. »

Lettre de Clarke à Augereau. — Mission du colonel Baltazar. — Au moment où le duc de Castiglione se disposait ainsi k continuer son mouvement sur Pont-Saint-Esprit, Clarke faisait partir de Paris son aide de camp, le colonel Baltazar, porteur d'une lettre dans laquelle le Ministre, pénétrant les intentions du maréchal, lui rappelait une fois de plus le rôle que l'Empereur avait assigné à l'armée de Lyon, la mission que les fautes et les lenteurs de son chef l'avaient empochée de remplir. « Sa Majesté, écrivait Clarke*, n'aura pu apprendre qu'avec beaucoup de peine et d'étonnement la malheureuse issue des affaires. Je me bornerai à rappeler à Voire Excellence que l'intention do Sa Majesté en rassemblant un corps d'armée à Lyon, a toujours été de couvrir le Midi de la France et que ce serait agir en sens contraire si, tion content d'avoir abandonné Lyon^ rom vouliez encore vous retirer jusqu'à Pont-Saint-Esprit, comme vous en avez manifesté le projet. Je ne puis donc trop fortement insister sur la nécessité de ne pas céder de terrain h l'ennemi autrement que pied h pied et en le lui faisant acheter aussi cher que possible

« Le porteur de cette lettre est le colonel Baltazar, mon aide de camp, qui est chargé de se rendre au quartier général de Votre Excellence et d'y rester jusqu'à nouvel ordre. Cet officier supérieur suppléera, par sa correspondance, aux détails que vous ne pourriez me donner. »

28 mars. —Mouvements de l'armée autrichienne du Sud. — Affaire de Chirens. — L'armée autrichienne du Sud continuait pendant ce temps, mais avec une lenteur méthodique, son mouvement vers l'Isère. Lederer, arrivé h Tain avec l'avantgarde, envoya aussitôt sur son front et plus particulièrement sur

* Augcrean an général Pannetier, Valence, 27 mars. (Correspondance d'Angereaa ; Archives de la guerre.)

^ Ministre de la guerre à Angereau, Paris, 27 mars. (Archivet de la guerre,)

sa gaurlie, dans la direction de Saint-Donal, des partis qui ne trouv^rent plus rien devant eux. Les troupes françaises, en se repliant, avaient brûlé le pont de ^Is^re et fait sauter quelques arches du pont de pierre de Romans. Il ne restait plus à Romans qu'une arri(^re-garde chargée, en se retirant, de brûler la passereller établie sur les restes du pont, qu'un bataillon d'infanterie et un peloton de cavalerie postés au Péage-de-Pisançon*.

Le gros de Tarniée du Sud ne fit que peu de chemin. Wimpften s'avança d'Arzay, de Champier et de La Côte-Saint-André jusqu'à La Frette, h la croisée des routes menant à Rives et à Voiron. Il avait ordre de combiner ses opérations avec le comte Ignace Hardegg, d'enlever avec lui Moirans et de couper ainsi les com* munications entre Grenoble et Valence.

Le comte Hardegg avait, en conséquence, dépassé Les Abrcts, arrêté sa division îi Montferrat et poussé sur Chirens le détachement du major Gatterburg. Le major autrichien venait h peine d'occuper ce point lorsqu'il fut attaqué par une colonne française venant de Voiron et chargée par le colonel Cubi^res de reprendre ce poste. Le major Gatterburg essaya de se maintenir fi Chirens, mais il ne tarda pas h en être chassé et rejeté sur le gros de sa division.

Le gros de la colonne du feld-maréchal lieutenant Klebelsberg avait atteint Aix, et son avant-garde s'arrêta aux portes de Chambéry. Plus h gauche, Zechmeister envoyait d'Annecy par Faverges et le col de Tamié, des partis vers la haute Isère et Conflans.

Marchand continuait sa retraite en se dirigeant par Les Échelles sur Fort-Rarraux, tandis que la colonne do Serrant se repliait sur Montmélian'.

29 mars. — Lettre d'Augereau à Clarke. — L'envoi du

* Le général Vedel prit ce jour-Ià le commandement de la 2^ division. Le général Pannetier, designé pour prendre le commandement d'une brigade de la division Bardet, était tombé malade et avait été remplacé par le général Dupiiy.

> Starke, Eintheilung und Tagesbegebenheiten der Haapt-Armee im Monatc Mârz {K, K. Kriegt Archiv., III, i); Prince héritier de Hesse-Homboarg au prince de Schwarzenborg, Rives, 11 avril {Ibid,, IV, 93), et Tagcburh des K. K. Gênerais baron Zechmeister (Oetterreichitche militariiche 2^Uclinft, 1840).

colonel Ballazar, quoique trop tardif pour pouvoir amener des résultats utiles, était cependant d'autant plus nécessaire qu'Augereau continuait h s'abuser ou affectait du moins de s'abuser sur la gravité de la situation. Le maréchal comprenait si peu l'importfiUce du rôle qu'aurait dû jouer son armée, il croyait avoir si bien rempli la mission que TEmpereur avait eu le tort de lui confier, qu'il ne craignit pas de répondre de la façon suivante» à la date du 29 mars, h la lettre pleine de reproches mérités que Clarke lui avait adressée le 21 :

« Votre Excellence, lui disait-il*, me parle dans ses lettres d'une diversion îi faire sur les flancs de l'ennemi. Certes, cette diversion a été faite et a eu tous les résultats que l'Empereur é?fi attendait, puisque deux divisions formant le I«f corps de Tarmée autrichienne du prince de Schwarzenborg ont été détachées en poste (?), sous les ordres du général Bianchi, pour se porter contre moi ; qu'une armée de réserve, formée h Schaflouse, et tout ce que Tenuemi avait épars dans la Franche-Comté, la Bourgogne et la Bresse s'y est joint, et que j'ai maintenant la certitude que j'avais, à la bataille du 20, 60 à 70,000 hommes en tète.

<( Vous me recommandez. Monsieur le duc, de mettre de Vactivité, du zèle et de Yénergie dans mes opérations. Certes, je crois avoir surpassé tout ce quon pouvait attendre de moi, depuis que je suis fi la lôte de ma faible armée. Il fallait avoir une constance inébranlable pour résister avec 14,000 hommes toute la journée du 20, contre une armée de 60,000 hommes, lui avoir môme enlevé 6 pièces de canon, bcîiucoup de prisonniers, conservé mon champ de bataille et empêché l'entrée de vive force fi Lyon. El remarquez. Monsieur le duc, que pendant ce temps j'étais tourné par 10,000 hommes d'infanterie et 4,000 chevaux qui attaquaient le général Bardet que j'avais placé avec 3,000 hommes seulement pour défendre l'entrée de Lyon, sur lu rive gauche du Rhône. D'après le rapport des prisonniers, des parlementaires et des personnes venues de Lyon, l'ennemi me donnait au moins 30,000 honmies, et il est certain que je n'en avais que 14,000 sur ce point, puisque les colonnes d'Espagne ont, par une fatalité, relardé d'un jour leur marche.

* Aiigoreau au Ministre de la guerre, Vulcoce, 20 mars. (Correspondance d*Aiigereau ; Archives de la guerrt.)

<x Le départ subit de 6,000 hommes de ces mêmes troupes pour la Dordogne, me laisse toujours dans le même état de faiblesse, et Tarmée ennemie se renforce chaque jour. Il lui est encore arrivé une nuée de troupes légères qui étaient en route depuis sept mois, telles que Croates, Monténégrins, Manteaux- Rouges ^ etc., etc.

(c Je tiens toujours la ligne de Tlsère et je défendrai pied à pied le terrain. Je ferai (comme j'ai déjà eu Thonneur de le mander à Votre Excellence et Ji TEmpereur lui-même) tout ce qui sera humainement possible pour la gloire de nos armes et les intérêts de l'Empereur et de la patrie; mais j'ai toujours l'opinion que Tennemi a des projets sur le Midi de la France et que son plan se lie avec celui de Wellington.

« Dans cet état de choses, j'attends les ordres de TEmpereur que j'ai sollicités par une lettre li Votre Excellence, du 24 mars. El, k cette occasion, je remarque qu'Elle me dit dans sa lettre à laquelle j'ai l'honneur de répondre, (\\xElle s'est toujours abstenue de me donner aucune direction dans mes mouvements, et cependant Elle voudra bien se rappeler que, par ses dépêches des 25 et 28 février. Elle me prescrivait formellement, de la part de l'Empereur, de reprendre Genève, d'entrer dans le pays de Vaud et de faire lever le siège de Besançon. C'est en obéissant îi ces ordres et lorsqu'une partie de mon armée était devant Genève et à la porte du pays de Vaud et l'autre h. Arbois et Poligny, que recueillant différents renseignements, je parvins, presque par inspiration, à deviner le plan de l'enjiemi, la formation de la nonrelie armée dirigée contre Lyon, et que je me décidai à me porter rapidement sur la rive droite de la Saône, mouvement dont l événement a parfaitement justifié Vutilité et qui coïncidait entièrement avec celui de l* ennemi qui débouchait de Mdcon, mais avec des forces triples des miennes, le même jour où f arrivais à Ville franche.

« Je ne saurais trop insister, Monsieur le Duc, sur les faits et les événements pour établir d'une manière bien distincte la suite et la conséquence de mes opérations que je prie Votre Excellence de faire connaître à l'Empereur en mettant cette lettre sous ses yeux.

« La division Marchand, menacée par une forte colonne ennemie qui se portait sur ses communications avec Grenoble» a dû évacuer Chambéry et prendre aussi la ligne de l'Isère. »

Une pareille lettre se passe de commentaires. Il serait d'ailleurs d'autant plus oiseux de faire ressortir les contradictions, les inexactitudes volontaires, les exagérations contenues dans cette dépêche que, dans le préambule de sa lettre, le maréchal a prononce lui-même sa condamnation lorsque, en essayant de justifier son silence, il disait h Clarke : « Les armées, ayant resté du 12 au 17 dans les mêmes positions, et bien loin de pouvoir prendre l'offensive contre des forces triples des miennes, je n'avais rien h mander à Votre Excellence jusqu'aux combats des 17, 18 et 20 de ce mois ».

Combats de Chirens et de Voiron. — Comme le font remarquer très justement les Tagesbegebenheiten \\ la date du 29 mars', l'armée autrichienne du Sud, s'étendant du Simplon jusqu'il Saint-Etienne, était par trop disséminée pour pouvoir opérer utilement. Le prince héritier de Hesse-Hombourg avait reconnu, mais trop tard, la faute qu'il avait commise. Dans l'impossibilité de modifier rationnellement la position de ses troupes, n'osant accentuer son mouvement de descente vers Tlsère dans la crainte d'augmenter la distance qui le séparait du prince de Cobourg, sur le sort duquel il n'était rien moins que rassuré, il se voyait contraint à n'agir pour le moment que par sa gauche.

Se conformant aux ordres qu'il avait reçus et s*attendant à être soutenu efficacement sur sa droite par le feld-maréchal lieutenant Wimpffen, le comte Ignace Hardegg, bien qu'affaibli par les nombreux détachements qu'il avait été obligé de faire et ne disposant plus que de 600 îi 700 hommes d'infanterie, attaqua et enleva, le 29 mars, î\ 11 heures du matin, le poste français de Chirens dont il rejeta les défenseurs sur Voiron. Rejoint îi ce moment par le lieutenant-colonel baron Haring, que Wimpffen avait fait partir des environs d'Apprieu avec un bataillon d'infanterie et une compagnie de chasseurs, sachant que la division de Wimpffen, arrivée au Grand-Lemps, se trouvait à portée et pouvait soutenir son mouvement, Hardegg résolut de pousser sur Voiron et d'en chasser les Français. Mais le colonel Cubières s'était, de son côté, porté à la rencontre des Autrichiens et s'était

• Stabke, Kinthcilung und Tagesbegel)enheiten der Hanpt-Armee im Monatc Marx. (K, K. Krûgt Archiv., lU, 1.)

établi sur une bonne position commandant la route de Chirens. Malgré tous ses efforts, Hardegg, abandonné h lui-mtoe, ne put parvenir à Yen déloger et ne réussit qu'à traîner le combat en longueur jusqu'au soir. Le colonel Cubières, auquel on avait signalé la marche de Wimpffen sur Rives, ne quitta sa position que dans la nuit et se replia, sur Tordre de Marchand, sur Voreppe en passant par La Buisso, pendant que, de son côté, Hardegg retournait h Chirens*.

Hardegg s'était relié, pendant ce temps, avec Klebelsberg dont le gros occupait Chambéry. L'avant-garde de Klebelsberg avait poussé, par Saint-Joire et Les Marches, vers Montmélian dont ses coureurs lui signalèrent l'évacuation. L'avant-garde de Zechraester surveillait la vallée de la haute Isère depuis Saint-Jean-de-la- Porte jusqu'à Conflans*.

30 mars. — Inquiétude causée par les progrés du soulèvement nationaL — Mesures prises par le prince de Hesse- Hombourg et par Duka. —La division Hardegg va renforcer le prince de Cobourg sur la rive droite du Rhdne. — Informées le 30 mars au matin du mouvement rétrograde du colonel Cubières, les deux colonnes autrichiennes reprirent aussitôt leur marche et vinrent s'établir, celle de Wimpffen à Moirans et celle d'Ignace Hardegg à Voiron*.

Dans l'intervalle, le prince héritier de Hesse-Homb'ourg avait reçu, tant du prince de Cobourg que du feldzeugmeister Duka et du lieutenant-colonel comte Blankenstein, des nouvelles inquiétantes. Le soulèvement national semblait prendre des proportions de plus en plus considérables sur la rive droite du Rhône, sur les deux rives de la Loire et dans toute la région comprise entre Dijon et Lyon. Les paysans armés, les partisans de Damas devenaient de plus en plus entreprenants sur la rive gauche de la Loire, depuis Roanne et Montbrison jusque dans la vallée de

i Prince héritier de Hesse-Hombourg au prince de Schwarzenberg, Rive:*, Il avril (K. K, Kriegt Archiv,, IV, 93), et Starke, Eintheilang und Tagosbegebenheiten der Haupt-Armée im Monate Mars {K, K. Kriegs Àrehiv., III, I).

* St'ârke, EintheiluDg und Tagesbegebenheiten der Haupt-Armee im Monate Mârz {Ibid., III, I), et Tagebuch des K. K. Gênerais baron Zechmeister (Oesterreiehitehe miliiàrwche ZeiUehrifl, 1846).

* St'arke, Eintheilung und Tagesbegebenheiten der Haupt-Armee im Monate Mârz. (A". K. Kriegs Archir., III, i.)

TAnce, sur la rive droite de ce fleuve, jusque vers Annonay*. Le prince de Cobourg était immobilisé à Saint-Etienne et avait peine à faire face à des attaques incessantes dirigées de tous côtés contre ses postes, ainsi qu'aux coups de main entrepris contre ses détachements.

Dans la vallée de la Saône, la situation était encore moins rassurante. Le major Barthos, qui était venu s'élablir à Ghalon avec ses hussards, écrivait en effet au lieutenant-colonel comte deBlankenstein, de l'état-major de Tarmée du Sud, laissé h Dijon par le prince héritier de Hesse-Hombourg, que « plusieurs centaines de paysans armés inquiétaient ses détachements de cavalerie du côté d'Autun, les attaquaient et les avaient obligés h rétrograder ». A la date du 29 mars, il ajoutait : « Us s'avancent aujourd'hui en plus grand nombre et sont déj^ sur les hauteurs de Couches-les-Mines. Dans la nuit du 28 au 29, ils ont envoyé des patrouilles jusqu'à Nolay. Comme ils semblent vouloir se jeter sur la route de Dijon à Lyon, je m'empresse de vous en informer afin que vous puissiez prendre les mesures nécessaires » *.

Le feldzeugmeister Duka, prévenu par Blankenstein, avait aussitôt pris ses dispositions et, en attendant l'arrivée de la brigade de cuirassiers du général Kuttalek, il avait adressé au colonel lUesy la dépêche suivante : « Pour disperser les bandes armées qui, de Semur et d'Autun, interceptent et inquiètent les communications entre Dijon et l'armée du Sud du côté de Chalon et de Beaune, j'envoie aujourd'hui, à Nuits, un bataillon d'infanterie wurtembergeoisc et une compagnie de francs-tireurs. Vous vous joindrez à celte infanterie avec trois escadrons de votre régiment et vous agirez de concert avec elle. Cette colonne sera rejointe par les escadrons du régiment de hussards Archiduc- Ferdinand, du major Barthos posté à Chalon-sur-Saône. Ne maltraitez pas les paysans sans armes ; indiis fusillez tout ce qui sera

* Le général Poncct, coiiimandant lu 19* division militaire, écrivant à peu près au même moment au Ministre (Le Puy, 31 mars) et, lui rendant compte do quelques petites escarmouches qui avaient eu lieu du côté d'Annonay, disait : « 11 n'y a rien d'organisé ici pour la défense et nous n'avons que 200 livres de plomb pour faire des balles. » {Archives de la guerre.)

^ Major Bartlios (du 3* régiment de hussards) au lieutenant^oloncl comte do Blankenstein à Dijon, Chalon-sur-Saône, 29 mars. {K. K. Kriegs Arehiv», m, 488.)

pris les armes à la main. Brûlez, sUl le faut^ quelques maisons, prenez et détruisez les armes et menacez de brûler quelques villages »*.

De son côté, le prince héritier de Hesse-Honibourg avait jugé à propos de soutenir le prince de Cobourg ; mais, au lieu de lui envoyer des troupes tirées du corps du prince Philippe de Hesse- Hombourg, qui se tenait à Vienne et qui aurait pu arriver plus rapidement du côté de Saint-Etienne, il aima mieux avoir recours à la division Hardegg*, postée à son extrême gauche, bien qu'elle eût pris le contact de l'ennemi, qu'elle fût parvenue à correspondre avec Klebelsberg et qu'elle eût de longues marches à faire pour revenir sur la rive droite du Rhône.

Positions des généraux Marchand et Dessaix. — Cet aftaiblissement inexplicable de Taile gauche de l'armée du Sud n'était pas fait pour faciliter les opérations et la marche des colonnes des généraux Klebelsberg et Zechmeister. Heureusement pour le prince héritier de Hesse-Hombourg, les généraux français disposaient de forces trop peu considérables pour pouvoir profiler de celte faute. La colonne du général Serrant, dont le général Dessaix avait repris le commandement, avait dû repasser sur la rive gauche de l'Isère après avoir détruit une arche du pont de Montmélian'. Elle avait pris position àLaChavanne, en

* Feldzeugmeister Duka an colonel Hlesy, commandant le régiment de hussards Palatinal, Dijon, 30 mars, 9 h. 1/2 matin. {K, K. Kriegt ArcfUv,, 111. 488.)

' Darstellung der Kriegsereignisse im siidiichen Frankreich (Oetterreichitehe mililarische Zeittchrift, 1821, 111).

' « Le temps m'a manqué, écrivait le général Dessaix, do La Chavanne, le 30 mars, pour détruire l'autre arche du pont de Alontmélian, et j'ai eu beaucoup de peine à barricader la coupure. 11 serait difficile de détruire l'autre arche. L'ennemi occupe les maisons et tire sur tout ce qui se montre sur le pont. D'ailleurs, il faut 5 pièces de bois de 55 pieds de longueur pour rétablir l'arche détruite, et il n'en exi>tc, ni à Montmélian, ni dans les environs. L'ennemi ne pourra donc pas le réparer de sitôt.

ce Le il<> ira à Barraux dés que le 8° léger sera ici. J'ai envoyé à Pontcharra le bataillon du 112'; il fournit une compagnie aux MoUettes pour garder quelques gués et se relier avec La Chavanne. Je fais surveiller tonte la ligne d'Âiguebellette à Conflans où je placerai un bataiUon, mais je crains que l'ennemi n'occupe cette position intéressante avant nous, car je crains que les troupes qui nous sont adressées n'aient éprouvé du retard. » {Archiva de la guerre,)

face de Montmélian, tandis que le général Marchand gardait la roule de Voreppe à Grenoble.

Aussi, bien qu'il eût connaissance de la faiblesse des troupes françaises qui défendaient la vallée du Grésivaudan et celle de risèrc et bien que le colonel Leiningen fût arrivé devant Pierre- Chîllel, le prince héritier de Hesse-Horabourg jugea cependant nécessaire de faire soutenir Wiinplïen et donna à une partie du corps du prince Philippe de Hesse-Hombourg Tordre de renforcer sa gauche et de se diriger de Vienne sur Rives. En somme, le prince héritier de Hesse-Hombourg continuait à rester immobile sur ses positions et semblait décidé à ne se reporter en avant, avec le gros de Tarmée autrichienne du Sud, que lorsque Augereau aurait accentué sa retraite dans la direction de Montélimar et de Pont-Saint-Esprit.

Affaire de Saint-Donat. — Le général Ordonneau, dont Tarrière-garde occupait encore Romans et Rourg-de-Péage, profita de l'inaction des Autrichiens pour tenter contre le détachement de cavalarie que Lederer avait envoyé h Sainl-Donat, un coup de main qui réussit parfaitement. La reconnaissance française, surprenant les cavaliers autrichiens, pénétra dans le village sans avoir été découverte, sabra tout ce qui essaya de résister et rejoignit sans avoir été inquiétée les avant-postes d'Ordonneau, ramenant avec elle 5 officiers, une centaine d'hommes et 64 chevaux*.

31 mars. ^ Marche des réserves autrichiennes sur Rives. — Détachement du Heutenant-colonel Dora sur Saint-Laurent-du-Pont. — La journée du 31 mars se passa de part et d'aulre sans incident inléressant. Le prince héritier de Hesse- Hombourg, voyant que les Français persistiiient h rester sur leurs positions, d'une part à Voreppe, de l'autre entre Romans et Valence, se disposa à attaquer simultanément ces deux points, d(îs que les troupes du prince Philippe de Hesse-Hombourg seraient arrivées à Rives et se trouveraient en mesure de soutenir la division Winiptfen, et dès que Rianchi auraient rejoint Lederer.

* Augcroau au Ministre, Valence, 1'^' avril (Correspondance d*Augercau, Archives de la guerre), et DarsteUuug der Krlegscreignisso im siidlicheo Frankreich (Oeslerreichinche militarische Zeitschrift^ i82i, 111).

Pendant que le !«' corps et le corps du prince Philippcî exéculîiient lenlenienlel niélhodiquement ces mouvements, Klebclsberg se bornait à faire partir des Echelles le lieutenant-colonel Dora qui, avec huit compagnies d'infanterie, un escadron de hussards de TEmpereur et 2 canons, vint s'établir à Saint-Laurent-du-Ponl avec ordre d'inquiéter les postes français de la Grande-Chartreuse*.

Augereau, de son côté, persistait h rester sur une défensive passive et à attendre les événements, sans profiler des occasions favorables pour remonter le moral de ses troupes, sans chercher même h contrarier ou îi deviner les |)rojets de son adversaire. Bien que, comme nous l'avons dit plus haut, il eût écrit le 29 au Ministre de la guerre pour lui dire qu'il tenait toujours la ligne de risère, qu'il défendrait le terrain pied à pied et qu'il ferait « tout ce qui serait possible pour la gloire de nos armes et les intérêts de Sa Majesté »*, il tenait un tout autre langage à son quartier général et n'avait en aucune façon renoncé à ses projets de retraite sur le Midi.

« Votre Altesse Impériale a dû être informée de l'occupation de Lyon », écrivait le général Vedel au vice-roi d'Italie, dans une lettre ' dont les termes ne laissent planer le moindre doute, ni sur les intentions du duc de Castiglione, ni sur le peu de considération dont il jouissait dans son armée, ni sur le peu de confiance qu'il inspirait aux généraux sous ses ordres. « Le Maréchal s'est retiré sur Valence et a pris momentanément position derrière l'Isère. Il veut se retirera Pont-Saint-Esprit et m'a donné l'ordre de me réunir ii lui. Le mont Cenis serait alors à découvert et votre armée pourrait être prise à dos. A moins (ïy être forcé par l'ennemi, je n'exécuterai pas cet ordre et je prie Votre Altesse Impériale de m* envoyer des instructions ».

1*' avriL — Augereau ignore les mouvements des Autri^ chiens. — En raison même de l'attitude absolument passive dans laquelle il s'était complu depuis son arrivée à Valence, le

^ STARiàE, Eintheilung und Tagesbegebenheitcn der Ilaupt- Armée im Mo* nate Màrz. (K. K. K^'iegtÀrchiv., III, 1.)

' Augereau au Ministre de la guerre. Valence, 29 mars. (Correspondance d'AugercaUy Archives de la guerre.)

* Général Vedel au vice-roi d'Italie, Grenoble, 31 mars. {Ibid.)

duc de Casliglione ignorait coniplèlemcnl ce qui se préparait contre lui. Le i^^ avril, pendant que le prince héritier de Hesse- Horabourg faisait serrer le I®"* corps d'armée sur sa division de tôte, pendant que le prince Philippe de Hesse-Hombourg se portait par La Côte-Saint-André sur Rives, le maréchal paraissait disposé h ajouter foi à une rumeur ridicule.

« On dit, écrivait-il au général Ordonneau*, que le prince héritier de Hesse-Hombourg a quitté Vienne pour retourner à Lyon dont la garnison aurait été diminuée. Faites vérifier ces nouvelles. Ce mouvement pourrait être causé par la marche de TEmpereur sur Chaumont. »

NouveUe lettre d*Augereau à Clarke. — D*ailleurs, plus préoccupé du choix des arguments spécieux qui justifiaient à ses yeux sa conduite, que de la nécessité de chercher à porter remède à une situation aggravée par ses fautes, compromise par ses lenteurs, sa mollesse et son incurie, le duc de Castiglione, auquel le colonel Baltazar venait de remettre la lettre écrite le 27 par Clarke, perdait une fois de plus son temps à protester contre le mécontentement bien naturel de Napoléon et contre les critiques que le duc de Feltre lui avait adressées au nom de TEmpereur.

« Sa Majesté, lui écrivait-il de Valence le 1" avril*, connaît mieux que personne Tinfluence qu'a eue sur ses opérations la grande diversion qui a été faite par moi et l'heureux résultat qu'elle a produit en alïaiblissant Tarmce du prince de Schwarzenberg qu'elle avait en tête. Elle aura donc appris avec douleur sans doute^ niais sans étonnement, Tévacuation de Lyon qui n'a été abandonné que pied à pied et après une résistance des plus opiniâtres de 14,000 combattants contre 60,000, fait d'armes qui couvre Tarmée de Lyon de gloire. Ce n'est donc pas de gaieté de cœur, comme Votre Excellence paraît le croire par l'expression pénible : Non content d'avoir abandonné Lyon, mais par la conviction de l'inutilité de mes eflorls pour défendre cette ville contre une armée quadruple de la mienne... que je me suis décidé à l'évacuer.

î Augcreaa an gêDÛral OrdouneaUt Valence, l*'' avril. (Correspondance d*Augerean. {Archives de la guerre.)

3 Augcreaa au Ministre de la guerre. Valence, 1^' avril. (Id, in ibid.)

« Votre Excellence parait éloiinée que j'aie présenté comme probable ma retraite sur Pont -Saint-Esprit. C'est cependant, h mon avis, toutefois en défendant le terrain piod à pied, l'opération la plus niililaire pour couvrir, suivant les intentions de l'Empereur, le midi de la France. Car, jusqu'à ce moment, la supériorité numérique de l'ennemi étant toujours la môme, il n'y a aucune possibilité de se porter sur Lyon, si l'Empereur n'envoie pas, pour faire diversion, une armée sur Mî\con et sur Roanne par le Bourbonnais. Un mouvement sur Lyon me ferait couperet me laisserait sans retraite. En tenant au contraire la position que j'occupe maintenant, si toutefois je puis y vivre, je suis maître de mes mouvements, je couvre le Midi et je puis me jeter i\ volonté sur Montpellier, Nîmes, Marseille et Toulon qui ne tarderont pas à être menacés d'après les nouveaux projets de Wellington.

« L'ennemi fait beaucoup de marches et de contre-marches depuis deux jours. Il semble préparer une opération. Je fais faire de mon côté des reconnaissances multipliées pour tAcher de deviner et de prévenir ses desseins. »

Résumé des mesures prises contre le soulèvement national et des dernières opérations des partisans et des paysans armés. — Avant d'examiner les opérations auxquelles la vallée de l'Isère allait servir de IhéAtre jusqu'à la conclusion de l'armistice, nous croyons utile de résumer ici les mesures prises par les Alliés pour en finir avec les partisans, pour ramener la sécurité sur leurs lignes de communications et d'enregistrer les dernières escarmouches, les derniers coups de main des paysans armés.

Du côté de Dijon, le colonel Illesy, arrivé de Beaune à Autun le ]«'' avril, y avait été rejoint par le major Barthos, venant de Chalon et de Couches, ainsi que par un autre détachement venant des environs de Montcenis. Malgré la présence de ces troupes à Autun, un des postes de correspondance, fourni par les véliles des hussards Archiduc-Ferdinand et que le major Barthos avait établi sur la roule de Chalon h Autun, n'en avait pas moins été attaqué et massacré par les paysans, et le colonel avait dîl charger un peloton de hussards et une section d'infanterie de rétablir cette communication, de reprendre ce poste et de châtier les habitants '.

I Colonel lilesy au feidzengmeister Duka, Autun, i^' avril, 8 heures soir, et Autun, « avril. (K, K. Kriegs Arehiv., IV, 307, et IV, 318.)

Wcii. — IV. 28

A Aulun même, il avait réussi h savoir, par les indiscrétions du maire, « qu'un certain M. de Place (nous employons ici les termes mêmes dont le colonel se servait dans son rapport), qui possède ici le château de Saint-Marlin, était en expédition avec les paysans armés » *. Le colonel lUesy chargea, dès le lendemain 2 avril, une compagnie d'infanterie wurtembergeoise et un demiescadron de hussards Archiduc-Ferdinand de brûler et de raser le chîUeau.

Informé également par le maire d'Autun de la présence de paysans armés îi Chissey en Morvand, le colonel envoya sur ce point deux compagnies d'infanteri<* et deux pelotons de cavalerie qui ne trouvèrent plus personne et mirent sur son ordre le feu h un moulin et à quelques maisons *. Mais, comme le colonel le reconnaissait lui-même, ces mesures ne donnèrent que des résultats insignifiants. « Les bandes de paysans armés ne tiennent pas à notre approche, écrivait le colonel lUesy. Elles se dispersent dans les bois et se reforment après notre départ. Pour les atteindre dans celte région accidentée et couverte de bois, il faudrait agir avec des colonnes volantes d'infanterie légère. Je vais néanmoins faire battre les bois et vous prie de m'envoyer quelques compagnies que je laisserai en garnison ici et auxquelles je donnerai l'ordre d'opérer contre ces brigands... Je fais prévenir les familles dont les enfants se sont joints aux bandes armées que, s'ils ne sont pas rentrés dans 48 heures, je confisquerai leurs terres et je brillerai leurs maisons » *.

Le feldzeugmeister Duka ne jugea toutefois pas utile d'envoyer au colonel l'infanterie ce i|u'il lui demandait. « Il faut punir sévèrement et faire battre tout le pays », lui écrivait-iP.

Mais les menaces, l'intimidation, les répressions violentes, Texécution môme des paysans pris les armes à la main ne servirent à rien, et les bandes armées continuèrent leurs coups de main, non seulement jusqu'à la cessation des hostilités, mais (jnelque temps après la conclusion de l'armistice. Mis hors la loi,

i Colunel nicsy au feldzeugiiicister Duka, Autuu, i" avril, 8 heures soir« et Autun, 3 avril, (ibid., IV, 307, et IV, ad 324.)

* Colonel Hlesy au feldzeugmeister Duka, Autun, !«' avril, 8 heures soir. (A'. K. Kriegs Arckiv., IV, 307.)

' Feldzeugmeister Duka au colonel lilosy, Dijon, 3 avril. (Ibid,^ IV, ad 318.)

les paysans refusèrent de reconnaître les traités et ne renoncèrent h leurs entreprises que lorsque leur rage se fut calmée, que lorsque leur soif de vengeance fut assouvie.

A Touest et au sud de Lyon, dans toute la région comprise entre la Saône, le Rhône et la Loire, le soulèvement national s'était manifesté plus lentement et plus tardivement et, bien qu'il n*eilt pu ni se généraliser, ni s'organiser aussi fortement qu'en Bourgogne et dans le Charolais, il n*en avait pas moins poussé de fortes racines dans les populations. Le 2 avril, le général Poncet, annonçant au Ministre l'arrivée à Saint-Élienne des renforts envoyés au ])rince de Cobourg, lui signalait la marche en avant des éclaireurs autrichiens et lui faisait savoir qu'il avait ordonné au comte de Montholon, qu'il trouvait trop éloigné de la Loire, de se rapprocher de ce fleuve et de prendre la direction de Feurs'.

Le lendemain, 3 avril, les partisans, sachant que les Autrichiens jetaient un pont de bateaux à Feurs et envoyaient de Ih des partis sur Roanne, attaquaient les Autrichiens à trois quarts de lieue de Feurs, les repoussaient et détruisaient le pont*. Mais l'arrivée des renforts autrichiens ne tarda pas h mettre un terme aux progrès des partisans. Le 10 avril, les Autrichiens, qui avaient débouché de Saint-Étienne et passé la Loire près de Saint-Rambcrt, s'emparaient de Montbrison. Une autre de leurs colonnes menaçait Roanne % brisait dans ces parages les dernières velléités de résistance et obligeait les partisans et les paysans armés à se disperser.

2 avrU. — Affaire de nuit à Clérienx. — Les rapports parvenus à Augereau dans l'après-midi et la soirée du l®"" avril avaient appelé l'attention du maréchal sur les mouvements préparatoires du prince héritier de Hesse-Hombourg, et lui avaient tout particulièrement signalé la marche du I«r corps qui se rapprochait progressivement de Tain. Le maréchal était toutefois loin de penser que son adversaire se disposait à lui enlever le lendemain Romans

* Géaéral Poncet au Ministre de la guerre. Le Puy, 3 avril. {Archives de la guerre,)

> Gôoéral Poncet au Ministre de la guerre. Le Puy. 6 avril. (Ibid,)

* Général Poncet au Ministre de la guerre» Le Puy, Il avril. {Ibid*)

et h le chasser de la rive droite de l'Isère. Il croyait d*autant moins h la probabilité, h l'imminence d'une attaque dirigée sur ce point qu'une dos reconnaissances du général Ordonneau, informée de l'arrivée îi Clérieux d'un détachement fiutrichien, l'avait obligé à abandonner ce poste après un engagement de peu de durée, et s'était emparée de ses bagages et d'un certain nombre de prisonniers*.

Combat de Romans. — Rassuré de ce côté, Augereau avait néanmoins reconnu la nécessité de couvrir sa droite en gardant les passages de l'Isère en amont de Romans. Voulant s'assurer la possibilité de surveiller les mouvements que les Autrichiens ])Ourraient songer à entreprendre dans la direction de Grenoble, tout en Tamusant entre Tain et Romans, le ic' avril au soir, le maréchal avait ordonné au général Eslève de quitter Valence à 4 heures du matin et d'aller relever h Romans le général Ordonneau, qui « devait remonter l'Isère jusqu'à Saint-Nazaircen-Royans et pousser des partis au petit village de La Rivière et à la fonderie de Saint-Gervais, afin de s'opposer au passage de l'ennemi sur ces points et de faire diversion îi ses projets sur Grenoble* ».

Pendant que le général Estève exécutait ces ordres et reprenait les positions d'Ordonneau h Romans, le prince héritier de Hesse- Hombourg, croyant encore h la présence de forces relativement considérables sur la rive droite de l'Isère, s'attendant par suite à voir Augereau lui disputer opiniâtrement le passage de la rivière, avait prescrit h Bianchi de rallier à Tain la division Ledereretde se porter contre Romans à la tète des deux divisions du I®"^ corps. Arrivé h Tain dans les premières heures de la matinée, Bianchi avait immédiatement renforcé Lederer de trois bataillons d'infanterie (un du régiment Jérôme Colloredo. les deux autres du régiment Esterhazy) et lui avait donné l'ordre d'enlever Romans. A 2 heures de l'après-midi, sa tête de colonne fut arrêtée h peu de dislance de Romans par le feu des Français solidement établis en

* Augereau au Minûtrc, Valence, 3 avril. (Correspondance d'Augereau, (Archives de la guerre.)

* Augereau au général Vedel, commandant la 2* division, et au général Ordonneau, Valence, l**" avril. Ordres pour le 2 avril. (Ibid,)

avant de la ville, dans le couvent des Capucins ainsi que dans les maisons et les jardins qui Tavoisinaient. Blanchi, accouru sur le lieu du conibal au bruit de la fusillade et rejoint un peu plus tard par le prince héritier de Hesse-Hombourg, ordonna aussitôt aux trois bataillons d'infanterie, qui avaient formé pendant la marche un échelon intermédiaire entre la division de Lederer et les troupes de Bakony et de Quallenberg, de renforcer les attaques de front de Tavant- garde contre le couvent des Capucins et de donner Tassaut h cette position, dès que les deux autres colonnes détachées de Tavant-garde et chargées. Tune de contourner Romans par le nord, l'autre de se diriger au sud de la route de Tain vers Tlsère et de menacer le pont, auraient achevé leur mouvement.

Bien qu'il se fût rendu un compte exact des intentions des Autrichiens, du danger auquel leur mouvement exposait ses troupes, d'ailleurs très inférieures en nombre, le général Estôve ne se décida à la retraite que sur un ordre formel d'Augereau. Le maréchal lui avait en effet mandé que, « n'ayant pas l'intention d'occuper et de conserver Romans qu'il considérait comme se trouvant hors de sa ligne, il lui ordonnait, s'il ne pouvait s'y maintenir qu'en se battant avec opiniâtreté, de se retirer sur la rive gauche de l'Isère en coupant le pont derrière lui*. Le général Estève exécuta sa retraite lentement, par échelon et en bon ordre. Il commença par évacuer le couvent des Capucins et rentra dans Romans où il se défendit énergiquement, exécutant à tout instant des retours offensifs qui, en retardant la marche des Autrichiens, lui permirent de ramener sur la rive gauche ses troupes, dans les rangs desquelles il avait réussi h maintenir l'ordre le plus parfait et de brûler la passerelle avant l'arrivée des régiments de Blanchi '.

Positions des deux armées le 2 avril au soir. ^ Maître de

* Augereaa aa général Estève, Valence, 2 avril . (Correspondance d*Augereau; Archives de ta guerre,)

s Angereau au Ministre, Valence, 3 avril (Correspondance d'Augereau ; Archives de la guerre); Prince héritier de Hesse-Hombourg au prince de Scliwai-zenberg, Rives, 11 avril {K, K, Krîegs Archiv., IV, 93). et Darstellung der Kriegsereignissc im sUdlichcn Frankreich). (OesierreichiKhe militàrische ZeiUehrift, 1821/ 111).

Romans, du seul point qu'Augereau avait conservé sur la rive droite de Tlsftre, mais plus décidé que jamais à rester sur la défensive jusqu'à ce que les colonnes de Klebelsberg et de Zechmeister eussent accentué leur mouvement sur Grenoble et menacé sérieusement cette ville, le commandant de Tarmée autrichienne du Sud fit rentrer la plus grande partie des troupes du I«r corps dans leurs anciens cantonnements entre Tain et Saint-Vallier. La division Lederer fut seule chargée de garder Romans et de fournir des postes de surveillance depuis le confluent de ^Is^re et du Rhône jusqu'aux environs du village de La Rivière, près du point où la roule de Valence à Genève aboutit h la rive droite de Tlsère.

Le 2 avril au soir, les troupes françaises occupaient autour de Valence les positions suivantes : le général Eslève s'était établi h Péage-de-Romans (aujourd'hui Bourg-de-Péage). Le général Gudin gardait avec sa brigade la rive gauche de la rivière, en face du pont détruit de l'Isère, et fournissait des postes depuis le Rhône jusqu'aux environs de Péage-de-Romans'.

Le combat de Romans marque, h proprement parler, la fin des opérations militaires sur la basse Isère. A partir de ce moment et jusqu'à la conclusion de l'armistice, on resta de part et d'autre sur la défensive dans ces parages et, comme nous aurons lieu de le dire, on se borna à s'observer et h surveiller le cours de la rivière.

Combat de Voreppe. — Le mouvement du I^.' corps d'armée sur Romans avait coïncidé avec une opération, dirigée par le feld-maréchal lieutenant Wimpffcn, contre la position occupée par le colonel Cubières h Voreppe. Le colonel avait posté sa droite sur les hauteurs qui commandent les routes de Saint-Lauront-du-Pont et de Voiron; son centre était chargé de la défense du défilé de Voreppe et sa gauche, s'a])puyant sur l'Isère, était flanquée par un détachement qui, établi sur la rive gauche de la rivière entre Saint-Quentin el le bec de l'Échaillon, surveillait les débouchés de Voiron et de Moirans.

Le feld-maréchal lieutenant Wimpff*en, assez exactement renseigné par ses reconnaissances, résolut de déborder la droite

* Augercau an général Gudin, Valence. 2 avril. (Correspondance d'Augercau ; Archives de la guerre.)

française par la niontagno et d'obliger ainsi leur gaucho ot leur contre h abandonner dos positions dont Tattaquo do front lui aurait coûté trop d'efforts et trop de monde. Il so porta contre Voroppe en quatre colonnes : la colonne de droite, longeant risoro, avait pour mission de contrecarrer Taction du poste français de la rive gauche et de menacer Voreppe par le sud ; la deuxi^me colonne, marchant h la môme hauteur que la première, mais par les routes de Moirans et de Voiron, qui se rejoignent à la Crue de Moirans îi 1500 mètres environ de Voreppe, devait attaquer la position du colonel Cubières du côté d(» Touest; la troisième colonne, suivant la route de Voiron jusqu'à la Buisse, avait ordre de garnir les hauteurs et de s'avancer sur le plateau du Grand Bois qui domine Voreppe, pendant que la quatrième colonne (colonne de gauche), se jetant fi gauche i\ partir de Coublevie et traversant le massif montagneux, déboucherait entre Saint-Julien-de-Ratz et Pommiersprès-Voreppe et prendrait îi revers les lignes du colonel Cubières. Wimplïen avait, en outre, prescrit au lieutenant-colonel Dora, qui formait son extrême-gauche h Saint-Laurentdu-Pont, de faciliter la marche de sa quatrième colonne en détournant Tattention des troupes françaises de la Grande-Chartreuse.

Retardées dans leur marche par les obstacles naturels qu'elles avaient îi surmonter, arrêtées h tout instant devant des abatis et des coupures derrière lesquels les postes français tenaient bon et qu'ils ne quittaient que pour se reporter derrière d'autres abris, les troisième et quatrième colonnes ne purent s'avancer qu'avec une extrême lenteur et n'opérèrent leur jonction aux environs de Pommiers qu'fi la nuit close, vers 8 heures du soir, alors que la droite française avait déjà reçu du colonel Cubières Tordre de se rabattre sur lui et de suivre son mouvement de retraite. Dès qu'il eut été informé des difficultés qui s'opposaient h l'exécution du mouvement tournant sur lequel il avait compté, Wimpffen avait fait attaquer Voroppe par ses deux premières colonnes. Après un combat assez vif, qui dura plusieurs heures et coûta environ 300 hommes aux Autrichiens, le colonel Cubières évacua Voreppe en abandonnant une pièce démontée, et se replia dans l'ordre le plus parfait sur la position retranchée des Combes *.

1 Prince héritier de Hessc-IIombourg an prince de Schwarzcnberg, Rives,

L'extrême dispersion des troupes autrichiennes répandues sur un front démesurément étendu, le manque de cohésion et de coordination des mouvements, conséquence naturelle de cette dissémination, Timmobilité du gros de Tarmée du Sud, sa rentrée sur ses anciennes positions après l'affaire de Romans, renvoi de la division Ignace Hardegg sur la rive droite du Rhône, la distance qui séparait encore Wimpffen de l'échelon de tête du corps du prince Philippe de Hesse-Hombourg, la lenteur forcée de la marche des colonnes de Klebelsberg et de Zechmeister, la difficulté de communiquer rapidement et sûrement avec ces généraux, enfin la force réelle de la position défensive sur laquelle le colonel Cubiôres s'était replié, mettaient Wimpffen dans rimpossibilité de continuer Toffensive et l'obligèrent à renoncer à une attaque de vive force contre les Combes, attaque qui n\ivait de chances de réussir, que lorsque Klebelsberg et Zechmeister se seraient rendus maîtres de la vallée du Grésivaudan et auraient obligé les troupes françaises de la haute Isère, soit h se replier sur Grenoble, soit à se jeter dans la Maurienne. La présence de la division Wimpffen h Voreppe avait toutefois une signification et une importance réelles. L'occupation de ce point coupait la route de Grenoble à Valence par la vallée de l'Isère et rendait les communications entre Marchand et Augcreau tellement longues et tellement difficiles, qu'à partir de ce moment l'armée française du Sud était, à proprement parler, coupée en deux.

3-4 avril. — Positions de Wimpffen et des troupes françaises. — Le feld-maréchal lieutenant Wimpffen vint s'établir, le

11 avril (A'. K, Kriegs Archiv., IV, 93); Darstclluog dcr Kriegsereignisse im sudlichcn Frankrcich (Oesterrcichitche militnrische Zeitschrift, 1845, 111, 278). Le colonel Baltazar, arrivé à Valence, écrivait à la date du 2 avril au Ministre de la guerre : « Augereau a avec lui les divisions Musnier et Bardet, et celle du général Pannetier, dont le général Vedei a pris le commandement, et la cavalerie du général Digeon. Les gardes nationales occupent le Pont- Saint-Esprit. Le général Marchand, avec les troupes de Dcssaix et la première colonne d'Italie, a Tordre de se retirer par Grenoble et doit se mettre en ligne

derrière l'isèro Il a eu à Voreppe un engagement indécis avec l'ennemi.

L'ennemi s'est présenté aujourd'hui devant Homuns avec 0,000 hommes, dont 3,000 chevaux, et nous avons dû repasser sur la rive gauche de l'Isère. » (Archives de la guerre.)

3 avril, à hauteur du Chcvallon, h 3 kilomètres environ au sud de Yoreppe, et h trois petites lieues des positions françaises des Combes. La brigade Gall, qu'il avait envoyée au début de sa marche du côté de Beaurepaire et de La Côte-Saint-André et qui Tavait rejoint depuis peu de temps, occupa sur son ordre Moirans et Tuilins afin de couvrir ses communications jusqu'à Tarrivée des troupes du prince Philippe de Hesse-Hombourg.

Du côté de Valence, Augereau avait fait soutenir le général Yedel par deux bataillons de la division Bardel envoyés de Valence à Bourg-de-Péage et par la brigade Ordonneau h laquelle on avait prescrit d'obliquer à droite pour se rapprocher de la brigade Ëstève. Le maréchal avait également ordonné au général Musnier de faire revenir, le jour môme, de Loriol sur Valence, la brigade Pouchelon, mais de continuer néanmoins k garder solidement le poste de La Voulte sur la rive droite du Rhône •.

Sans nouvelles du général Marchand, il invitait, le 3 au soir, le général Vedel h essayer de communiquer avec Grenoble et, bien qu'il se trouvait depuis près de trois semaines engagé contre le prince héritier de Hesse-Hombourg, le maréchal était tellement mal renseigné sur les moyens et les ressources de son adversaire qu'il écrivait h Vedel : « Je ne pense pas que l'ennemi tente un passage de rivière ; mais j'aurais besoin de savoir s'il possède un épuipage de pont » '.

On resta, de part et d'autre, sur les deux rives de l'Isère depuis Grenoble jusqu'au Rhône, dans l'immobilité la plus absolue pendant la journée du 4 avril.

S avriL — Arrivée du corps du prince Philippe de Hesse- Hombourg à Rives. — Le prince Philippe de Hesse-Hombourg continua, seul et sans se presser, son mouvement et îirriva le 5 avril à Rives avec le commandant en chef de l'armée autrichienne du Sud. A ce moment, les Français n'occupaient plus sur la rive droite de l'Isère que la forte position des Combes, la

t Augereau au général Vedel. au Péage-de-Romans ; au général Musnier, à Loriol ; au grînéral Hardet, ù Valence ; au général Ordonneau, à Saint-Nazaire, Valence, 3 avril. (Correspondance d*Augereau ; Archives de la guerre.)

* Augereau au général Vedel, Valence, 3 avril, 7 heures soir. (Jbid.)

Grande-Chartreuse et Forl-Barraux. Après avoir détruit Jles ponts et les moyens de passage, Marchand et Dessaix concentraient toutes leurs ressources h La Chavanne.

Malgré l'inaction de l'armée autrichienne du Sud, Augereau était décidé h ne plus rien tenter et, ainsi que le colonel Baltazar le disait dans sa lettre du 4 : « Il ne faut pas d'ici assez longtemps espérer voir cette armée reprendre l'offensive'. »

5-6 avril. — Correspondance d'Augereau avec les généraux placés sous ses ordres. — Comme s'il eût assisté en spectateur indifférent h tout ce qui se passait autour de lui, le duc de Castiglione se désintéressa de plus en plus du commandement et du sort de son armée. Écrivant le S avril h Marchand*, il se plaignait de n'avoir pas reçu de ses nouvelles depuis 10 jours et lui rappelait qu'il lui avait signalé le mouvement des colonnes autrichiennes marchant par Bourgoin et La Tour-du- Pin et qu'il lui avait prescrit de se replier sur lui. Il lui annonçait que les communications n'étaient plus possibles que par la rive gauche de l'Isère. Mais, pas plus cette fois que les autres, il ne lui exposa ses idées sur la situation, il ne lui envoya des ordres et des instructions. Le lendemain cependant, il se décida h lui faire savoir « qu'il avait donné au général Ordonneau des instruction pour se relier avec lui sans trop s étendre et avec ordre de se lier h gauche avec la division Vedel »\

Une faible brigade devait donc, dans l'esprit du duc de Castiglione, suffire pour garder toute la rive gauche de l'Isère, pour tenir et surveiller une ligne formant saillant vers le nord, s'infléchissant ensuite vers le sud et dont les côtés ne mesurent pas moins de 56 kilomètres de développement depuis Samt-Nazaire en Royans jusqu'au confluent du Drac. Le maréchal s'illusionnait tellement qu'il ne craignait pas d'ajouter ces phrases significatives : « Mon système d'opérations est établi sur la défense de la ligne de Tlsère... Votre division (la 4« de mon armée) est destinée h couvrir Grenoble et la haute Isère. Si vous êtes forcé,

* Colonel Baltazar au Ministre do la guerre, Valence, 4 avril. {Archives de la guerre.)

* Augereau au gdndral Marchand, Valence, 5 avril. (Correspondance d'An* geroau. Archives de la guerre.)

' Augereau au général Marchand, Valence, 6 avril. (Ibid.)

vous avez votre retraite assurée par la rive gauche en vous appuyant au général Ordonneau )^*.

Le mouvement de la brigade Ordonneau avait d'ailleurs bien moins pour objet de se relier au général Marchand, comme le maréchal essayait de le lui faire croire, que de chercher <^ savoir, en prolongeant la droite du général Yedel, s'il était vrai que « les Autrichiens se fussent décidés h faire filer du monde sur Romans » *.

7 avril. — Houvements des troupes françaises snr la basse Isère et vers Grenoble. — Quelques heures plus tard, le maréchal savait h quoi s'en tenir et, comme les Autrichiens avaient exécuté une partie de leur mouvement sous les yeux mômes des avant-postes français de la rive gauche, dans le courant de la journée du 7 avril Augereau était en mesure d'informer Marchand qu'une colonne de 1800 h 1800 hommes et 5 canons était partie de Romans pour remonter l'Isère et qu'elle avait été remplacée par d'autres troupes venant de Glérieux*.

D^s ce moment, en effet, le doute était impossible. Il était évident que l'armée autrichienne du Sud se disposait à exécuter un mouvement de concentration sur sa gauche, qu'elle se préparait h attaquer Grenoble et qu'elle ne songeait nullement h menacer Valence. Il semblait, par suite, logique et naturel de faire soutenir immédiatement la division Vedei, de renforcer les postes en amont de Bourg-de-Péage par les divisions Bardet, Musnier et Digeon et de réduire l'effectif des troupes employées en aval et affectées h la surveillance de la basse Isère jusqu'à son confluent avec le Rhône.

Le maréchal n'osa cependant pas prendre un parti aussi rationnel. Craignant de découvrirValence, il ordonna au général Bardet « de réunir, le lendemain 8 avril, sa division tout entière, h l'exception des trois bataillons détachés avec le général Ordonneau, au pont brûlé de l'Isère et d*y relever la brigade Gudin qui devait rejoindre Vedel h Péage de-Romans (Bourg-de-

1 Augereau an général Marchand, Valence, 6 avril. (Correspondance d'Ao< gereau, Archives de la guerre,) * Angereau au général Vedel, Valence, 6 avril. (Ibid,) ' Avgereau au général Marchand, Valence, 7 avril. (Ibid,)

Péage) ». En agissant de la sorte, le maréchal ne renforçait en aucune façon Vedel, puisqu'il ordonnait on même temps aux deux bataillons de Bardet, établis jusque-là à Bourg-de-Péage, de rallier leur division au pont brrtlé aussitôt après l'arrivée de la brigade Gudin. En revancbe, au lieu d'une brigade, il allait désormais avoir une division presque entière h Textrême gauche de ses lignes*.

8 avril. — Kouvements des troupes autrichiennes sur la rive droite de l'Isère. — Le prince héritier de Hesse-Hombourg, arrivé, comme nous l'avons dit plus haut, le 5 avril à Rives, où il avait établi son quartier général, avait de son côté renoncé à attendre les résultats que devaient produire l'intervention des colonnes venant de Genève, l'apparition et la marche de Klebelsberg et de Zechmeister en avant de Montmélian, leurs progrès dans la vallée du Grésivaudan et leur passage sur la rive gauche de l'Isère. 11 avait, en conséquence, pris la résolution de porter sur Grenoble la division Wimpffen et le corps du prince Philippe de Hesse-Hom bourg et donné au l«f corps (Bianchi) l'ordre de se rapprocher de lui en remontant la rive droite de risère.

C'était d'ailleurs h ce mouvement qui avait motivé les instructions envoyées aux généraux Vedel et Bardet le 7 avril, que le maréchal faisait allusion dans sa lettre au Ministre, en date du 8:

« Ma position est toujours telle que je Tai fait connaître î\ Votre Excellence par ma lettre du 3, écrivait-il à Clarke*. Depuis cette époque, l'ennemi paraît faire un mouvement sur sa gauche et menacer Grenoble. Je fais appuyer le général Marchand qui couvre cette ville et la haute Isère '. J'ai appris par une lettre du duc de Bassano au préfet de la Drôme, l'occupation de Paris et l'arrivée de Sa Majesté à Essonnes. »

< Augoreau aa général Bardet et an général Vedel, Ordres de mouvement pour le 8 avril. Valence, 7 avril. (Correspondance d'Angereau; Archives de ta guerre,)

' Augereau au Ministre de la guerre. Valence, 8 avril. (Ibid.) ' Les renforts, dont Augereau parle ici au Ministre, ne se composaient que de U faible brigade du général Ordonnean^

En terminant, le maréchal demandait à la fois des nouvelles et des instructions. Il semble d'ailleurs qu'il comptait bien peu sur une réponse, puisque, le jour môme, il consentait ii recevoir un parlementaire autrichien, h Saint-Marcel-lès-Valence sur la route de Valence à Romans *.

Concentration des troupes de Klebelsberg et de Zechmeister en amont de Hontmélian. — Zechmeister passe risère à Conflans. — Il aurait été cependant d'autant plus nécessaire de soutenir le général Marchand que sa position s'aggravait de jour en jour. Les colonnes de Klebelsberg et de Zechmeister, que nous avons laissées le 29 mars h Chambéry et il Annecy, bordaient maintenant la rive droite de l'Isère en amont de Montmélian et venaient, sur l'ordre de Bubna, arrivé de sa personne h Chambéry, de se concentrer entre Saint-Pierred'Albigny et Freterive. La hauteur des eaux grossies par la fonte des neiges, la rapidité du courant, le manque de moyens suffisants, avaient fait échouer toutes leurs tentatives de passage, tant il Montmélian môme que du côté de Freterive, et avaient empêché les généraux autrichiens d'inquiéter la position des Français à La Chavanne. Mais, le 8 avril, Zechmeister, qui avait réussi il faire construire un certain nombre de radeaux, parvint a traverser l'Isôre en amont de Conflans et à jeter sur la rive droite de l'Arc trois bataillons, une demi-batterie d'artillerie et deux escadrons.

Il détachait en môme temps trois compagnies d'infanterie sur Mouliers et la haute Isère. Leur chef, le lieutenant-colonel Wahler, devait, en passant par Saint-Martin-de-Belleville, gagner par la montagne la vallée de l'Arc dans les environs de Saint- Michel, barrer la route du mont Cenis et prendre h revers les troupes françaises qui se repliaient d'Aiguebelle.

9 avril. — Combat de Bonvillaret. — Le lendemain, 9 avril, le gros des troupes de Zechmeister attaquait le détachement français posté h Bonvillaret, Tobligeait à repasser sur la rive gauche de l'Arc, sans parvenir toutefois à l'empêcher de couper

* Augerean au général Vedel. (Correspondance d'Augereau ; Archives de la guerre,)

derrière lui le pont d'Aiguebclle, et s'établissait sur Téperon d'Aiton *.

Klebelsberg avait été moins heureux que Zechmeister. La rapidité du courant, la vigilance et Tactivité du général Serrant avaient déjoué toutes ses tentatives de passage à Freterive et contrarié les travaux de réfection du pont de Montraélian.

Le prince héritier de Hesse-Hombourg envoie à son armée en marche sur Grenoble Tordre de s'arrêter. — Le

même jour, tandis qu'Augereau ne songeait qu't\ envoyer de Valence à Saint-Péray, sur la rive droite du Rhône, une compagnie de voltigeurs de la brigade Pouchelon *, qu'il avait rappelée de Loriol, qu'à prescrire à cette compagnie de se replier si elle y était contrainte sur La Voulte, où le général Musnier avait un bataillon, le prince héritier de Hesse-Hombourg, lassé d'attendre la coopération de Bubna, avait donné à Wimpffen et au prince Philippe de Hesse, Tordre de se porter par Cornillon et Saint-Égréve contre les Combes. Les troupes autrichiennes avaient déjà commencé leur mouvement, lorsque le prince héritier de Hesse-Hombourg reçut l'avis officiel des événements de Paris et d'Essonnes, de la constitution du Gouvernement provisoire et de la signature de l'armistice. Arrêtant aussitôt ses colonnes, il les fit rentrer sur leurs anciennes positions.

10 avriL — Derniers ordres d'Augereau. — A ce moment, ni Augereau, ni Bubna, ni Marchand, ni Klebelsberg, ni Serrant, ni Zechmeister ne savaient encore rien de la cessation des hostilités. Aussi le commandant de l'armée autrichienne du Sud, connaissant le caractère de son adversaire, se garda bien de lui communiquer de suite ces graves et importantes nouvelles. Il est certain, en effet, que le duc de Castiglione et Marchand ignoraient complètement, le 10 avril, les motifs de l'arrêt subit du mouvement de Wimpffen, puisque, répondant à la lettre dans laquelle Marchand lui rendait compte de l'impossibilité de laisser

* Kriegsereignisso in Savoyen ; Tagebucli der K. K. Gênerais baron Zechmeister. {Oegterreiichische milUaritclie ZeiUchrifl, 1846).

' Augereau au général Pouchelon, Valence, 9 avril. (Correspondance d'Augereau; Archivei de la guerre*)

une garnison 5 Grenohh^', le niarùchal autorisait ce général à évacuer cette ville dans le cas où il y serait forcé. Il ajoutait (jue les généraux Vedel et Ordonneau lui signalaient la présence et la concentration de 10,000 Autrichiens h Saint-Paul-lès-llomans et s'attendaient à être atlacjués d'un moment à l'autre. Le maréchal terminait sa dépèche en disant « qu'il était sans nouvelles de Paris et qu'il croyait Sa Majesté sur la Loire, vers Blois * ». Les derniers ordres que le maréchal Ht parvenir au général Vedel étaient d'ailleurs conçus dans des termes analogues : « L'enn(?mi, lui écrivait-il, toujours à la date du 10, paraît vouloir attaquer Grenoble. Il fera sans doute une diversion sur vous. Tenez-vous sur vos gardes » '.

11 avril. — Dernières opérations militaires en Dauphiné et en Savoie. — Poursuivant un but qu'il n'est que trop facile de deviner, h; prince héritier de Hesse-Hombourg s'était naturelleuKMit abstenu de porter à la connaissance de Bubna, de Klebelsberg et de Zechmeister, les nouvelles qu'il venait de recevoir du grand quartier général. Il savait que ces généraux n'avaient devant eux qu'une poignée d'hommes. Il ne risquait, par suite, rien en les hiissant continuer leurs opérations sur la haute Isère et, de |)lus, il avait tout intérêt à leur procurer les moyens et à leur laisser le temps de prendre pied sur la rive gauche de l'Isère, à leur ménager la possibilité de contraindre les Français à évacuer Grenoble, et fi se réserver ensuite les avantages résultant de la prise et de la possession de cette grande ville.

Passage de l'Isère par Bubna et de l'Arc par Zechmeister. — Mouvements de Zechmeister sur Saint- Jean-de-Haurienne. — Ce fut en effet le 11 avril seulement que les troupes

* Général Marchand à Augercaa, Grenoble, 9 avril. (Archivée de la guerre,)

' Augereau au géndral Marchand, Valence, iO avril. (Correspondance d'Augereau; Archivet de la guerre,)

Augereau s'était si peu préoccupé de l'organisation de la défense du Danptiiné, qu'il n'avait pas songé à faire approvisionner Grenoble et n'avait aucune notion do Tabsence do toute espèce de ressources en fait de vivres et de niu> uitions dans cette ville.

» Augereau au général Vedel, Valence, iO avril. (Correspondance d'Augereau; Archives de la guerre,)

autrichiennes de Klobelsberg et de Zechmeisler s'établirent sur la rive gauche de l'Isère. Pendant les journées des 9 et 10 avril, le général Serrant avait réussi, non sans peine, h arrêter Klebelsberg, h rempècher d'achever le pont de Montmélian et d'attaquer La Chavanne. Mais, le il au matin, Bubna, renonçant à forcer le passage à Montmélian même, fît passer le gros de ses forces sur le pont qu'on venait d'achever h Frêterive et se dirigea contre La Chavanne. Grâce à ce mouvement qui détourna l'attention des Français et les obligea à diviser leurs forces déjk extrêmement réduites, le général-major comte Bentheim parvint enfin h terminer la réfection du pont de Montmélian et à pousser droit sur La Chavanne pendant que Zechmeister franchissait l'Arc à Aiguebelle.

Menacé à la fois sur son front et sur sa droite, reconnaissant l'impossibilité de se maintenir plus longtemps h La Chavanne, le général Serrant alla prendre position à Pontcharra. Le général Dessaix s*était, de son côté, replié avec deux bataillons sur Saint- Jean-de-Maurienne et avait été suivi de loin par Zechmeister. Ce général, chargé d'observer la vallée de l'Arc et de surveiller les mouvements des Français, arrêta le gros de sa brigade à Aiguebelle et poussa sur La Chambre et Pontamafrey des partis qui s'avancèrent ensuite jusqu'à quelques lylomètres de Saint-Jeande Maurienne* et se replièrent le lendemain, dès qu'ils eurent «avis de la suspension d'armes que Bubna signa le H au soir avec Serrant *.

12 avriL — Affaire de la Grande-Chartreuse. ~ Suspension d'armes. — Le lendemain 12 avril, pendant qu'on réglait k Valence les conditions de la suspension d'armes, aux termes de laquelle chaque parti gardait les positions qu'il occupait à ce moment jusqu'au retour d'un officier, le major Debeau, envoyé par Augereau à Talleyrand', les postes, que Marchand, ignorant l'ouverture des négociations, avait établis à la Grande-Chartreuse,

^ DarsteHang der Kricgsereignisse im SudUchon Frankreiche. (Oesterreichische Militàrische Zeitschrift, 1821, III.) Kriegsereignisse ia Savoyen. Tagebach der K. K. Gênerais baron Zechmeister. (Ibid., 1846.)

* Dabna à Marchand, Chambéry, 12 avril 1814 (Arehivet de la guerre) et général Serrant, ordre du jour du 12 avril. (Ibid.)

' Augereau à Talleyrand, Valence, 12 avril. (Ibid.)

attaquèrent les avant-postes autrichiens, les chassèrent de leurs positions et leur enlevèrent quelques prisonniers.

13-24 avril. — Attitude d'Augereau. — Caractère de ses relations avec le prince héritier de Hesse-Hombourg. — Les

hostilités étaient désormais terminées. Comme Maison et Carnot, comme Soult et Suchet, !e maréchal Augereau n'avait plus qu'à attendre le résultat des négociations engagées h Paris et les ordres du gouvernement. Plus qu'aucun de ses compagnons d'armes, le duc de Castiglione aurait dû comprendre que, pour se faire pardonner ses fautes, il devait s'abstenir désormais de toute action personnelle, n'inter\'enir que dans des cas exceptionnels et user uniquement de sa situation, de son grade, pour défendre les intérêts de son armée, des populations et de son pays. La ligne de conduite qu'il avait îi suivre lui était toute tracée par les événements. Se confinant dans ses devoirs militaires, évitant soigneusement toute manifestation politique, s'occupant uniquement de maintenir la discipline dans les corps sous ses ordres, il n'avait qu'à apporter une extrême mesure, une sage réserve dans ses rapports avec le commandant de l'armée autrichienne du Sud, qu'à opposer aux réclamations et aux prétentions, naturelles de la part d'un vainqueur, l'attitude pleine de dignité, de correction et de fermeté qui seule convient aux vaincus. Mais, trop hautain et trop arrogant pour accepter des conseils ou pour demander des avis, le maréchal, au lieu d'attendre les communications venant du quartier général du prince héritier de Hesse-Hombourg, compromit sa situation dès le jour môme de la signature de l'armistice en demandant à son ancien adversaire d'en prolonger la durée jusqu'au retour de l'officier qu'il avait envoyé en courrier*.

Le commandant de l'armée autrichienne du Sud se hdta de tirer parti d'une démarche aussi inutile qu'intempestive. Il s empressa de consentir îi une suspension d'armes indéfinie, en réservant toutefois à chacun des deux partis la possibilité de la dénoncer à tout instant et en fixant à 6 jours le délai qui devait s'écouler entre la notification de la dénonciation et la reprise des

i Aogcreau an prince héritier de Hesse-Hombourg, Valence, i 2 avril. (Correspondance d'Augereau ; Archives de la guerre.)

Wcii. — IV. 29

hoslililés. En agissant de la sorle, le prince ne s'engageait h rien, il n'outrepassait pas ses pouvoirs ; mais la générosité et la condescendance apparentes, dont il venait de faire preuve, lui fournissaient désormais le moyen, non seulement de continuer avec Augereau une correspondance qu'il lui aurait été difficile d'engager, mais de demander et d'obtenir des avantages que la faiblesse, l'inconséquence et la vanité du maréchal lui laissaient entrevoir. L'affaire de la Grande-Chartreuse arriva d'ailleurs très h propos pour lui permettre de sonder le terrain et d'envoyer h Augereau un de ses officiers, chargé bien moins de protester contre un de ces incidents sans importance et sans gravité qui se produisent presque inévitablement au moment de la cessation des hostilités que de s'assurer par lui-même des dispositions cl de Tétat d'esprit du maréchal. Les résultats de cette démarche dépassèrent les espérances du commandant de l'armée du Sud. Augereau combla le major prince Au(?rsperg d'égards et de prévenances exagérés.

Après s'ôtre longuement entretenu avec lui, il lui remit une lettre dans la([uelle il reconnaissait l'exactitude du fait, exprimait ses regrets, au sujet de TafTaire de la Grande-Chartreuse et du fort Harraux, dans des termes qu'on ne pouvait s'attendre ii trouver dans la bouche d'un maréchal de l'Empire, et faisait savoir au général en chef autrichien qu'il prescrivait à Marchand « de rendre immédiatement le terrain et les prisonniers et de donner au général Dessaix l'ordre de s'abstenir de toute hostilité»».

A ce moment, le maréchal hésitait encore ; ignorant la tournure prise par les événements, et craignant de se compromettre, il cherchait encore la voie qui pouvait le mieux satisfaire son ambition. Son attente n'allait pas être longue. Dès le lendemain 15, le maréchal avait pris son parti. Il savait ce qui s'était passé h Fontainebleau et pouvait désormais agir en connaissance de cause. Aussi, dans une lettre qu'il écrivait à Masséna*, il

* Augereau an prince bcrilier de Hesse-Ilombourg ot au général Marchand, Valence, 14 avril. (Ojrrespoudanco d'Auj,Trcau ; Archives de la guerre.)

^ Augereau à Masséna, Valence, 15 avril. (Ibid.) Dans cette lettre, Auge^ reau disait encore à &la«!»éna : <( H me tarde de connaître ta résolution qui, je crois, n'est pas douteuse. »

n*hésitait pas h lui dire : « BONAPARTE a signé son abdication pure et simple. Il (»st relégué ii Tîle d'Elbe ».

Dès lors, rompant avec son passé, ne s'occupant plus (jue de son avenir, ne songeant qu'à ses intérêts personnels, il chercha exclusivement à se concilier les bonnes gnlces des vainqueurs, qu*h se créer, par son ingratitude envers Napoléon, par l'explosion bruyante de ses sentiments royalistes, par ses rigueurs contre les oftlciers et soldats qui ne partageaient pas son zèle et son enthousiasme de néophyte, des titres peu honorables à la reconnaisance du nouveau gouvernement.

Non content d'abandonner avec éclat le souverain auquel il devait son bdton de maréchal, ses titres, ses dotations et le commandement en chef de l'armée de Lyon, le duc de Castiglione, aveuglé par Tambition, oublia même ce qu'il devait ù son pays.

Le 17 avril, lorsqu'il reçut communication de la convention qui fixait la ligne de démarcation entre les deux armées, il n'hésita pas ;i écrire au prince héritier de Hesse-Honibourg' pour lui dire que « nialyré le sens douteux du texte de la convention : a A partir du département du Rhône, la ligne suivra la frontière « du département de l'Isère jusqu'au mont Cenis, » */ lui donnera l'interprétation la plus favorable aux Alliés et fera évacuer Grenoble le 21. » Enfin, pour marquer plus complètement la gravité de la résolution qu'il avait eu le triste courage de prendre, la portée du sacrifice auquel il avait consenti de son plein gré, pour mieux faire valoir la grandeur du service qu'il avait bénévolement rendu aux Alliés, il ne craignit pas d'ajouter, quHl se réservait^ si cet article était interprété autrement, d'espérer que les Alliés évacueraient de suite Grenoble^,

Voici d'ailleurs le texte exact de la lettre qu'un maréchal de France ne rougissait pas d'écrire à son adversaire de la veille :

Valence, 17 avril. — « Prince, j'ai reçu la lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire, qui m'a été remise par M. le feld-maréchal baron de Wimpffen et k laquelle était jointe copie de l'armistice conclu entre l'armée française et les puissances alliées.

* Augereau au prince héritier de Hessc-llombourg, ValeDce, 17 avril. (Correspondance d'Augereau ; Archiva de la guerre,)

* Ibid. in id.

« Une difficulté se présente. Cette convention porte que, du département du Rhône, la ligne suivra la frontière du département de risore jusqu'au mont i^enis.

« D'après le sens littéral de cet article, il est évident que, la ligne la plus droite du Rhône au mont Cenis étant par Bourgoin et La Tour-du-Pin, les commissaires ont certainement voulu désigner la frontière extérieure du département de l'Jsôre ; car, si le département de Tlsèro eût dû être compris en dedans de la ligne de l'armée autrichienne, ce département eût été porté h la suite de celui du Rhône dans le tableau de ceux qui sont afiectés aux cantonnements d(»s troupes alliées, ^]n conséquence, je crois, Prince, que cet arlic'le est susceplibh» d'interprélalion par les commissaires respectifs qui sont annoncés devoir être nommés pour Texécution de cette convention. Néanmoins, d'après l'ordre de dislocation des armées alliées que m'a montré M. le feld-maréchal lieutenant baron de Wimpflen, il paraît que le département de l'Isère est compris dans ceux qui sont affectés aux cantonnements de Tarmée du Sud. Voulant faire tout ce qui dépendrait de moi pour les intérêts mutuels, je consens à donner à l article douteux V interprétation la plus (avorahle aujr Alliés. En conséquence, je vais donner l'ordre au général Marchand d'évacuer Grenoble le 21 de ce mois. Ce délai est indispensable pour préparer le mouvement des troupes, dont partie devra nécessairement venir dans la Drôme par la grande route de Grenoble îi Valence sur la rive droite de l'Isère.

« Il est bien entendu, et la loyauté de Votre Altesse m'en est un sûr garant, que, si l'article en litige était postérieurement interprété en faveur de l'armée française, les troupes alliées évacueraient immédiatement Grenoble. Il est de plus, je crois, superflu d'ajouter que l'occupalion de cetle ville étant amicale et paisible, les établissements et magasins de l'État resteront entre les mains de l'administration française et qu'elle n'éprouvera aucune des charges des pays conquis. C'est sur ces basesque j'autorise le général Marchand à traiter de l'évacuation avec tel commissaire qu'il plaira à Votre Altesse de nommer. J'espère (|u'Elle verra dans cette concession le désir sincère que j'ai d'aplanir toute difficulté et la confiance que j'ai en sa loyauté. »

Mais les paroles et les écrits ne suffisaient déjà plus au maréchal. Il crut nécessaire de mettre, par des actes, le comble h ses

faiblesses cl h ses coupables concessions. Le même jour, il informait Marchand que Tarmislice cédait Tlsère aux Autrichiens, et lui ordonnait d'évacuer Grenoble et de venir dans la Drôme après avoir réglé les détails de l'évacuation avec le général Bubna qui devait le remplacer à Grenoble*. Lo môme jour encore, il sommait les officiers do la division Bardet et de la brigade Ordonneau qui, indignés par la proclamation que le maréchal avait adressée la veille h son armée, n'avaient pas adhéré au nouveau gouvernement, do donner leur démission. Il les prévenait qu'en cas de refus il les mettrait en réforme sans traitement et leur ferait quitter l'armée*. Malgré ces menaces, généraux, officiers et soldats, exaspérés par l'attitude incompréhensible du maréchal, se refusèrent à suivre l'exemple de leur chef, à renier leur ancien souverain, à livrer à leurs ennemis de la veille le territoire qu'ils occupaient et qu'on n'avait pu leur arracher par la force.

Bien que le maréchal s'eflorçAt de démontrer h Marchand et à Dessaix que « l'occupation se faisait afin de rendre les honneurs îi l'Empereur »', Marchand s'entêtait à rester ii Grenoble et l'armée continuait h porter la cocarde tricolore, h proclamer hautement son attachement et son amour pour l'Empereur. Enfin, quelque discipliné qu'il fût, le général Marchand ne se décida à obéir que lors de la réception d'un second ordre, plus formel encore que le premier, lui enjoignant « de remettre le 24 au plus tard le fort Barraux aux Autrichiens, d'évacuer Grenoble et le département de l'Isère, de cantonner sa division moitié dans les Hautes-Alpes, moitié dans la Drôme et de contraindre le général Dessaix h évacuer sur-le-champ le département du Mont-Blanc et î\ réunir ses troupes îi celles de Marchand »*.

De plus en plus aveuglé par ses préoccupations ambitieuses, ayant complètement perdu la notion du devoir et le sentiment de sa dignité personnelle, Augereau ne s'était même pas aperçu que son attitude obséquieuse h l'égard des Alliés, ses condescen-

* Angereau au général Marchand, Valence, 17 avril. (Archives de la guerre.)

> Correspondance d'Augereau, 17 avril. (Ibid.)

' Note du général Marchand sur l'occupation de l'Isère et la remise du fort Barraux aux Autrichiens, 13-23 avril. (Archives de la guerre.)

*■ Augereau au général Marchand, Valence. 27 avril. (Archives de la guerre,)

dances df^placéos, son manque de patriolisnïe, ses protestations de dévouement au nouvel ordre de choses, trop bruyantes pour être désintéressées, trop soudaines pour paraître sincères, lui avaient fait perdre le peu d'autorité qu'il exerçait encore sur ses troupes et ne lui avaient valu, ni les moindres égards, ni les plus légères concessions de la pari du prince héritier de Hesse-Hombourg. Tout entier au but essentiellement égoïste qu'il poursuivait, il n'avait même pas compris que, plus il mettrait d'empressement h céder aux exigences des Alliés, moins il les trouverait lisposés t\ faire droit h ses réclamations. Le 23 avril, lorsqu'il s'aperçut enfin de l'inutilité de ses avances, il était trop tîird pour changer de ton. Bien que le maréchal n'eût pas manqué d'exposer au prince héritier de Hesse-Hombourg les causes du retard apporté îi l'évacuation de Grenoble, bien qu'il eût eu le soin de lui promettre que cette place lui serait remise le 24 avril au plus tard, le feld-maréchal lieutenant Wimpflen n'en avait pas moins continué à s'avancer du côté de Grenoble et y avait agi en ennemi. D'un autre côté, et par cela même qu'Augereau avait consenti de son plein gré, et sans môme y être invité, h céder l'Isère aux Alliés, le prince de Gobourg avait élevé et maintenu la prétention de rester dans la Haute-Loire, en opposition avec le texte môme de la convention qui obligeait les Alliés h évacuer les départements situés sur la rive droite du Rhône. Enfin, quoique l'armistice eût été signé à Valence le 12 avril, quoique les troupes alliées eussent été informées bien avant cette date de la cessation des hostilités, le comte Ignace Hardegg s'était emparé de Clermont le 14, s'y était établi et ne paraissait nullement disposé î\ quitter cette ville *. Le 23 avril le maréchal essaya de prolester timidement dans une lettre au prince héritier de Hesse-Hombourg contre ces violations flagrantes de la convention *.

24 avrU. — Entrevue de l'Empereur et d'Augereau. —

L'attitude du maréchal pendant le voyage de l'Empereur, lors-

^ Angereau au prince héritier de Hesse-Hombourg et au général Marchand. Valenre, 23 avril. (Arehivet de la guerre; correspondance d'Augereau.) Dans cette lettre, Augereau a soin d'insister à nouveau sur sa condescendance à l'égard des Alliés : « Do ma part, écrit-il. toutes les conditions de Tarmistice sont remplies, même celles dont les articles présentaient un sens douteux et auxquelles j'ai donné Tinterprétation la plus favorable aux troupes alliées. »

qu'il traversa le 14 avril la K^gion occupée par les troupes de Tarmée de Lyon, est tellement incompréhensible, tellement attristante, tellement pleine de contradictions, qu'on ne peut se rexpli(|uer que par la faiblesse de caracti'^re d'Augereau, par un retour î\ la raison, par un réveil de sens moral, par l'explosion des regrets tardifs et stériles que lui causait l'inutilité de ses compromissions, par la manifestation soudaine des remords de sa conscience, f» la vue de l'infortune même du grand homme qui avait tant fait pour lui et (|U*il n'avait pas hésité h abandonner, du grand homme aux bienfaits duquel il avait n'^pondu par la plus noire ingratitude, par Tégoïsme le plus coupable, et dont sa désobéissance et ses lenteurs, sa mollesse et son insuffisance avaient, sinon causé, du moins facilité et accéléré la chute.

« Le 24 avril, c'est ainsi que s'expriment les Commentaires de Napoléon \ on traversa Saint-Vallier et Tain. A moitié (chemin de Tain î\ ^Is^re, une voiture îi six chevaux avec deux courriers s'arrêta. Le maréchal Augereau, se rendant à Paris, en descendit avec trois aides de camp et demanda h parler à l'Empereur. Sa Majesté descendit de voiture et l'écouta une demi-heure. Les commissaires, les officiers de la suite étaient aussi descendus de voilure et formaient un groupe h 60 pas de distance. L'Empereur reprocha à Augereau la lenteur de ses opérations, sa négligence et son abandon de Lyon avec une si belle armée. Le général balbutia, pîUit, se défendit mal. Il se récria beaucoup sur la tournure que les affaires avaient prise; dit qu'il avait espéré la régence; qu'il était impossible pour tout soldat qui avait de l'honneur, pour tout Français qui aimait son pays, de se voir sous ce sceptre de plomb; qu'il allait se retirer h la campagne jusqu'à ce qu'un nouvel ordre de choses, qui ne pouvait tarder h avoir lieu, fît renaître le parti national. L'Empereur remarqua l'embarras de la contenance du maréchal Augereau *.

^ Vile tVElbe et les CentS' Jours; Commentaires de Napoléon.

* On a souvent prétenda, et non sans raison parfois, que Napoléon avait s

cherrhô dans ses Commentaires à justifier ses actes, à expliquer ses fautes, ses erreurs, en rejetant la responsabilité sur ses lieutenants, en sarrifiant l'histoire à ta U^K^nde. Le passage des Commentaires que nous venons de citer est cependant bien moins sévère pour le maréchal Augereau que le récit fait par le comte de Waldburg-Truchsess, le commissaire prussien qui accompagnait

Au moment de remonter en voiture, le maréchal, les larmes aux yeux, demanda la permission d'embrasser TEmpereur. Sa Majesté ignorait encore ses derniers sentiments et ne refusa pas cette faveur k un ancien compagnon d'armes.

« On descendit de voiture à un quart de lieue de l'Isère. Le général Koller * s'approcha alors de TEmpereur et lui dit à part : « Je viens de voir une scène bien extraordinaire. — Pourquoi ? « C'est un vieux soldat, lui dit l'Empereur, il a vieilli vingt ans « sous mes ordres, il n'a plus la môme ardeur ; d'ailleurs, il a eu « des moyens militaires, mais jamais de génie, ni d'éducation. « — Vous me surprenez, dit le général Koller. Vous avez été « trahi par Âugereau ; il y a quinze jours qu'il a fait un traité « avec nous. Ses mouvements étaient des simulacres et vous « ignorez même sa proclamation. On me Pa remise hier à Lyon et « la voilà. »

« L'empereur ne dissimula pas son indignation en voyant

Napoléon, récit qai diffère d'ailleurs sensiblement de celui qu'on trouve dans les CéOmmentairet.

t( Le 24 avril, vers midi, écrit le comte de Walàburg-Truchtestf dans sa Nouvelle relation de V itinéraire de Napoléon de Fontainebleau à Vile d'Elbe, nous rencontrâmes le maréchal Augereau prÔA de Valence. L'Empereur et le maréchal descendirent de voiture. Napoléon ôta son chapeau et tendit les bras à Auf^ereau qui Tembrassa, mais sans le saluer. « Où vas-tu conmie ça, lui dit l'Empereur en le prenant par le bras, tu vas à la Loire? » Augereau répondit que pour le moment il allait à Lyon. Ils marchèrent près d*un quart d'heure ensemble en suivant la route de Valence. Je sais de bonne source le résultat de cet entretien. L'Empereur fit au maréchal des reproches sur sa conduite envers lui et lui dit : « Ta proclamation est béte. Pourquoi des injures contre moi, il fallait simplement dire : Le vœu de la nation s'étant prononcé en faveur d'un nouveau souverain, le devoir de Varmée est de t*y conformer. Vive le Roi! Vive /^u« XVIIft »

« Augereau se mit alors à tutoyer Bonaparte et lui fit à son tour d'amers reproches sur son insatiable ambition à laquelle il avait tout sacrifié, même le bonheur de la France entière. Ce discours fatiguant Napoléon, il se tourna avec brusqu(^rie du côté du maréchal, l'embrassa, lui ôta encore son chapeau et se jeta dans sa voiture.

u Augereau, les mains derrière le dos, ne dérangea pas sa casquette de dessus sa tète et seulement lorsque l'Empereur fut remonté dans sa voiture, il lui fit un geste méprisant de la main en lui disant ailieu. En s'en retournant, il adressa un salut très gracieux aux commissaires. »

1 Le général Koller, auquel on avait adjoint le major fomte Clam-Marti* nitz. accompagnait l'Empereur en qualité de commissaire autrichien. Les autres commissaires étaient, pour la Russie le général Schouwaloiï, pour la Prusse le oomte de Waldburg-Truchscss, et pour l'Angleterre le général Campbell.

celte proclamation signée de ce même homme qui venait de lui tenir des discours si différents. »

Proclamation d'Augereau à son armée. — L^homme qui aurait pu si aisément éviter de se rencontrer avec le chef qu'il avait si mal servi, Thomme qui avait dû son maintien h la tète de l'armée du Rhône h la réelle amitié que TEmpereur conservait malgré tout h son compagnon d'armes de Tarmée d'Italie*, rhomme qui avait cru pouvoir laver avec quelques larmes, d'une sincérité douteuse, la honte de son inexplicable conduite, était le même qui, huit jours auparavant, avait eu le triste courage d'adresser à ses troupes, la proclamation suivante' :

Soldats !

« Le Sénat, interprète de la Volonté nationale lassée du joug lyrannique de Napoléon Bonaparte, a prononcé, le 2 avril, sa déchéance et celle de sa famille.

« Une nouvelle Constitution monarchique, forte et libérale, et un descendant de nos anciens Rois remplacent Bonaparte et son despotisme. Vos grades, vos honneurs et vos distinctions vous sont assurés.

1 Pendant le cours de la campagne. l'Empereur avait plus d'une fois songd à relever Augereau d'un commandement que pouvait seul exercer avec utilité un général ambitieux» mais énergique, discipliné et prêt à tout risquer pour exécuter les ordres de son chef et à braver tous les dangers pour atteindre le but qui lui était si clairement indiqué. Tout en reconnaissant» le i4 mars par exemple (lettre à Clarkc; Correspondance n^ 21,482), qu'Augereau n'avait plus ni l'énergie» ni la confiance nécessaires pour mener à bien les importantes opérations dont il était chargé» il semble que l'Empereur ait reculé devant une mesure cependant indispensable, que son amitié pour Augereau l'ait em* péché au dernier moment de donner un ordre formel au Ministre de la guerre.

L'Empereur regretta plus tard la faute qu'U avait commise : « Augereau» c'est ainsi qu'il le juge lui-mOme en écrivant à Sainte-Hélène ses notes sur la campagne d'Italie, était incapable de se conduire. Il n'avait pas d'instruction» pas d'étendue dans l'esprit» pas d'éducation. Il maintenait l'ordre et la discipline parmi ses soldats ; il en était aimé. Ses attaques étaient régulières et faites avec ordre. 11 divisait bien ses colonnes» plaçait bien ses réserves» se battait avec intrépidité. Mais tout cela ne durait qu'un jour. Vainqueur on vaincu» il était le plus souvent découragé le soir» que cela tint» soit à la nature de son caractère» soit au peu de calcul et de pénétration de son esprit. »

' Proclamation d'Augereau à son armée» Valence» 16 avril. (Correspondance d'Augereau; Arehives de la guerre.)

m Le Corps lé^slatif, les grands dignitair«^, les maréchaux, les ;;én»'Taux et tou> les corps de la Grande armée onl adhéré aux drt.rets du Sénat et Bonaparte lui-raéme a, par un acte, daté de Fontainebleau le 1 1 avril, abdiqué pour lui et ses héritiers les lr»inf-s de France et d'Italie.

" Soldats ! vous êtes déliés de vos serments ; vous Tètes par la nation en qui réside la souveraineté ; vous Tètes encore, s'il était nécessaire, par Tabdication même d'un homme qui, après avoir sacrifié des milliers de victimes ù sa cnielle ambition, n'a pas su mourir en soldat.

'< La Nation appelle Louis XVIII sur le trône. Né Français, il sera fii-r de votre gloire et s'entourera avec oi^ueil de vos chefs. Fils d'Henri IV, il en aura le coeur : il aimera le peuple et le soldat.

« Jurons donc fidélité à Louis XVIII et à la Constitution qui nous le présente, .\rborons la couleur vraiment française qui fait disparaître tout emblème d'une révolution qui est finie, et bientôt vous trouverez dans la reconnaissance de votre Roi et de votre patrie une juste récompense de vos nobles travaux.

c( Au quartier général de Valence, le 16 avril 1814. »

L'armée comprit son devoir mieux que le duc do Castiglione*. Loin de suivre Texemple honteux que ne craignait pas de lui

* Le loir même du jonr où il eut avee l'Empereur cette dernière entrevue, Angereau reçut à 9 heures le rapport suivant de Tofficier chargé de lui rendre compte des incidents du voyage de TEmperenr, de lui faire connaître les sentiments manifestés par Tannée sur le passage de Napoléon.

« J'ai attendu le retour de l'offider que j'avais envoyé à Loriot pour rendre compte a Votre Excellence du pas^sage de TEmpereur. Après avoir passé l'Isère, Sa Majesté a été accueillie par les soldats de garde au Pont-Brûlé, par les cris de « Vive l'Empereur ! »

tt A Valence il ne s'est pas arrêté, comme on l'avait annoncé, pour déjeuner. 11 a traversé rapidement le faubourg. Les grenadiers du quartier général, les hussards de l'escorte de Votre Excellence et la compagnie de chasseurs autrichiens lui ont rendu les honneurs militaires. Le peuple et les soldats ont été calmes et pas un cri ne s'est élevé. Il a montré de l'émotion en voyant les grenadiers français et les a salués avec attendrissement. Plusieurs d'entre eux (et ce n'est pas une exagération) versaient des larmes. J*ai éprouvé moimême un serrement de cœur dont je ne suis pas encore revenu.

u II a chanfré de chevaux hors de la ville sur la route de Loriol. Là, plusieurs soldats isolés ont crié « Vive l'Empereur !» — « Mes amis, leur a-t-il M dit, je ne suis plus votre Empereur, c'est Vive Louis XVIU qu'il faut crier.

donner un maréchal de TEmpire, un homme qui reniait d'un trail do plume un passé glorieux, qui sacrifiait son honneur d'homme et de soldat à ses visées ambitieuses, elle resta fidèle h son Empereur déchu et exilé. Prèle à se grouper au premier signal autour du chef dont les fautes et les malheurs n'avaient pu diminuer le prestige, elle ne se résigna que difficilement h refouler au fond de son cœur les sentiments inébranlables de vénération, de dévouement et d'amour qu'elle avait voués au grand capitaine dont le nom avait rempli le monde et dont le génie et les victoires avaient fait flotter le drapeau tricolore sur les capitales de l'Europe vaincue, frémissante et stupéfaite.

(c — Vous serez toujours notre Empereur, » a répondu un voltigeur du f>7* régiment en s'élançant à la portière et en lui pressant la main. 11 a porté la sienne sur ses yeux et a dit au général Bertrand : u Ce brave homme me a fait du mal. »

<c Entre La Paillasse et Loriol. les voitures ont rencontré la brigade Ordonneau. Les régiments ont fait front et lui ont rendu les honneurs militaires. Des soldats en faible minorité ont crié : « Vive TEmpereur t » 11 a appelé le général Ordonneau et a causé quelques instants avec lui. Apercevant le colonel Teulet du 67«, il a dit : u Ce colonel sort do ma garde, n et s'est entretenu aviM? lui.

« Arrivé à Loriol, il a été environné par les cuirassiers de la l'* division qui n'en part que demain. Un d eux lui a dit :

« S'il y avîiit 20,000 hommes comme moi, nous vous enlèverions et vous remettrions à notre tétc. Ce ne sont pas vos soldats qui vous ont trahi. Ce sont vos généraux. »

« 11 a eu un mouvement convulsif que le général Bertrand a calmé en lui serrant le bras.

« 11 est parti de Loriol avec le projet de se reposer à Montélimar. Il parait craindre do passer à Avignon et à Aix.

t( L'escorte de vos hussards l'a quitté à Loriol. »

Valence, 24 avril, 9 heures du ôoir. (Archivetde la guerre,)

IISTI m ODYBAGIS KT DOGOIINTS GONSULTÎS

Ab«za (R.-V.). Kratkaia Istoiia 7*0 Grenaderskovo Samogitskovo General Adiontanta Grafa Totlcbena Folka. (Historique résumé du 7* régiment do grenadiers de Siiniogitie, régiment du général aide de camp comte Tutleben.)

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Alexandeh 1 i evo Spodvijniki. (Alexandre l*' et ses compagnons d'armes.)

Alexander (Der Kaiser) und seine GefHhrten in den Jaliren 181S, 1813, 1814 and 1815. (L'empereur et ses l'omjKignons pendant les années 1812, 1813, 1814 et 1815.)

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Bagensky (Major von). Geschichtc des 9^*° Kdniglich-preussischen Infanterie Régiments, genannt Koll)erg. (Historique du 9^ régiment d'infanterie royale prussienne, dit régiment de Colberg.)

Bancalari. Feldmarschall Graf Radetzky als Kriegsheld und Heerfiihrcr mit bcsonderer Bcriicksichtigung .seiner Wirksamkeit an den Befreiungs-Kriegen 1813-1815 und seines ËinQusses auf das moderne Kriegswesen. (Le feldmaréchal comte Radetzky, avec des considérations .spéciales sur son rôle pendant les guerres de Tlndépendance, de 1813 à 1815, et son influence sur la guerre moderne.)

Bamgold (Général de). Obsen'ations sur la défense de la ville de Sens en

Barsevich (Hauptmann von). Geschichte des gross-herzoglichen badischeu Leib-Grenadier Régiments 1803-1871. (Historique du régiment grand-ducal badois des grenadiers du corps.)

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Becht. Feldziige 1814 and 1815 der badischen Truppen. (Campagnes des troupes badoises en 1814 et 1815.)

Bbcker. Geschichte des ï^» badischen Grenadier Régiments Kaiser Wilhelm n^ 110. (Historique du 2* régiment de grenadiers badois Empereur Guillaume n^ 110.)

Becker und Pauly. Geschichte des 2i«'> Ostpreussischeu Grenadier Régiments n** 3, von 1685 bis 1855. (Historique du 2° régiment de grenadiers de la Prusse orienule n» 3, de 1685 à 1855.)

Beitrau zii diT Gosi*hirhtc der Fcldziigt» in Fruiikri'irli in bcsondorer Uozicliung auf dus Commando des Krouprinzen von WiirtomlxTg, horausgOKPben von diMi Ollizien^n dos Koniglich Wiirlembergisi'hen (ivneralstabos. (Campagnes de France. Notes relatives an commandement oxcn'é par le prince royal de Wnrlcniberg, publiées par les ofliciers de l'état-major royal \^urlembcr- KeoLs. )

Beitrauk zur Kriegsgescliichte der Feldziige, 1813-1814, von eincm Oflizierc der alliirten Armée. (Notes relatives à l'histoire des campagnes de 1813 et 1814, par un ofllcier des armées alliées.)

Beitzke. Aus deni Lebcn des Koniglich-prenssiscrhen General-Lieutenants Friedrich von Sohr. (Vie du général-lieutenant prussien FrMéric von Sohr.)

Ueitzke (Major II.). Geschichte der deutschen Freibeitskriege in den Jahreu 1813 and 1814. (Histoire des guerres d'indépendance du l'Allemagne inondant les années 1813 et 1814.)

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i\vM . Gesr.hiciite des Koni>!licli-bayerischen 4i«> Jagor Bataillons, 17G5'1875, (Historique du 4*" bataillon de cha.sseurs bavarois, 1795-1875.)

Bbuniiardi (Th. von). Denk*^ urdigkeiten aus dem Leben des Kaiserlich russisi'hcn (lenerals der Infanterie Cari Friedrich Grafen von ToU. (Faits mémorables de la vie du général d'infanterie russe Charles Frédéric comte de ToU.)

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BÙLOW VON Dbnnewitz (General Graf) in den FeldziîKen 1813 and 1814. von einem preussisclien Odirier. (Le K6n(>ral comte Biilow von Denncwitz dans les camjiagnes do 1813 et 1814, par un officier (irussien.)

BuiiGHERiiii (Ijord. — Karl of Weslmoreland). .Memoirs of the Oprations of tlic AUied Armies under prince Si'hwarzenljerg and Mars<*hall Bliiclier during tlie latter end of 1813 and the year 1814. (Mémoires sur les opérations des armées alliées sous les ordres du prince de ScliMarzenhcrf; et du maréchal Bliicher pendant les deux derniers mois de Tannée 1813 et l'année 1814.)

Bi'XBAUM (Seconde-lieu lenant). Ges<'hiclitc des 3*'*" Chevau-légers Uegimeiits Ilerzog Maximilian (1724-1884). (Historique du 3° régiment de c4ievaulègers, duc Maximilien.)

BrxDAUM (Rittmeister). Biographisclie Denkmale Ba>erischer Reitcrfiihrcr. — Cari Friedrich Freiherr von Diez. (Biograi)hics de chefs de la cavalerie bavaroise. — Charles Frédéric, baron de Dii'z.)

Cavallerie (Die) der Jetzeit, ihre Bcdeutung, ihr (îehrauch und Starkeverhaltniss zu den anderen WafTen. Erlaiitert durch die Kriegsgeschichte der letzten 100 Jahre vom Beginn des Siehcnjahrigen Kriegs biszum Krim-Kriege 1855- 1850 und dem Kriegc in Ober Italien im Jahre 1859, von Oberstlieutenant... La cavalerie de nos jours, son importance, son emploi et se^ effectifs par rajiport aux autres armes, mis en lumière iKir l'histoire des guerres des cent dernières années, depuis le commencement de la guerre de Sept ans jusqu'à la guerre de Crimée, 1 855-1 85G, et la campagne d'Italie de 1859; parle lieutenant-colonel )

Casse (A. du). Mémoires du roi Joseph.

Casse (A. du). Précis historique de l'armée du Khùne.

Castlereagii (Lord). Correspondance.

CiiAssBRiAUX (Adjudant-commandant). Journal historiiiue du 5<> corps de cavalerie. (Manuscrit.)

Chatofp (Général-lieutenant). Journal des opérations des Russes et de leurs alliés pendant les campagnes de 1813, 1813 et 1814.

Chavrofp (Capitan). Kratkaia Istoria ll^o Grenaderskovo Fanagoriiskovo gi*neralissimousa Kniazia Souvorova Polka. (Historique résumé du 11* régi* ment de grenadiers de Fanagorie, régiment du généralissime prince Souvoroff.)

Clacsewitz (General Cari von). Hinlerlassene Papiero des Gênerais Cari von Clausewitz iiber Krieg und Kriegfuhrung. (Papiers laissés par le général Charles vou Clausewitz sur la guerre et la conduite de la guerre.)

Clausewitz (General Cari von). llistoris«.*lie Materialen zur Stratégie. — Uebcr d(>n Feldzog 1814. (Matériaux historiques relatifs à la stratégie. — Ciimpagne do 1814.)

Clausewitz (Geticral Cari von\ Critique stratégique de la campagne de France eu 18H.

Well. — IV. 30

CocHENHADSEM (Uuuptmauii vou). Geiichiclitc des hessiijchen Fold-Artillcrie liegimeiits 11° il und seiiicr StammtruppentheilL'. (Historique du régimenl hessois d'artillerie de campagne n" i 1 et des unités qui ont servi à sa formation.)

Colomb (vou). Ans dem Tagebuche des Hittmeisters von Colomb. — Streifziige 1813 und 1814. (Journal du capitaine von Colomb. Haids de 1813 et 1814.)

Colomb (General-lieulenant von). Beitràge zur Geschicbte der preussischen Cavallerie seit 1808. (Notes pour servir à riiistoire de la cavalerie prussienne depuis 1808.)

Colomb (Von). Hliicher in liriefea aus den Pcldziigen 1813-1815. (Bliicher, d'après ses lettres écrites pendant les campagnes de 1813 à 1815.)

Commando (Das) des Kronprinzen von Wiirtt^mberg in den Feidzûgen vou 1814-1815 gegen Frankreich, nach amtlichen Quellen herausgegcben von den Ofiizieren des Kôniglichen Wiirttembergischen General Quartier-meistcr Stabcs. (Lo commandement du prince royal de Wurtemberg pendant les campagnes de f 814 et 1815 contre la France, publié d'après les documents officiels par les ofûciei-s de l'état^major du quartier-maitre général wurtembergeois.)

CoNRADY (Premier Lieutenant E. von) Gesrliicbte des Koniglicb Freussiscbcn Gi«Q Infanterie Uegimenls von seiner Stiflung im Jabre 1773 bis zum Jahrc 1856. Nacb den im Cjcbeimen Staats-Arcbive und in den Arcbiven des Kôuiglichen Kriegsministerii, des General Stabes und des Régiments selbst entbaltenen Quellen bearbeitet. (Historique du 6« régiment d'infanterie prussienne depuis sa création en 1778 Jusqu'à l'année 185t). — D'aprt^s les documents existant aux Arcbives secrètes de l'Ëlat, aux Archives du Ministère royal de la guerre, de l'état-major et les papiers du régiment.)

Crusius (A.). Der Winterfeldzug in llolland, Hrabant and Flandcrn. Ëine Episode aus dem Ijefreiungs Kriege 1813-1814. (La campagne d'hiver en Hollande, dans le Hrabant et en Flandre. — Episode de la guerre de l'Indépendance de 1813-1814.)

Damitz (Major vonj. Gocbichte des Feldzuges von 1814 in dem ôstlichen und nôrdlicben Frankreicli bis zur Einnabme von Paris. (Histoire de la campagne de 1814 dans l'Est et le Nord de la France jusqu à la prise de Paris.)

Dabstellung des Feldzuges der Verbiindeten gegen Napoléon im Jahrc 1814 bis zur Erobei'ung von Paris. (Exposé de la campagne des Alliés contre Napoléon en 1814 jusc^i'à la prise de Paris.)

DAViiiOFF (Général D.). Essai sur la guerre de partisans.

DfiOEKiND (K. K. Ul)erlieutenant). Gescbicbte des K. K. Kaiser Franz Josef 1. Dragoiier liegiments N^ 11 von seiner Erricbtung iO Dezember 1688 bis Mai 1879. (Historique du régiment impérial et royal do dragons u° 11, Empereur-François-Joseph 1*', depuis sa création le iO décembre 1088 jusqu'au mois de mai 1879.)

DfiiNES (Ad. von). Das Kônigs Husaren Kegiment (1. Rheinisches) N° 7 vou der Fonnation des Stammregiments bis zur Gegenwart. (Le régiment de hussurds du Rhin n° 7 (1<^^ rhénan), depuis la formation du régiment jusqu'à nos joui's.)

Db.vku (K. K. Hauptmauu)* Kriegszcnen gesammelt vou. (Oestcrreichiscbc

Militiiriiiclie Zoitiiclirift). (Scèues de guerre réunies par le capitaine Denklu — Revue militaire autrichienne,)

DBNEw'ùaDiOKEiTBN (les Mcckleniburg-Strclitzischen Husarcn Régiments in deu Jahren dc^ iicfreinng-KanipfoA 1813-1815 nach dem Tagebuciie eines alteu Husaren und uuthentiscliun Quellen niedergesclirieben. (Faits mémorables accomplis par le régiment de hussards de Mecklembourg-Strelitz pendant les guerres d'indépendance de 181 3 à 1815, d'après le Journal dun vieux hussard et des documents officiels.)

Denkwurdigkeiten fiir Kriegskunst and Kriogs^issenschaft. Heft 6. (Faits mémorables relatifs à l'art et à la science militaires. — 6* Livraison.)

Dbnkw'ûrdigkeiten eines Livlanders. (Souvenirs d'un Livonien. — Journal du chef de partisans Lowensteni.)

Derrécagaix (Général). La guerre moderne.

DiEKHOFP (Colonel, aide de camp du grand-duc Constantin). Notes sur la capitulation de Paris. (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint- Pétenbourg, n« 47353.)

DoRiTio (Hauptmaun von). Geschichte des T^^b Thiiringis«:hen Infanterie-Régiments N*^ w6. (Historique du 7^ régiment d'infanterie de Thuringe, n^ 06.)

Dhoysen. (J. G.). Dus Leben des Feldmarschalls Grafen York von Wartenburg. (La vie du feld-maréchal comte York de Wartenburg.)

Droysen (J.-G.). Vorlesungen uber die Freiheits Kriege. (Conférences sar les guerres de l'Indépendance.)

Dlnckeh. Aus der Zeit Friedrichs des Grossen und Friedrich Wilhelm 111. (Souvenirs du temps de Frédéric le Grand et de Frédéric-Guillaume 111.)

DziENGEL (Hittmeister von). Geschichte des KOniglich preussischen !(•■ Ulanen Régiments. (Historique du i* régiment de uhlans prussiens.)

DziENUEL (Rittmeistcr von) und Bcrxhardi (von). Geschichte des Ulaoen Régiments iN<* i von 1745 bis 1800. (Historique du régiment de uhlans prussiens no 1, de 1745 à 1860.)

Kbehstein (Lieutenant baron von). Tagebuch vom 5t«B Reserve Infanterie Régiment. (Journal du 5* régiment d'infanterie de réserve.)

Egoer von ëgustein. (K. K. Major F.) Geschichte des K. K. vierten Huszaren Régiments Alexander Cezarewitch, Grossfiirat und Thronfolger von Russland. (Historique du 4*^ régiment impérial et royal de hussards Tzarevitch Alexandre, grand-duc héritier de Russie.)

ËLETZ. Istoria Leibg\ardii Grodnenskovo Goussarskovo Polka. (Historique du régiment de la garde impériale des hussards de Grodno.)

Emanuel (Général). Journal des opérations de son corps au delà du Rhin* (Archives impériales de Saint-Pétersbourg.)

Erinnerunoen an deu General der Infanterie Erasmus Grafen von Deroy, von einem alten Soldaten. (Souvenirs du général d'infanterie Erasme, comta de Deroy, par un vieux soldat.)

Erinnerungen aus dem Leben des Kaiserlich Russischen GeneraULieutenant Johaim von Blarandierg nach dessen Tagebiichem 1811-1871. (Souvenirs tirés de la vie du général-lieutenant russe Jean de Blaramberg, d'après ses journaux, 1811 à 1871.)

•Erin'XERunoen ans don dcutsclien Befreinn^rs Kriegen. (Soinenirs des guerres de l'indépendance de l'Allemagne.)

Erivnerl'NGES eines prcnssischen Offiziers aus den Jahren, 1813, 1814» 1815. (Souvenirs d'un ofiicier prussien. Années 1813, 1814, 1815.)

Erinnerunusbuch fiir Aile welche in den Jalin>n 1813, 181 i, 1815, theilgcnonunen halxMi an dein tieiligen K<impre um Selbstandigkeit nnd Fn>il]eit. (Mémorial d(*stin à tous ceu\ qui ont i>ris part en 1813, 1814 et 1815 à la sainte lutte {KMir l'iiidépiMidanee et la liberté.)

Ernouf. Maret, duc de Hassano.

KrstÎjrmumg (Die) von Romans ani 2^«> april 1814. (La prise d'assaut de Romans, le 2 avril 181 i.)

Htzbl (Von). I)as Kaiser Alexander Garde (Grenadier Régiment. (Le régiment de grenadiers de la ganh' Kinp<'reMr-Ale\andre.)

Fabricii's (Olx'rst-liiMitenant. Der Parteiganger Hellwig uiid seine Streifzuge im Kriegsges4'hirlitli('lien Zusanunenhange betrarlitet. — Ein Beitrag zur GeM-liirhte des Kleiiien Krifges in den Jahren 1792-1814. (Le partisan Hellwig et .ses raids ronsidérés au iKunt de vue de l'histoire militaire et de la petite guerre pendant les années 1792-1814.)

Fabvier (Odonel). Jounial des o|)érations du 6* ^'orI»^ pi'udant la campagne de France en 1814.

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Feldakten ans dein Archiv des Kriegs ministeriums und aus deni Arehiv Cons<Tvatorium von Ober Hayern in Mùnchen. (Documents milit.iires du Minis* tére de la guerre et des Airhives de la haute Bavière, à Munich.)

Feluzuge der Wurtteinberger in den Jahren 1812-1815. (Campagnes des Wurtenibergeois (MMidant les aiuiées 1812 à 1815.)

FKLDZtGE der Sachseii in den Jahren 1812, 1813 und 1814. (Campagnes des Saxons pendant les aimées 1812. 1813 et 1814.)

Fieffé (E.). Histoire des troupes étrangères au service de France.

FiNCKU (Von). tles<hichte des Oldenburgis<'hen Infanterie Régiments N® 91, vormals grosshcrzoglicheii (jldenburgischen Infanterie Régiments von seiner Errichtung zur (iegenwart (1812-1880). (Historique du régiment d'infanterie d'Oldcnhurg, n" 91 (ancien régiment grandducal oldenl>ourgeois), depuis sa création jusqu'à nos jours (1812-1880).

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Galitzinb (Prince). 0 Partizanskicb Dicïstviacb vc bolscbich rasmierach. (Des grandes opérations de partisans.)

Gapfarel (Paul). Dijon et l'occupation autricbienne en 1814.

Garrelts (Major Gerh. Andr. v.). Die Ostfriesen im Deutsclien B<^freiungs Kriege. — Ges4'liicbte des ehemaligen dritten Westplialiscben Ostfriesisi'ben Landwehr infanterie Régiments, der freiwilligen Jiiger, der Cavallerie und Reserve Bataillons seit ihrer Ënstehung bis zur Auflosung in den Kriegsjahren 1813-1815, nebst einer allgemeinen Uebei-sicht der Kriegsereignisse dieser Zeit. (Les Frisons orientaux pendant la guerre d'Indépi'ndance de l'Allemagne. — Histoire de l'ancien 3* régiment d'infanterie de landwelir de Westphalie, de la Frise orientale, des chasseurs volontaires, de la cavalerie et du bataillon de réserve, depuis leur formation jusqu'à leur licenciement pendant les camp<ignes de 1813 à 1815 .avec un aperçu général des événements militaires de cette épocjuc.)

Gedler (Feld-Marschall-Licutenant W. von). Denkwiirdigkeiten ans dem Leben des Fcld-Marschalls Landgrafen Pbilipp zu Hessefi-Homburg mit Beniitzung der oesterreichischen Original Quellen dargestellt. (Faits mémorables de la vie du feld-maréchal landgrave Philippe de Hcsse-Hoinbourg, d'après les documents officiels autrichiens.)

Gedenkblatter fiir das K. K. Dragoner Régiment Feldmarschall Erzherzog Albrecht N° 4. (Mémorial du régiment impérial et royal de dragons n* 4, An'hiduc-Albert.)

Geissler. Geschichte des Kôniglich-bayerischen 16*" Infanterie Régiments und seiner Stamm-Abtheilungen des î^*», 7l«° und 9»" Jiiger Uataillofis, 1813- 1888. (Historique du 16« régiment d'infanterie bavaroise et des corps qui ont servi à sa formation, les i*, 7« et 9* bataillons de chas-seurs, 1813-188H.)

Gektz. Geschiclite des 8^" BrandenburgÎRrhen Infanterie Régiments N® 64, Priiiz Friedrich Karl von Prenssen von der Errichtung des Régiments bis zum Jahre 1873. (Historique do 8* régiment d'infanterie de Brandebourg n® 6i, Prince-Frédéric-Charles do Prusse, depuis la création du régiment jusqu'à l'année 1873.)

Geringer (Oherst von). Szenen aus der Geschiclite des K. K. Huszaren Régiments Szekler N® 12. Aus dem Tagebuclie des Obersten. (Scènes tirées de l'histoire du régiment impérial et royal de hussards n* 12 Szekler. — - Extraits du Journal du colonel.)

Germeth (Major) et Klirssling (Premier-lieutenant). Geschichte des 6*«« Kftniglichen-bayerischcn Infanterie Régiments Grossherzog von Hessen, 17S2- 1887. (Historique du 5" régiment d'infanterie bavaroise, Grand -dac-deiiesse, 1722-1887.)

Gerschblhann (Colonel). Partiziinskaïa Voïna. (La guerre de partisans.)

Geschichte der Kriege in Europa scit dem Jahre 1792 als Folgc der Staat.sveriinderung in Frankreich unter Ludwig XVi. Bande, 12-13. (Histoire des guerres en Europe depaia l'année 1792 considérées comme conséquence de la Révolution française .soos Louis XVI, tomes 12 et 13.)

Geschichte des Kôniglich preussischen 7'»n Infanterie Régiment von seiner Stiftung in Jahre 1797 bis zum Juli 1854 naeh dem hinterlassenen Manuscript des Hauptmanns G. von Salisch und den im Régiments Archive niedergelegten Materialen. (Historique du 7* régiment d'infanterie prus* sienne, depuis sa création en 1797 jusi{u*au mois de juillet 1854, d'après le manuscrit laissé par le capitaine G. von Salisch et les documents existant dans les archives du régiment.)

Geschichte des Kuniglich-preussischen 18^^° Infanterie Régiments von 1813 bis 18i7. (Historique du ÏS^ régiment d'infanterie prussienne de 1813 à 1847.)

Geschichte des l^*" Oberschlesischen Infanterie Régiments N<» 22 seit seiner Griindung bis zur Gegenwart bearbeitet von mehreren Offlzieren des Régiments. (Historique du 1«' régiment d'infanterie de la haute Silésio n« 22, depuis sa création jusqu'à nos jours, par un groupe d'officiers du régiment.)

Geschichte des Magdeburgischen Husaren Régiments N<^ 10, zusammengestellt bei Gelegenheit des 50 jiihrigen Beslehens dessciben am 19t«n November 1863. (Histori((ue du régiment de hussards n^ 10, rédigé à l'occasion du 50® anniversaire de l'existence du régiment. — 19 novembre 1863.)

Geschichte des K. K. 52»«n Linien Infanterie Régiments Erzheraog Franz Cari. (Historique du 52* régiment impérial et royal d'infanterie, Archiduc- Francois-Charles.)

Geschichte des K. K. Oesterreichischen 7»«n Linien Infanterie Régiments Grossherzog von Toscana. (Historique du 7« régiment impérial et royal d'infanterie, Grand-duc-de-Toscane.)

Geschichte des K. K. Infanterie Régiments Leopold II, Kënig der Belgier N^ 27 von dessen Errichtung 1662 bis 1882. Im Auftrage des Régiments bearbeitet nach don Acten des K. K. Kriegs Archiv und sonstigen amtlichen Quellen. (Hisloriqui» du régiment impérial et royal d'infanterie n® 27, Leopold II, roi des Belges. — Rédigé par ordre du régiment, d'apr»^ les documents des Archives impériales et royales de la guerre et autres documents ofliciels.)

Geschichte des Kôniglich-bayerischen Infanterie Leib-regimenta von fu»iner

Krriohtuiifr his ii*'» OctoInT 1891. (Historique dn n^giinmt d'infanterie bavaroist* — Rôgiment du rorps — dopuis sa rr^ation jusqu'au 1*' octobre» 1891.)

(lEscHicHTE der Jager Sohwadron dw 2 ^^ Lpil)-Husaren Rofriments in den Feldzugen 1813-1814. (Historique do IVscadron de chasseurs du i* régiment de hussards du corps p<>ndaiit les eampa^nies de 1813 et 181 i. — (Fait partie de l'historique des l®"" et i* n^K'nK'nts de hussards du corps.)

rÎESCHir.HTE des ît«n Loih-Husaren Rejfiments N° 2 von 17il bis 1880. (Histori(pie du 2® régiment de hussards du corps n" 2. de 1741 à 1880.)

(îR^cHiCHTE des 11*" Westfalisi'hen Husaren Rcffiments n" 8. (Historique da i^' rî'giment de hussards de Westphalie, n® 8.)

(iRscHicHTR des 3*« Westfalischen Infanterie Rejfiments N° 10, })earbeitet Ton OUlzieron des Re^menti. (Historique du 3* r«*^nient d'infanterie de Westphalie !!• 10, rt^igé par les t)fficiers du régiment.)

Grschichte des K. K. 42i«n Linien Infanterie Régiments Herzog von Wellington nach den von dem Regiments-Komniando eingesendeten Materialen und den Feldakten des K. K. Kriegs Archives bearbeitet. (Historique du 42* régiment impérial et royal d'infanterie. Ducale- Wellington, d'après des pièces communiquées par le commandement du régiment et les documents des Archives impériales et royales de la guerre.)

(lEscHicHTE des Lijtzowschen Freikorps. (Historique du corps franc de Liitzow.)

(lESCHiCHTE des S**" Wiirttembergischen Infanterie Régiments N® 121, 1716- 1891. (Historique du 3* régiment d'infanterie wurtembergeoisc n** 121, de 1716 à 1891.)

Geschichtr und Thaten des Koniglich-bayerischcn 2^a Cbevau-légcrs Régiment Fiîrst von Thum und Taxis von 1792 bis 1810. (Historique et faits d'armes du 2" régiment de chevau-légers bavarois Frince-de-Thurn-et-Taxis, de 1792 à 1810.)

fiEscHicnTR des 7*«" bayerischen Chevau légers Régiments Prinz Cari (im Jahre 1813), l»en Cuin-ussiers Régiments Prinz Cari (in Jahre 1815) bis zur Vereinigung desselben mit dem Garde du Corps Régiment im Jahre 1825. (Autographie.) (Historique du 7® régiment de chevau-légers bavarois l*rince- Charles (en 1813). l*' régiment de cuirassiers Prince-Charles (en 1815) jusqu'à sa fusion avec le régiment des gardes du corps en 1825. — Aatographie.)

GiRAUD. Campagne de Paris en 1814.

GoDOLiNSKY (P. P.). Kratkii Otcherk Istorii 3^o Dragounskovo Sonmskovo Evo Koroleffskovo VissotscheLsva Nasliedniovo Printza Datskovo Polka. (Historique résumé du 3* régiment de dragons de Soumy, régiment de S. A. R. le prince royal de Danemark.)

GoniER (Président du Directoire au 18 bnimaire). Mémoires de Gohier. — Mémoires des Contemporains pour sen'ir à Diistoire de France et principalement îï celle de la Révolution et de TEmpire.)

GoLTZ. Geschichte des dritten Ulanen Régiments. (Historique du 3« régiment de uhlans.)

(îouiEPP Capitan). Istoria PskoflTskovo Piékhotnovo General Feld-Marschalla Koutousoffa Smolenskovo Polka (1700- 1881). (Historique du régiment d'infanterie de Pskoiï, régiment da feld-maréchaJ général KoutousofT-Smolenski.)

GocRGADO et SloNTHOLON (GéuHraux). Mt^moires pour senir à THûtoire de Fnmre soiw Napoléon, écrits à Saiiile-Hélêiie.

Grirsixger. Geschichte des Ulanen Reiriinents Kunig Karl (!*« Wurtemberjrisclien) N^^ 19 von seiner Griindung 1683 bis zur Gegenwart. (Historique du régiment de uhlans Roi-Charles n« 19 (!«' wurteuibergeois), depuis sa créalion en 1683 jusqu'à nos jours.)

Grotchke (Wachtmekter). Die Jàger Schvadron des 2t«« Leibhusaren Régiments in den Feldzii^n 18131 81 i. (L'escadron de chasseurs du î« régiment de hussards du corps pendant les campagnes de 1813-1814.)

Ghoccby. Mémoires du maréchal de Grouchy.

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Gdhctzkt-Corxitz (II. von). Ges4'hirlite des I^b Rrandenburjnschen Ulanen Régiments. Kaiser von Russland N** 3, voni Jahre 1809 bis 1859. (Historique du 1*' régiment de uhlans de Brandeliourg n° 3, Empereur-de-Russie. depuis l'année 1809 jusqu'à 1859.)

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Helpert. Kaiser Franz und die earopaischen Befreiungs Kriege gegen Napoléon. (L'empereur François e! les guerres d'indépendance de l'Europe contre Napoléon.)

IIelfert. Marie-Louise, Erzherzogin von Oeslerreich. Kaiserin der Franzosen- (Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, impératrice des Français.)

llRLLDOiiFF (fieneral-niajor zu D. Freiiierr von). Ans dem Leben des Kaiserlich- Kussischen Gênerais der Infanterie Prinz Eugen von Wiirtemberg, ausdessen eigeiiliandigen Aufzeichnungeii so>%ie aus dem s<'liriftlichen Nachlasse seiner Adjutanten gesammell und herausgezogen. (Extraits de la vie du général d'infanterir russe [)rince Eugène de Wurtemberg, tirés des notes manuscrit(*s du prince et des papiers laissés par ses aides de camp.)

Henkcel von Donnersmarck (Koniglich Preussicher General -Lieutenant Graf). Erinneningcn aus meinem Leben. (Souvenirs de ma vie.)

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Hervé (Edouard). La rampagne de France. (Revue contemporaine, tome XIV.)

Hehrwarth vox UiTTENFBLb (Premicr-Lieiitenaiit Hans.) Gescliirhte des Koiiiglich-preussisrhen 2^«" Gard(; ReKimonts zii Fuss. (Historique du 2« régiment à pied de la garde royale prussienne.)

Hbym. Geschichte des reitenden FeldjàgiT Corps wahrend der ersten 150 Jahre seines Bestehens, 1740-4890 (Historique du corps des chas.seurs à cheval de campagne pendant les 150 premières années de son existence, 1740- 1800.)

Ubyne (C. von). Geschichte de? S**» Thuringistrhen Infanterie Régiments N® 94, Grossherzog von Saohsen, vormals grossherzogliches sachsis<!he8 Bundes Contingentes und seiner St/imme. (Historique du li^ régiment d'infanterie de Thuringe n^ 94, Grand-duc-de-Saxe (ancien contingent fédéral grand-ducal saxon et troupes servant à le former.)

Hiller (Oberst F. von). Geschichte des Feldzuges 1814 gegen Fr:uikreich unter hesonderer Berûcksichtigung der Antheilnahme der Koniglich wùrttembergischen Truppen. (Histoire de la campagne de 1814 contre la France et plus particulièrement de la part prise à cette campagne par les troupes wurtemhergeoises.)

HoDKXBERG (Oberst, Freiherr von). Das K5nigliche Sachsische Leibgrenadier Régiment N° 100 in seinen hervorstehenden Erlebnissen und Thaten. (Le régiment saxon de grenadiers du corps n® 100. — Ses fastes et faits mémorables.)

Hoffmann (von). Tagehuch des zweilen Russischen Corps in den Feldzugen 1812. 1813-1814. (Journal du 2<^ corps russe pendant les campagnes de 1812, 1813 et 1814.)

HofmannCh APPUIS (Albert von). Die nacbgelassene Correspondenz z'wischen dem Herzog Ëugen von Wiirtemlierg und dem Chef seines Stabes wiihrend die Kriegs jahre 1813 und 1814, dem damaligen (Jbersti^n in russischem Dienste und spiiterhin General in preussischen Diensten von Hoffmann. (Correspondance du duc Eugène de Wurtemberg avec son chef d'état-major pendant les années 1813 et 1814, le colonel russe von HolTmann, devenu plus tard général au service de la Prusse.)

HoLTZENOORF (Général- Lieutenant von). Beitriige zur Biographie des Gênerais Freiherm von Thielmann und zur Geschichte der jungstvorgangenen Zeit. (Notes pouvant servir à la biographie du général baron de Thielmann et it l'histoire des événements les plus récents.)

HoRN (Hauptmann von). Geschichte des Kiiniglich -preussischen Leib-lnfanterie Régiments. (Historique du régiment d'infanterie prussienne du corps.)

HoRSBTZKY (K. K. Oberst A. von). Die wichtigsten Feidziige der letztcn 100 Jahre. (Les principales campagnes des 100 dernières années.)

HuMBERT (F.). L'invasion. — 1814 en Seine-et-Marne.

HcTTBR. Das Kënigliche baycrische 1^ Chevau-legers Régiment, Kaiser Alexander von Russland, 1682-1882. (Le !«' régiment de chevau-légers bavarois Kmpereur-Alexandre-de-Russic, 1682-1882.)

IsTORiA Kavallergardskovo Polka. (Historique du régiment des chevaliers-gardes.)

IsTORiA Leib-Gvardii Kazatchiovo Evo Velitchestva Polka. (Historique du régiment de cosaques de la garde impériale, régiment de S. M. l'Empereur.)

Jagwitz (Major F. von). Geschichtc des LiitzowVhen Freikorps. (Historiqno du corps franc de Liitzow.)

JoMiNi. Vie politique et militaire de Napoléon.

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Jomeh-Tettenweis (Oberst Graf von). Gescbichtc des Këniglich bayerischen iO**» Infanterie Régiments Prinz Ludwig. (Historique du 10* régiment d'infanterie bavaroise Prince- Louis.)

Joseph Xapoléox, Correspondance.

Journal der Marscbe, Stellongen und Operationen der Resene cavallerie Division des It«« Armée corps unter Befehl des Herm General major von Jiirgass. (Journal des marcbes, positions et opérations du l^' corps d'armée (prussien), sous les ordres du général major de Jurgass.

Journal der M&rsche, Stellungen und Operationen des Detacbements uoter Befebl des Obersten Grafen Henckel von Donnersmark vom Uebergange iiber den Rhein bis zur Affaire von la Chaussée und Einnabme von (îhâlons sur Marne im Januar 1814. (Journal des marcbes, positions et opérations du détachement sous les ordres du colonel comte Henckel de Donnersmarck, depuis le pa.ssage du Rhin jusqu*à l'aiTaire de La Chaussée et la prise de Ch:\lons-8ur-Af arne. )

Journal des opérations, tenu et signé par le prince Wolkonsky.

Journal des opérations du corps du prince Eugène de Wurtemberg (2* corps russe). (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint-Pétersbourg, n» 47344.)

Journal des opérations des armées impériales russes et alliées depuis la prise de Tborn jusqu'à la capitulation de Paris.

Journal des opérations de guerre signé par Barclat de Tolly. (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint-Pétersbourg. n° 29188.)

Journal du 6^ corps nisse (général Stscberbatoflf) pendant les anuées 1812, 1813 et 1814.

JouNAL du corps d'armée sous les ordres du général comte Lanoeron. (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint-Pétersbourg, n<>* 15236 et 29103.)

Journal du corps d*armée sous les ordres du gémirai Sacken. (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint-Pétersbourg, n**» 16643 et 44585.)

Journal d'opérations du général Nikitix. (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint-Pétersbourg.)

Journal d'opérations signé par le général Woronzopp. (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint-Pétersbourg.)

Journal général des pièces et rapports reçus pendant la campagne de 1814. (Archives impériales de Saint-Pétersbourg, n** 29121.)

Journal général des ordres et pièces expédiés pendant la campagne de 1814. (Archives impériales de Saint-Pétersbourg, n** 29190.)

Journal des opérations du général Kapsewitch. (Archives du dépôt topographique et militaire de Saint-Pétersbourg, n° 32367.)

Journal du général Poltoratzkv. (Archives du dépôt militaire et topographique de Saint-Pétenbourg.)

Journal du généraMieiiteiiant prince STUCHBRBATorr. (Arthiveft du d^pôt mili* tairp et topographique de Saint«Péteribourg, n* 44685.)

Journal de marrlie du !•' régiment de dragon» do Lithunnie.

Joi'RNAL de man'lie du i'*" r^^gimenl de dragons de la Prusse «x'cidentale.

JouRNACK, Rapports, Notes, Ordrrs et Lettres de Rliirher, Barelay de Tolly, Wittgenstein. Winxingerode, prinre Wolkonsky, prinre Woronzoff, Sarken. Gneisenau, T»>1I, Tettenborn. Tchemitrheff, KaïssarofT. Seslavin, Thum et Taxis, comte Baillet de Latour, Diebitsch, Langeroii, prince Scliwarzenberg. Platoff, prince royal de Suède, comte Wallmoden-Gimborn, baron de Thielmann, York, Bulow, prince Maurice Liechtenstein, comte Tburii, etc., etc.

Journal de l'Armée.

Journal des Armes spéciales.

Journal des Sciences militaires.

Journal d'opérations du corps de cavalerie sous les ordres du général Ema- NUEL au delà du Rhin. (Archives du dépôt militaire et topographique de Saint-Pétersbourg, n* 47363.)

Journal des Débats.

Journal historique du corps volant entre Seine et Manie aux ordres du général Vincent, par un officier des gardes d'honneur. (Manuscrit.)

JuRGASs (Général major von). Rapports sur les combats de Montrairail et de Château-Thierry.

Kaehler. Die Preussische Reiterei von 1806 bis 1876 in ihrer inneren Entwickelung uns authentischen Aktenstiicken dargestellt. (La cavalerie prussienne de 1806 à 1876, son développement intérieur, d'après deî> documents officiels.)

Kbim (A.). Geschicbte des 4i<° grossherzoglichen hessischen Infanterie Régiments (Prinz Cari), n» 118, 1699-1878. (Historique du 4" régiment d'infanterie Grand-ducale hessoise n» 118, Prince-Charles, 1699-1878.)

Keyserling (Ob«Tit Archibald Graf von). Ans der Kriegs Zeit. Erinnenmgen î»*' Theil. (Souvenirs du temps de la gtierre. 2* partie.)

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Relationen der Schlachten uiid (îefechto welrhe die Reserve cavallerie des 4*'" Armée Corps unter dem Befehl des Generals-majors von Jiirgass seit dem Waiïenstillstande bis zur Einnahme von Paris gehabt liaben. (Relation des bataill(*s et combats auxquels la cavalerie de réserve du 1*' corps d'armer (prussien), sous les ordres du général-major von Jiirgîiss, a pris part depuis l'armistice jus({u'à la prise de Paris.

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Sterx. Abhandlungen und Aktenstiicke zur Gescbichte der preussischen Reformzeit, 1807-1815. (Observations et documents relatifs à l'histoire de l'époque de la réforme prussienne, 1807-1815.)

Sthandmann (Général). Mémoires sur le combat de Sommepuis. (Archives du dépôt topograpliiquc et militaire de Saint-Pétersbourg, n** 47353.)

Strantz (Major F. von). Uebcrsicht der Kriegsbegebenheiten der Alliirtcn Haupt-Armoe bei Erôffnung des Feldzuges 1814, dessen detachirten Korps und Gefechte bei Lyon und Genf ins besondere. (Aperçu des opérations de la grande armée alliée au début de la ciimpagnede 1814, de ses corps détachés. (*t plus particulièrement des combats livrés du côté do Lyon et de Genève.)

Strantz (Major F. von). Das Treffen bei Montereau und der Riickzug der Alliirten. (La bataille de Montereau et la retraite des Alliés.)

Strapp (Hauptmann). Gescbichte des Kôniglich-bayerischen 4te» Infanterie Régiments. (Historique du 4« régiment d'infanterie bavaroise.)

Strobl (Ferdinand. Eder von Ravelsberg, K. K. Oberlieutenant). Gescbichte des K. K. 12i«» Dragoncr Régiments von seiner Errichtung bis zur Gegenwart, 1798-1890. (Historique du 12* régiment impérial et royal de dragons, depuis sa création jusqu'à nos jours, 1798-1890.)

Strotha (General-lieutenant von). Zur Gescbichte der Kôniglicb-preussischen dritten Artillerie-Brigade bis zum Jahrc 1829. (Historique de la 3° brigade d'artillerie prussienne jusqu'à l'année 1829.)

Strotha (General-lieutenant von). Die Kôniglich-preussische reitende Feld- Artillerie vom Jahre 1759 bis 1816. (L'artillerie de campagne prussienne à cheval, depuis 1759 jusqu'à 1816.)

Stuckrad (Hauptmann von). Gescbichte des 1^» Magdeburgischen Infanterie Régiments N^ 26, 1813-1888. (Historique du 1*' régiment d'infanterie de Magdebourg, n» 26, 1813-1888.)

Stumppp (Lieutenant). Tagebuch vom 3i««» Ostpreussischen Landwehr Infanterie Régiment. (Journal du 3® régiment de landwehr de la Prusse orientale.)

Stuhr (P. p. Professer an der Kën. Friedrich-Wilhelm Universitat zu Berlin.) Die drei ietzten Feldziige gegen Napoléon. (Les trois dernières rainpagnes rontre Napoléon.)

SussMiLCH (Oberst-Ueatenant, genannt Hornio). Geschichte des 2<«b Koniglich- Sachsisclien Hasaren Régiments, Kronprinz Friedrich Wilhelm von Preussen N** 19. (Historique du 2® régiment de jmssards saxons Prince-Roy al-Frédérir- Guillaume-dc-lVusse, n* 19.)

SzBNEN ans der Geschichte des K. K. Ifuszaren Régiments Kônig von Wiirttemberg, vorher Blankeiistein Huszaren. (Scènes tirées de l'histoire du régiment impérial et royal de hussards Roi de Wurtemberg, ancien hussards de Blankenstein.)

SzbNEN aus der Geschichte des K. K. Huszaren Régiments Erzherzog Ferdinand N° 3. (Scènes tirées de Thistoire du régiment impérial et royal de hussards Archiduc-Ferdinand, n° 3.)

Tagebuch des Koniglich-preussischen 1***» Dragoner Régiments (Litthauischen) aus den Kriegsjahren 1813-1814. (Journal du l*' régiment de dragons prussiens (dragons de Lithuanie), pendant les campagnes de 1813-1814.)

Taoebccu des Koniglich-preussischen 4t«n Kiinissier Régiments (Schlesischen. chemaliges l^** westpreussisches Dragoner Régiment) aus den Kriegs Jahren 1813-1814. (Journal du 4® régiment de cuirassiers prussiens (cuirassiers de Silésie, ancien 1"^ régiment de dragons de la Prusse occidentale), pendant les campagnes de 1813-1814.)

TAOEsiJcup.u aus den Feldzûgen der Wiirttemberger unter der Regierung des K(5nig Friedrichs. (Journaux des campagnes des Wurtembourgcois sous le régne du roi Frédéric.)

Tueimeh (A.). Geschichte des K. K. T*" Uhlanen-Regiments Erzherzog Karl Ludwig von .seiner Errichtung, 1768 bis Ende 1868. (Historique du ?• régiment impérial et royal de uhlans Archiduc-Gbarles-Louis, depuis sa création en 1758, jusqu'à la lin de 1868.)

Thiklen (Major von). Der Uebergaug iiber den Rhein der Verbiindeten Haupt- Armec unter deni Oberbefehle des Feldmarschalls Fursten Karl von Schwarzenberg am 21i«o December 1813, nebst einem Beri<*hte iil)er die Ereignisse bis zum 2t«B Februnr 1814 in Frankreich. (Le pas.sage du Rhin par la grande armée alliée, sous les ordres du feld*maréchal prince Charles de Schwarzenherg, le 21 décembre 1813, suivi d*un rapport sur les événements ((Ui se sont passés en France jusqu'au 2 février 1814.)

Thielex (Major von). Der Feldzug der verbiindeten Herre Europa's in Frankreich unter dem Oberbefehle des K. K. Feldmarschalls Fursten Karl zu Schwarzemberg. Nach Authentisclien Oesterreichischen Quellen dargestellt. (La campagne de France des armées coalisées de l'Europe, sous les ordres du feld-maréchal prince Charles de Schwarzenherg, daprès des documents officiels autrichiens,)

Thielen (Major von). Erinnerungen aus dem Kriegericben eines 82 jâhrigen Veteranen der OEsterreichischen Année mit besonderer Bezugnahme auf die Feldzuge der Jahre 1805, 1809. 1813, 1814 und 1815. (Souvenirs de la vie militaire d'un vétéran autrichien de 82 ans, et plus particulièrement des campagnes de 1805. 1809, 1813, 1814 et 1815.)

Thielen (Major von). Die Schlacht von Har-sur-Aube am 27*«° Februar 1814

nach deii œsterreichiRrhen Originalqiiellen von einem Aufrenzengen. (La bataille de Bar-sur-Aube, le %7 février 1814, d'après les drK-aments orifrinaux autrichiens, par un témoin oculaire.)

Thiblen (Von) Gescbichte des Ma|;deburgiscben Ilusareii Régiments N<* 10 (1813-1888). (Historique du régiment de hussards de &liigde})Ourg, no 10, 1813-1888.)

Thibme. Gi^schichte des Pommerschen Kiisilier Régiments n** 34 nebst geschichtliche Mittheiiungcn iiber das Kdniglich-Schwedische Leibregiment Kônigin. (Historique du régiment de fusiliers de Poméranie. n^ 34, avec des communications relatives au régiment suédois du corps, Régimcnt-de-la-Reine.)

TiiiERS. Histoire du Consulat et de l'Empire.

Thorn vhd Taxis (Kiin. bayerischer Major, Furst von). Tagcbuch des bayerischen Majors Fiirsten Taxis vom Feidzuge 1812, 1813. 1814. hauptsachlicli die bayerische Armée betreffend (Autographie K. K. Kriegs Arcbiv.). (Journal du major bavarois prince Taxis, pendant les campagnes de 1812, 1813 et 1814, se rapportant plus particulièrement à l'armée bavaroise. (Autographie. Archives impériales et royales de la guerre.)

TiszKA (Rittmeister). Ges<-hichte des Kimiglirh-preussischen 1**" Dragoner Régiments von 1717 ab. (Historique du 1" régiment de dragons prussiens depuis 1717.)

ToMASCHEK (Rittmeister, Freiherr von). Das K. und K. Dragoner Régiment y^ 8 Montecuccoli. (Lo 8* régiment impérial et royal de dragons, régiment de Montecuccoli.)

Valentini (General-Lieutenant. Freiherr von). Die Lehre vom Grossen Kriege. (La leçon de la grande guerre.)

Valette (Comte de La). Mémoires et souvenirs.

Van Zuylen van Ny^tlot (Adjudant-commandant). Journal de la division Ricard. (Archives de la guerre.)

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Varnuacen von oer Ense. Geachichte der Kriegsziige des Gênerais Tettenbom wàhrend der Jahre 1813-1814. (Historique des pointes et coups de main du général Tettenbom pendant les aimées 1813-1814.)

Varnhagen von der Ense. Das Leben des Fursten Blucher Vf)n Wahlstadt. (La vie du prince Bliicher de Wahlstadt.)

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Victoires et conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français, par nue Société de militaires et de gens de lettres.

ViTROLLKS. Mémoires.

VôLDERNOORP (Frellicrr E. von). Riickerinnerungen an die Jahre 1813 und 1814. (Souvenirs rétrospectifs des années 1813 et 1814.)

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Weixgarten (Hauptmanu A. von). Geschichte des Liitzow'schen Frei Korps. (Historique du corps franc de Liitzow.)

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Widhern (Oberst. G. Cardinal von). Der Rlieiu und die Rhein-Feidziige. (Le Rhin et les campagnes du Rhin.)

WiDDERN (Oberst. G. Cardinal von). Das Gefecht an Flussiibergangen und der Kampf an Fluss-linien. (Le passage des rivières et la défense des lignes fluviales.)

WiDDERN (Oberst. G. Cardinal von). Das Nachtgefecht im Feldund Belagerungs Kriege. (Le combat de nuit dans la guerre de campagne et de siège.)

WiGGER (F.). Feldmarschall Fiirst Bliicher von Wahlstadt. (Le feld-maréchal prince bliicher de Wahlstadt.)

WiLHELM VON Baden. Deukwûrdigkeilen des Gênerais der Infanterie Markgrafen Wilhelm von Baden aus den Feldziigen 1809-1815. Nach des.sen hinterlassenen Aufzeichnungen, herausgegebeii vom General -Lieutenant A. D. Freiherrn Ruder von Diersburg. (Faits mémorables de la vie du général

d'iiifuntcrio Margravo (inillanmo do. Rade. Campagne» de 1800 ii 1815. Publiés d'après l(>s not(>H qa*il a laissées, par le général-lieutenant baron Rôder de Diersburg.)

WiLSON (General sir Robert). Private diary of Iravels, personat service» and public events duriiig mission and eniplo\ment ^^itli the Kuropean armies in tlie campaigns of ISii, 1813, 1814. (Journal privé des voyages, services ]K>rsonncls et é\éneinents publics pendant la mission qu'il a remplie auprès des armées euroi)éennes au cours des campagnes de 1812, 1813 et 1814.)

WoLLzocEN (Colonel). .Ménu»ires.

WonoNOFP et BouTOPPSkii. Istoria Leibgvardii Pavloiïskovo Polka. (Histoire du régiment Pavloffski de la garde imiiériale.)

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WrRTEMBERr. (Général d'infanterie Prince Eugène de). Mémoires.

WiiiiTKMBEHO (Général d'infanterie prince Kugène de). Extraits de mon Journal militaire des campagnes de 1813-1814 (An'hives du dépôt toiH)graphique et militaire de Saint-Pétei'sbourg. Manuieril.)

WÛRTTRMRERniscHR (Das 4^). Infanterie Régiment in den Feidziigen von 180C bis 1870-1871. (Le 4* régiment d'infanterie wurtembergeoLstî dans les campîignes depuis 1800 jusqu'à 1870-1871.)

York von Wartbnburo (llauptmann Graf). Napoléon als Feldherr. (iNapoléon, général en chef.)

Zanthikr (Premier-lieutenant von). Gesi'hichte des Kiinissier Régiments Ilcrzog Friedrich Eugen von Wiirttemberg (WestpreussLsches) X" 5 s<mI seiner Krrichtung am 1. mai 1717 bis zur Gegenwart. (Historique du régiment de cuirassiers Duc-Frédéric-Eugène-de-WiirtemlMîrg (cuirassiers de la Prusse (M'cidentîile), n® 5, depuis sa création, le l**" mai 1717, jusiprà nos jours.

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Zeitschrift fiir Kunst, WisseiLschaft und Ge5<!hichte des Krieges. (Revue d'art, de science et d'histoire militaire.)

ZiEOLER(von). Das KoniRlich-preussis<*he 17*« Infitnterie Régiment. (Le 17* régiment d'infanterie prussienne.)

ZiMMERMANN (D' W.) Dic befrciungs-Kàmpfc der Deutschen gegen Napoléon. (Les guerres d'indépendance des Allemands contre Napoléon.)

ZiMMERMANN. Gcschichtc dcs 1 *••» grossherzoglichen hessischen Dragoner Régiments (Garde Dnigoner Régiments), N" 23. (Historique du l®*" régiment grand-ducal hessois de dragons, n? 23 (régiment de dragons de la garde).

Zi'R Geschichtb des ehemaligen Ostpreussischen National Kavalleric Régiments in den Feidziigen von 1813-1814. — Mittheilungen nua deu Tagebûchem and Erinnerungen eines Freiwilligen. (Notes pouvant servir à l'historique de l'ancien régiment de cavalerie nationale de la Prusse orientale, pendant les

campagnes de 1813 et 1814. Tirées des journaux et souvenirs d'un volontaire.)

Ztchlinsky (Major F. von). Geschichte des Kôniglich-preussischen 24i«n Infanterie Régiments, 1813-1838. (Historique du 24* régiment d'infanterie pnissienne, de 1813 à 1838.)

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