A CONCARNEAU
venait, a 1 aube, le ça sera son bien chant des coqs.
LamèreManac’h les bras croisés sur les genoux, commença de goûter du repos
et de reprendre sa raison. Plus de fumée, plus d’odeur de graisse roussie. Le vent lui apportait la senteur du goémon, celle du sarrazin, celle des fougères qui meurent vite dans les terres maigres.
— C’est vrai aussi, dit-elle, que mon champ n’est pas grand. Je ne pourrais pas vivre de lui, si Corentin ne rentrait pas. Et même, si le fils revient, faudra qu’il se marie. Ça sera son bien : ça vient du père.
Elle écouta la rumeur qui ne cesse jamais tout à fait, voix puissante même quand elle est douce, qui se lève de toutes les pointes de roches, de toutes les falaises, de toutes les plages.
— La mer travaille. Elle est comme moi, toujours en peine.
Un long moment elle se recueillit, les yeux fermés, songeant à ce beau journalier, Corentin Manac’h, son fils, dont elle n’avait jamais été séparée avant la guerre. Elle revit en esprit son regard doux et têtu. Et, à cause de lui, elle retrouva plus vite la voie parfaite. Les paupières toujours baissées, remuant les lèvres, comme si elle se fût confessée, elle reprit: — Puisque c’est votre volonté, c’est la mienne. Je continuerai le métier qui me donne si chaud. Mais, s’il vous plait, mon Dieu, que cela serve au garçon qui est dans la tranchée !
C’étaient des mots de repentir, bien simples, mur-