‹ La campagne politico-religieuse de 1896-1897 [microforme]Chapitre 11 sur 33 · R LA CAMPAGNE POLITICO-RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

R LA CAMPAGNE POLITICO-RELIGIEUSE

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“ Voilà, d’après moi, tout ce qu'ont pu demander du parlement des hommes raisonnables et convaincus, et le gouvernement dont je suis le chef est prêt à aller jusque-là dans le cas où Manitoba refuserait d’accorder le reûressement des griefs dont, on se plaint.” [ Hansard du Sénat, 1895, page 671.1

Ce que le pren:ier rist"e promet à la minorité catholique, à! +: jêt, dit-il, à le donner de suite, sans com is3ion. sans faire au Conseil Privé l’injure de reviser son jugement en ce qui concerne les questions de fait :

‘ [Il ne saurait être question, dit M. Bowell, d'établir quelle était, antérieurement à 1890, l'efficacité des écoles. Je le déclare au nom de mon gouvernement, nous mavons rien à y voir.

Ce n’est pas là pour nous une question à décider. Ce que nous avons à décider est simplement ceci : la minorité a-t-elle été dépouillée d'aucun de ses droits, et, dans ce cas, devons-

nous, sous l'autorité du Conseil Privé, la remettre en possession de ses droits en établissant dans la province un système d'éducation tel qu'il puisse répondre aux exigences de ceux qui demandent les écoles séparées sans avoir les inconvénients de ce qui peut être appelé un système inefficace ? Voilà ma position. Je répudie de suite toute tentative de nommer

une commission. C’est parfaitement inutile.

Mais j’approcherais volontiers la législature du Manitoba pour lui déclarer que nous sommes prèts à discuter la question avec elle et je lui ferais simplement cette proposition : Etes-vous disposée à rétablir les écoles séparées de manière à assurer leur efficacité et à exempter ceux qui les supporteront de payer pour d’autres écoles ?” [Hansurd du Sénat, 1895, p. 672.]

On ne saurait méconnaître un seul instai:

toute l'importance de cette dernière déelarati: a du chef du païti conservateur. Nir MacKeï ie Bowell dénonce du coup l'attitude prise par le parti ibéral qui, en face d'un jugement ‘a!

du plus haut tribunal de l'empire assurant à la minorité ses droits désormais incontestés, à l'incommensurable effronterie de proposer à cette même minorité de tout remettre en cause, en acceptant une enquête qui virtuellement met de côté le jugement d’un tribunal sans appel et tous les bénéfices d’une cause jugée et triomphante.

l'honorable Sir MacKenzie Bowell abandonna À direction du parti conservateur et fut remplacé dans les premiers jours de mai 1896, à la veille des élections générales, par Sir Charles Tupper, père. Le nouveau premier ministre ne fut ni moins explicite ni moins

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déterminé dans ses déclarations. Son premier actc d’ailleurs: dans la eonstruction de son cabinet fut d’y faire entrer l’honorablé M.

Angers, le champion reconnu de la cause des écoles.

(b) Le manifeste de Sir Charles Tupper.— Nous ne reproduirons pas ici les déclarations faites par Sir Charles Tupper, quand il à présenté le bill réparateur à la chambre des Communes et quand il l’a défendu, en plusieurs circonstances, contre les attaques des fanatiques d’'Ontario et eontre le mauvais vouloir des membres de l'opposition. Nous nous contenterons de transcrire ce passage dun manifeste électoral que le chef a porté à la eonnaissance de l'électorat tout entier et qui à spécialement trait à la cuuse de la minorité :

‘ Il n’est pas nécessaire pour moi, déclare le nouveau chef du cabinet, d'essayer dans le court espa'e d’un alinéa, de faire une revue complète de la position du gouvernement sur la question des écoles du Manitoba. Quoique la conduite du gouvernement ait été honteusement représentée à faux par des hommes qui ont en cela un but à atteindre ou sont trompés par une conception erronée de la question considérée à son mérite réel, c’est un fait admis que le gouvernement a pris uue position claire et définie

‘au point de vue constitutionnel de cette affaire.

ier Nous avons tout simplement fait ce que nous son croyions être juste en accomplissant le devoir M. que nous impose le jugement du plus haut des tribunal de l'empire et nous avons cherché à remédier aux griefs de la minorité catholique LE romaine de Manitoba en la rétablissant dans la Une jouissance des droits et privilèges que lui pré- garantit la constitution. Sachant que notre DEN ‘ause repose sur une base constitutionnelle °urs solide et convaineus que nous faisons ce qui est Her juste, c’est pour nous un devoir patriotique de des persister dans la politique que nous avons ten- adoptée à ce sujet ; et nous eu appelons maineste tenant pour la justification de notre conduite À nce l'esprit de justice du peuple canadien.” ent Aussitôt son gouvernement organisé, Sir Charles T'upper se rendit à Winnipeg etlà sous e le les fenêtres du sectaire Martin, à portée de urt voix des bureaux de Greenway, le premierète ministre de Manitoba, il‘prononça ces énergiion ques paroles dont l’écho a retenti dans toute la uite confédération :

pré- ‘ Les lois de 1890 sont une iniquité. Elles ela constituent une violation du pacte fédéral qui 1e dit que les Anglais et les Français, les cathoà liques et les protestants, la majorité ct 1a minoou-

rité, les grands et les petits sont égaux devant nie

la loi. J’ai été partie à ce pacte et je ne serais pas un homme d'état, digne de ce nom, si je consentais à laïsser écraser la minorité de Manitoba parce qu’elle est catholique et parce qu’elle est faible.”

[c].—Quelques autres déclarations.—VPendant qu’il était ministre de la justice dans le gouvernement Bowell, Sir Charles Hibbert Tupper, fils, disait en 1895, devant les électeurs d’Antigonish :

‘ Il y a des difficultés, relativement à cette question, qui, à mon avis, sont dues à des malentendus. Quoique certains conservateurs aient des opinions que nous ne pouvons partager, notre gouvernement reste lié à la poli-

tique de rendre justice à la minorité du Manitoba. .…

“ Cette minorité recourt à la constitution et au parlement fédéral pour obtenir protection. Et elle l’aura.

‘ La question n’est pas de choisir le meilleur système scolaire. La question est de protéger les droits d’une minorité et le gouvernement de la minorité triomphera ou tombera en luttant pour remplir les promesses faites À une faible minorité.”

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De son côté, pendant l’élection de Westmoreland, en 1895, l'honorable M. Foster, ministre des finances, disait :

“ Le Canada va-t-il respecter sa p role et ses engagements ? Les conservateurs disent oui, les libéraux qui ont brisé le pacte au Manitoba ont la lâcheté aujourd’hui de ne pas dire leur pensée. Je suis protestant, continue M. Foster, je suis partisan des écoles communes ; mais je n'hésite pas à dire que nous ne devons pas manquer à notre parole, répudier nos marchés, jeter aux orties les garanties que l’on a promises aux minorités ; ce serait un déshonneur national!”

A Smith Falls, Ont., M. Foster s’est exprimé comme suit, en novembre dernier (1895) :

‘“ Notre politique est aussi claire que la lumière du soleil ; nous l'avons exprimée en chambre. .....Je vous dis, et je suis autorisé à vous le dire, que sur cette question,telle qu’exprimée finalement par moi aux Communes et par Sir Mackenzie Bowell au Sénat, tous les membres du cabinet sont unanimes..,.,..

“ Il s’agit simplement de savoir si la constitution accordait à la minorité un droit d'appel et un remède....., C’est tout simplement cela, rien autre close. Je vous dis que, en principe, je favorise les écoles publiques ; je ne

suis pas tant en faveur des écoles séparées, mais je suisici non pas comme citoyen, mais comme membre du gouvernement, foulant aux pieds ma liberté individuelle et mes sympathies personnelles pour arriver au règlement d’une question constitutionnelle que j'ai juré de régler comme la constitution l’exige.”?

Voici maintenant les paroles que M. Foster a prononcées à Lachute, dans la province de Québec :

‘ Le gouvernement en est venu à une décision et par cette décision il est décidé à se maintenir ou à tomber.”

Et, ce qui valait encore mieux que toutes ces déclarations, ce qui était plus concluant et plus satisfaisant que tous les arrêtés ministériels,e’est que, fidèle à sa promesse, le gouvernement conservateur a soumis aux chambres une législution réparatrice, comme mesure ministérielle, attachant ainsi son sort comme gouvernement au sort même de la mesure et consentant à descendre du pouvoir si les députés la repoussaient par une majorité de leurs votes.

Le gouvernement ne fut pas battu devant les chambres et si la session se termina avant l'adoption définitive du projet de loi, c’est que la durée du parlement ne pouvait se prolonger

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une journée de plus au delà des cinq années de son existence légale.

La bataille commencée en chambre se continua devant l'électorat.

Attitude des libéraux.

Il importe, dans la présente étude, de ne pas perdre de vue ce fait très significatif : c’est que les lois iniques de 1890, causes premières de toutes les difficultés, ont été l’œuvre du parti libéral.

C’est le parti libéral qui a violé la constitution en brisant le pacte sacré en vertu duquel Manitoba était entré dans la Confédération.

Le fameux Marin, qui a proposé et fait adopter ces lois par ia législature de Winnipeg, pendant qu’il était procureur général dans le gouvernement Greenway,. appartient au parti libéral, C’est un ami intime de M. Laurier, Devenu député fédéral il fut présenté À la chambre des Communes par M. Laurier luimême qui se constitua ainsi, au scandale da tous les catholiques, le parrain politique de leur persécuteur le plus acharné,

Il n’y a qu’à consulter les docurr ents officiels pour constater que les libéraux ont commis à

Winnipeg la eriante injustice dont souffrent les catholiques du Manitoba et qu'ils ont empêché à Ottawa l'adoption de la mesure réparatrice proposée par les conservateurs, acceptée par le parlement et par les catholiques eux-mêmes qu'elle devait secourir,

l'—Les libéraux à Winnipeg.

Le 14 avril 1890, certains membres de las.

semblée législative du Manitoba signaient et envoyaient au (rouverneur général en conseil un mémoire dans lequel ils disaient :

“ Bien que lacte intitulé : ‘* Acte concernant le département de l'instruction publique ?”? ait été adopté par la législature, aucun des députés (de la foi soit catholique romaine, soit

protestante) de la lovale opposition de Ka Majesté, dans la dite législature, ne l'a approuvé ; mais, au contraire, comme l'indique l'extrait des Journaux de la Chambre contenu dans l'annexe ‘ C ” ci-joint, tous les députés de la

loyale opposition de Sa Majesté dans la dite assemblée législative [à l'exception de M.

Lagrimodière, catholique romain et député de la Verandrye, qui ne pouvait remplir ses fonctions parlementaires par suite de maladie grave dans sa famille] l’ont désapprouvé :—et bien

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que l'acte intitulé : ‘ Acte concernant les écoles publiques ” ait été adopté par la législature, aucun des députés (de la foi soit catholique romaine, soit protestante) de la loyale opposition de Sa Majesté dans la dite assemblée législative ne l’a approuvé ; mais, au contraire, tous les députés de la dite loyale opposition l'ont désapprouvé, comme l’indique également l'extrait des Journaux de la Chambre contenu à l'annexe C ” ci-joint,”

Voici le document en question :

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