‹ La campagne politico-religieuse de 1896-1897 [microforme]Chapitre 17 sur 33 · LA CAMPAGNE POLITICO-RELIGIESE · texte numérisé non relu

LA CAMPAGNE POLITICO-RELIGIESE

en chambre toute mesure qui aurait pour but

efficace de rendre aux catholiques du Manitoba leurs écoles dont ils sont privés depuis six ans ; de travailler de toutes mes forces à faire accorder aux catholiques leur part légitime de subsides pour l'entretien de ces écoles et à faire admettre au gouvernement de Manitoba que l’enseignement fourni dans ces écoles devra être contrôlé par le clergé.

‘ Je m'engage de plus à ce que même justice soit rendue aux catholiques du Nord-Ouest.

‘ Quel que soit le gouvernement au pouvoir si la loi présentée est acceptée par tous Nos Seigneurs les évêques,je m'engage de l’appuyer.

‘ Dr J. GopBour, ‘ Candidat.”

Il en fut de même sur toute la ligne. D’une extrémité à l’autre de la Province de Québec, depuis Gaspé jusqu'à Ottawa, tous les candidats s’engagèrent également, À peu près dans les mêmes termes, à exiger du pouvoir fédéral l'adoption d’une mesure réparatrice.

Dans le comté de Charlevoix, le candidat libéral aujourd’hui député, M. Charles Angers, écrivait sous sa signature, en date du 25 mai : ‘6 J’appuierai de mon vote et de toute mon influence une loi réparatrice accordant justice à la minorité manitobaine, c’est-à-dire lui res-

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taurant tous les droits reconnus par le Conseil Privé.”

A Percé, dans le comté de Gaspé, M. Rodol- BR phe Lemieux, candidat et aujourd’hui député libéral, lisait, le jour de l'appel nominal, la déclaration suivante :

“ Je, soussigné, candidat dans ie comté de Gaspé, m'engage solennellement à voter en chambre conformément aux désirs exprimés par NN.SS,. les Évôques dans leur récente Lettre pastoraie.”?

Il est inutile de citer davantage et de multiplier les preuves.

C’est un fait qui n’est pas d’ailleurs contesté.

Tous les députés actuels catholiques français, à l'exception de deux ou trois, sont liés par un engagement solennel à voter en faveur d’une législation réparatrice et c’est au mandement collectif, c’est-à-dire à l'intervention épiscopale qu'est dû ce magnifique résultat.

Les conservateurs ont été battus, mais la cause catholique surnage triomphante ct marche d’un pas assuré vers le succès, pour peu q'ie l’épisvopat veuille bien maintenir la position qu’il a prise, position que sa propre dignité, que la fidélité aux principes, qu? lintérèt des catholiques opprimés lui font un impérieux

devoir de garder.

Un autre résultat de l'intervention épiscopale ça été de provoquer dans les autres pro-

vinces, au foyer même du protestantisme, des expressions d'opinion que les évêques de ces localités n’auraient probablement jamais données sans cela. La vérité s’est ainsi propagée au centre même d’un élément naturellement hostile et a gagné à la cause scolaire de précieuses adhésions.

Nous avons successivement entendu les voix si autorisées de NN. S$S. les évêques d’Antigonish, d’'Halifax, de Kingston, de Chatham et de Toronto, et. sur les bords de l’ Atlantique comme sur les rives du St-Laurent cette parole épiscopale s’est adressée forte et courageuse aux hommes de bonne volonté.

Elle disait :

‘“ Dans une crise comme celle-ci, celui qui aime son pays ne saurait garder le silence.

Puisse l’écho de ma voix arriver aux oreilles et à l'intelligence de tous mes compatriotes. À ceux qui ne sont point catholiques, je dirai : Allezvous, vous qui êtes les descendants des hommes qui, après un long et rude combat, conquirent la liberté constitutionnelle, frapper un coup qui devra avoir les conséquences les plus graves sur l’œuvre de vos pères? Si vous ne maintenez pas les remparts de la constitution aujour-

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nous porte à nous

d’hui, demain votre conduite sera invoquée comme un précédent autorisant une brèche sur un autre point—contre vous peut-être. L'avenir, la paix et l'avancement de la Confédération sont entre vos mains. Vous êtes la mujorité, vous pouvez opprimer une pauvre minorité dans une certaine province ; vous pouvez dire que les décisions des tribunaux,

4 bonne foi et la jus-

° 17 considérer

tice ne conptent pour rien ; VOUS POUVEZ ÉVO- QUER UN ESPRIT MALSAIN ET EUR D'UN GRAND NOMBRE DE VOS CONCITOYENS LES RANCUNES QUE L’INJUSTICE ENGENDRE ; VEZ ARRÊTER LES PERSPECTIVES

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