LA LOI ACTUELLE LE COMPROMIS
accorde l’enseignement de la | accorde l’enseignement de la religion dans le temps (indé- ! religion, de 34 heures à 4 h. terminé quant à lu durée) | (une demi-heure) de l’après-
qui précédera l’heure de clô- | ture de l’après-midi, tous les | jours.
midi, après la classe, à certains jours spécifiés de la semaine au lieu de chaque jour
| d'école, au gré des commis:
| saires.
Les exercices religieux devant être soum's aux règlements du Bureau des Avi:
seurs et à l’option des cominissaires (dans le cas d’éco'es mixtes).
L'élève assiste à cet enselgnement tant que les parents ne s'y opposent pas.
Il sera du devoir de l’instituteur de fairetels exercices religieux, les commissaires lui en ayant donné l’autorité.
L’enseiwnement doit être autorisé par les commissaires on demandé par requêvre siwnée, et dans le cas d’écoles mixtes, c’est le ministère de léducation qui fera les rèwlements.
L'élève ne peut assister :
cetenseiynement tant que Îles parents n’en ont pas manifesté le désir.
Personne n’est oblisé à donner cet enseisnement, Lit bonne volonté doit y pourvoir. Un ceclésiastique,ou une personne dûment autorisée par cet ecclésiastique, où un instituteur ainsi autorisé, pourra, après la classe, exercer son zèle de 3, heures à LE h. à certains jours spécifiés de la semaine.
Voilà, en somme, l'énorme conquête, l'étonnante concession arrachée à M. Greenway par la diplomatie d’un Laurier, par l’irrésistible et accaparante intervention d'un Tarte.
Une
demi-heure donnée à l’enseignement
de la religion, en dehors de la classe, à la fin
it de la à 4h.
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de la journée, à certains jours spécifiés et non à chaque jour d’école, aucun élève ne pouvant assister à tel enseignement tant que les parents n’en auront pas manifesté le désir !
Le compromis, Laurier Greenway accorde à la minorité catholique moins quene lui donne actuellement la loi Martin ! !
b. — Mais il y à l’emploi d’un instituteur catholique et cet emploi devient un droit pour la minorité dans le cas d’une assistance moyenne de 40 élèves dans les écoles de la ville et de 25 élèves dans les écoles de la campagne.
Cette concession est illusoire. Elle ne donne rien à la minorité parce qu’elle est entourée de conditions impossibles.
Il est temps de reproduire ici les statistiques qui nous arrivent du Manitoba et qui démontrent l’inanité du compromis qu'offre M.
Laurier.
Winnipeg, tout le monde l’admettra, est
aujourd’hui le centre le plus populeux du Manitoba.
À Winnipeg il y a 19 écoles publiques protestantes et 600 élèves catholiques, ce qui fait dans le centre le plus populeux du Manitoba une moyenne de 82 élèves catholiques par école.
FR
Or il faut non seulement 40 élèves par école mais une assistance moyenne «le 40 élèves.
Donc, aucun droit à un instituteur catholique dans les écoles situées dans le centre le pins populeux du Manitoba.
“ Ce n’est pas tout, dit M. À. A. Cherrier, car ces 19 constructions contiennent dans leur exsamle 110 classes dont chacune pratiquement jeut-être considérée comme une école à part . faites de nouveau le partage de nos enfants (catholiques) et vous en aurez à peine six par classe ; partant pas de maîtres catholiques À engager ici.
Supposons que dans chacune des deux où trois écoles les plus centrales de la ville, disons la New-Mulvey ”, la ‘ Central ” et la“ North Central ”, l’on puisse vraiment grouper 60 à 80 élèves catholiques : comme chaque école susdite contient la première et la troisième, 10 classes chacune et la deuxième, 22, et de plus que notre maître catholique ne pourra en toute probabilité enseigner que dans lune de ces classes, sa présence en pratique, si elle doit avoir quelque utilité au point de vue catholique, ce qui reste fort douteux, vu l'article 8 du règlement (compromis), sa présence n'aura donc d'utilité que pour 6 ou 8 élèves de chacune des trois écoles en question.
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DE 1896-1897 163 Bref, 24 enfants catholiques tout au plus sur 600 pourront bénéficier de emploi d’un instituteur catholique !
Ai-je tout dit, continue M. Cherrier, au sujet de ce malheureux article ? Hélas ! non, caril reste un côté plus pénible encore à examiner.
En ettet, pour arriver à jouir, même de ces minimes avantages, il nous faudra congédier nos bons frères Maristes, et nos bonnes Sœurs des Saints Noms de Jésus et Marie.
Il va de soi que ni les Frères ni les Sær:s na pourront en aucun temps, même en supnosa::
qu’on leu: accorde tous les diplômes désirables, consentir à quitter chaque matin leur co:r1nunauté pour aller s’enfermer pendant c:n1q à six heures de la journée au milieu d’euiants la plupart protestants avec ces mots toujours présents à l'esprit : % Gare à toi, si d'ici à 3.30 heures p.m. il monte de ton cœur à tes lèvres une seule parole ayant trait à Dicu, à Jésus- Christ, À la Vierge, aux Saints, ete.”
L'assistance moyenne de 25 élèves dans les écoles de la campagne est encore plus difficile à obtenir que l’assistance moyenne de 40 élèves dans les villes.
En réalité, M. Greenway ne concède rien en donnant à la minorité un droit qu’elle ne peut exercer,
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e, -— Reste l’enseignement en.français.
Il y a quelque chose de particulièrement odieux dans cette apparente générosité qui pousse M. Greenway à concéder à ceux qui sont les premiers enfants du sol l’usage de leur langue.
Comme compensation aux droits que la minorité catholique devra sacrifier, M. Greenway concède le droit de se servir du français pour apprendre l'anglais et impose aux descendants de ceux qui ont découvert les plaines de l'Ouest et les ont conquises à la civilisation, l'obligation d'accepter des livres mixtes, moitié anglais, moitié français.
Et afin que personne ne puisse se tromper sur la nature d’une telle faveur et ne puisse croire un seul instant qu’elle soit un privilège exelusif accordé à la population franaise, M. Greenway ordonne, et M. Laurier accepte, que cette faveur soit étendue aux Mennonites, aux Islandais, aux Chinois, etc.
En effet, que dit la clause 10 du compromis ?
& 10° Là où dix élèves dans une école par- & Jent le français ou tou'e langue autre que l’an “€ gluis comme leur langue maternelle, l’ensei-
: onement de tels élèves sera donné en français
ou en telle autre langue et en anglais d’après ‘ [e système bilingue. ”
Il est fâcheux que M. Laurier, français ct catholique, n’ait pas ressenti l’affront fait à sa race et n'ait pas compris que ce n'étais pas à la minorité catholique et française qu'il fallait faire payer les concessions que M. Greenway voudrait donner aux Mennonites, aux Islandais et aux Chinois.
Cette clause dix du compromis peut être un bienfait pour ceux qui y'avaient pas auparavant le droit d'enseigner leurs enfants dans la langue russe ou la chinoise, mais elle est une insulte et une spoliation pour ceux qui avaient le droit de parler le français et qui n’ont plus aujourd’hui ce droit dans son'intégrité.
C’est une honte pour M. Laurier que d’avoir mis son nom au bas d’un compromis, ce serait une lâcheté que de l’accepter.
Et, après tout, la minorité catholique n'a-t-elle pas actuellement, même sous l'opération de Ja loi Martin, ce que M. Laurier a cru avoir arraché de M. Greenway ?
Nul besoin d’un compromis pour enseigner la religion en dehors des heures de classe. Un tel enseignement peut être donné tous les jours au presbytère, à la sacristie ou dans tout local convenable, par le curé ou par une personne désignée par lui.