I6S LA CAMPAGNE POLITICO-RELIGIEUSE
(d) de nommer un secrétaire-trésorier (clause 49) cet des cotiseurs (clause 64).
3° le choix de ses auditeurs (clause 66).
4% le droit de se taxer (clause 23), de réclamer sa part de la taxe générale, si nécessaire (clause 26) et d’être exemptée de toute contribution pour la construction, l’entretien ou le
.soutien de toute autre école (clause 28).
Le bill Dickey réservait en outre au parlement fédéral le pouvoir d’édicter telles autres lois remédiatrices qui pourraient être nécessaires pour mettre à exécution le jugement rendu sur l'appel de la minorité catholique (clause 112).
Cela voulait dire que si la législature du Manitoba prenait sur elle de refuser à la minorité sa part proportionnelle à l’octroi publie, le parlement supplérait à ce refus par une législation additionnelle.
En résumé, le bill Dickey donnait à la minorité catholique des écoles séparées avec toute l’organisation propre à en assurer le fonction: nement. si
Le compromis faurier-Greenway proclame que Îles écoles séparées ne seront pas rétablies,
La clause 8 dit :
‘“ Aucune division des élèves, d'après les dénominations religieuses, aura lieu durant
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l’enseignement séculier (des matières profanes) à l’école.”
Les écoles publiques deviennent donc les écoles de la minorité.
Or ces écoles publiques, la loi les déclare absolument non confessionnelles’”, c’est-à-dire qu’elles doivent être conduites de manière à ne froisser aucune croyanee religieuse.
Le compromis Laurier-Greenway fait donc perdre à la minorité catholique ses écoles séparées catholiques pour lui donner des écoles neutres.
En perdant ses écoles séparées, la minorité perd nécessairement tout ce qui pouvait en assurer le fonctionnement.
Plus de Conseil d’Instruction des Ecoles séparées, plus de surintendant catholique, plus d’enseignement catholique, plus rien de ce que leur accordait le bill Dickey.
Les catholiques tombent sous l’opération de la loi Martin ct sous la juridiction du ‘ département de l’instruction publique” et du “Conseil consultatif” (advisery Board) qui tous deux ont tous les pouvoirs que le bill Dickey donnait au Conseil d'instruction des Ecoles séparées.
Ce sont deux corps essentiellement protestants.
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Le premier, le département de l'instruction publique, c’est tout simplement le gouvernement, le conseil exécutif du Manitoba ; c’est Greenway avec tous ses collègues.
Le second, c’est un bureau dont quatre membres (la majorité) sont nommés par le même Greenway et ses collègues, dont deux sont élus par les instituteurs des écoles publiques qui sont en immense majorité protestants, et dont le septième est nommé par le conseil de l’Université où les protestants ont aussi la plus complète prépondérance.
Ce sont ces deux corps, si protestants dans leur composition, que le compromis Laurier- Greenway donne à ia minorité catholique et qui auront le contrôle, la direction, la gouverne suprême de l’instruetion primaire. Ce sont eux qui nommeront les inspecteurs, qui choisiront les livre: les instituteurs, qui détermineront à qui les certificats d’instituteurs acront accordés, qui annuleront ces certificats selon leur bon plaisir, qui feront tous les règlements pour l’organisation, la discipline et le gouvernement des écoles. Bref, ce sont ces deux corps qui auront dans leur maïin et sous leur autorité souveraine toutes les écoles et par conséquent la minorité catholique de la province,
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DE 1896-1897 171 Voilà ce que comporte le compromis Laurier- Greenway ! Voilà ce que le chef libéral, un français et un catholique, offre à ses coreligionnaiïres et à ses compatriotes s'ils veulent bien renoncer à leurs droits !
Ce n’est pas un compromis. C’est une honteuse capitulation.
On n'ose pas demander à la minorité de l’accepter parce qu’on sait que jamais on ne pourra obtenir son consentement. Maïs ce qu’on n’ose pas demander, ce qu’on désespère de faire accenter on tente de l’imposer.
On s’imagine sans doute que les défenseurs de la minorité se fatigueront de la lutte et qu’ils finiront par capituler.
Evidemment, on ne les connaît pas.