‹ La Canne à sucreChapitre 24 sur 40 · HUBERT DYER · texte numérisé non relu

HUBERT DYER

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et ne prélève qu'un tribut modéré sur les champs de cannes. Eu Cochinchine, nous Tavons rencontré également, n'exerçant sur les cannes que des désordres peu apparents.

Il faut espérer qu'à Maurice et à la Réunion, il finira par s'acclimater comme à Java et deviendra tolérable pour les cultures.

Moyens de combattre le borer. — En attendant, on le combat par différents moyens.

D'abord en brûlant les amas d'herbes sèches et de feuilles ou les chrysalides et les papillons se réfugient le jour.. Puis en tenant les champs très propres et en y envoyant des escouades de petits noirs lesquels, armés d'un couteau et d'une bouteille, fendent toutes les jeunes tiges récemment attaquées par le borer, en retirent la larve et la renferment dans le vase préparé pour cet usage. Ce moyen, bien que grossier, réussit encore mieux que tous ceux qu'on a voulu essayer, tels que insecticides, barriques d'eau éclairées au milieu par un petit fallot pour brûler et noyer les papillons nocturnes, etc.

Les bôrers ont heureusement des ennemis qui leur font, à l'état de larves ou de papillons, une guerre acharnée. Ce sont les martins on merles des Philippines qui, introduits pour ame-, ner la destruction des sauterelles, se sont montrés depuis très friands des borers. Une sorte de lézard, importé probablement en même temps que les cannes borrérées et venant de Java, la galéote versicolorey connue à la Réunion sous le nom de caméléon j fait également une chasse impitoyable aux borers. Enfin une espèce de libellule, de la tribu des névroptères, détruit également beaucoup de papillons. Malheureusement elle «n'est pas assez commune pour constituer un ennemi sérieux à cet insecte dévastateur.

Pou à poche blanche

Le pou à poche blanche (coccus saccharî; appartient au genre coccus de Linnée, dorthésie, de Rose, ordre des hémiptères, tribu des homoptères.

Male. — Le mâle et la femelle diffèrent, le premier seul a des ailes. Le mâle est beaucoup plus petit et beaucoup plus rare puisqu'on n'en trouve qu'un sur deux ou trois cents femelles. C'est un insecte très vif aux ailes tachetées de noir et de blanc se croisant en dessus ; il voltige autour des femelles et se promène sur leur dos pour les féconder. Après l'accouplement, il se retire sous quelque feuille et ne tarde pas à mourir.

Femelle. — La femelle a le corps aplati, mou^ convexe en dessus, globuleux. 11 est couvert d'une poussière blanchâtre et entouré de poils ou filaments légers qui^ à mesure que l'insecte vieillit, durcissent pour lui former une coque. Elle a 3 paires de pattes très petites, à trois articulations. Les œufs, au nombre de 5 à 600, sont fixés sous le ventre de la femelle, serrés en chapelet et entourés d'une poche blanche^ qui n'est pas autre chose que l'abdomen de la femelle qui s'est enflé progressivement.

Larves. — Attachées à l'épiderme des feuilles, la trompe implantée dans le parenchyme, les femelles et leurs larves épuisent le suc de la plante qui jaunit, se dessèche et meurt comme si elle avait été empoisonnée.

Ennemis DU POU. — Comme pour tous les insectes du genre coccus, les plus grands ennemis des poux à poche blanche sonf les pluies continues et les oiseaux. Leurs dévastations s'exercent principalement dans les terrains secs. Dans tous les cas, ce fléau est beaucoup moins à craindre pour la canne que le borer.

Autres ennemis de la canne. — Dans d'autres pays, aux Antilles par exemple, les principaux ennemis de la canne sont les rats qui rongent les tiges les plus succulentes, et un gros ver qu'on appelle ver grougrou ou des Barbades.

Dans rinde, les cannes sont ravagées par des fourmis et par des éléphcmts qui sont très friands des tiges tendres et sucrées de la succulente graminée. A la Guyane, la fourmi m^nhioc s'attaque aux jeunes plants et détruit des champs entiers de fond en comble.

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