‹ La Canne à sucreChapitre 25 sur 40 · FABRICATION DU SUCRE · texte numérisé non relu

FABRICATION DU SUCRE

EXTRACTION DU VESOU. — Moyens employés pour Textraction du vesou. — Flangourin. — Moulins à 3 cylindres. — Moulins à 4 cylindres. — Double pression de la bagasse. — Défibreur Faure. — Lavage méthodique des cossettes. (DiflFusion).

DÉFÉCATION. — Son but. — Défécation à la chaux. — Ses avantages et ses inconvénients. — Double carbonatation. — Matériel nécessaire à cette opération. — 1« carbonatation. — Filtre-presses. — 2e carbonatation. — Four à gaz. — Défécation au mono-sulfite de chaux. — Motifs de remploi de ce procédé à Maurice. — Autres procédés de de défécation.

DÉCANTATION ET FILTRATION. — Dangers de la décantation dans les usines coloniales. — Différents procédés de filtration. — Filtration sur toile, sur pâte à papier, sur sable, sur noir, filtre-presses.

ÉVAPORATION. — Clairce. — Effets pernicieux de la chaleur trop élevée sur le sucre cristallisable. — Procédés employés pour Tévaporation du vesou. — Appareils à feu nu et à air libre : Équipage du père Labbat. — Batterie Gimart. — Batterie Adrienne. — Appareils à évaporation dans le vide et à basse température : Triple effet.

CONCENTRATION ET CUITE.— Appareil Wetzel. — Appareil à cuire dans le vide. — Concretor Fryer. — Procédé Alvaro-Reynoso par le froid.

CRISTALLISATION. — TURBINAGE. - DESSICATION. — EMBAL- LAGE. — RECUITE DES SIROPS. — !«' jet, 2* jet, 3« et 4* jet.

• Opérations nécessitées par la fabrication du sucre. — La fabrication du sucre, aux colonies, comporte les opérations suivantes :

1** L'Extraction du vesou.

2"* La défécation.

3** La décantation et la flitration.

4® L'évaporation du vesou.

5** La concentration des sirops et la cuite.

6** La cristallisation,le turbinage,la dessication et remballage.

7"* La recuite des sirops.

l*" Extraction du vesou

Moyens employés pour l'extraction du vesou. — L'extraction du vesou des cannes se fait généralement au moyen de moulins constitués par trois gros cylindres en fonte, horizontaux, légèrement écartés les uns des autres, tournant en sens inverse, et actionnés par la vapeur. Les cannes sont introduites verticalement entre les cylindres et broyées. Le vesou, plus ou moins sali par toutes les impuretés qui accompagnent la canne et d'autant plus trouble et impur que la pression a été plus forte, s'écoule dans de grands vases en cuivre nommés défécateurSj et le ligneux ou bagassé est rejeté, desséché et employé plus tard comme combustible.

Flangourin. — On se servait autrefois dans les usines coloniales d'un moulin vertical en bois, mis en mouvement par des animaux ou par le vent. Cet instrument portait le nom de flangourin; il faisait fort peu de travail effectif, et les cannes qui en ressortaient renfermaient encore au moins la moitié de leur jus.

Moulins en fonte a 3 cylindres. — Ce n'est guère qu'en 1817 qu'on établit à la Réunion un moulin en fonte, mû par la vapeur, de la force de 6 chevaux.

Plus tard l'industrie sucrière se perfectionna; des usines particulières et des usines centrales, ces dernières aux Antilles, munies de l'outillage le plus complet, s'édifièrent de toutes parts. Et aujourd'hui on trouve datis toutes nos colonies de beaux et magnifiques établissements qui ne le cèdent en rien à, ceux qui extraient le sucre de la betterave en Europe.

Le moulin à trois cylindres est un instrument commode, mais

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bien imparfait. Car il ne permet pas d'extraire industriellement des cannes, plus de 65 à 66^0 de vesou en moyenne. L'on sait que celles-ci en contiennent 90 7o- C'est donc une différence de 25 7o qui reste encore dans la bagasse.

Moulins a 4 cylindres. — Avec des moulins très puissants, à 4 cylindres, marchant très lentement, on peut obtenir 68 à 70 7o de jus; mais ces moulins sont très encombrants, coûtent fort cher, dépensent beaucoup dfe tapeur et ne vont pas assez vite.

Double pression de la bagasse. — Par la double pression de la bagasse, soit sèche telle qu'elle sort du moulin, soit légèrement arrosée, on peut également obtenir 8 à 10 7o de vesou en plus. — Mais cette opération exige un double moulin, placé à la suite du premier, ce qui est une dépense assez forte. Puis, le vesou de seconde pression, surtout quand il a été humecté avec de la vapeur d'eau ou de l'eau tiède, est plus aqueux que le premier, ce qui exige plus de combustible pour l'évaporer; et comme il est plus riche en glucose, il produit plus de mélasse. Enfin la bagasse qui provient de cette seconde manipulation est très divisée et presque impropre à servir (}e combustible.

Malgré cet inconvénient, beaucoup de grandes usines se livrent au repassage delà bagasse qui, tout compte fait, leur permet de retirer de leurs cannes 1 ^o de sucre en plus.

Le moulin, quelque puissant qu'il soit, ne pourra donc jamais extraire de la canne, même avec double pression, plus de 70 à 72 7o de jus sucré. Ce n'est donc pas de ce côté là qu'il faut chercher pour arriver à un maximum de rendement.

DÉFiBREUR Faure. — Monsicur Faure a préconisé un autre procédé qui, jusqu'à ce jour, n'a encore été essayé que sur une échelle très restreinte. Il consiste à défibrer grossièrement la canne et à presser celte pulpe soit entre les cylindres d'un moulin ordinaire, soit au moyen d'une forte presse hydraulique. Les expériences faites en petit ont donné des chiffres qui varient entre 75 et 80 7ode vesou. Cet appareil serait-il applicable dans nos usines coloniales où l'on est tenu de travailler rapidement et avec un outillage très simple? L'avenir nous l'apprendra,

Procédé de lavage des gossettes ou diffusion. — Le seul procédé qui nous paraisse réellement scientifique et qui a pour lui la sanction de l'expérience et de la pratique en Europe, le seul en un mot qui permette d'espérer une extraction à peu près complète du jus de la canne, c'est le lavage méthodique à l'eau tiède de la canne coupée en cossettes, connue sous le nom de diffusion.

Mais l'application de cette méthode aux colonies entraînerait un tel chjangement dans les habitudes et dans le travail des usines qu'il se passera encore bien du temps avant qu'on ne songe à l'employer. C'est là cependant qu'est le progrès et l'avenir de l'industrie sucrière.

2'' Défécation

Son but. — Le but de la défécation est de débarrasser le vesou de toutes les matières étrangères qu'il contient au sortir du moulin et de tous les produits acides ou fermentescibles qui détruiraient une partie de son sucre cristallisable. Les procédés les plus généralement suivis aux colonies sont : la défécation à la chaux, la double carbonatation et la défécation au mono-sulfite de chaux'.

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