‹ La cantilène romaine;Chapitre 22 sur 54 · mj j i · texte numérisé non relu

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IV. — RAPPROCHEMENT COMPARATIF DES FORMULES RYTHMIQUES ORIENTALES ET DES FORMULES GRÉGORIENNES

P Groupes de sons envisagés séparément.

La pièce musicale hébraïque donnée précédemment peut être tout entière traduite en neumes sangalliens. Nous ne saurions le faire d'aucune pièce musicale moderne. Un même tour d'esprit mélodique aurait donc présidé à réclosion des mélodies orientales et des mélodies latines s'il n'était déjà prouvé historiquement que les mélodies latines ne sont autre chose que la mélodie hébraïque retouchée quant au mode harmonique et quant à son développement matériel ramené à de justes proportions. La conservation du style hébraïque s'affirme donc ici par des faits.

Pour juger de l'analogie de style existant entre le chant hébraïque et le chant grégorien, on peut par la pensée supprimer le texte hébraïque et ne conserver, devant les yeux, que la mélodie pure Mais, même sans recourir à ce procédé, l'analogie reste frappante et les compai*aisons que nous reproduisons ici rendront le fait très évident.

Fragments tirés de la pièce musicale israélite donnée p, S6.\

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Sauf les deux groupes très fleuris des ex. A et B, tous les autres peuvent être traduits en neumes sangalliens. Pour ces deux groupes eux-mêmes nous inclinons fortement à croire que, en quelques cas, ils sont passés dans la mélodie latine divisés en deux ou trois rythmes fragmentaires et, en effet, ainsi rescindés ils sont purement grégoriens.

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Les ex. C, D, E, sont grégoriens purs, abstraction faite du saut de seconde augmentée do S, si &., dans Tex. E, et encore n'est-il pas démontré que de tels effets harmoniques n'existaient pas dans la mélodie syro-latine primitive. Pour Fex. F, il est curieux d'en rapprocher le suivant, tiré de l'offertoire Ave Maria.

Afin de [bien montrer que ces quelques spécimens ne sont pas des raretés soigneusement cherchées, nous n'hésitons pas à publier la série suivante que nous avons extraite du Cantoral israélite espagnol où on les rencontre par centaines. Ce sont toujours nos mêmes formules, monotones même à force d'être coulées dans un même moule.

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Il y aurait |une foule de remarques à faire sur chacune de ces formules hébraïques, quant à la place qu'elles occupent et au rôle qu'elles jouent dans la mélodie hébraïque, mais notre plan actuel nous commande d'être plus bref. Toutefois on remarquera, avec le plus grand soin, les deux dernières formules et surtout cette spasmodie de l'avant-dernière vocalise : dô-ô-la, dôô-la, dô-ô'ô-la, do ! ! si, do, ré, do, si, la.

On retrouve constamment ces formules exaspérantes dans le chant grégorien. Rien n'est plus antipathique à nos oreilles occidentales I Or, les voici dans le chant hébraïque, là est donc leur origine et leur rythme vrais. Ce rythme étant conforme à celui que nous avons rétabli trouve sa preuve décisive dans ce procédé vocalistique qui nous répugne à nous occidentaux.

DEUXIEME PAHTIE

En voici un exemple dit grégorien :

2** Procédés de déclamation musicale du texte liturgique.

Rapprochant le premier membre rythmique delà pièce Israélite du premier membre de la communion « Dominus ». On verra la déclamation syllabique des premières syllabes et la courte vocalise sur la dernière syllabe du mot :

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La vocalise peut être placée au milieu du membre, sur la syllabe médiane du mot si le mot ne se compose que de trois syllabes, ou sur la pénultième s'il en a davantage. Remarquer dans les deux premiers exemples Fidentité du procédé de déclamation syllabique. Ce procédé n*a donc rien d'anormal et Ton n*a d'ailleurs que des raisons « étranges » à nous opposer contre une semblable transcription.

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Tous ces membres mélodiques accusent bien le même style officiellement reçu, et le type grégorien revient prendre naturellement sa place en famille.

Nous citerons encore deux exemples pouvant nous servir de critérium de comparaison, nous laissant entrevoir le travail d'abréviation mis en pratique en pays latin lors de la refonte du répertoire syrien trop toufifu rythmiquement pour être adopté sous sa forme originale.

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