‹ La Capsa Ancienne: La Gaesa ModerneChapitre 100 sur 153 · PTS · texte numérisé non relu

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péré à Gafsa dont le climat est de même nature ou moins rude

1. CozLiaxox, 0p. cil., p. 318, 208, 213-215. La taille des habitants de Lalla est la moyenne des mesures prises sur 18 soldats originaires de cette oasis ; les indices sont la moyenne des mesures de 8 soldats; la taille des habitants d’El- Ksar est la moyenne des mesures de 20 soldats, la taille d’'El-Guettar la moyenne des mesures de 12 soldats ; les indices d’'El-Guettar la moyenne des mesures de 60 soldats.

2, Les Berbères brachycéphales de Gerba pourraient être des Ligures. Cf. H. Martin, Bulletin de la Sociélé d'Anthropologie de Paris, maï 1880 : cité par Bertholon, p. 424.

3. BERTHOLON, Anthropologie de l'üe de Gerba, Anthropologie, 1896, p. 399- 100, 406, 407, 411, 415, 419-424. Les mesures moyennes sont celles de 330 à 535 individus à Gerba; les mesures des types purs sont les moyennes de ?5 individus choisis. — Cocziexon, op. cil., p. 293, 213-215. — Marpor, les Ch ouïa et la trépanation de crâne dans l’Aurès, Anthropologie, 1897, p. 9-10, 176, 199, 197,

que celui de leurs pays d'origine. Elles s'y sont mêlées pour donner naissance à des métis nombreux qui les relient entre elles et dont les plus caractéristiques sont les grands dolichocéphales leptorhiniens de Gafsa et des tribus nomades de la Tunisie centrale, et les brachycéphales d’El-Guettar. L'influence de conditions géographiques spéciales et d'un climat intermédiaire les a combinées et faconnées au point que les Gafsiens sont assez facilement reconnaissables et se distinguent par leur aspect physique général, leurs mœurs, leurs costumes, de leurs voisins les Ksouriens du Djerid, les rudes pasteurs de Fériana et de Sbiba, et les citadins du Sahel.

L'alliance des familles est si étroite, malgré les origines différentes encore discernables, le groupe est si compact et bien acclimaté que les conquètes postérieures l’ont laissé intact : Les envahisseurs, trop étrangers au pays, comme les blonds venus du nord de l’Europe à l’époque préhistorique et les Vandales; trop peu nombreux, trop proches parents, et dominateurs lrop éphémères comme les Égyptiens, les Orientaux, les Romains, les Turcs, ont été absorbés par les antiques habitants de l'oasis sans laisser de traces bien visibles dans l’ethnographie locale : seuls les premiers, les Berbères blonds, sans doute à cause de leur nombre plus grand, ont laissé quelques descendants aux yeux bleus et aux cheveux châtains dans le nid d'aigle de Bou Amrane! et dans les douars nomades, et peut-être contribué à conserver aux gens de Gafsa une taille moyenne élevée. Les autres ont disparu, complètement assimilés par le vieil élément berbère résistant : tout au plus ont-ils pu momentanément contribuer à la fusion intime des trois races primitives par des unions consécutives avec chacune d'elles et par la diffusion d'une civilisation commune. Ils n'ont laissé de souvenirs appréciables que dans la légende, l'histoire et l'archéologie du pays : ils n’ont pas entamé son individualité ethniqne trop solidement construite par son

. 1. 1% de Ja population de Bou Amrane, CoLLiixoN, 0p. cit, p. 294-295.

individualité géographique même, par la communauté des intérêts et par le temps.

Cependant, ces conquérants ont introduit dans le pays des religions et des méthodes de gouvernement nouvelles; ils y ont implanté des cultures et des procédés agricoles perfectionnés qui ont pu transformer la terre et modifier la civilisation. Il n'est pas sans intérêt d'indiquer brièvement leur origine, leur nombre et leur caractère avant de préciser leur rôle politique et économique.

Les auteurs modernes, MM. Tissot, Maspero, du Paty de Clam, Medina, Bertholon, sont presque d'accord pour admettre que les premiers conquérants orientaux qui se heurtèrent aux Berbères bruns et blonds du sud tunisien furent des tribus égyptiennes et chananéennes. Venues de la vallée du Nil à l'époque de l'invasion de l'Égypte par Les Hyesos (xxrmxviu siècles avant J.-C.), ces tribus agricoles et pastorales se seraient établies dans les parties les plus fertiles de la Tunisie méridionale et de Ia Byzacène, y apportant leur culte, leurs mœurs, leurs instruments industriels et guerriers et le nom même des villes perduestf.

Des étrangers ont en effet laissé des souvenirs de leur passage à Nefta et peut-être à Gafsa même.

Après Tissot, M. du Paty de Clam établit un rapprochement entre le nom de l’oasis de Nefta et la Napata éthiopienne. Il le compare à celui des Naphtouhim, « fils de Phtah », établis

1. Tissor, op. cit, p. 431-6. — Masrero, 0p. eil., IN, p. 294 — Men, La Thassalocralie égyptienne, R. lun., 189%. L'âge de bronze en Libye el dans le bassin occidental de la Méditerranée, R. Tun., 1897, p. 70-86. Sur un peuplement syro-héthéen dans le nord de l'Afrique, R. Tun., p. 319-9. — Du Pary DE CLam, Fasles chronologiques des villes de Nefla el Gafsa. — BerraoLoN, Nole sur les origines et le type des Phéniciens, R. Tun.,18M, p. 62-78. — Les savants articles de ces auteurs sont faits d’après des documents et des hypothèses originales, et d’après les ouvrages célèbres de Chabas, Manethon, Movers, Brugsch, Lenormant, Rossellini, Tomkins.

dans le delta du Nil où ils fondèrent le culte du soleil dont ils portaient le nom : les Naphtouhim, chassés par l'invasion des Hycsos, au xx siècle, auraient émigré vers l'ouest jusqu’à la belle oasis de Nefta, connue, « depuis le déluge », sous le nom de Keustheul son fondateur, et l’auraient conquise. Cette supposition est d'autant plus vraisemblable que Nefta porta longtemps, avant l'occupation romaine, le nom de Kethouar que M. du Paty de Clam traduit : la ville de « ceux qui sont partis de Haouar » ; Haouar ou Avaris est cette ville célèbre du delta du Nil où se fortifièrent les Hycsos après en avoir chassé les habitants indigènes!. Ces deux noms d'origine égyptienne, que porta successivement Nefta, semblent à M. du Paty de Clam la preuve certaine de l'invasion du sud de la Tunisie par des bandes orientales.

Les traces de la prise de Gafsa par des orientaux sont beaucoup plus vagues et plus contestables.

En effet, suivant El-Bekri, le rempart de Gafsa renfermait au x1° sièclé de notre ère, une inscription gravée par ordre de son fondateur, Chemtian, page de Nemrod : « l’enseignement que cette légende nous laisse, conclut M. du Paty de Clam dont nous citons textuellement l’ingénieuse théorie, c’est le souvenir de l'invasion lointaine du pays par une peuplade venue de l'Orient. Le Djerid avait été envahi par des Tourano- Kouchites. Or une de ces tribus envahissantes était celle des Kousikas venant de la Kapissène, et ayant pour capitale Kapiei ou Kabiouch, qui en tamachek, s'écrit K-P-S (ou K-B-S, ou K-B-Ch, car S—K=— Ch, et B—P) et se prononce Kapse, soit

1. La syllabe Phtah fait partie du mot Égypte, Ila-Ka-Phta « demeure de Phtah », et d'un grand nombre de noms égyptiens : Minephtah, Siphtah, ete. Les habitants de Nefta portent le nom de Nephtah. Une tribu belliqueuse du Djerid et la tribu des Hanencha portaient le nom de Haouara: une ville du Maroc et une ville du Fezzan méridional s'appellent encore Haouar. La lecture hiéroglyphique de Avaris faite par M. de Rougé, et généralement adoptée, est Haouarit. Du Pary pe Crau, F'astes chronologiques de la ville de Nefta, p. 5 à 9. — CoLniGNON, op. cil., p. 315. — Bruason, 0p, cit., p. 152. — Maspero, op. ci, p. 152. — Masrero, op. cit, Il, p. 52, note 53 p. 53.

la Kapsa des auteurs anciens. Or si nous remarquons qu’en berbèreB — V — Ou, on décomposera l'expression K-P-S en :

Ka, ou AKa, roi ou reine B, Ou, des fils S, AS, du soleil ! ».

Ce qui semblerait établir une suzeraineté des gens de Gafsa sur les Naphtouhim « fils du Soleil », seigneurs de Nefta.

Des rapports constants paraissent s'être établis entre l'Égypte et la Tunisie : rapports commerciaux et rapports guerriers, luttes de « dynastes contre dynastes » entre les Égyptiens établis en Occident, au pays de Barka, au bord des Syrtes, à Nefta, et les usurpateurs Hycsos de la vallée du Nil?. Des bandes armées de Berbères bruns et blonds, de Tamahous, civilisés par les anciens émigrants du delta, arrivaient jusqu'au Nil, et «des corps de troupes pharaoniques équipées légèrement se glissant le long de la côte, ou cheminant par les voies des caravanes, allaient les relancer au fond de leurs repaires, abattaient leurs palmiers, ramassaient leurs troupeaux et posaient des garnisons dans les oasis prineipales * ». Vers la fin du xvu‘ siècle, une véritable thassalocratie égyptienne régna sur la Méditerranée, les flottes des Thoutmès III soumirent le littoral libyen qui, sans doute, paya tribut‘.

Les noms de l'ile de Phla (Phlae ou Philae) située dans l'embouchure du Triton mythique”; du chott, du bled et des iles Faraoûn, dans le chott El-Djerid; l'antique légende, rapportée par Moulah Ahmed, et la tradition du Nefzaoua qui attribuent à une armée de Pharaon la plantation des premiers

1. Du Pary pe CLam, Fasles chronolg. de la ville de Gafsa, p. 8-9.

2. MeniNA, Un peuplement syro-hélhéen, etc.,-R. Tun., 189, p. 381-383. Des inscriptions des règnes de Menephtah et de Ramsès IIT en font foi.

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