Privé, loc.-cit., p
3. Bahirt Meguessen, Chebket, Oued Djemel, Bled Amil Es-Stah, Henchir Tfel.
chott (17 m.) en terrasses successives ! : le bled Tarfaoui reçoit les eaux trop rares de la longue chaîne du dj. Seldja (790 m.). Formé, comme les autres plaines, de dépôts lacustres et d’alluvions torrentielles, il semble l’ancien fond du chott El-Rharsa envahi peu à peu par le sable. Il faut sans doute attribuer à cette cause et au travail postérieur de l’érosion l'aspect caractéristique de fond de mer, et le faciès particulier de la chaine du Metlaoui et du Seldja qui semble la falaise abandonnée d’un golfe disparu.
Au nord de cette chaine du dj. Zimra (700 m.), du dj. Seldja et du dj. Stah (600 m.), s'étend la large plaine tertiaire de l’oued Seldja (500 m.), riche en phosphates, et la dépression de la garaat Ed-Douza. Fermée au nord par le dôme strié et étagé du dj. Bou Ramli (1.200 m.), par le massif chaotique du dj. Bellil et du Bou Dinar (800 m.), mêlé de hautes plaines et d’étroites vallées, cette plaine est dominée à l’ouest par le dj. Mrata (1.006 m.) et le haut plateau algérien de Nemencha (600 à 800 m.) qui va rejoindre l'Aurès. Elle communique avec les plaines voisines et Gafsa par des sentiers de montagnes incommodes et par la gorge du Seldja taillée à pic dans le roc sur une longueur de 8 kilomètres.
La ville de Gafsa est bâtie au sud et au pied même de dj. Ben Younès (915 m.) et de son contrefort le dj. Assalah (600 m.), sur un petit plateau de la rive droite de l’oued Baïach (345 m.) abrité par ces hautes montagnes.
« La pointe méridionale du dj. Assalah, — écrit M. du Paty de Glam, qui à donné des environs de la ville une description très exacte, — s’avance jusqu’à moins de 2 kilomètres de Gafsa etses pentes sud-ouest, excessivement ravinées, arrivent jusqu'au camp... Entre les dj. Ben Younès et Assalah s'ouvre une gorge de 1 kilomètre de large dans laquelle passe la route de Fériana... Sur la rive gauche de l’oued Baïach s'élève
1. Chebket el-Amara, Chebket el-Khentas, Chebket el-Hanek (160 m.), Bled el-Ouatia, Gouifla (79 m.),
une succession de petites collines couronnées d’éminences, courant de l’ouest à l’est au milieu de la plaine et venant mourir au pied du djebel Orbata, dont elles ne sont séparées que par le ravin profond de l’oued Tazfa. » Cette position sur l’oued Baïach en travers d’un étroit défilé, au carrefour des grandes routes de l’Oum el-Ksob vers Fériana et l'Algérie, d’El- Guettar vers Gabès, de Gourbaba vers Tamerza et le Djerid, de Sidi Aïch vers le nord, est le centre et la clef du sud de la Tunisie.
Les chaines gafsiennes, moins élevées que les massifs algériens et tunisiens du nord, ont cependant une altitude très supérieure à celle des plateaux du centre de la Tunisie : nulle part l'altitude ne dépasse 730 m. (dj. Khechem Artsouma), dans tout le pays situé entre la haute muraille du dj. Serraguia (1.000 m.), Orbata (1.170 m.) et Biadah, au sud, le littoral à l’est, et la ligne des chaines et hauts plateaux de l'Atlas tunisien au nord-ouest (dj. Nouba, 1.269 m., dj. Sbeïtla, dj. Msilah, 1.374 m., dj. Ousselet, 1.000 m.). Dans ce grand triangle dont la côte est la base et Gafsa presque le sommet, le vent du nord-est, le vent de la mer, souffle sans obstacle, attiré par la zone de pressions basses située au-dessus des chotts et du désert.
Ce vent du nord-est est le vent dominant pendant toute l’année : 30 7 en hiver, 26% au printemps, 31,3% en été, 31% en automne.
Les vents secondaires ne sont que ses déviations : vent du nord (17,2 %, 21 %, 16,6 %, 14,8%), vent du nord-ouest (14, 17 %, 16,8 %, 34,2 %, 16,1%), qui vient de la mer par l'Algérie et le couloir de l’oued Oum el-Ksob et dont la vitesse atteint 30 mètres en hiver.
Les vents de la terre sont beaucoup moins constants : 36 % en hiver, 31 % au printemps, 12% seulement en été où la pression atmosphérique est minima dans le désert, 33 7% en
automne. Le vent du sud-ouest qui s'engouffre dans le bled Tarfaoui et le bled Cheria est le plus fréquent; le vent du sud-est le plus violent".
Les masses d'air apportées par les vents de mer et chargées de la vapeur d’eau méditerranéenne se heurtent à la muraille des chaînes gafsiennes : elles s'élèvent, se refroidissent, en hiver, à mesure qu’elles montent, et se condensent. Mais « en été la température est trop élevée pour que les conditions favorables à la condensation soient réalisées. Alors même que l’évaporation est très forte au-dessus de la Méditerranée, alors même que les masses atmosphériques sont violemment entrainées vers le sud, elles rencontrent des couches atmosphériques en contact avec des régions de plus en plus surchauffées et la condensation a des chances de se produire de plus en plus faibles et de plus en plus rares? ».
Aussi les mois pluvieux sont-ils les mois d'hiver (décembre, janvier, février), le début du printemps et la fin de l'automne : la moyenne des pluies (1886-1900) est de 62mm. pour l'hiver, 87 mm. pour le printemps, 15 mm. pour l'été, #8 mm. pour l'automne (1885-1900), soit 212 mm. pour l’année entière ?.
Mais ces moyennes ne représentent pas une quantité d’eau tombée à peu près régulièrement chaque année : d'une année à l’autre les écarts sont très grands : il est tombé moins de 102mm. pendant l’année 1900 entière et plus de #91 mm. en 1890 *, 233"",8 pendant l'hiver 1889-90 et 17 mm. seulement
1. CunEsrous, Bullelin agr. el comm., 1902, p. 66, 211, 366. Zndicaleur Lunisien, 1905, p. 496-497.