Jean BRüNuES, L'rrigalion, p
3. Indicaleur tunisien, 1905, p. 513. — M. Caxesrous (0p. cit, 1901, p. 198, 299, 110; 1902, p. 99, janvier) donne comme moyennes des pluies à Gafsa de 1885 à 18% : année : 241mm,5; — hiver : 78 mm, 7; — printemps : P2mm,]; — été : l4mm,7; — automne : 56 mm.
4 Vivien de St-Martin et Rousselet, Dictionnaire de Géograp., art. Gafsa, supplément. Nous indiquons d’après cet ouvrage certains chiffres se rapportant à des périodes déjà anciennes, n'ayant pu retrouver les documents ori-
Ar
pendant l'hiver 1899-1900; 144"",8 pendant l'automne 1885- 1886 et 1{rmm. pendant l'automne 1894-1895 !.
D'ailleurs les pluies régulières du nord de la Tunisie sont inconnues à Gafsa : les pluies y tombent soudainement et en quelques heures, par trombes; les jours d'orage y sont si peu nombreux qu'un simple coup de vent parait une tempête aux habitants du pays. Le nombre de jours de pluie est de kh par an : 15 en hiver, 14 au printemps, 3 en été, 11 en automne*, La presque totalité de l'eau tombe en quelques heures seulement.
La quantité de pluie précipitée dans la région de Gafsa n’est pas la même que dans l’oasis; elle est répartie très imégalement : la position et l'importance relative des sources, des oueds, des redirs et des dayas le montrent bien. Le versant septentrional des dj. Serraguia-Orbata-Biadah qui recoit le premier choc des vents de mer est plus arrosé que la chaine du Seld;a; cette chaine elle-même et la haute plaine du Seldja le sont davantage que le massif des dj. Jellabia et Sehib, et la chaine du Cherb. Les dépressions profondes : le bled El- Hamra, le bled Cheria, le bled Segui, le bled Atra, le Tarfaoui, recoivent moins d’eau encore : les couches d’air chargées d'humidité, en descendant les pentes de leurs chaines bordières, deviennent de moins en moins susceptibles de se condenser, et de plus en plus capables d’absorber la vapeur d'eau; et ces cuvettes fermées et basses restent arides, asséchées par l’évaporation de leurs oueds et de leurs lagunes, garaats et sebkhas*,.
ginaux qui ont servi de base aux évaluations de Vivien de St-Martin et Rousselet. A Gafsa, pour les mois de décembre 1889, janvier, février, mars et avril 1890, on constata une pluie totale de 412m»,5 quantité triple de celle qui tombe normalement pendant la même période (/ndicaleur tunisien, 1905, p. 915).
1. Gixesrous, op. cit, 1902, p. 83 et 427. — Indicateur tunisien, cf. p. 494- 495, 1905, tables de nébulosité.
2. Id., 1901, p. 198, 229, 410; 1902, p. 99. Ces chiffres, comme ceux des moyenne de pluies, sont très variables d’une année à l’autre. — /ndicaleur lunisien, 1905, p. 508 et sq.
3. D’après l’{ndicateur tunisien, la plaine de l’oued el-Ksob recevrait 300 à
Cependant malgré son irrégularité et son insuffisance, ce régime des pluies n'est pas un des plus pauvres de la Tunisie. En effet, grâce à l'élévation du système montagneux gafsien, il pleut à Gafsa presque autant qu'à Sfax (250"*,7) et plus qu'à Gabès (169,7) sur la mer, presque autant qu'à Kairouan (275"%,9) situé 175 kilomètres plus au nord'. La région de Gafsa est d'aspect beaucoup moins aride et sec que les environs de Sfax, de Gabès et de Graïba, où les lits d'oueds sont moins nombreux, la végétation spontanée plus rare. Même la proportion du nombre de jours de pluie d'été (1/7 pour mai, juin, juillet, août, moyenne de 1889) à Gafsa est très supérieure à celles de Sfax (1/21), de Gabès (1/19), de Sousse (1/16), de Tunis (1/11) et sensiblement égale à celles de Kairouan (1/6) da Kef (1/6), et d'Aïn Draham (1/8) le point le plus arrosé de la Tunisie ?.
Fort heureusement d’ailleurs le rayonnement nocturne est assez intense; la quantité moyenne de vapeur d’eau contenue dans 1 mètres cube d’air est de6 gr. 08ren hiver, de 11 gr. 19% à l'automne, tandis que la quantité saturant 1 mètre cube est de 6gr. 216 et 11 gr. 815 * : il en résulte des rosées bienfaisantes pour les pâturages des steppes. Le matin, le brouillard s'élève parfois de l’oasis de Gafsa et se dissipe lentement au lever du soleil.
Gafsa n’est pas encore dans la zone désertique où la chute annuelle de l’eau est inférieure à 20 millimètres et la rosée rare : c’est une oasis tellienne. Seulement le désert commence à ses portes.
En effet la violence des vents du sud est extrème (30 mètres
400 mm. de pluie par an; la région de Sened et Maknassi, 200 à 300; Metlaoui, au sud du massif du Seldja, 200 à 300; les oasis du Djerid, 100 à 150 (1905, p. D17-5I8).