PRivé, op. cil., p
2. DareuserG et Sacuio, art. Castellum, p. 937, t. I, v. 2. « Virgile (IV, 10) dit qu'on appelait burgus un castellum de petite dimension : on fait dériver ce nom du grec, rvpyos. Nous ferons remarquer que d'autres mots analogues, le burg des Allemands, notre bourg primitif et le bord) des Arabes, expriment absolument la même chose. Les soldats et les indigènes qui occupaient les terres voisines des burgi à charge de les défenlre, les occupaient dans des conditions toutes spéciales ». Il est probable que les Romains ont pris aux Barbares ce nom qu’ils donnaient aux fortins élevés sur leurs frontières. Le mot se rencontre avec cette signification dès le n° sivcle, dans les inseriptions... RENIER, /nser. de l'Algérie.
les centres importants, à Aggarsel, Nepte (Nefta), et sans doute à Capsa et à Thélepte, prètes à se porter rapidement sur les points menacés et à la poursuite des pillards ! : organisation très voisine de celles de nos territoires militaires et particulièrement de la subdivision d'Aïa Sefra.
À l'abri de ces lignes fortifiées l'oasis de Capsa prospéra en toute sécurité et des cités nouvelles purent se fonder dans les plaines voisines qui se couvricent de cultures et d’établissement agricoles. Assurés du maintien de l’ordre et soucieux surtout du développement économique du pays, les Romains laissèrent aux indigènes la liberté de s’administrer à leur guise. Capsa et probablement Thélepte, Ammaedara, Thasarte, Silesua, Thigès, Tusuros et les cités voisines furent des communes autonomes, des naliones? administrées par des sulfèles”, et l'élévation de Capsa au rang de municipe fut une distinction flatteuse accordée aux Capsitani pour récompenser leur tranquillité; les décurionst remplacèrent les suffètes dans la gestion des intérêts locaux; les Ksouriens prirent le titre de citryens romains, mais ils conservèrent à leur gré leurs règlements et leurs coutames religieuses et politiques particulières, à l'intérieur de Ja citéÿ. I1s témoignèrent leur reconnaissance en élevant un arc de triomphe, encore visible, à l'empereur Hadriea, fondateur du municipe, avec l’autorisation de leur puissant patron le proconsul de Carthage".
1. CaGxar, 0p. cil., p. 99, 161, 193, 247, passim. La cohorte I Chalcidenorum ejuilala (mixte) s'établit à Anolianum en 163 : BoiSsiER, 0p. cil., p. 89-09), 99-
2. Puxe, V, 1v. Tourain, Les cilés romaines d'Afrique, p. 298.
3. Touran, 0p. cil., p. 311-316, et part. 315, et /nscriplion du dj. Asker, loc. US D 200:
4. Corpus, VIII, p. 22, n° 93. — /d., n°* 111, 826, 829, 858; Suppl, n°: 11824, 12039, 14372, 11786, 15588, 15589.
5. Touraix, Les cilés romaines, p. 326-328, 339. — AuLu-G£LLe, Vocl. Atllic., DAEMÉSE
6. Corpus, NII, n° 93. — TourTaIx, 0p. cil., p. 337, 909, 360.
Quand Capsa devint colonie et fut soumise au droit romain, il est bien probable qu'elle conserva son autonomie administrative !.
Les seules obligations que Rome lui imposa furent le paiement de l'impôt? et le culte d'Auguste dont les flamines perpetui sont mentionnés par plusieurs inscriptions de Capsa, et dont le temple orné de marbres, de statues et de portes d'airain, fut élevé par souscription publique ou par ordre du municipe, « coemtis spatis », et inauguré au milieu de festins et de jeux qui durèrent trois jours”. L'importance de Capsa dut augmenter sans cesse sous l'empire romain et au vi‘ siècle, la cité mérita le surnom de Justiniana et devint, avec Leptis, la résidence du dux byzantin de la Byzacène ‘.
Il est assez délicat de déterminer dans quelles limites administratives s’étendit le pouvoir des suffètes et des décurions de Capsa, et se développa la vieille cité berbère sous la domination romaine : nous en sommes réduits à des hypothèses basées sur les conditions géographiques du pays et la répartition des groupes agricoles et des établissements hydrauliques ruinés et sur l'emplacement probable des cités voisines.
C’est ainsi que le territoire de Capsa nous parait avoir été très étendu : il aurait compris à notre avis toute la plaine de Oum el-Ksob et la plaine du Seldja jusqu'au dj. Zimra, et Jusqu'à la frontière algérienne, qui coïncide avec une limite montagneuse naturelle, et au plateau de Fériana, englobant le
1. Table de Peutinger; Corpus, VII, p. 22. Capsa, écrit M. Cagnat (op. cit, p. 39), devint colonie « peut-être » sous Trajan en même temps que Thamugadi. D'ailleurs un grand nombre de cités d'Afrique recurent le titre de colonie à la suite de la lutte de Septime Sévère contre Prescenius Niger et Clodius Albinus (193-212) : peut-être Capsa fut-elle élevée au rang de colonie à cette époque. La table de Peutinger fut dressée par ordre de Théodose (379-305). Touraix, p. 340. — Tourain, op. cit, p. 329-334.
2. Tourain, op. cil., p. 229. — Caanar, La Tunisie à l'époque romaine, p. 251.
9. Corpus, VIT, n° 100; n° 11231, 11236 (suppl). — Cacxar, Explorat. Arch. el épigr., HX, p. 66, n° 106. — Id., Bull. arch. c. tr. hist. el se., IS87, p. 230. — Touran, op. cit, p. 211. — Sacuo et DaremBEerG, art. Ælamen.