‹ La Capsa Ancienne: La Gaesa ModerneChapitre 122 sur 153 · Corpus, VIIL, n · texte numérisé non relu

Corpus, VIIL, n

D. Touran, 0p. cit, p. 344-347.

bourg de Gemellae ! (Sidi Aïch}, « la ville ruinée » de l'Oum el- Ksob et tous les henchirs indiqués par la carte d'état-major de cette région. Il se serait étendu à l'est jusqu'au fond du bled Souenia et du bled El-Hamra, au sud jusqu'à El-Guettar, au dj. Berda, au dj. Sehib et aux terrasses de l’henchir Tfel et du bled Amiles-Stah. Cetensemble de plaines fermées, toutes convergentes vers Gafsa, desservies par les voies militaires que nous avons indiquées plus haut?, et par les routesséculaires de Thenae (Sfax) et de Suffetula {Steitla), forme un tout homogène dont Capsa était le centre et le marché naturel.

La cité de Thélepte, le bourg de Nara (Bir El-Hafey) et la cité d'Ammaedara bordaient au nord-ouest et au nord le territoire de Gafsa; la cité de Thasarte et peut-être de Veresuos, à l’est, devaient comprendre tout le bled Segui et la vallée de l’oued Besbès, région géographique nettement circonscrite, peut-être aussi les ruines voisines du Thala et la rive septentrionale du Chott El-Fedjej. Enfin, au sud, la cité de Thigès, s'étendant sans doute jusqu'aux Ksours Zitounàâ et El-Asker et jusqu'à Ad Turres (Tameghza), séparait Capsa des cités du Djerid.

Il est d’ailleurs probable que la région montagneuse d'El- Ayaïcha, la région du djebel Schih, où l’on a relevé peu de ruines, et les bords des garaats et des schbkhas étaient réservées en partie aux pasteurs nomades et placés sous l’autorité des Praefecti gentium dont les fonctions paraissent analogues à celles de nos officiers des bureaux arabes et de nos contrôleurs civils *.

S'il est difficile d'établir d'une facon précise ces divisions

1, Corpus, VII, p. 28.

2, Supra, p. 184 et sq.

3. Cacxar, op. ci, p. 328-330. — Corpus, VII, 10500, 9195 : des Praefecti sentium administraient la tribu des Cinithiens voisins des Syrtes, et une tribu des environs de Thysdrus (El-Djem). — P£LLissier, /ev. d'Arch., 1847, p. 272. Est-il possible vraiment, dans l'inscription de Gafsa signalée par Pellissier,

après sir Grenville Temple (Æxcursions, Il, p. 323, n° 86), de lire RyY4P : praefectus ?

administratives et ces limites politiques dont l’ensemble parait correspondre à nos anciens caïdats de Gafsa, du Djebel et des Hammama Guebala !, il semble possible d'en affirmer l'adaptation aux nécessités éccnomiques du pays et à l'esprit indépendant de ses habitants qui furent gagnés à la cause romaine au point de s'engager, au n° siècle dans la légion IL Auguste ?, Le bon fonctionnement des institutions autonomes de Capsa et de ses environs rous senible avoir largement contribué à l'achèvement, dans chaque bled, de l'œuvre de police et de sécurité commencée par les militaires *, au succès de la « pénétration pacifique » romaine, et au développement d’une sorte de fierté locale, de patriotisme communal, qui se perpétua dans les siècles suivants, et empécha Capsa d’ètre complètement ruinée par la conquête vandale et l'occupation byzantine, et sukmergée dès le début par les invasions arabes.

Les Vandales (439-534 en cflet raserent les fortifications du sud de la Tunisie comme toutes celles de l'Afrique du nord, et si l'oasis et la partie septentrionale du territoire de Capsa ne furent pas trop atleintes par les pillages des nomades livrés à eux-mêmes, par les razzias de la remuante tribu des Frexes, d'Antalas, de Iabdas, de Coutsina, qui ne rencontraient plus devant eux Its colonnes ni les castella remains, c'est à la diplomatie et à l'énergie de sen sénat, au courage et à l’entente de ses babitants qu'elle le dut sans doute ? (534-548).

Les Byzantins comprirent d'ailleurs très vite la nécessité de

l°]nfra, p.220:

2. CaGNaT, op. cit, 864-974. Corpus, NT, 2569, un soldat originaire de Thélepte, sur deux listes de IS et 13 noms; 2266, un de Thélepte sur une liste de T noms; 2067, un de Suffetula; 2568, deux de Thélepte; 2569, un de Sufès, un de Tacape, un de Thélepte, deux de Gafsa : O. Naevius Faustus, T, Flaviu s Maximus, sur une liste de 87 noms dont 43 avec indication d'origine.

3. DE LA BLANCHÈRE, op. cût., p. 86. — Cacxar, op. cil., p. 333-337, 598-599. — TouTrain, op. cil., p. 306-308.

4, Marcus, Histoire des Vandales, p. 200-201. — Dienr, L'Afrique byzantine p. 40.

9, DieuL, 0p. cil., p. 25-03, 303-348, 138-140,="TOUTAIN, op. cil:, p.203,

relever les anciens ouvrages militaires romains, pour rétablir la paix dans le pays; Justinien et le magister militum Solomon (539-543) firent reconstruire les murs de Capsa dont l'importance stratégique ne leur échappa pas; la cité — nous l'avons indiqué déjà — prit le surnom de Justiniara et devint la résidence du gouverneur militaire de la nouvelle province, le dux Byzaceniae, puis le chef-lieu d'un commandement spéciall, Un corps de troupes spécialement institué pour la défense des frontières, les limitanei, fut organisé en smalah et reçut la garde des burgi semblables aux anciens postes de l’époque romaine ? : Ksar el-Foul (enceinte de 22 mètres X 21), Henchir Bou Gineah (enceinte de 9,35 X 7",90), Sidi Aïch (tour), Henchir Medjen Oum el-Kesseub, Ksour el-Kraïb (enceinte de #0 m. x #0 m.), Henchir Mzira (qui formaient la frontière méridionale de la Byzicère entre Thélepte, cù fut construite une forteresse importante, et Capsa, et devaient, en cas d'alerte, servir de refuge aux populations paisibles du bled); au delà de Capsa le Eimes gagnait probablement Ksar Zitouna et la rive septentrionale du chott El-Djerid, laissant aux indigènes et aux nomades le Djerid et le pays du Seldja *.

A l'abri des castella et des eitadelles reconetruits, les Ksourieus purent reprendre en sécurité leur travail, régénérer leurs olivettes et leurs palmeraies *.

En 647, Abdallah Ibn Saïd, gouverneur d'Égypte, recut du khalife Othman la permission d'envahir avec 20.000 hommes « le lointain et perfide Maghreb ». II ravagea la Byzacène, battit et tua à Akouba le patrice Grégoire et s'empara de Suffetula ; les premiers cavaliers arabes firent leur apparition

l. Dienz, p. 116-117, 127-134, 470, 494, 589. — Tissor, op. cûl., IT, p. 50. — Corpus, VII, 101.

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