Premier souverain des Almohades, Loru, 0p. cit, p
2, ex Kuacooux, Hist. des Berbères, IT, p. 33-51. LA GAFSA ANCIENNE. 11
Sahel et probablement de Kafsa! par Roger I, roi des Normands de Sicile (1146-1154), qui surveillait attentivement depuis trente ans les mouvements des tribus arabes et berbères, entretenait leurs rivalités, et forca le dernier souverain ziride El Hassan à abandonner son royaume et à se réfugier à Bougie. Le chef de la secte des Almohades, Abd el-Moumen, profita de ces circonstances pour envahir le pays et y établir son empire : il dut attacher un prix tout particulier à la prise de Kafsa, siège d'une puissante dynastie berbère, alliée peut-être aux Normands qui s’en étaient emparés et qu'il assiégeait à ce moment dans Mehdia?. Mais il ne réussit pas à vaincre l’esprit d'indépendance des gens de Kafsa.
En effet « Abd el-Moumen confia le gouvernement de Kafsa à Nôman Ibn Abd el-Hack, membre de la tribu des Hintata ; et trois années plus tard il Le remplaça par Meimoun Ibn Addjana, de la tribu des Guenfica. Meimoun eut pour successeur Emsan Ibn Mouca le Sanhadjan. Le nouveau gouverneur se conduisit d’une manière si tyrannique que les habitants résolurent de lui enlever l'autorité. Ayant appris qu'un petit-fils d'El-Mottez, nommé Ali Ibn el-Ezz, se trouvait à Bougie dans un état voisin de l'indigence, et exerçant le métier de tailleur, ils le firent venir à Kafsa, massacrèrent Emsan Ibn Moucça, et chargèrent leur protégé de régir l’état et de protéger Le peuple. En l'an 563 (1167-1268), le Cid Abou Zekeria, fils d’Abd el- Moumen, mit le siège devant Kafsa, d'après les ordres de son frère Youçof; mais bien qu'il serrät la ville de fort près et qu'il abattit les datliers dont elle était entourée, À fat obligé d'opérer sa retraite *, »
Vers cette époque probablement, l'aventurier Ibrahin ben Feraketim « alla sommer les Beni er-Rend, chefs de Kafsa. Ceux-ci lui livrèrent cette place avec d'autant plus d'empres-
l. PELuSstER, Eaploralion scientifique de l'Algérie, Mém. historiques et géogr., LIL, : 182. Mauroy, Précis de l'histoire el du commerce de l'Afrique du Nord, ps 94.
2. Lou, op, cil., p. 154-159, 154-167, 9. IBN KHALDOUX, op. cit, Il, p. 84.
sement qu'ils avaient de l'éloignement pour les Beni Abd el- Moumen, et se sentaient plutôt entrainés vers les Abbassides et disposés à dire la Khoteba en leur faveur. Ibrahim fit son entrée dans la ville et fit proclamer dans la prière solennelle le nom du khalife Abbasside, suivi de celui de Selahaddin. Ibrahim et ses partisans furent tués plus tard dans Kafsa, par El- Mansour!. »
Aussi dès « l'an 576 (1180-1181), Youcof, fils d'Abd el-Moumen, vint en personne assiéger Kafsa, et, ayant forcé Ibn El- Ezz à se rendre, il l’envoya au Maroc avec sa famille et lui permit d'emporter ses trésors. Le prince détrôné reçut du conquérant la place d'administrateur des impôts à Salé et remplit les fonctions de cet office jusqu’à sa mort. Avec lui finit La: dynastie des Rend? ».
L'esprit d'indépendance des gens de Kafsa ne disparut pas malgré l'exil définitif de leurs chefs les plus célèbres. Ils prirent successivement parti pour Ibn Ghanïa, candidat almoravide au trône des Almohades (1185), et furent assiégés par El-Mansour qui fit raser les murs de la ville mais respecta la citadelle (1185). De puissantes familles fournirent des cheikhs célèbres à Kafsa et aux oasis voisines”, dont l’histoire, jusqu'à l'occupation turque, n’est que le long récit des luttes des Djemaas et des seigneurs locaux contre le pouvoir central des khalifes.
« Depuis l'époque où le partage de l'empire hafside en deux principautés, celle de Tunis et celle des provinces occidentales5, eut empêché l'autorité impériale d'étendre plus longtemps une ombre tutélaire sur le Djerid, les habitants de cette région se laissaient gouverner par une junte composée de leurs
1, Er-Tinyant, p, 102-163,
2, IBx Kuazpoux, op cil., If, p. 94.
3. Pavy, Aisloire de la Tunisie, p. 315-320. — Loru, op cil., p. 163-1650.
4. Pavy, Zbid. — Tissor, op cil., II, p. 671. Jean Léox l’Arricaix, IT, p. 260. 5. Igx Kuazpoux, 0p. cil., LU, p. 145, 901.
6. Lors, op cit., p. 173-174, Abou Zekeria I] se rendit indépendant à la faveur
de l'insurrection qui suivit la mort d'El-Mostancer, 1277-1284.
cheikbhs!.… A l’époque où les localités du Djerid passèrent sous l'administration de conseils indépendants, Kafsa avait déjà pour président Yahya Ibn Mohammed Ibn Ali Ibn Abd el-Djebil, membre de la famille Abed, une des premières maisons de la ville. Les Abed prétendent remonter à Bila (tribu himyerite descendue de Codäa) et avoir vécu en confédération avec plusieurs fractions de la grande tribu des Solein. On ne saurait préciser l’époque de leur établissement à Kafsa, mais on sait qu'ils s'incorporèrent dans la population de cette ville et qu'ils y prirent rang avec les familles les plus puissantes, les Beni Abd es-Samed et les Beni Abi Zeid. Sous le règne d'Abou Zekeria? : 1° la présidence de Kafsa fut exercée par un membre de la famille Abou Zeid auquel le monarque avait confié la perception de l'impôt dans le Djerid; accusé d'avoir détourné une partie de ces sommes... ce fonctionnaire perdit sa place et encourut une amende de plusieurs milliers de pièces. Après lui la présidence fut exercée tantôt par l’une, tantôt par l’autre de ces familles. Lors du rétablissement des conseils administratifs dans le Djerid, l'esprit d'indépendance renaquit à Kafsa et comme les Beni Abed y formait le parti le plus puissant, leur chef, Yahya Ibn Ali, obünt la présidence’. »
Le souverain mérinide de Fez, Abou ‘I-Hacen, avait envahi la Tunisie à la mort de son allié le hafside Abou Yahïaf : « Il ambitionnait surtout l'honneur de soumettre le Djerid. En l’an 735 (133%) il marcha sur Kafsa, ville dont Yahya Ibn Mohammed avait usurpé le commandement *. Ce chef... gouvernait