IBn KnaALpoux, 0p. cil., I, p
Effectivement le sultan Abou ‘I-Abbas vint mettre le siège devant Kafsa, et voyant qu'il ne pourrait avoir raison de la cité par les armes, il employa la seule tactique susceptible d'inquiéter sérieusement les gens de Kafsa et de les séparer de leur cheikh : « 17 commença à faire abattre leurs dathiers. Aussitôt cette population de cullivateurs quitta ses demeures el passa du côté des Hafsides, en abandonnant son chef Ahmed Ibn el-Abed, vieillard dont l'esprit s'était affaibli avec l’âge (780, février-mars 1379) 1, »
Le sultan laissa comme gouverneur à Kafsa son propre fils Abou Bekr, remplacé l’année suivante par un officier de rang élevé, Abd Allah et-Toreiki (782 à 791 — 1380-81 à 1391-92). Il compta sans l'esprit d'indépendance des gens de Kafsa et sans l’ambition de la famille des Abed chassés du pouvoir : « Ed-Doneiden n'avait pas été atteint par la proscription dont le sultan avait frappé la famille des Abed et, pour cette raison, il était resté à Kafsa, où ?/ remplissait avec intelligence et probité les fonctions de distributeur des eaux de la ville: il fit empoisonner le fils du gouverneur, chassa de la ville tous les Et-Toreiki, et confisqua leurs biens. Le sultan, voyant les Kafsiens persister dans leur éÿarement malgré ses remontrances et ses menaces, rassembla une armée, soudoya les Arabes et se mit en marche. Vers le milieu de l’an 795 (mai 1393), il campa sous les murs de Kafsa et, ayant reconnu que les habitants s’y étaient fortifiés, il les attaqua vigoureusement et leur fit éprouver des pertes considérables. Au moyen d’un blocus sévère, ?/ leur coupa les vivres et ensuite il fil abattre leurs dattiers, afin de faciliter ses communications. Les assiégés étaient réduits à la dernière extrémité quand leur cheikh, Ed-Doneiden, se rendit auprès de lui afin de ratifier une capitulation qui devait assurer Le salut de la ville et de ses habitants. En le voyant arriver le sultan trahit sa parole et le fit arrêter, croyant hâter ainsi la reddition de la place. Quand