‹ La Capsa Ancienne: La Gaesa ModerneChapitre 130 sur 153 · Supra, p. 167 et sq · texte numérisé non relu

Supra, p. 167 et sq

3, EL-BEkRI, p. 114.

centralisatrices excessives et inutiles de celui-ci devaient paraitre vexatoires, et son éloignement devait encourager l'antique patriotisme communal des maraichers de Kafsa, fixés au sol par des siècles d’äpre culture et par l'attachement à leurs sources, cette forme africaine de l'attachement à la glèbe, presque incapables de concevoir une forme politique différente de celle où s'était développée depuis des siècles leur mentalité.

Quand l’armée du khalife était signalée, les habitants quittaient leurs jardins pour quelques semaines; ils se réfugiaient dans leurs villages forüfiés, El-Ksar, le Ksar Kalla, le Ksar Sidi Mansour, Ksour Naata, Sidi Ahmed Zarroung, le Ksar Kafsa, d'autres encore, disséminés dans l’oasis jadis plus étendue. Grâce à leurs silos soigneusement remplis, grâce à leurs puits et à leurs sources situés à l’intérieur des murs, ils pouvaient résister longtemps; par les fossés d'irrigation, derrière les levées de terre de la palmeraie, ils pouvaient se glisser jusqu'à l'ennemi hésitant à s'engager dans le dédale des plantations, tandis que les nomades du voisinage, leurs alliés, pouvaient harceler les assiégeants, couper leurs convois, enlever leurs chameaux ; Ia Kasbah de Kafsa; où se {rouve une source jaillissante!, offrait aux plus tenaces dans la résistance un dernier refuge considéré à juste titre comme imprenable. Les Ksouriens ne s émouvaient que quand leur richesse et leur subsistance mème se trouvaient menacées par la destruction des palmiers : ils se soumettaient pour sauver leurs dattiers; mais à peine le vainqueur avait-il disparu, la Djemaa et ses chefs reprenaient leur indépendance; si bien que la succession de toutes les luttes, de tous les sièges de Kafsa, ne doit pas nous apparaitre comme une série de crises graves, mais comme l'état politique permanent et nécessaire du pays.

Un dicton du Djerid a conservé le souvenir populaire de l'arrogance des gens de Kafsa :

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