‹ La Capsa Ancienne: La Gaesa ModerneChapitre 23 sur 153 · BARABAN, 0p. cil., p · texte numérisé non relu

BARABAN, 0p. cil., p

6 ViviEx DE Saivr-Marrix, loc. cil,, dit 32.349 : chiffre donné par Blanc en 1887, reproduit par Vivien de Saint-Martin. — Statistiques officielles, 1891, GL240 palmiers à Gafsa, 46.000 à Tamerza, 73.698 à El-Hamma, 212.971 à El-Oudiane, 117.077 à Tozeur, 386.706 à Nefta; 1.992.301 en Tunisie, — Cf, infra, Géoy. Economique, p. SS et passim.

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Le sol, sous les dattiers, et, en dehors des palmeraies, les deux tiers de la surface de l’oasis sont occupés par des oliviers dont le nombre était de 75.000 en 1900 et augmente régulièrement dans les terrains nouvellement plantés et souvent irrigués qui entourent le camp et la gare. Sur un total de 133.758 oliviers dispersés dans tout le caïdat de Gafsa (El-Guettar et Nechiou compris), 13.492 arbres, situés en grande majorité à Gafsa, n'avaient pas atteint leur 20° année !. On trouve en outre des cactus et de nombreux arbres fruitiers : amandiers, pèchers, abricotiers, pruniers,pommiers, cognassiers, figuiers, jujubiers, grenadiers; les oranges, si prospères à El-Oudiane, donnent rarement de beaux fruits mürs; sous les arbres fruitiers et les palmeraies se trouve un nouvel étage de cultures; des légumes de toutes sortes, fèves, carottes blanches, oignons, salades?, pois, melons, potirons, concombres, partiques, tomates, aubergines, etc., des plants de tabac, du piment, du henné, enfin du maïs et surtout du blé et de l'orge, si rares au Djerid. Il convient également de signaler deux hectares de vignes entre El-Ksar et Lalla.

Malgré l'étendue de ces cultures, Gafsa n’est pas, comme El- Oudiane, un grand jardin merveilleusement cultivé. Malgré l'irrigation, elle n'a pas l’aspect des belles palmeraies de Tozeur, et, bien que ses arbres soient mal taillés, elle n’a rien de la forêt vierge qui forme la corbeille de Nefta. Elle tient à la fois de chacune de ces oasis, elle tient aussi des oasis pauvres d'El-Hamma et de Fériana; par certaines de ses plantations sèches d’oliviers elle ressemble mème aux olivettes de Sfax. Comme le pays qui l'entoure, elle marque une transition entre le centre et le sud de la Tunisie. Au point de vue hydrographique, elle ne se singularise par aucun mode particulier d'utilisation de l’eau, ni par une règlementation rigoureuse de l'irrigation ou des forages, mais bien plutôt par l’abon-

1. FLeury, Les industries indigènes de la Tunisie, 1900, p. 95.— ViviEx DE SAINT Marnn, ibid. — Rapport au Président, 1905, p. 567. 2. BARABAN, 0p. cil., p. 143-144.

dance relative, la constance et même la régularité du débit de ses sources et de ses puits : on peut donc la ranger, comme les oasis des Zibans et de l’Aurès, et mieux qu’elles encore, parmi les « oasis telliennes! ».

La faune du pays gafsien est en étroite harmonie avec la végétation de cette zone de transition.

Dans les grandes plaines voisines de Gafsa, on rencontre le lièvre; dans la montagne, le sanglier et surtout le mouflon, gibier caractéristique du centre de la Tunisie. On y trouve aussi des gazelles, venues de régions plus désertiques ?, des flamants bleus et roses, semblables à ceux du Hodna et du lac de Tunis et qui s’établissent temporairement dans les terrains humides couverts de tamarins. Enfin le pays est infesté par endroits de serpents venimeux, de cérastes et de vipères à cornes, et les indigènes ont abandonné le djebel Seldja, à cause de la multitude de reptiles de l'espèce tagarga qu'on y rencontre *. |

Tous les animaux domestiques du nord, du centre et du sud de la Tunisie sont représentés dans le territoire et dans l’oasis de Gafsa : chiens, chevaux, mulets, ânes, bœufs, moutons, chèvres et chameaux.

Les chevaux sont relativement peu nombreux malgré la présence dans le pays d'importantes tribus nomades : 1.617 d’après les statistiques officielles de 1892 (dans le territoire militaire, le Djerid non compris), 586 seulement d'après les statistiques de 1899 (dans le territoire du contrôle civil, le Djerid non compris), #10 d’après celle de 1900 {; le cheval,

L. BRUNES, 0p. cil., p. 309.394. — Tnomas, lettres particulières.

2. La région du Bou Hedma où ces animaux trouvent une nourriture assez abondante, des couverts et la sécurité, est assez giboyeuse. On y trouve des cailles, des tourterelles, des aigles. — Barapax, 0p. ci, p. 199.

3, VIVIEN DE ST-MARTIN, Op. cil.

1. Slalistiques officielles de 1892, p. 266. Bull. Dir. Agr. et Com., 1900, juillet, p.915 1902 p.327,

i' dans le sud, est un véritable signe de la richesse de son propriétaire. Les mulets, très appréciés, sont peu nombreux : 121 en 1890, 150 en 1901. La bête de somme par excellence est l'âne : bien adapté au pays, sobre, d'entretien peu coûteux, vigoureux, il rend de grands services dans les jardins des oasis, dans les douars nomades et même pour le service de la poste : il y avait en 1901, 5.207 ânes dans le territoire de Gafsa (9.437 en 1892, d’après les statistiques de territoire militaire). Le pays, par contre, se prête mal à l'élevage des bœufs, qui vivent assez difficilement sous un climat trop méridional pour eux; on les rencontre généralement dans les parcours et les douars nomades; cependant, quelques vaches de petite taille paissent sous les oliviers de Gafsa, dans les parties non irriguées; et, comme dans le sahel de Sousse, il arrive que les indigènes se servent d’un bœuf, attelé avec un âne ou un chameau, pour leurs labours, même dansles oasis. Leur nombre est de 1.500 environ (2.289 d'après les statistiques de 1891).

Les chameaux au contraire sont nombreux : 10.000 en 1901 (22.890 en 1892); ils sont seuls capables d'effectuer les lourds transports à de grandes distances, et composent presque exelusivement les caravanes importantes du Djerid et de Gafsa à Gabès, au sahel de Sousse, à Kairouan, aux plateaux du Kef et de Tebessa. Depuis l'établissement du chemin de fer les caravanes de Sfax deviennent de plus en plus rares : c’est à cette cause sans doute et à la suppression de l'état de guerre qu'il faut attribuer la diminution considérable du nombre des chameaux et des autres bêtes de somme, accusée par les statistiques comparées de 1892 et 1901.

Les animaux domestiques presque exclusivement employés pour satisfaire aux besoins journaliers des indigènes, nomades, commereants ou maraichers, ne donnent pas lieu à d'importantes transactions : 10 chevaux seulement, en moyenne, 6 mulets, 36 ânes, 55 bœufs, #0 chameaux, furent présentés chaque mois en 1898 sur le marché de Gafsa, pendant les onze derniers mois de l’année. Seuls les moutons et les chèvres ont

une grande importance commerciale : ils fournissent le pays de laine et de viande de boucherie : on en fait élevage. En 1898, le marché de Gafsa recut en moyenne 864 ovins et 567 caprins par mois !, Leur nombre sur le territoire était évalué respectivement en 1901 à 60.000 et 22.700 têtes (169.290 et 232.726 en 1892), représentant 9 % et 5 % du troupeau tunisien, sans compter les animaux transhumants des territoires voisins ?. La diminution générale du cheptel tunisien constatée dans ces dix dernières années s’est fait sentir à Gafsa dans de larges proportions, malgré le climat particulièrement propice à l'élevage.

La plupart des moutons, dans la région de Gafsa, sont des barbarins à grosses queues, à laine grossière, à chair dure, mais très vigoureux; les barbarins à queues fines sont assez rares ?. La nature de la végétation — tamarins salins, cactus, retem, armoise blanche, — son abondance dans les années pluvieuses, le morcellement du relief qui multiplie les pâturages et permet aux pasteurs de se déplacer relativement peu aux différentes saisons, rendent la région très favorable à l’élevage du mouton et de la chèvre : les troupeaux d'El-Ayaïcha trouvent à se nourrir toute l’année dans le bled Thala, les vallées de la montagne ou le bled Segui#; les pâturages de la partie du bled Segui, comprise entre Bir Chgeigga et le Tarfaoui sont assez abondants pour nourrir 6.000 moutons (4.000 nedi à grosses queues, 2.000 à petites queues)”; ils sont si favorables à la race ovine que « les moutons du pays trans-

1. Bull. Dir. Agr. el Com., IS, octobre, p. 97 et sq. ; 1899, janvier, p. M et sq., avril, p. 96 et sq.

2. 1.228.181 moutons en IS9? (Bourpe, Rapport sur l'élevage du mouton, p. 6), 717.899 en 1901 (Bull. Dir. Agr. et Com., 1902, p. 327). L'étendue plus grande du territoire de Gafsa en 1892 (territoire militaire) et peut-être les difficultés plus grandes rencontrées pour le recensement de 1892, ainsi que les époques différentes où l’on à pu faire les recensements, ont contribué sans doute à l'écart énorme des chiffres des deux statistiques.

9. Dececraz, L'élevage du mouton en Tunisie, /?. Tun., 1807, p. 162.

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