‹ La Capsa Ancienne: La Gaesa ModerneChapitre 24 sur 153 · R. Afr. française, 1888, p · texte numérisé non relu

R. Afr. française, 1888, p

portés en un autre point de la Tunisie y dépérissent, et que les bêtes étrangères qui y sont importées prospèrent rapidement ! ».

Le massif gafsien mérite donc bien le nom de « pays du mouton » que nous appliquions précédemment.

Le territoire de Gafsa doit également à son climat et à sa topographie de ne pas être défavorable à l'homme. Les indigènes sont établis à Gafsa depuis les périodes préhistoriques. Les 1.00 ou 1.500 hectares de l'oasis de Gafsa et de ses annexes nourrissent aujourd’hui 6.000 à 7.000 habitants, 450 à 500 habitants au kilomètre carré ; plus de 70.000 nomades, ksouriens et carriers vivent sur le territoire du contrôle de Gafsa et viennent en partie s’approvisionner dans l'oasis ?.

Les indigènes vivent dans des conditions de santé satisfaifaisantes : les éruptions cutanées soignées par les eaux de Sidi Ahmed Zarroung, les ophtalmies, les autres maladies, n’ysont pas plus répandues que dans le centre ou le nord de la Tunisie; elles sont infiniment moins fréquentes qu'à Tozeur et à Nefta, où des fièvres pernicieuses sont provoquées par l'extrême et perpétuelle chaleur et les émanations malsaines des rives du Chott, marécageuses à certaines époques, et des jardins plus étendus, noyés sous l’eau d'irrigation.

A Gafsa, les Européens vivent facilement, même en été, à condition d’être sobres et de prendre quelques précautions contre la chaleur et le surmenage : les fonctionnaires, les officiers et les disciplinaires de la garnison, mème les ingénieurs et les employés de Metlaoui ne sont pas éprouvés par le climat, tandis que le séjour du Djerid, foyer de malaria, est dangereux : les Européens qui y demeurent trop longtemps

1. Du Parv pe CLaw, Étude sur le Djerid, Bull. géogr. Com. tr. hist. el sc., 1893, p. 284, en note.

2, La Tunisie, p. 423-425. — Infra, p. 186-188. — L'annexe de Tozeur et du Djerid n’est pas comprise dans ces chiffres.

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sont atteints par la dysenterie et les fièvres, tués par la phtisie : aux quinze ou vingt Français du Djerid, l’oasis septentrionale de la montagne Gafsa fait presque l'effet d’un sanatorium.

Ainsi toute la vie de l’oasis et du pays de Gafsa est en étroite relation avec les conditions géographiques de la région : c'est à l’érosion, au ruissellement, à l'état atmosphérique de l'air, au régime des pluies, au débit des sources et des puits que sont dus la dénudation des djebels et les détails de la topographie locale, la végétation pauvre mais relativement abondante des bleds, et les jardins des oasis; c’est grâce à la végétation et au climat que les animaux et l’homme peuvent vivre sur cette limite du Sahara. Le climat lui-même est la conséquence de la forme orographique du pays, de la hauteur et de l'orientation de ses montagnes: c’est au dj. Serraguia, au Bou Ramli, à l'Orbata, au Jellabia, au Seldja, que Gafsa doit son existence séculaire d’oasis prospère dans une « marche tellienne ».

Cependant l'aspect de la région de Gafsa n'a pas toujours été le même. A l’époque romaine, le pays maintenant presque désert à Gafsa, à Tebessa, à Kairouan et à Sfax, était parsemé de villes florissantes dont les ruines parfois imposantes s’élèvent dans les vallées aujourd'hui désolées : Thelepte (50 à 60.000 hab., Fériana), Suffetula (20 à 25.000 hab., Sbeitla), Gillium (12 à 15.000 hab.), Thysdrus (El-Djem, 100.000 hab), — de gros bourgs : Nara, Bararus, Cilma, Thigès sur la route du Djerid, Thasarte dans le bled Segui; de villages et de fermes disséminées; et « quand les premiers conquérants arabes arrivèrent, on pouvait, de Tripoli à Tanger, cheminer à l'ombre à travers une ligne ininterrompue de villages ! ».

«Dans les environs de Gafsa, écrit au x1° siècle le géographe

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