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grandit en population et en importance politique : « l'Hécatompyles » égyptienne, la Kafaz phénicienne ! ne pouvaient exister sans de vastes jardins pour les nourrir. Et tandis que les Égyptiens introduisaient leurs casques, leurs armes, leurs cuirasses chez les populations riveraines du lac Triton ?, ils apportaient avec leurs armées et leurs caravanes, s’il faut en croire la légende, cette espèce de palmiers particuliers aux iles Pharaoun et dont les dattes ne mürissent pas *, peut-être aussi l'olivier et d’autres arbres fruitiers venus d'Orient en Tunisie, des légumes, et, sans doute, leurs primitives araires dont nous voyons encore, dans l'oasis et dans la région de Gafsa, des copies à peine modifiées, trainées, comme les charrues des bas-reliefs égyptiens, par un bœuf sous le joug, par un âne, ou par un chameau ‘.
A l’époque où les négociants phénicièns, puisles navigateurs grecs, fréquentaient le golfe de Gabès et pénétraient peut-être, à quelque distance de la côte °, jusqu'à Kafaz, appelée par Tissot grand emporium saharien 5, presque tout le pays situé entre le rivage des Syrtes et cette oasis était occupé, comme aujourd'hui, par des nomades 7 « qui aimaient mieux mettre leurs terres en pâturages pour leurs troupeaux, que de les ensemencer » $ et « combattaient la disette d’eau en senourrissant presque toujours du lait et de la viande des animaux sauvages » Ÿ : la nourriture de ces pauvres tribus était « toute pour la lutte contre la faim et la soif », sans que rien existat pour le caprice et pour le luxe !!,