Rivière et LECQ, op. cil., p. 181 et sq
2. R. Af. française, 1888, p. 193, 194. — BaraBax, 0p. cut., p. 191. — RivièRE et LECQ,op. cil., p. 198 ét sq.
rains domaniaux du Guemouda — le droit de pacage sur des parcours plus favorisés par le climat.
Dans le contrôle de Gafsa, on compte environ 60.000 moutons (5 Y du troupeau tunisien), 22.500 chèvres (9 Z du troupeau tunisien), 1.500 bœufs, 10.000 chameaux, 5.200 ânes, 150 mulets, #00 chevaux*.
Le chameau, employé comme bête de caravane, l'âne, utilisé par les indigènes pour les transports dans l’oasis et entre les douars, ne sont pas l’objet de transactions actives 36 ânes et #0 chameaux seulement furent présentés par mois sur le marché de Gafsa en 1898. Au contraire les moutons, dont la chair constitue une partie importante de la nourriture des Ksouriens et dont la laine est employée par les tisserands locaux, sont très recherchés, ainsi que les chèvres appréciées pour leur lait et leur poil : en 1898, 86% moutons et 567 chèvres furent présentés en moyenne chaque mois sur le marché de l’oasis. La valeur de tous les animaux ainsi présentés à Gafsa en 1898 fut de 15.000 fr. par mois environ. Encore faudrait-il ajouter à ce chiffre déjà élevé, pour avoir une idée exacte de l'importance de l'élevage dans la région, la valeur des animaux vendus dans les oasis et les contrôles voisins par les pasteurs et celle des animaux consommés dans les oasis et les douars sans donner lieu à des transactions publiques.
Les moutons tunisiens ne donnent pas lieu à un commerce d'exportation considérable et les moutons du pays gafsien en particulier paraissent donner lieu à un trafic presque exclusivement local: Gafsa est en effet, après Kebili, le marché le moins important signalé par les statistiques tunisiennesÿ, et
1, Union coloniale, ce qu'on peut faire en Tunisie (Conférence), À. lun. 1897, p. 162. — Aug. BERNARD et LaCRoIx, op. cit., p. 57.
?. Bull. dir. agr. el comm., 1902, p. 327.
3. /d., 189, oct., p. 97 et sq. ; 1899, janvier, p. M et sq. ; 1899, avril, p. 96 et sq. L'exportation des moutons tunisiens a été de de 76.500 têtes en moyenne pendant les cinq dernières années, dont 44.000 têtes (60 %) transhumant en Algérie,
si l'élevage tient une grande place dans la vie de la région, c'est en raison du complément indispensable qu'il apporte à la nourriture et à l’industrie des cultivateurs ksouriens, et de sa valeur d'échange pour les nomades : l'élevage du mouton et de la chèvre complète en effet l'individualité économique du pays de Gafsa et achève de réunir ses habitants par des liens d'intérèt si étroits et si conformes aux conditions géographiques locales que nomades et sédentaires pourraient se suffire à eux-mêmes et satisfaire leurs besoins essentiels sans avoir recours à l'importation.
Des mesures pratiques, destinées à améliorer cette situation en la rendant plus stable et en créant un commerce d’exportation, ont été envisagées.
La plupart des moutons des bleds gafsiens sont des barbarins à grosse queue, résistants, bien adaptés à la rudesse du climat et au régime de la transhumance; mais leur appendice graisseux, sil les préserve de la disette en leur fournissant une réserve nutritive, a l'inconvénient de nuire au développement et à la saveur de la chair; en outre la laine de cette espèce ovine est grossière et mêlée d’impuretés. Il serait donc à l'avantage des éleveurs de créer des produits de viande et de toison plus fines, qui seraient plus appréciés des consommateurs européens établis dans le pays, des tisserands indigènes et des exportateurs. Le croisement des types locaux avec des barbarins à queue fine et des mérinos de la Crau ou de Castille a donné de bons produits en Algérie et en Tunisie où les espèces importées, accoutumées à la transhumance, ont trouvé des conditions climatiques presque semblables à celles de leur pays d'origine. Déjà le gouvernement tunisien à facilité l'introduction dans les douars de brebis et de béliers sélectionnés en les procurant aux indigènes à prix coûùtant. Les 2.000 moutons à queue fine du bled Segui, renommés pour leur belle qualité, donnent la certitude que le croisement des races entrepris dans de plus grandes proportions, aurait des résultats excellents dans le
pays gafsien qui est véritablement le « pays du mouton! ».
Un autre moyen d'améliorer les ‘roupeaux consisterait dans la construction, au voisinage des principaux bordjs et points d'eau, de hangars et d’abris légers où les animaux pourraient être protégés pendant la mauvaise saison de la pluie torrentielle et du froid?.
Il serait à la fois désirable et difficile d'arriver à généraliser l'emploi de ce procédé de stabulation temporaire chez les indigènes habitués depuis des siècles à laisser leurs troupeaux en plein air nuit et jour, à toutes les époques de l’année. La grande étendue des pâturages serait peut-être un autre obstacle à l’utilisation rapide, en cas d’orage, d’abris qui resteraient nécessairement éloignés les uns des autres.
L'aménagement et l'entretien des points d’eau est un procédé beaucoup plus pratique et plus urgent. Il s'agit là de travaux très peu importants et peu coûteux qui ont été entrepris déjà en assez grand nombre et avec succès : Restauration de barrages, d'aqueducs, de réservoirs romains, captage de sources, constructions de conduites maçonnées, d'abreuvoirs, de citernes. Ces travaux sont si pratiques et les nomades en comprennent si bien l'utilité qu'en 1893, quand le Majen Smaouï fut remis en état, 140 indigènes se présentèrent spontanément et déblayèrent la citerne ruinée sans demander de salaire’. Ces travaux ont en effet l'avantage de
1. DeLécraz, Le moulon en Afrique, R. tun., 1899, p. 11, 12, 13-17 et passim. — Bourne, L'élevage du mouton en Tunisie, p. 22, 24, 27, 29-35. — Du Pary DE CLaw, op. cil., p. 284, note. — Rivière et LECQ, 0p. cit, p. 939 et sq. — Rapport au Président, 1905, p. 24. DE FaGEs, Etablissement d'un programme de grands travaux en Tunisie, p. 91.
2. DELÉCRAZ, 0p. cit., p. 18. — Un abri de 10 mètres cubes pouvant contenir environ 900 moutons ou brebis avec leurs agneaux coûterait vraisemblablement 500 à 700 francs. Aug. BerxaRD et Lacroix, 0p. cil., p. 335-337.
3. Restauration du barrage et du petit aquedue d'Aïn Moularès (1.500 fr.), de la citerne de Smaoui (1895, 3.800 me., 3.000 fr.), du Majen el-Fedj (1899, 10.900 fr.); dégagement et réparation des Majen Bel Abbès (1893, 2.000 me. 6.000 fr.) ; recouvrement d'une citerne des Majen Bel Abbès (1897, 5.000 fr.) : captage d’une source, construction d’une conduite maçonnée de 1.150 m. et d'un barrage au dj. Younnès ; réparation du barrage et des conduites maçon-
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procurer aux hommes et aux troupeaux une eau saine, infiniment préférable à celle des redirs et des mares que les animaux souillent en y pénétrant ; ils permettent surtout l'utilisation par les nomades de parcours nouveaux que l'éloignement des anciens points d'eau praticables ne laissait guère la possibilité d'exploiter; ils permettent également de ménager les pâturages anciens et d'y empêcher la destruction presque complète de la végétation, résultat de l'abus du pacage; peut-être leur multiplication aurait-elle pour dernier effet, en augmentant le nombre des pâturages accessibles, de cantonner les nomades dans certaines parties du bled et de la montagne bien déterminées et plus restreintes, et de diminuer l'étendue réelle du pays qu'ils oceupent, sans grande utilité pour eux, au détriment des cultivateurs sédentaires 1,
Ainsi c’est, comme à l’époque romaine, par des travaux hydrauliques bien compris que le bled est rendu plus produc-
nées de l’oued Bou Haya (1893, 2.000 me., 4.000 fr.); construction du puits de Maknassy (4.000 fr.); réparation du puits de Sened (800 fr.) ; construction du barrage, de la conduite maconnée et de l’abreuvoir de l’oued Cherchara, sur l'emplacement de l’ancienne Thala (1892, 950 me., 10.000 fr.); aménagement du Bir Rekeb, de la source de Djemma et de la source de Seftimi.
GauckLer, Enquête sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie, I, p. 190-1 ; 11, p. 24. — Dir. générale des travaux public, lableaux statistiques, 1905, I, p. 30-31-39-40-42. DE FaGes, loc. cil.
1. Supra, p. 36 et sq., 42 et sq. — Rivière et LECQ, 0p. cùl., p. 625.
L'étude de MM. Aug. Bernard et Lacroix sur l’Évolution du nomadisme en Algérie, publiée récemment d’après les rapports des chefs des bureaux indigènes de l'Algérie, indique très nettement que, d’une facon générale, dans les régions de l'Afrique du Nord où les conditions de la vie sont sensiblement les mêmes que dans ce pays gafsien, la sécurité chaque jour plus assurée, l'augmentation des ressources hydrauliques, l'utilisation meilleure des pâturages des steppes, la construction d’abris, sont susceptibles de développer le troupeau ovin et d'améliorer ses qualités. Cette amélioration et ce développement, en Algérie comme dans le sud de la Tunisie, semblent compatibles avec une extension importante des cultures et une plus grande fixité des populations nomades dans le bled mieux aménagé et plus sûr (op. cil., p. 164 et sq., passim).
tif et plus habitable. Ces travaux sont exactement de mème nature et de même importance que ceux d'il y a dix-huit siècles; ils en sont souvent la restauration ; ils ont des effets identiques.
Cette répétition des mêmes manifestations de l’industrie humaine est d'autant plus curieuse qu’elle se produit d'une manière plus complète encore dans un mode d'utilisation du bled qui nous semble nouveau et est en réalité la reproduction de mesures prises par les cultivateurs gafsiens pour coloniser le pays sous l'empire romain.
Ces cultivateurs avaient réussi à couvrir les plaines gafsiennes de riches olivettes en construisant des travaux de préservation contre le ruissellement torrentiel des eaux de pluie et en aménageant des réserves d’eau destinées à l’alimentation des habitants, à l'entretien de quelques jardins et à l’arrosage des plantations pendant les années les plus sèches.
Le gouvernement tunisien, soucieux de poursuivre la politique agricole préconisée avec beaucoup de force et de clairvoyance par M. Bourde, s'inspirant de ces précédents et encouragé par la prospérité des olivettes de Sfax, homologua, par un décret du 5 août 1899, Les procès-verbaux et plans de reconnaissances de 55.000 hectares de terrains domaniaux, sis dans les bleds Maknassy, Zannouch et Sened !.
Ces bleds étaient cultivés à l'époque romaine : on y retrouve de nombreuses ruines, principalement au voisinage de Ksar el-Ahmar, de l’H. Fersch et de la vallée de l’oued Serkress. Situés au pied de la haute chaine du dj. Bou Bellel et du Bon Hedmua, ils sont très arrosés et les terrains d’alluvions sablonneuses qui les composent sont relativement feriles : les indigènes y ont même quelques cultures de céréales à l’ouest dans la haute vallée d’un affluent de l'O. Serkress.
1. Bourne, Rapport Sur la culture de l'olivier en Tunisie. Bull. dir. agr. et comm., 1899, oct., p. 11.
La masse d'eau souterraine en suspension dans le sol est abondante ; les puits ont un débit élevét,
Ces terrains, traversés sur une longueur de près de 60 kilomètres par la voie ferrée qui en augmente encore la valeur, ont été lotis et concédés dans les mêmes conditions que les terres Sialines de Sfax?. Au 1" juillet 1902, des capitaux se montant à la somme de 350.000 francs y étaient engagés, 12.283 Has taient déjà aliénés, 3.580 étaient plantés, 2%1 habitants étaient fixés autour de la station de Maknassy?.
Depuis cette époque, le centre de Maknassy n’a cessé de se développer. En 1905, il y avait dans le caïdat des Hammama 24.066 oliviers de moins de vingt ans dont la plupart devaient ètre dans les terrains domaniaux de Maknassy f.
Les oliviers sont plantés et exploités à Maknassy dans les mêmes conditions et suivant les mêmes procédés qu'à Sfax.
Des éclats détachés d'arbres productifs sont enfouis dans le sol sablonneux, dans des trous creusés à l'avance, au mo-