Infra, p
et de la cherté du commerce des caravanes, ont été envoyés chaque année en plus grande quantité au port de Sfax par la voie ferrée. Il s’est également créé un commerce de blé importé ou en transit, sans doute destiné à l'alimentation des populations nouvelles installées à Metlaoui !. La prolongation du chemin de fer de Metlaoui à Tozeur facilitera l'important commerce de dattes de Tozeur et contribuera largement au développement du bien-être des populations du Djerid. Aux stations de la ligne de Sfax à Gafsa, à Graïba, à Sened, des centres commerçants se sont créés; à Maknassy, au centre des jeunes olivettes, le caïd des Hammama a fixé une de ses résidences : ces agglomérations de populations tendront à se multiplier dans les régions de parcours comme dans les nouvelles régions de culture et le chemin de fer sera, comme les points d’eau disséminés dans la plaine, un centre de ralliement pour les pasteurs, un agent de leur transformation partielle en demi-nomades, peut-être en sédentaires.
Cependant sauf en ce qui concerne l'exploitation industrielle des phosphates ?, la région gafsienne n’a pas été etne sera pas profondément modifiée.
Elle forme un tout économique en même temps qu'un tout géographique : ses cultures, son industrie pastorale, ses industries sont bien adaptées au pays où elles trouvent les conditions climatiques et les matières premières nécessaires à leur développement:; elles sont intimement liées entre elles et constituent un ensemble de faits géographiques et économiques localisés,
1. Rapports, etc., 1901, p. 5; 1902, p. 5; 1903, p. 5; 1904, p. 6; 1905, p. »; 1906, p. 6. Le chemin de fer a transporté :
Dattes. Alfa. Céréales et farines, AOL D2{ tonnes. 11.507 tonnes. 1.639 tonnes.
AO ce 860 = SLI — 1.143 — LOIRE Re de 764 — 14.554 — 2,344 — ODA TE 1524 — IS.GH1 -- 1.951 — OUEST - e — 19.636 — LOGE ee — 18.340 — {.191 =
2, Infra, p. 125 et sq. | LA GAFSA ANCIENNE, 9
absolument unis les uns aux autres ; elles ont donné lieu à des mouvements d'échanges si complexes et ont rendu les habi- {ants du pays, nomades et sédentaires, si étroitement solidaires que l’on concoit bien les raisons de leur rivalité constante avant le règne de la paix française : c'était une nécessité économique inéluctable, pour les pasteurs de s'assurer la suzeraineté sur l'oasis, pour les ksouriens de sauvegarder leur indépendance afin de pouvoir traiter d'égaux à égaux avec tous leurs voisins; ces luttes sans cesse renaissantes, ces guerres de la faim ne leur procurèrent que la misère : nomades et sédentaires, plus isolés dans leurs cantons que les habitants de nos vieilles provinces agricoles françaises ne le sont du reste du pays, ont un besoin de calme et de sécurité plus grand encore, ils sont unis par des liens plus intimes peut-être que les maraichers, les artisans, les bourgeois de nos villes et les cultivateurs, les bergers plus rustres des campagnes voisines.
Déterminés par les conditions naturelles du pays, ces rapports étroits ne pouvaient que gagner en régularité à l'établissement du Protectorat français qui leur a permis de se manifester, sans être entravés par l’état de guerre et de pillage. C'est par le seul perfectionnement de ces rapports entre les populations, par l’amélioration des procédés de culture, d'élevage et d'industrie locale que l’on à cherché, avec raison, à développer la prospérité du pays; instruit par l'exemple des Romains, le gouvernement tunisien à donné tous ses soins à la construction d'ouvrages hydrauliques et d'aménagement de l’eau, qui sont la condition essentielle de tout progrès en ce pays.
Si dans vingt ou trente ans, comme il est probable, l'oasis de Gafsa s'est largement étendue, si les cultures d'’oliviers couvrent dans le bled de vastes territoires à côté des parcours nomades, si l'élevage est plus parfait et donne lieu à des transactions nombreuses, si le commerce des lainages reste plein d'activité, cette situation nouvelle sera due au développement de la situation actuelle; si un important commerce d’expor-
tation s'établit, si un courant d'importation se crée, si le chemin de fer devient l'artère vitale de la région et l’un des principaux agents de sa prospérité agricole, l'autonomie économique de la région n’en subsistera pas moins : c’est le vieux marché local de Gafsa qui aura donné naissance, par son extension, au marché nouveau, et le séculaire groupement géographique des cultures et des industries du pays restera le fondement et la garanlie de sa prospérité.
‘JU9IRU 9T — AIX 19 IIIX