hs Khaldoun, op, cit,, nu p. 150, p
les notables de Kafsa apprirent la conduite déloyale du sul« tan, ils se rallièrent à Omar (membre de la famille des Abed emprisonné par Ed-Doneiden) et lui confièrent le commande^ ment. Ensuite ils cherchèrent à exciter la commisération des tribus arabes et, pour les toucher davantage, ils leur firent passer de l'argent avec le conseil de ne pas risquer la perte des trésors qu'elles avaient déposés dans la ville. Soula Ibn Khaled répondit à leur appel et, profitant de Téloignement des Arabes, alliés du sultan, lesquels s'étaient répandus dans les environs pour faire paître leurs chameaux, il déploya ses étendards à Timproviste et parut à la tèle de son peuple les Oulad Abi '1-Leil » ; le sultan fut obligé de se retirer. Mais une discorde éclata entre les vainqueurs : Omar assassina Ed-Doneiden et la population mécontente de cet acte de perfidie fit sa soumission au sultan^. Kafsa perdit définitivement son in* dépendance et la lutte sécuLairc de la Djemaa et des grandes familles cafsiennes contre les khalifes de Tunis se termina trente ans seulement avant Toccupation turque, non par l'épuisement, mais à cause des dissensions des Ksouriens de Kafsa.
11 est assez facile d'entrevoir les causes économiques de la résistance des gens de Kafsa et de se représenter leur organisation militaire, sans qu'il soit possible de discerner exactement si l'ardeur du particularisme religieux des Kafsiens- s'ajoutait à l'ambition de leurs chefs pour surexciter leur esprit d'indépendance et éveiller contre eux les susceptibilités des khalifes. Très prospère et comprenant « plus de 200 ksours^ » au xi*^ siècle, située au centre d'une région naturelle dont les productions variées pouvaient suffire à la nourriture et aux besoins essentiels de ses habitants, l'oasis de Kafsa n'avait pas besoin pour vivre des secours étrangers ni des subventions du gouvernement de Tunis : dès lors les prétentions fiscales et