E. Reçus, Géof/r. f/énét\, t. XI. p. m
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nous, dirent, en levant les mains au ciel : « Mon Dieu ! mon « Dieu! combien nous voudrions que les Français fussent « maîtres de ce pays! » Ce n'était certes pas notre très modeste Irainde voyage ni nos largesses qui pouvaient leur en imposer et leur dicter un aveu aussi inattendu '. »
Guérin, visitant à la même époque la prison de Gafsa pleine de malheureux qui n'avaient pu acquitter entre les mains de leur Caïd Timpôt beylical des 36 piastres^, entendit les mêmes plaintes : Tun des détenus, l'ayant reconnu pour Français, s'écria : « Pourquoi tes compatriotes ne viennent-ils point s'emparer de ce pays, afin de nous gouverner plus justement que ceux qui nous régissent et nous délivrer des impôts qui nous écrasent-^? »
La tyrannie des nomades et de l'impôt furent les deux grands ennemis de Gafsa : ils la ruinèrent peu à peu et la réduisirent à l'état de décadence ou elle se trouvait au moment de l'occupation française*.
Deux mois après le traité de Kassar-Saïd (12 mai 1881)^ et rétablissement du Protectorat français en Tunisie, l'attention Tut littirée sur la remuante tribu des Hammama qui faisait par- Lie de l'ancien çof des Ahsinia, défenseurs du Bey^, et sur l'oasis de Gafsa.
Deux dépêches de Tunis, datées du 18 et du 24 juillet, signalaient en effet la marche de 1.500 cavaliers hammama sur Kaii'ouan, Tinsécurité absolue delà route de Gafsa et du DjCrid, intestée de maraudeurs, et les eltbrts violents mais impuissants faits par les Hammama pour décider les paisibles ksouriens
L Dlveyuier, La Tunisie, p. 97 -UW.
2. Probablement la Medjba, impôt do capitation. X (JuÉKix, op. ril.f I, p. -iTC».
L Supra, p. 81 et sq.
Ti. LoTH, op, cil. y p. 270.
<j. Tirant et Rebatel, op. cit., Tour du Monde, 1875, I, p. 300. — Anonyme, H. Af, Frajiçaise, VI, 1888, p. 188 à 190.
HISTOmK MILITAIRE. 213
de Tozeur à faire cause commune avec l'insurrection. En même temps, Tidée était émise que l'envoi d'une colonne dans cette région pourrait en assurer la pacification en ralliant à la cause française plusieurs tribus fatiguées des obsessions et des exigences des insurgés*.
De nouveaux mouvements des Hammama étaient connus le 22 août et le 9 septembre. Une dépêche du 5 septembre annonçait qu'une troupe de :!00 habitants de Gafsa, armés mais paisibles, avait été attaquée par erreur à sa sortie de Tunis; à cette date leur tribu élaît du reste encore insoumise. A la fin de septembre, aucune tribu importante du Djerid n'avait encore fait parvenir à Tunis sa soumission 2.
Dans les premiers jours d'octobre, la nouvelle s'étant répandue parmi les indigènes, que Gafsa était occupée par une colonne française, plusieurs tribus effrayées voulurent se soumettre 3.
En réalité, la brigade Forgeniol, chargée d'occuper Gafsa, ne quitta Kairouan que le 11 novembre *, douze jours après la prise de cetie ville, et entra à Gafsa le 20, sous le commandement du général Saussier, après avoir enlevé 15.000 têtes do bétail aux environs de Toued Djilnia, et sans rencontrer aucune résistance. Les nomades s'étaient réfugiés au sud duchott sans accepter le combat : des reconnaissances furent envoyées à El- Guettar, à Oum Ali et à El-Ayaïcha dont les habitants furent canonnéspar le général de Gislain et firent leur soumission ; elles constatèrent la fuite des nomades, relevèrent les traces de leur passage, se mirent en relations avec la brigade Logerot (Gabès) et rentrèrent à Gafsa le 29 5.
Pendant ce temps, la colonne Jacob, partie d'Algérie, occu-