‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 121 sur 133 · In'J.imk'nr tunisicnj VJOô, p. KK · texte numérisé non relu

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Âiosi les généraux français se trouvant aux prises avec les mêmes difficultés que les Romains dix-neuf siècles auparavant, furent obligés de prendre des mesures militaires presque semblables : les nécessités géographiques du pays les y contraignirent.

Grâce à cet ensemble de mesures militaires, la paix et la sécurité furent rétablies dans le pays de Gafsa. Peu à peu les populations s'accoutumèrent à notre présence et en comprirent les avantages : Tintégrité et Ténergie des caïds, le rétablissement de la justice dans la perception des impôts, la diminution des taxes, la création du contrôle civil qui permit à l'administration du protectorat de surveiller le pays sans blesser les habitudes ni porter atteinte aux institutions locales et aux croyances des habitants, contribuèrent à rassurer les indigènes^

La création des tribunaux régionaux leur fournit une justice à la fois rapide et entourée de toutes les garanties 2. La situation du pays est aujourd'hui satisfaisante. La diminution du nombre des affaires civiles et pénales jugées chaque année en est la meilleure preuve ^,

1. Indicateur tunisien. Conférences sur les administrations tunisiennes.

2. En Tunisie les questions de statut personnel et les questions immobilières sont jugées par le tribunal religieux du Chara pour les musulmans, par le tribunal rabbinique pour les Israélites. Avant le décret du 18 mars 1896 les afTaires civiles et pénales étaient toutes soumises à la juridiction du Bcy à Tunis (tribunal deTOuzara); l'expédition des affaires était très lente. Les tribunaux régionaux créés pour remédiera cette situation sont composés de trois juges; les jugements sont rendus en public et doivent être motivés. Les justiciables ont le droit d'appel auprès du tribunal de TOuzara dans un grand nombre d'affaires. Le tribunal de TOuzara, outre les appels, ne connaît plus que lesaffaires personnelles et mobilières au-dessus de 1.200 francs et les crimes. Indicateur tunisien, p. 102 et sq. Rapport au Président de la République, 1896, p. 40-41.

3. Le mouvement des affaires civiles entrées au tribunal de Gafsa est passé de 1.338 affaires en 1899 à 825 en 1905; le mouvement des affaires pénales de 1.060 à 781 en lOai et 1.125 (chiffre exceptionnel) en 1905; le nombre des appels est infime.

Le souci de leurs cultures, de leur élevage, de leurs industries remporte chez les indigènes sur toute autre préoccupation. Grâce à cette situation, le nombre des caldats a pu être ramené à trois *, la garnison de Gafsa a pu être progressivement réduite : aujourd'hui quelques gendarmes, quelques cavaliers du contrôle civil, ^quelques cavaliers de Toudjak^, quelques spahis sufQsent à assurer dans Toasis et dans le pays de Gafsa le règne de la paix française ^.

Rapports au Président de la République, liX>3, p. 460 et sq. ; lO'^l p. 5iî) et sq. ; 1ÎK>5, p. ÏAO et sq.

1. Caïdats de Ciafsa, de Tozcur, des Ilatnmama. Indicateur tunisien, 10(l5, p. m et sq.; Rapport au Président, 18î)7, p. 98. R. Tun., 1896, p. 445.

x\ Cavaliers au service des caïds.

',). Une compagnie de discipline tient (également garnison à Gafsa. La Tunisie, p. l-^.). Indicateur tunisien, p. 405. A la suite de rixes sanglantes et mortelles qui eurent lieu à Motlaoui, entre les ouvriers de la compagnie des phosphates, en iîK)7, le gouvernemont tunisien songea à rétablir une garnison à Gafsa. A la fin de juin dernier le gouvernement français envoya à Gafsa les 000 soldats du 17« régiment d'infanterie qui s'étaient mutinés à Agde et à Béziers pendant les troul>les qui accompagnèrent dans le midi la crise viticole. Mais ces intentions et ces mesures n'étaient nullement nécessaires pour assurer la tranquillité des populations agricoles, nomades et sédentaii^es, de Gafsa et du sud de la Tunisie.

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